ACIDE SULFURIQUE
e%i mise en évidence par le précipité blanc, caillebotté, insoluble dans Tacide nitrique, soluble dans Tammoniaque, qu'y occasionne le nitrate d'argent, après avoir préalablement étendu d'eau pure Tacide à essayer.
Le sulfate de chaux, provenant des eaux employées. pour condenser les produits gazeux dans les chambres de plomb , est reconnu en évaporant une certaine portion de l'acide; le résidu , repris à chaud par Feau distillée , précipite en blanc par le chlorure de baryum , et par Foxalate d'ammoniaque.
La présence des sulfates de plomb, de fer, de cuivre, provenant de l'altération des chambres, est décelée par Teau qui forme un précipité blanc dû à la moindre solubilité du sulfate de plomb dans l'acide sulfurique étendu que dans le même acide concentré ; par l'acide sulfhydrique, 'qui donne un précipité noir de sulfure, après saturation préalable de Texcès d*acide sulfurique par la potasse ou l'ammoniaque : sans cette précaution, ainsi que Ta observé Dupasquier^ l'acide sulfhydrique serait sans action sur le sulfate de plomb mêlé mécaniquement ou dissous dans un grand excès d'acide sulfurique. Avec la solution aqueuse du résidu d'évaporation de Vacide sulfurique à essayer, le cyanure jaune donne un précipité blanc, ou blanc bleuâtre, s'il y a aussi du for; brunmarron, s'il y a du cuivre. Dans le cas d'un mélange de fer et de cuivre, il faut avoir recours soit à l'ammoniaque, soit à remploi d'une lame de fer décapée.
L'adde sulfurique contient quelquefois du platine , provenant des vases dans lesquels on a opéré sa concentration, ou de l'étain, provenant de l'action de l'acide sur la soudure des chambres (^), ou de l'arsenic, provenant des pyrites de fer, presque toujours arsenicales , employées dans quelques locaUtés à la fabrication de l'acide sulfurique, principalement à Lyon, en Angleterre, dans le Hartz.
Le platine se reconnaît au précipité jaune produit par le chlorure de potassium dans la solution aqueuse et concentrée
(■) ADjourâ*biii que ron emploie généralement la soudure autogène (par le plomb], de M. DeMbastyns de Bichemontf pour relier ensemble les lames de plomb qui composent les chambres, l'étain se rencontre rare* ment dans Tacide snlHirique du commerce.
41 AdDB SULFCmiOVB.
du ràddu d'éFaponition d'une certaine portion de Fadide à essayer.
Lajprésence deVétain, observée i^ Dupasquwr, est déceléc au moyen de l'acide sulfhydrique : si Tacide est, en outre, arsenical, on a un précipité brun jaunâtre; dans le cas contraire, le précipité, d'un brun foDcé, traité par l'acide nitrique , donne un résidu blanc, insoluble dans l'eau, soluble dans l'eau régale ; cette dissolution présente les caractères des sels d'étain au maximum, c'est-à-dire précipitation en jaime pâle par l'acide sulfhydrique, par le sulfhydrate d*ammoniaquO) dans un excès duquel le précipité se redissout ; précipité blanc d'acide stannique par l'ammoniaque, la potasse ; précipitation d'étain métallique au moyen d'une lame de zinc, dans une liqueur acide.
L'arsenic se trouve dans l'acide sulfarique à l'état d'acide arsenique, d'après les expériences de Dupasquier, et non à l'état d'acide arsénieux, comme le pensait M. Vogel, de Munich. Sa présence est décelée soit directement, au moyen de l'appareil de Marsh (après s'être assuré toutefois que le zinc employé n'est pas arsenical), soit au moyen de l'acide sulfhydrique, qui produit un précipité jaune de sulfure d'arsenic, soluble dans l'ammoniaque, et dont on peut opérer la réduction à l'aide du flux noir.
Quelquefois l'acide sulfarique contient de l'iode provenant de l'acide nitrique qui a été introduit dans les chambres de plomb ; sa présence se constate comme nous l'avons déjà indiqué pour l'acide nitrique (page 33).
Purification de l'aobe sulfurique. — En soumettant l'acide sulfurique à la distillation, dans de grandes cornues de verre, comme cela se pratique depuis longtemps à Montpellier , on le débarrasse du sulfate de plomb. L'ébullition de Tacide sulfurique étant accompagnée de violents soubresauts qui pourraient amener la rupture de l'appareil et mettre l'opérateur en danger, on a proposé plusieurs moyens pour les éviter. On a conseillé d'introduire dans l'acide des fragments de verre, des fragments ou des fils de platine roulés en spirale, etc. Berzéliu» a proposé aussi de ne chauffer la cornue qu'à la partie supérieure du liquide. L'appareil de M. Persoz atteint très-bien ce but (F. pi. I, /?</. 2 et 3).
