SEL COMMUN
décrépUatiûn. Le sel fond au-dessus de la chaleur rouge, puis se volatilise, surtout sous rinfluence d^n courant d'air ou de tout autre gaz.
Il est presque aussi soluble dans Teau à froid qu'à chaud ; il est soluble dans Falcool, dont il colore la flamme en jaune.
En France, le sel s'extrait des eaux de FOcéan et de la Méditerranée ('] par évaporation spontanée , pendant les mois de juin, juillet et août. S'il provient des côtes de TOuest, il constitue le sel gris; sa nuance varie du gris très-foncé au gris blanc très-clair. Le sel extrait des salines du Midi (*) est blanc, en cristaux, tantôt très-volumineux, tantôt très-menus (sel a*ibié du Midi) : ces derniers s'obtiennent en les séparant des premiers par un criblage.
Voici la composition de divers sels du commerce :
(1) Les principales localités d'où le commerce de Paris lire les sels marins qnMl livre k la consommation sont les suivantes :
Vannes, Sarzeau, dans le Morbihan; LeCroisic, Guérande, l.e Poullguen, Bourgnenf, dans la Loire-Inférieure; tle de Noinnoutiers, Ile de Boin, Beauvoir, Sabies-d'Olonne, dans la Vendée; La RocbeUe, lie de Ré, Ile d'Oléron, Ma rennes, Le Gua, La Tremblade, Nieul, dans la Charente-Inférieure.
(*) Cette (Hérault), Bouc (Boucbes-du-Rhéue), Hjères (Var).
SEL flOIOUiH
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L'inspection de ce tabloau fait voir que les sels du Portugal sont caractérisés par le sulfate de magnésie qu'ils cou-
330 SEL eomiuif.
tiennent en plus forte proportion. Les sels du Midi ont une grande analogie avec les précédents; ceux de TOuest, moins purs, sont caractérisés par une teinte grise due à l'argile, et par une plus forte proportion de chlorure de magnésium, qui entretient Thumidité (*).
Les sels raffinés sont plus purs et exempts de chlorure déhqueacent : presque toujours ib contiennent quelques centièmes d'eau hygrosoopique. Ils se font remarquer par leur cristallisation en forme de trémies larges et légères (sels de Cambratjy moyennes ou petites ; il y en a aussi en cristaux blancs, très-menus, dits seli fini (*).
Les sels rafOnés se produisent sur une grande échelle dans les départements de la Meurthe, de la Moselle, du Jura, des Basse»-P3rrénées (sels blancs dits de Bayonne). L'Est de la France et le Sud-Ouest emploient ces sels d'une manière presque exclusive. Us ne contiennent pas de substances insolubles, terreuses et organiques ; d'après nos expériences, ils renferment moins de sels magnésiens que le sel manu; ils salent davantage, et contiennent, en effet, 4 à 5 <»/o de plus de sel pur (3).
C'est dans le Nord que l'on raffine avec le plus de perfection. On donne aux cristaux des dimensions très- variables. Mais comme le sel, dans ces contrées, se vend à la mesure, le fabricant fait des cristaux aussi volumineux et aussi légers que possible («).
On raffine ^ Paris les sels de table avec des sels neufe ou avec des $és de morue^ que l'on calcine préalablement pour
(<) Les sels des marais salaut$ sont beaucoup plus iodurés oatarellenieni f ue les sels des sattnes de TBst et surtout que le sel gemme (Chatin).
(*) Les sels 6ns sont généralement préférés pour l'usage de la lable ; aussi les nomme -t-oft séU de tàUê»
Les sels cristallisés en trémies oftteni par leurs formes régulières, faciles à discerner, une garantie contre les mélanges de di?erses substances étrangères pulvérulentes.
(>) Une Commission, consultée, en 1S47, par M. le préfet de police, sur remploi du sel de Bayonne dans les usages culinaires, émit un avis semblable en tous points k celui que nous avions donné nous-mème, en lSi6^ à la direction des salines de Bayonne.
