ACIDE SULFURIQUE
Dans ces derniers temps, M. Bmeau a dressé lui-même le tableau suivant, qui représente la valeur des dilutions aqueuses de Tacide sulfurique (*) :
AeMe concentré pour ido^ Densllé à 4- 15« c Degrés à raréomètre de
Baume â + 15* c.
L'acide du commerce doit marquer 66 degrés Baume ; il bout à + 327~^ .
Usages. — Parmi les produits chimiques, l'acide sulfurique occupe le premier rang, tant par l'importance que par la multiplicité de ses usages dans les arts. On peut dire qu une augmentation dans sa production, une diminution dans son prix de revient, sont au nombre des indices certains du progrès général de l'industrie d'un pays.
L'acide sulfurique sert à préparer presque tous les acides, le chlore, la soude artificielle , les sulfates , les aluns, l'hydrogène, le sucre de fécule, l'éther, le sulfate de quinine, la garancine, le cirage anglais, le coton-poudre; on l'emploie à
(1) Dans ce tableau, les nombres qui représentent les proporilons d'acide concentré se rapportent à Tacide au maximum de concentration établi par la théorie, c'est-à-dire l'acide monohydraté. Or, les bons acides du commerce renferment ordinairement 5 % d'eau en excès ; il s'ensuit que si Ton veut prendre cette composition comme point de départ, la proportion d'acide monohydraté detra être multipliée par 0,05 pour exprimer celle de Tacide ordinaire.
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raffinage da cuivre et de Taigent ; dans les essais alcaliméiriques, chlorométriques ; dans l'essai des manganèses, des saTons; indirectement dans la fabrication des eaux minérales gazeuses , des bougies stéariques , des savons , du phos^ phore ; pour le décapage des métaux; Tépuration des huiles, du suif; la dissolution de Findigo, le tannage des peaux, la teinture, le blanchiment, etc. Enfin , il est d'un usage trèsfréquent dans les laboratoires, comme réactif , pour produire un froid artificiel, dessécher des substances.
En médecine, Tacide sulfnrique est employé comme caustique, et fait la base du caustique safrané de M. Velpeau; étendu d'eau, il devient simplement astringent et sert à préparer des limonades sulforiques que quelques médecins ont prescrites pour combattre les coliques de plomb ; on remploie aussi en gai^arismes astringents et détersifs, en potions astringentes, en collyres, en lavements astringents.
Altérations. — Par suite de négligence dans sa conservation ou sa préparation, l'acide sulfiirique est quelquefois altéré par les impuretés suivantes : matières organiques, acide nitri- J«e, composés oxygénés de t azote, acidechhrkydrique, sulfate de phmbf sulfate de chaux ^ fer y cuivre, platine, étain, arsenic, iode.
L'adde sulfurique mal bouché ou bouché au liège attire fortement Fhumidité de Tair, prend une coloration brune et quelquefois noire, due à la décomposition du liège ou à celle des matières organiques contenues dans Tair. Cette coloration disparaît par l'ébuliition sous Tinfluence de laquelle il se forme de l'acide sulfureux et de l'acide carbonique aux dépens des matières charbonneuses et d'une portion de l'acide suKurique. Cet acide ainsi coloré et exposé à l'air a subi dans son degré un affaiblissement facile à constater par l'aréomètre, ou par un essai acidimétrique , sachant que 100 parties d'acide sulfurique à 66 degrés saturent 277 de carbonate de sonde cristallisé, et 173,65 de carbonate sec et pur. 100 partics decarbonate cristallisé représentent 36d'acide à 66 degrés.
L'aride nitrique et les composés oxygénés de l'azote que contient souvent l'acide sulfurique peuvent provenir soit de la fabrication où l'on a substitué l'acide nitrique au nitrate de potasse ou de soude, soit d'une addition faite par les fabricants, dans le but de décolorer l'acide noirci par des matières
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organiques. Plusieurs moyens ont été proposés pour reconnaître la présence de ces composés nitreux.
D*Arc€t mettait au fond d'un verre un globule de mercure bien brillant , puis versait un peu de Tacide à essayer ; s'il contenait de Tacide nitrique ou des composés nitreux, le mercure était attaqué, il se produisait un dégagement de petites bulles de gaz, formant comme une auréole autour du globule ; aucune réaction ne se manifestait dans le cas où Tacide sulfurique était exempt de ces composés.
M. Deshassyns de Richemont a reconnu qu^cn mettant dans Tacide sulfurique nitreux quelques cristaux de protosulfate de fer (vitriol vert) ceux-ci ne tardaient pas à se colorer en rose tendre ou eu pourpre, et qu'on pouvait, à Taide de ce procédé, reconnaître des traces d'acide nitrique dans Tacide sulfurique.
Suivant M. Jacquelqin, on doit faire Texpérience de la manière suivante : on prend 50 gr. d'acide; on verse à la surface 0^',35 d'eau distillée ; on laisse dissiper la chaleur qui a pu se produire ; puis on verse 10 gouttes environ d'une solution de sulfate de fer, et on mélange avec lenteur : s'il y a du bioxyde d'azote, lacide prend une couleur rose tendre ou pourpre; s'il y a de l'acide hyponitrique, la couleur est bleue, violacée ou violette.
On peut aussi, pour reconnaître la présence du bioxyde d'aeote, de l'acide hyponitrique , employer le bichromate de potasse, ou, d'après M. \Vackcnrodei\ le deutosulfate de manganèse : ces deux substances sont décolorées.
MM. Couerbe et Guérin-Varry ont proposé l'emploi de la narcotine, qui se colore en jaune^citron ou en rouge de sang au conlact d'un acide sulfurique contenant des quantités, même très-faibles, d'acide nitrique.
Lorsque ce dernier est en quantité notable, on le reconnaît soit par l'action de la chaleur qui dégage des vapeurs nitreuses dont l'existence est rendue plus manifeste au moyen de la tournure ou de la limaille de cuivre , soit par une saturation au moyen de la baryte ou de la chaux . on évapore à siccité, et on traite le résidu par Falcool, qui dissout seulement le uitrate'de baryte ou de chaux.
La présence de Tacide chlorbydrique dans l'acide sulfurique