‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 175 sur 251 · SC41III0NÉE · texte numérisé non relu

SC41III0NÉE

tièrement saluble dans Talcool; lorsqu'on la traite par Té* ther , elle doit fournir de 75 à 80 «/o de résine , et ne donner par rincinération que 3 •/» environ de cendres. On favorise cette incinération par l'addition d'une petite quantité de bioxyde de mercure.

Une bonne qualité de scammonée ne doit pas donner de coloration bleue avec l'iode ; Tintensité de cette coloration est, en général , d'autant plus forte que la scammonée contient moins de résine (Tharel).

Usages.— La scammonée est employée en médecine comme purgatif. Elle entre dans des potions , dans des poudres , pilules, tablettes ; on en fait un savon.

Falsifications. — La scammonée de Montpellier, en poudre, est souvent substituée à la scammonée d'Alep. Aussi le pharmacien ne doit-il jamais acheter ce produit à l'état de poudre, mais entier, et présentant les caractères que nous venons d'indiquer.

Nous avons vu la poudre de scammonée mêlée de fécule; elle fournissait un décoctum épais, qui bleuissait par l'eau iodée , ce que ne fait pas le décoctum de scammonée pure. Le pharmacien doit faire usage de la scammonée d'Alep, de préférence à toute autre. Elle est toujours d'un prix élevé. En effet , la scammonée d'Alep s'est vendue de 60 à 64 francs le kileg. ; celle de Smyme, 50 francs ; la scammonée en galettes, 7 francs.

Ebermayer dit que la scammonée d'Alep est sujette à diverses falsifications opérées avec la farine , la cendre, le carbonate de chaux , le sable, le charbon^ le «uc dapocyn. Il faut rejeter, suivant cet auteur, la scammonée qui est en morceaux denses et non friables , qui a une odeur d'emp3rreume ; qui , dissoute dans Teau, se prend en gelée par le refroidissement; qui fournit des bulles de gaz acide carbonique lorsqu'on l'extrait par les acides ; qui , jetée sur les charbons ardents , répand une odeur de poix , et ne fournit pas une émulsion laiteuse de couleur verdfttre.

moniaque liquide à 2i<*, une dissolution verte. Lorsqu*on la cliaufit>, elle répand Todeur particulière de beurre rance on de brioche, qu*exaUe encore la division mécanique.

T. II. il

882 scamoNÉB.

L'odeur et la sayeur peuvent encore faire disUaguer la scammouée pure de celle qui ne Test pas«

La soammonée peut être falsifiée par les réiineê dejalap, de gaïaCf par la colophane.

La résine de jalap se reconnaîtrait par son insolubilité ab» solue dans Téther rectifié (Thorel)*

Si la scammonée contenait de la résine de gatac^ on pourrait le constater à l'aide de rhypochlorite de soude» qui coaimunique à la solution alcoolique du mélange une coloration verte , en présence d'une petite quantité de résine de gaiac.

L'essence de térébenthine , qui dissout , à la température ordinaire, la colophane, et laisse à peu près intacte la résine de scanmxonée^ permet de déceler dans cette dernière la présence de la colophane ou de la poix-résine qu'on peut y introduire. Mais le réactif le plus sûr est l'acide sulfurique , qui donne immédiatement, avec la colophane, une coloration d'un rouge écarlate très-foncé, tandis qu'il ne produit, avec la résine de scanunonée, qu'une faible couleur lie de vin, au bout de quelques minutes et au contact de Tair {TAorel)*

M. Peschier a examiné une prétendue scammonée d'Alep» qui se vendait en Suisse. Voici le résultat de son examen : elle avait une saveur fade^ une odeur nauséeuse; elle était dure, au point de résister au marteau ; elle était insoluble dans l'alcool , se ramollissait dans leau, et a paru à M* Peschier être composée de fécule ^ de gélaline et d'une matière colorante inerte. Ce produit se vendait moitié moins cher que la vraie scanunonée d'Alep.