(^) Il est à regretter que le gouvernement nMnIervienne pas pour mère ebUftieitu U veate 4tt mI^ au poidk
SEL œMMun. 381
détruire les matières organiqnes qui leur commtmiqueiit une odeur nauséabonde. Le résidu de cette calcination, dissous dans Teau, puis évaporé, donne un sel blanc raffiné, très^pur. Usages. — Les applications du sel sont très-nombreuaesC*). On en fait d'abord une grande consommation, comme condiment, dans la préparation de nos aliments. En agri* culture, ou remploie à la nourriture des bestiaux ('), au chaulage des grains et à Tamendement de certaines terres ; il est administré aux bestiaux contre les influences qui occasionnent quelques malacties, notamment la cachexie aqueuse. U sert comme antiseptique ; on remplœe à faire les salaisons de viandes, de poissons, de peaux et intestins, de eomestiblea, et à préparer les feuilles de tabao. Il sert à la fabrication du sulfate de soude, de Tacide chlorhydrique, du chlore, des soudes, des savons durs, du sel ammoniac, des hypocUorites, des chlorures de mercure, des luts souples à la température du rouge sombre. On l'emploie au vernissase des po* teries de grès; pour le traitement des mines argentifères, au Pérou ,* il entre dans la composition des mélanges rébigé^
(*) L'expioitatioD du sel dans 27 départeraepis en France compr^ud 76 marais salanls, IS sources salées, SI laveries de sables salés et i mine de sel gemme.
£a France^ la coasommaiioa moyenne du sel est répartie de la maniéré suivante s
Pour IHiKmentaiion 116 millions de kilog.
— * la fotHiealion de la soude. . . 55 «
-^ diverses induâirie^ 90 9
— ragricuUure S5 »
— pèche et salaisons sur mer. . 65 à SO »
ToUl 3S1 à 306 )»
Exportation 40 à SO »
Les sels de l'Ouest entrent pour près de 40 •/o dans la consommation ; les sels du Mldi^ pour 30 Vo; les sels de TBst et de Bayonne, pour 80 •/o,
A Paris, la consommation annuelle des sels gris et blancs dépasse, en moyenne, 5 millions de kilog. Le sel y est f^ppé d*un droit d*ocirol de 6 fr. par 100 kilog., en sus du droit de douane de 10 fr.
La ville de Paris et sa banlieue consomment à elles seules plus (Ttin trentième de ce qui se consomme annuellement en France.
(*) On n'emploie guère que le sel gemme pour cet usage ; des morceaux de 10 à 30 kll. sont placés dans les étabies où chaque animal, guidé par son Instinct , en dissout avec la langue les quantités qui lui sont nécessaires»
332 SEL OOMMUN.
rants des glaciers. Dans les laboratoires de chimie, on l'emploie comme réactif. Enfin, le sel marin entre dans la composition d*un grand nombre d'eaux minérales artificielles. On remploie en pédiluve, comme légèrement rubéfiant.
Altérations. — Le cuivre, le piomb, le fer et Yanenic ont été rencontrés dans des sels provenant de certaines raffineries. Cette altération accidentelle est très^importante k constater : de déplorables événements en ont quelquefois été la suite (*). On a constaté la présence de 0,001 environ d'acide arsénieux dans le sel. Pour s'en assurer, on convertit en sulfate de soude le sel à essayer, et on l'introduit dans un appareil de Marsh, fonctionnant à blanc; ou bien, Ton traite par rhydrogène sulfuré, et on soumet aux réactions ordinaires le sulfure obtenu.
Quant au cuivre, au plomb et au fer, ils proviennent des ustensiles, chaudières et appareils servant à Fextraction ou au raffinage du sel (*). Sa solution aqueuse prend une coloration bleue par Tammoniaque, s'il y a du cuivre, et donne, en outre, un précipité floconneux rougefttre, s'il y a du fer. Le plomb est décelé par l'hydrogène sulfuré, le chromate de potasse, riodure de potassium.
(1) En 1887, une épidémio, qui aUeignit plus de 400 personnes dan^ le déparlement de la Marne, fut causée par la vente d*un sel de cuisine que l'on reconnut contenir des iodures et de Varsmic. Il provenait d*une raffinerie de sels de varech, où l*on préparait eo même temps des sels arsenicaux. Du sel semblable fut vendu à Paris et rendit malade une famille entière. Ce sel détermina la boursouflure de la face, des douleurs de tète, une soif ardente, Tinflammation des amygdales, des douleurs intolérables dans tout le trajet de Tesiomac et des intestins, suivies d*an flux diarrbéique presque toujours sanguinolent.