âoie suuvflUODE. 47
H. LmbeiFi a ecrnsdUé, comme le meffleor moyen, remploi de firagments de quarziie(^) en écailles deO">,Oi de largeur eoriron. 10 ou 12 écailles de quarzite suffisent {)our distiller facilement plusieurs kilogr. d'acide sulfurique. La quarzite agit jd par ses nombreuses aspérités, qui facilitent la formation de la vapeur. Aux écailles de quarzite on peut substituer celles de silex pyroouiqae (pien» à fusil), de grès de Fontainebleau, n est bon tenimrer la cornue, c'est-à-dire de distiller dans un fourneau à réverbère garni de son laboraloire et de son dôme (>) . L'opération est rendue encore plus facile en ajoutant, outre la quarzite, 160 à SOO gr. desuifuêedepoiasBe ou ik $<mde par kilogr. d'acide.
KTacide sulfurique contient des composés nitreux, on le chauffe, d'après le procédé de M. Ernest Barruel, avec 2 à 4 gr. de soufre par kilogr. d'acide, jusqu'à ce que celui-ci ne se colore plus.par le sulfate de fer; l'acide sulfureux qui s'est formé est détruit par une petite quantité d'eau chlorée ; il se fait de l'acide sulfurique et de l'acide chlorhydrique ; ce dernier est facilement expulsé par l'ébullition. Les composés nitreux peuvent être aussi séparés, en suivant le procédé de M. Pekmxe, qui consiste à dkiauffer l'acide avec 2 ou 8 mil* lièmes de son poids de sulfate d'ammoniaque» Ce procédé est f<mdé sur la propriété que possède l'ammoniaque de décomposer, par son hydrogène, les divers composés oxygénés de l'azote, qui sont dissous dans l'acide sulfurique.
L'acide sulfurique arsenical est purifié par l'agitation avec de l'acide sulfhydiique gazeux dans un flacon rempli seulement au tiers ou au quart; on laisse reposer, et on filtre à travers l'amiante {OrfUa).
M. C. -A. Berthels a publié le procédé suivant pour purifier l'acide sulfurique arsenical : on prend fi p. d'eau distillée, auxquelles on ajoute 1 p. d'acide sulfurique concentré, et on abandonne le mélange au repos. Dans l'hiv^^ <^ ^ \I^^q
(•) Vttiété de quarts lésidiani de TaggloméiatfOD de graîas de cette sobsUnce.
n fje procédé de M. LmSbsrt est aussi ap^Uqué avec avaMdge à la dîsUUation de beaucoup d*autres liquides; la substance employée pour fidliter rébuUilion étant inaltérable par la presque toulité des agents chimiques.
48 AaOE SULFURIQIlB'ALOOOtlSi.
pendant 8 à 12 jouts dans une chambre chaude; dans Vété, on Texpose aux rayons solaires, et Ton aperçoit bientôt un précipité jaune brun, formé par la combinaison de Tadde arsénique avec Toxyde de fer préexistant.
H. Vanden Broeek a proposé de le distiller arec au moins la moitié de son poids d'acide nitrique pur.
Suivant Dupasquier^ Tadde sulfhydrique est insuffisant pour purifier les acides sulfuriques arsénifères ; aussi a-t-il proposé remploi du sulfure alcalin, et de préférence le sulfure de baryum cristallisé, délayé dans une très-petite quantité d'eau, qu'on ajoute dans la proportion de. quelques millièmes, àTacide sulfurique réduit à 55<* Baume; on chauffe à 100^, on laisse déposer, on décante et on filtre à travers une couche d'amiante, pour séparer complètement le sulfure d'arsenic et le sulfate de baryte formés, puis on concentre (*).
M. Lassaigne s'est assuré que la distillation est nécessaire pour avoir un acide sujfurique complètement pur, propre à servir, comme réactif, dans les laboratoires.
Falsifications. — L'acide sulfurique est quelquefois falsifié par Vargik, la soude, ou le sulfate de soude^ ajoutés dans le but d'augmenter sa densité, lorsqu'il n'a pas le degré convenable.
Cette fraude se reconnaît en évaporant à siccité une certaine quantité d'acide : on a pour résidu le sulfate de soude, qu'on fait cristalliser et que l'on peut doser.
L'argile se reconnaît par l'inspection du résidu qui se tRinve au fond des tonnes d'acide, mais cette argile provient quelquefois aussi de la chute accidentelle d'une partie du lut employé au scellement des bouchons de grès de ces touries.
AOXBB SUXJPORXQUB AI.0O0X.X8il.