On a signalé aussi de la soammonée adultérée par de V oxyde grùdepiomb. Cette fraude se découvre en incinérant une pe> tite quantité de la matière suspecte; on a pour résidu des globules de plomb visibles à la loupe ; ou bien , les cendres, traitées par l'acide nitrique, évaporées à siocité, et reprises par l'eau distillée, fournissent un liquide où l'on recherche le plomb I à Taide des réactifs convenables (sulfate de soude y acide sidfurique, iodure de potassium ^ acide snlfhydrique, etc.).

saui ■AHiroB. 923

La scille est la bulbe du sctlla mariiima (Asphodélées); elle croit en Espagne, en Italie^ en Afrique et en Syrie.

Ces bulbes sont d'une odeur et d'une saveur très-ftcres et très-caustiques, légèrement mucilagineuses. Les squames extérieures de cet oignon sont rouges brunâtres ; celles intérieures sont d'une belle couleur blanche rosée : les premières sont flèches; les deuxièmes sont charnues, succulentes. L'eau s'empare des principes de la scille, mais ils sont plussolubles dans l'alcool et le vinaigre. Les sels de sesquioxyde de fer colorent en pourpre foncé l'infusum des bulbes de scille maritime.

D'après les analyses de M. Vogel et de M. Tilloy , la scille eontient : matière volatile ^ êcillitiney résine, gomme, tannin, citrate de chaux, matière sucrée, matière grasse.

UsAeBs. ^^ En médecine, on l'emploie, comme un puissant diurétique, pour combattre diverses hydropisies ; on l'emploie également contre Tasthme^ les catarrhes chroniques; elle faoilite Texpectoration.

Falbifigatioiis. — Les bulbes de scille sont quelquefois falsifiées par des bulbes d'origine inconnue ^ daignées sous le nom de scille française.

Ebermager rapporte qu'un négociant de Munich reçut de France, en 1810 > des bulbes de scille , à l'état frais , sous le nom àQ scille française ) qu'ayant suspecté ces oignons, le né*gociant les soumit à l'examen de Buchner, qui les compara avec de la scille maritime vraie. De cet examen il résulta que, tant sous le rapport chimique que sous le rapport médical, non-seulement ils ne pouvaient être assimilés à la scille vraie, mais encore qu'ils produisaient un effet tout différent de celui de la scille, qui agit comme diurétique.

Ces oignons de scille française, examinés par Buchner, avaient une grosseur variable : ainsi quelques-uns n'étaient pas plus gros qu'un œuf de pigeon, d'autres égalaient un œuf de poule, enfin les autres étaient de grosseurs intermédiaires ; ils n'av,aient pas d'odeur sensible ; ils avaient une saveur dés-

HA SRIGLE ERMTÉ.

agréable, ftcre et mucilagineuse. Leur forme était un orale allongé, et ils étaient composés de tuniques enchâssées les unes dans les autres ; enfin, le suc extrait de ces oignons , frais ei filtré, était d'un blanc sale, trouble et mucilagineux.

8BZOI.S mWLQOTém

On a donné le nom d'et^gol , de seigk ergoté , de secak cornutum, ô^ergot de seigk^ de blé (m^Uy de mgk ncir^ etc. , à la dégénérescence solide et cornée du grain de plusieurs graminées ou cypéracées : il est très-nuisible dans Tusage alimentaire (*).

L'ergot est une végétation oblongue, légèrement anguleuse, ayant un peu la forme du grain de seigle , mais beaucoup plus développée, car il est de ces ergots qui ont de un demi-centimètre à un centimètre, et même plus, de longueur. Sa forme est un peu courbée sur sa longueur, quelquefois arquée , recourbée en croissant , et offrant quelque ressemblance avec Tergot d'un coq; d'où lui est venu son nom. Sa couleur est d'un violet noirâtre , marqué de plusieurs sillons ; sa cassure est compacte, nette comme celle d'une amande, blanche au centre , se colorant d'une teinte vineuse près de la surface. L'extrémité qui adhérait à la f^ur est jaunâtre ; l'autre , supérieure, libre, est mince et comme crevassée. On remarque sur les ergots des déchirures transversales ; quelquefois, elles sont au nombre de deux dans le sens de la longueur; on pourrait penser que la matière intérieure , trop à l'étroit , aurait fait éclater les parois de la pellicule externe qui la renferme ; l'odeur de l'ergot est celle des champignons; selon d'autres, celle de moisi. Il présente une saveur peu marquée d'abord , suivie d'une astriction persistante vers Tarrière-bouche.