En 18i3, àLa Haye, la servante d'un épicier, une fille de 80 ans, mêla de l'acide arsénieux au sel vendu par son maître., afin de diminuer son travail domestique en éloignant les chalands. Heureusement les suites de ce calcul, aussi stupide que criminel, ne furent pas mortelles. Sur les trente-six personnes environ, victimes de cet empoisonnement, la vie seulement d*une vieille femme futsérieusemeut menacée. Après un irai* tement convenable et rationnel, tous les malades furent guéris.
(') Voy., à la fin du volume, VOrdonnance de police du 88 février 1853, titre III, art. 19. —Les balances dont on peut faire usage pour peser le sel doivent être en bois, en étain, en fer couvert d*un enduit vitreux (fer Parie); mais il faut éviter remploi do plateaux de cuivre ou de zinc.
SEL comiuN. 183
FALSincATloils. ^ Le sel marin a été Tobjet de fraudes nombreuses qui, malgré toutes les mesures prises par Tautor rite municipale (*),. sont à peine réprimées.
(*) I^ iO juillet 1832^ M. le préfclde police, dont rattenlion fat éveillée par de nombreuses plaintes sur la qualité des sels^ rendit Tordoanance suivante :
PRftFBCTURB DB POLIGB.
Ordonnance concernant les ftMfications d^ sd.
Nous, conseiller d*Etat, préfet de police.
Considérant que, dans un but de cupidité. Ton fabriquo et expose en vente du sel marin ou de cuisine, altéré par le mélange de substances étrangères ; que des maladies et accidents plus ou moins graves ont été attribués à Tusage de sels ainsi Talsifiés, et quMl importe de prendre des mesnres pour réprimerune fraude aussi préjudiciable à la santé publique;
Vu 10 la loi du 16-2i août 1790, titre XI. art. 3;
99 La loi du 22 juillet 1791;
3« Les articles 319, 320, 475, g li; i77 et 471, § 15 du Code pénal ;
i^ Les rapports du Conseil de salubrité;
Bq vertu des arrêtés du gouvernement dos 12 messidor an VIIT et S brumaire an IX,
Ordonnons ce qui suit :
Art. l*^ — Il est expressément défendu à tous fabricants, rafflneurs, marchands en gros, épiciers et autres^ faisant, dans le ressort do la préfecture de police, le commerce du sel marin ou de cuisine, d*y ajouter^ soit des sels retirés du salpêtre ou du varech, soit des sels provenant de diverses opérations chimiques, soit de la poudre de pierre à plâtre^ soit enfin toutes les autresisubstânoes étrangères au sel.
Art. 2. — Les commissaires de police à Paris, et les maires ou le> commissaires de police dans les communes rurales, feront^ à des épocfues indéterminées, avec Tassistance des hommes de Tart^ des visites dans les ateliers, magasins et boutiques des fabricants, marchands, débitants de sel. à Teffet de vériQer si celui dont ils sont détenteurs est de bonne qualité et exempt de tout mélange.
Art. 3.— Le sel altéré on falsifié à l'aide de telle substance que ce soit sera saisi, sans préjudice des poursuites à exercer contre les contrevenants, devant les tribunaux compétents.
Art. 4. -* La présente ordonnance sera imprimée^ publiée et affichée.
Les sous-préfets des arrondissements de Saint-Denis et de Sceaux,
les maires des communes rurales du ressort de la préfecture de police,
et inspecteur général des halles et marchés, sont chargés d^eii assurer
Texécuiion.
Le ConseiUer d^Etai, Préfet de poUoe,
Signé : tilSQUET.
La fraude du sel, qui avait cessé vers la fin de 1832, par suite des mesures que Tadminislration avait prises^ reparut vers 1834. Bn 1839. de nombrenses visites furent faites, par les membres du Con-
834 SEL OOMMUN. '
C'est Mrtimt à Paria qpie la fraude s^aKnroa sv la plus vaste éobeltei
seil de salubrité, chez les raffineurs de sels, chez les fabricants de produits chimiques et les épiciers de Paris. Les échantillotis pris chez ces négociants furent soumis à une analyse, qui démontra que les sels étaient mélangés de sulfate de chaux, de sulfate de potasse et dlodnres; des hommes de Part, interrogés, déclarèrent que le mélange éuit de nature à porter atteinte à la santé publique.