Sous ce Bom et sous ceux de acide sulfurique dukifié, eau de Rabel, élixir dulcifié, alcoolé sulfurique j alcool sulfurique^ on emploie, en pharmacie, comme astringent et antiseptique,
(^) SttWant M. Erâmawn, ce procédé de puriticaiion est employé depuis loDglemps à la fabrique docker, dans le Hartz, où il donne de Tacide sulfurique pur, malgré la forte proportion d*arsenic cont«^nue dans les inalirros premières.
AaDB TANNIQUE. 4$
un mélange de 1 partie d'acide sulfurique à 66^, et de 3 parties d'alcool à 0,85 (33* Cartier). Ce liquide doit être parfaitement incolore, aroir une odeur liquoreuse agréable, et une saveur spiritueuse très-acide.
Le mélange, h parties égales^ d'acide sulfurique et d'alcool constitae Vélixir acide de Haller»
L'eau de Rabel, anciennement préparée, acquiert une odeur éthérée par suite de la formation d'une petite quantité d'acide suIfoTinique et d'éther. Autrefois, on la colorait en rose aToc des pétales de coquelicots pour empêcher de la ^nfondre avec d'autres liquides portant également le nom A*eaux, Mais aujourd'hui cette précaution n'est plus utile, parce que l'on place l'eau de Babel parmi les acides, et non parmi les eaux distillées. D vaut beaucoup mieux ne pas la colorer, cela permet de reconnaître quand elle a été préparée avec de l'alcool de grains, dont le mélange avec parties égales d'acide salforique prend une teinte jaune que pe présente jamais l'alcool de vin.
Quelquefois on substitue à l'eau de Rabel un mélange d'eaude-vie et d'acide faible que l'on colore avec le coquelicot , mais la saveur moins acide, l'odeur moins agréable de ce produit, permettent de reconnaître facilement la substitution.
L'eau de Rabel, préparée avec l'acide sulfurique du commerce, peut contenir toutes les matières étrangères que Facide sulfurique et l'alcool sont susceptibles de renfermer ; leur recherche se fait de la manière indiquée pour ces deux corps ( V. Acide sulfurique et Alcool).
En outre, si l'acide sulfurique employé contient du sulfate de plomb, l'alcool auquel on le mélange précipite ce corps, ce qui fait que, presque toujours dans les pharmacies, les flacons d'eau de Rabel présentent un dépôt blanc de ce sel plombique.
AOXDB TAinnçuB.
L'acide tannique ou tannin, si communément répandu dans le bois, les racines, les feuilles, et particulièrement dans l'écoTce des végétaux lorsqu'il est pur, est solide, amorphe,
50 ACIDE TÀNNIQUl.
spongieux, incolore ou légèrement ambré, inpdore [*)., 4^une saveur très-aslringente. Il est soluble dans l'eau, l'alcool affaibli, à peine soluble dans l'éther. Il rougit le toymesol, décompose les carbonates, précipite presque tous les sels métalliques, les sels à base d'alcali organique, en formant avec l'alcali un composé peu soluble dans l'eau, très-soluble dans l'acide acétique. La plupart des acides minéraux séparent le tannin de sa solution aqueuse, et forment avec lui une combinaison peu soluble. Une solution de gélatine, d'amidon, d'albumine, la fibrine, la caséine, sont précipitées par le tannin.
Sous le rapport de l'action qu'ils exercent sur les persels de fer, les tannins extraits des divers végétaux peuvent être divisés en deux groupes : 1^ tannins qui précipitent en bleu-noir ou en noir les persels de fer (tannins de la noix de galle, de l'écorce de chêne, du sumac, du bouleau^ etc.); 2"» tannins qui précipitent en vert les persels de fer [tannins du quinquina, du cachou, du thé, des pins, etc.).
Le tannin renferme : earione, 51,42; hydrogène^ 3,73;oâ?ygène^ 44,85.
Usages. — Le tannin est un astringent très-puissant, employé à l'intérieur sous forme de pilules, et à l'extérieur en dissolution dans l'eau. Dans les arts, 11 sert au tannage des peaux.
Altérations. — La solution aqueuse de tannin se conserve bien dans des vases fermés; mais, exposée à l'air, surtout à une température élevée, cette solution absorbe l'oxygène de l'air ; il se dégage de l'adde carbonique, les aeides gaUique et ellagique prennent naissance.
Pour reconnaître si le tannin est pur ou s'il contient de l'acide gallique, on laisse sa solution en contact avec un morceau de peau de bœuf dépilée, et on agite de temps en temps. Si le tannin est pur, il est absorbé en totalité, l'eau qui le tenait en solution est insipide, et ne donne aucune coloration avec les sels de peroxyde de fer. Le tannin se combine avec la peau, forme un composé imputrescible, insoluble dans l'eau, connu sous le nom de cuir; c'est sur cette propriété même
i^) Le tannin pur, extraitde la noix de galle j^ar le précédé de H. Pe** louze, conserve toujours une odeur d*éther.
qu'est fondé le taxmage des peaux; I/oogmeiDtiition da poids de la peau desséchée peut servir à déteruduer, d'une manière approximative, la quantité d'adda i^annique renfermée dans la solution.