(*) On ne saurait trop prémunir les habitants des campagnes contre remploi de ce grain empoisonné. De nombreux exemples aUestent les funestes effets de l'emploi de farines qui contiennent du seigle ergoté.

Il y a quelques années, cinq babitanis de la commune de Saint-Légerles-Biuyères (Ailier) ont éprouvé des accidents terribles, causés par du pain pré|)aré avec des farines ergotées. Un enfant a été obligé de subir IVimpulation de la jambe ; sa mère et trois autres enfants étaient dans un état déplorable.

SEIGLi; BROOTi. 98S

L'analyse de Tergot a été faite par plusieurs chimistes , au noHibre desquels nous citeroas Vauquelirty Wiggers et M. Legrip. Voici , d'après Wiggers , la composition de ce produit ^ considéré par les botanistes conmie un champignon ( sclero' tium clavuSy de de CandoUe) : huile grasse incolore, 35; ea>* tractif nitrogéné y analogue à celui des champignons, 7,76; extractif gommeux nitrogénéy avec un principe colorant rouge^ 2,33; mannite, 1,55; albumine végétale^ 1,46 ; ergotine, 1,25; stéarine cristallisable, 1,05; cérine , 0,76; fongine , Ai y\9; phosphate acide de potasse, 4,42 ; phosphate calcaire, avec des traces d'oxyde de fer, 0,29 ; silice, 0,14.

Usages. — Le seigle ergoté est employé pour l'usage obstétrical depuis 1747 ; mais déjà en 1688 , Camerarius avait signalé ses propriétés. Aujourd'hui, il est très-employé, quoique quelques personnes nient ou doutent de ses propriétés. C'est un excellent hémostatique; on l'administre en poudre, potion, sirop, extrait, etc.

Altérations. — Le seigle ergoté recueilli dans des années pluvieuses , et qui n'est pas bien desséché, perd de ses pro* priélés ; conservé dans un air humide, il éprouve une altération putride, dégage une odeur de poisson pourri , et devient la proie d'un sarcopte semblable à celui du froztaage ; celui qui est trop ancien s^échaufîe, et n'a plus d'action. Pour qu'il soit de bonne qualité, on doit le recueillir à la main par un temps sec, le dessécher et le conserver dans un bocal placé dans un lieu bien sec.

Falsifications. — On eût pu croire que le seigle ergoté , produit naturel que l'on récolte en France, dans les provinces du Centre, dans le Lyonnais , l'Orléanais (^) , ne serait point susceptible de falsifications. Cependant, il est démontré qu'on a cherché à fabriquer du seigle ergoté de toute pièce , à faire passer le charbon pour du seigle ergoté (*).

0. Schauguery dit qu'on a préparé du seigle ergoté avec du gypse (sulfate de chaux) coloré et de la colle de farine ; ce

(*) Des droguistes avaient demandé l^autorisaiion de faire entrer co France du seigle ergoté venant d'Allemagne ; d'après Tavis de TAcadémie de médecine, cette autorisation leur fut refusée.

(') Il n'est pas indiffèrent de savoir, dit M. Giovanni RigMni, que le froment, par Teffet de vicissitudes organiques, produit une yrtine qui a

iH gEL AMMONIAC.

mélange était ensuite moulé. U serait facile de reconnaître

oette falsification : un semblable produit, mis en contact avec de Teau, se déforme, se réduit en bouillie ; en outre, la cassure ne présente pas un centre blanc , puis un cercle violet, enfin Textérieur brun noir.

Le pharmacien ne doit jamais acheter de poudre de seigle ergoté ; il doit acheter l'ergot, et le pulvériser lui-même.