Les contrevenants furent traduits devant le tribunal de simple police, sous rinculpation de vente de comestibles nuisibles, et condamnés à une amende qui varia de 3 à 10 francs. Plus de 1,500 jugements furent ainsi prononcés. Mais comme ces rondamnations minimes n'arrèiaîent pas la fraude, le ministère public prit le parti de poursuivre à TaTeoir les délinquants devant le tribunal de police correctionnelle, sous la prévention, non plus d'une contravention, mais d'un ddit, celui de tromperie sur la nature de la marchandise vendue. Les premiers qui eurent à lutter contre les nouvelles poursuites du parquet, furent le» sieurs L..., salpètrier, et S. . ., fabricant de. produits chimiques. L. . . fut acquitté et S. . . condamné à six jours de prison.
Sur rappel de ce dernier, son avocat soutint en droU c que Tart. iS3 « du Code pénal ne punit la tromperie des vendeurs qu'autant qu'elle a porte sur la nature de la cho<e vendue; or, disait-il, le mélange re- « proche au prévenu, fût il établi, altérerait la qualité des sels, mats « n'en changerait pas la nature. C'est du sel de qualité inférieure veadu « pour du sel de bonne qualité, mais ce n'est pas une marchandise « substituée à une autre. En fait, l'avocat de l'inculpé s'est aUaché à « démontrer la bonne foi de son client, auquel on ne pouvait imputer « le mélange, et qui avait revendu les sels dans l'état où on les lui avait « livrés. »
Ces moyens ayant été combattus par M. Ta vocal général, la Cour rendit Tarrèt suivant :
a Considérant que les faits éublis contre S. . . ne constituent pas seu- « lemeni la simple exposition en vente de sels nuisibles, comme étant « plus ou moius altérés, mais la substitution de sels destiuésaax aru « au sel destiné à l'alimentation;
« Adopunt au surplus les motifs des premiers juges, met l'appella- « tion au néant i ordonne que ce dont est appel sortira son plein et en- « lier eifet; condamne l'appelant à l'amende et auz dépens. »
Par ordre de M. le préfet de police, les membres du Conseil de salubrité analysèrent plus de quatre mille échantillons de sel.
Vers 1841, on reconnut que les sels de cuisine vendus à Paris étaient encore falsiaés. Les sels étaient mêlés avec du plâtre cru et avec des sels de varech ; les sels blancs étaient fraudés avec des sels de varech raffinés. Sur 3,0S3 échantillons prélevés dans Paris, 800 ( plus de 1/iO) furent reconnus folsifiés; 84 échantillons de sels gris l'éUient avec dy plfttre ou des sels de varech ; et »& échantillons de sels blancs, par des
SEL oomuN. 995
On le falsifie avec le sulfate de chaut:, le plaire cru en poudre; le$«e/ï de varech^ .qui renferment des iodures et de» bromures (*) ; la terre^ ïargUe p), le grès en poudre ou le sotblorty Y alun, le sulfate de soude [^), le chlorure de potassium^ les sels blancs résultant de t extraction du salpêtre (*) ; les sets provenant des salaisons^ dits sels de morue; enfin» il j a dos sels qui sont par trop riches en eau (^).
La falsification du sel par le plâtre cru, ou par le sulfate de chaux, est de beaucoup la plus fréquente, ainsi que le démontrent les condamnations auxquelles ce mélange a donné lieu(«).
sels de varech raOBnés. — 11 y en avait aussi qui cootenaleot des traces de cuivre.
Voy., ^ là flii dd ce volume, V0rdomuMC9d9poUôéiaivt ts fâvrier 1M9, litre II, irt. 9 %i 11, et Vhwirutiwn du CmuêU d'hygiém ptAliqm H dv saiubrité du département de la Seine, en date du i février 18&3, g 3»
(*] On a truuvé, par exemple^ du bromure de magnésium dans un sel vendu à Bruxelles, et qui provenait du marché de Liverpool.