Dans son Manuel des fabificatiom des drogues simples et CBmposées^ Af . Pednmi fils a proposé de doser le tannin au moyen d'une liqueur titrée d'émétique; cette liqueur d'épreuve (on liqueur tamnométriqu^ contenant, pour 1 Utre, lfi''*,402 d'émétique, sature exactement 2 gr. d'acide tannique ; mise dans une burette (ou iaimomèire) contenant 50 centim. cub., el divisée en 100 parties, chaque degré représente 0,01 d'acide tannique.
L'acide l«rtrique« désigné encore dans le cûiDtteree sous les nomade sel essentiel de tartre, eciéede tartre^ adde tarkk' reuZy acide iariarique^ cristallise soit en prismes obhques à base rhombe, ienndnés par des sommets dièdres et tronqués sur les arôtes longitudinales^ soit en prismes hexagofiaux ter* minés par un pointement à trois faces. Ces cristaux sont io* eolores, trunsparents, inaltérables à l'air, inodores, d'une s#* veur acide agréable, d'une densité de 1,75; ils fondent entre 130 et 140^ en une liqueur limpide qui brunit à 160^, puisse décomposent en répandaiitune> odeur analogue à celle dû sucre brûlé, et en laissant un charbon volummeua. L'acide tartn* que lOttgit fortement kr tournesol ; il est très-soluUe dans l'eau, sotuble dans l'alcpoL La solution aqueuse et étendue se décompose à la longue et se couvre de moisissuifes.
L'acide tartrique précipite la chaux des sdLs végétattA cal* caires soliAles» eiao^des sete minéeêsa ; ce qui le distingue de l'acide oxalique^ Son addition à certains sels métalliques les empêche d'être précipités par les alcali»^ La sdutioB (fa* cide tartcique^ ajouHée à une solution assez conee nlvéd d'uÉ sel de potasse, ; pvodaily surtout p» l'agUatiaft^ un précipili blattc> eiistaUia^ de hitarti ate de potasscy seluble dso» l'acide chlorhydrique.
L'adfie tartrique crisidliai reniume : carioMf A; hyirofsa^, 4; Wjfgènti M.
5Ï AaDE TARTKIQUR.
Usages. — L'acide tartriquc est employé, en pharmacie, pour faire certaines limonades, des juleps, des tablettes, des sirops, n sert aussi dans l'art du confiseur et dans la fabrication des toiles peintes.
Altérations. — - L'acide tartrique mal préparé peut contenir les impuretés suivantes : acide sulfarique, mlfate de ûhauxy (artrate de chaux^ plomb, cuivre,
L'adde snlfurique, provenant de l'excès d'acide employé pour décomposer le tartrate de chaux, se reconnaîtra au précipité blanc, insoluble dans l'acide nitrique, que produira le chlorure de bar3rum dans la solution aqueuse de l'acide soumis à l'essai ; le tartrate de baryte étant soluble dans Tacidc nitrique.
Le sulfate de chaux et le tartrate de chaux seront séparés par l'alcool, qui ne dissoudra que Tacide tartrique. Le résidu calcaire, séché et repris par l'eau bouillante, donnera unsohitum qui précipitera en blanc par Toxalate d'ammoniaque et par le chlorure de baryum. Si ce dernier précipité est du tartrate de baryte, il sera soluble dans l'acide nitrique ou chlorhydrique. Si Tacide tartrique contient du plomb provenant des cristallisoirs, sa solution précipitera en noir par Thydrogène sulfuré ; en jaune, par Tiodure de potassium et par le chromate de potasse. S'il contient du cuivre, Tammoniaque commimiquera à sa solution une belle couleur bleue; le cyanure jaune y produira une coloration ou un précipité brun-marron ; une lame de fer décapée, plongée dans cette solution d'acide tartrique, se recouvrira d'une couche cuivrée.
Falsifications. — Dans le commerce, on rencontre quelquefois Tacide tartrique falsifié avec la crème de tartre ^ avec le sulfate acide dépotasse, avec la chaux.
L'acide tartrique, traité par l'eau firoide, laissera pour résidu la crème de tartre dont il aura été additionné. De plus, cet acide mélangé, soumis à l'incinération, donnera du carbonate de potasse, facile à reconnattre à reffervescence produite au contact des acides, au précipité jaune-serin, que le chlorure de platine formera dans la solution concentrée de ce sel.
Le sulfate adde de potasse sera décelé, soit par l'alcool, qui le séparera en ne dissolvant que l'acide tartrique, soit par