Ce sel, connu aussi sous les noms de muriate, chlorhydrate ou hydroehhrate d'ammoniaque , chlorure dt ammonium , est blanc, inodore, d'une saveur piquante. Il cristallise en cubes ou en octaèdres qui le plus souvent se réunissent et se disposent les uns à côté des autres , sous Fapparence do barbes de plume. Il est volatil , soluble dans Teau , un peu soluble dans Talcool ; sa densité est 1 ,450 ; mêlé en poudre avec un peu de chaux vive , il laisse dégager des vapeurs ammoniacales.

Dans le commerce, on le rencontre sous forme de pains sublimés, blancs ou gris, à cassure fibreuse.

UsAOES. — Le sel ammoniac blanc est très-employé en médecine, à l'intérieur, comme stimulant, fondant, contre l'hydropisie, les maladies scrofuleuses ; à Textérieur, on s'en sert en lotions , gargarismes, collyres. Le sel ammoniac gris est employé par les chaudronniers pour fabre Tétamage.

Altérations. — Le sel ammoniac est rarement pur dans le commerce. Il contient souvent du sulfate dammoniaque , du chlorure de sodium, du sulfate de chaux ; plus, du fer, du eutvre (^)j provenant des vases dans lesquels on l'a préparé.

La dissolution de ce sel altéré fournit , avec le chlorure 4e bar}rum , un précipité blanc , insoluble dans l'acide nitrique ,

beaucoup d'analogie avec le seigle ergoté. Cette ressemblance D*est qirapparente ; la différence est bientôt constatée par le simple examen de la substance intérieure de cette graine qui est noire, tandis que la blancheur caractérise la substance interne du seigle ergoté.

(t) U y a formation de fiswt ammon^acotof mor^tote, et de flmrt ammonkKoèBs euivmuês.

SEL OOMMUN. S17

9*il contient du sulfate d'ammoniaque. Par la sublimation, il laisse pour résidu le sel marin et le sulfate de chaux.

S'il contient du fer, il est jaune rougefttre ; sa dissolution aqueuse fournit une coloration bleue avec le cyanure jaune ; un précipité rougâtre avec l'ammoniaque ; un précipité noir avec le tannin , Tinfusion de noix de galle ; dans le cas où il contiendrait du cuivre , la cyanure jaune y produit une colo* ration brun marron.

SSXi ClOnMUJMI*

Le sel commun, appelé aussi muriate, hydrochlorate ou chlorhydrate de soude; chlorure de sodium, selmarin^ sel de cuisine, sel de gabelle, est, de tous les sels solubles, le plus abondamment répandu dans le règne minéral et organique.

Les eaux de la mer (^) forment le réservoir principal de cette substance, qu'on y puise pour la livrer ensuite au commerce : c'est ce qui lui a valu le nom de sel marifij bien qu'elle se rencontre en quantités très-considérables aussi dans le seîu de la terre, particulièrement à la partie inférieure des terrains secondaires, comme à Wiéliczka en Pologne, en Hongrie, dans le Tyrol, à Chester (Angleterre), à Cordona dans la Catalogne, à Poza en Castille, dans plusieurs parties de la Russie, à Bex en Suisse ; en France, à Dieuze (Meurthe), à Salins (Jura), et dans d'autres départements de l'est; à Briscous (Basses-Pyrénées), à Camarade (Ariége). Tantôt ce sel, extrait à l'état solide, comme à Wiéliczka, à Dieuze, prend le nom de sel gemme, sel rupestre; il est translucide, parfois même transparent. Tantôt, au contraire, sa présence est indiquée, comme à Salins, à Briscous, par des sources qu'il sature à des degrés différents, et d'où on le retire , par évaporation, à l'aide de la chaleur.

Le chlorure de sodium pur cristallise en petits cubes blancs, inaltérables à l'air, inodores, d'une saveur franche bien connue, ne renfermant pas d'eau de cristallisation, mais de l'eau d'interposition ; cette eau, en se dilatant par la chaleur, produit une série de petites explosions, connues sous le nom de

(1) L'eau de la mer coniieni à peu près y/o,5 de chlorure de sodium.

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