(*) Nous avons trouvé près dd la V» v^'^rgiie blanche dans un sel pris à Marseille.
(>) Celte fal&iacation» quoique beaucoup plus rare, a été oonstaléo dans les départements de TAube et de la COte-d'Or.
(^] La fraude se lit largement avec les sels de salpèlre, jusqu'en 1840 et 1841, époque à laquelle le préfet de police ordonna de sérieuses pour^ suites contre les f^Ksiflcaifurs^ Mais ces sels continuèrent à être vendus en francliise do droits aux glaciers* pour leurs mélanges rèfrigéraDtsi
(<^) Nous avons examiaé un sel provenant du dépariemenl du Rhône» qui conienait 11 o/o d'eau, sans la présence d'aucune autre substance élrangère.
(') A Paris^ un manège fut établi pour pulvériser de la pierre à pliktre, vendue ensuite, daus Le commerce, sous la dénomination naïve de poudre à mêler au sel.
En 1848, le sieur V. . . a élé traduit devant le tribunal de police correciionnelie, sous la prévention d'avoir vendu du sel marin allongé de plâtre cru ; le tribunal a condamné le sieur V ... à 100 fr d'amende et aux détiens.
£n 1850. un marchand de sel de la banlieue, le sieur D..., fut cité devant le tribunal de police correciionuelle sous la prévenlion de tromperie sur la uaiure de la marchandise par lui vendue. Il fui constaté, d'après rexi)ertise et les dires des témoins^ qu'on retira de chaque sac de sel, vendu par lui à un épicier de la commune de V. . .^ 5 kil. de sel gris, qu'il remplaça par autant de kil. de pUiire cru, de pierre à pl&tro réduite en poudre.
On ne put déterminer exactement dans quelles proportions le mélange
:^36 SEL COBfMUN.
Les sels mêlés de plâtre cru, traités par quatre parties d'eau, fournissent une solution saline, et laissent en résidu le plAtre, qui peut être recueilli sur un filtre, lavé, séché et pesé.
On peut encore laver le sel sur un tamis : le plâtre cru, délayé dans l'eau, passe à travers les mailles du tamis ; on laisse déposer Teau qui a entraîné le plâtre; on décante quand le liquide s'est éclairci ; puis le plâtre est lavé, séché et pesé.
On peut encore mettre 50 grammes, par exemple, de sel à essayer dans de petits sachets de toile perméable ayant la forme d'une chausse; ils sont préalablement desséchés à Fétuve et tarés, ensuite ajustés sur un bocal à très-large ouverture; on verse dessus de Teau distillée, de manière à dissoudre le sel : la dissolution saline tombe dans le bocal ; on continue jusqu'à ce qu'il n'y ait plus apparence de stries dans le liquide ; on reprend le sachet, on le remet dans de nouvelle eau distillée, de manière à dissoudre tout ce qui est soluble; puis on porte le sachet à l'étuve; les matières insolubles restant dans la pointe du sachet sont ensuite pesées ; défalcation faite de la tare du sachet sec^ on a le poids des matières insolubles.
Pour arriver à un résultat plus exact, M. Lassaigne a proposé l'emploi d'une solution saturée de sulfate de chaux, k la température de 20^ (^). On met dans un bocal l'échantillon de sel à examiner, avec sept à huit fois son poids de solution sa-
avait été fait, par la raison que le sel, toujours humide, sur lequel on répand celte poudre, la fixe de telle sorte quMl devient ensuite imi>ossi* ble de faire, par le pelletage, un mélange exact des sels plâtrés avec ceux qui ne le sont pas.
Le sieur D. . . convint du fait qui lui était imputé ; il chercha à s*excuser en disant qu*U était forcé de falsi/ler le sel pwr satisfaire aux exH gences du public, qui veut le payer au-dessous du cours.
Conformément aux conclusions sévères de M. le procureur de la République, le irHmnal condamna le sieur D. . . à un an de prison et SOO fr. d'amende.
(') Ce moyen est fondé sur le fait connu et pratiqué depuis longtemps pour la purification de certains sels dans les arts et dans les laboratoires k savoir que : Veau saturée d^un sel au point de fCen fUm dissoudre peut opérer la solution d^nn antre set.
^EL CXIBUIUN. 337
turée. Tout le pl&tre qui peut se trouver mêlé au sel se pré* cipite sous forme d'une poudre grisâtre ou jaunâtre, qu'il ne s'agit plas que de laver, avec la même solution, à plusieurs reprises, avant de le recueillir; on le sèche ensuite à 30 ou 40^ dans une étuve, aûn de ne pas le priver de son eau de cristallisation ('). L'expérience a prouvé que ce procédé peut servir à estimer soit la faible proportion du sulfate de chaux qui se trouve naturellement mélangé au sel marin (Voy. p. 329), soit celle qui y a été ajoutée dans un but de falsification (*).
Pour la recherche des sels de varech (3), on môle une pincée du sel suspect, dans une soucoupe de porcelaine, avec un peu d'eau amidonnée chlorée ; si le sel est ioduré, il se manifeste, par suite de Tiode que le chlore met à nu, une colora-
(<) Le dosage pourrait aussi avoir lieu, après la calcination au rouge obscur dans un creuset de platine, au contact de Tair, pour détruire la matière organique qui existe souvent dans les divers seis; dans ce dernier cas, il y aurait à ajouter au poids du sulfate de chaux les 0,21 de son poids en eau, pour avoir la proportion do ce sel hydraté tel qu^il existait dans le mélange.
(*) On peut introduire dans le sel i à 5 % de plâtre à Tétat de poudre impalpable, sans qu'il soit facile d'en constater la présence à la simple vue.
(*) La soude brute de varech d*où on les extrait contient :
Chlorure de sodium 15.600
Chlorure de potassium 1S,170
Sulfate de potasse 5,390
Sulfate de soude 0,200
Iode(àrétatd1odure] 0,170
Brome (à rétat de bromure) 0,016
Madères insolubles. 66,514
D*après les recherches que nous avons faites avec M. 0. Henry, et celles de M. Boutigny, cette fraude du sel de cuisine par les sels de varech se pratique presque exclusivement à Paris. On a attribué à tort à cette sophistication une maladie qui se déclara, SI y a quelques années déjà, à la Fère-Champenoise : sur 2^400 habitants, on en compta 400 af* fectés de coliques et d'autres symptômes plus ou moins graves.
Nous avons vu du sel blanc destiné aux soldats; c'était du sel de varech, réduit en petits grains, par son passage à travers un tamis de fil de cuivre, recouvert de vert-de^gris,
33S siL cemun.
tieti bleuâtre dont Tintensité est en rapport a?ee la quonliié
diode {•).
On peut encore traiter le sel par Palcool, qui dissout les iodures; le liquide alcoolique est évaporé, et le résidu dissous dans Peau est essayé par Peau amidonnée chlorée.
Pour reconnaître les bromures, on réduit en poudre une partie du sel à essayer ; on en fait un cône qu'on place sur ime soucoupe de porcelaine, et on verse dessus une petite quantité d'eau chlorée. Ce cône prend une teinte d'autant plus jaune, que la quantité de bromure est plus forte. Le sel marin pur ne présente pas cette coloration.
L'alun (^) se reconnaît par un sel soluble de baryte (nitrate ou chlorure), et par Pammoniaque, qui donne lieu à un dépôt gélatineux d'alumine.
Le sulfate de soude qui est mêlé en proportion notable au sel marin le rend amer, efflorescent à Pair. Il est décelé par le précipité blanc, insoluble dans Pacide nitrique, qu'il produit avec un sel soluble de bar3rte.
Le chlorure de potassium (') dans le sel marin est décelé parle chlorure de platine, qui donne un précipité jaune serin de chlorure double de platine et de potassium, insoluble dans Palcool.
Pour retrouver les sels de salpêtre (^) dans le sel de cuisine, on môle ime certaine quantité de ce dernier avec de la limaille de cuivre et un peu d'eau ; puis on verse de Pacide
(*] II faut éviter de meure un excès de chlore qai détniiniit U coloration bleue.
(*) En Belgique, où le sel est sujet à de fréquentes sd^bistlcations, on ajoute souvent 2 Vo d'alun au sel raffiné» pour le rendre plus dur et moins hygrométrique.
(*) Il y a plusieurs années, M. Lassaigne a constaté, dans quelques échantillons de sel vendu par des épiciers de la banlieue, la présence de 83 à Si o/o de chlorure de potassium.
[*) Les sels de sal(>èire contiennent une certaine quantité de sels de potasse (nitrate et chlorure) dont la présence est facilement constatée par le chlorure de platine ; ils sont aussi iodurés, ce que Ton reconnaît à Paide de l'eau amidonnée chlorée. Ils renferment environ 15 % de chlorure de sodium.
Eu 1850, un marchand de sel, le sieur L.., qui avait dans ses magasins des sels de salpêtre, a été traduit devant les tribunaux, condamné à ramende et aux frais et à la destruction des sels saisis.
fttUuhqu^^ qui d^nue lieu à un dégagement de rapeun nitreuses, que Ton rend manifestes en exposant au-dessus un papier imprégné de teinture de gaïac récemment préparée ; le papier prend une couleur bleue plus ou moins intense ^ suivant qu'il y a plus ou moins de sel de salpêtre dans le mélange.
La présence des sels de morue (*) se reconnaît à l'odeur
(') Pendant longtemps la mauvaise odeur des seU de morue les rendaQt impropres à la consommatioa humaine, ils ne furent guère achetés que par les tanneurs ; mais plus tard on parvint à rendre à ces sels leur purelé, par le grillade et le raffinage. Les premiers effels de ce perfectionnement furent d'élever le prix d'une denrée^ jusqu'alors assez peu recherchée, de causer un grave préjudice au Trésor et au commerce des sais acquittés, et de nuire aux lauueries qui, depuis ce moment^ ne coosoinmèreut, pour ainsi dire, que du sel ayant acquitté les droits. L'industrie naissante du rafilnage des sels de morue donnait de beaux bénéiices, mais elle no trouva bientôt plus à Paris, où elle prit naissance et d'où elle ne sortit jamais, assez de matières premières. Ces sels impurs furent recueillis en province, réunis dans les centres importants, tels qu'Orléans, Amiens, etc., et dirigés sur la capitale. Ces moyens d'action devenant encore insullisanls, on eut recours à la fraude ; on parvint à détourner des sels de poisson, que Ton expédiait à Paris dans des tonnes qui avaient servi au tran>port des morues ; seulement on avait soin de mettre à chaque extrémité quelques poissons salés. L'administration finit par avoir connaissance de ces exi)éditions et y mit un terme.
Il en fut de même du raffinage des sels introduits dans les cuirs éiran" gers que Ton expédie en France ; au lieu de s'en tenir à la quantité de sel nécessaire à la conservation des cuirs, on augmenta ces quantités à tel point que les peaux ne servirent plus bientôt que d'emballage. Il vint ainsi beaucoup de sel de Hambourg au Bavre.
L'administration autorisa certains fabricants d'engrais à faire venir à Paris, sous le plomb de la douane^ des sels de coussins, c'est-à-dire ceux qui forment le lit i>ur lequel le poisson est placé dans le navire pécheur ou dans le bâtiment à bord duquel on le met à l'arrivée immédiate de la pèche, pour être conduit dans un autre port. L'expédition de ces sela fut permise, à la charge d'être dénaturés au lieu de destination, sous les yeux des employés des contributions indirec'es, au moyen d'un mélange de 8 p. de poudretle pour 4 p. de sel, ou bien de 5 p. de terre et de 8 p. de fumier pour 4 p. de sel. Mais les maisons qui font le commerce de sel en gros à Paris^ s'aperçurent que l'on colportait, dans Paris et sa banlieue, des sels rafûnés d'un grain particulier, à des prix inférieurs aux prix de revient les plus bas qu'il soit possible d'obtenir, filles se procurèrent un hectolitre d'engrais et firent procéder à des expériences qui démontrèrent que le sel d'engnfs pouvait être régénéré, et rendu
340 SEL d'oseille.
désagréable de poisson, et en même temps ammoniacale, qae la potasse caustique dégage du sel soumis à l'examen [^).
Le sel ne doit contenir que 8 ®/o d'eau en moyenne ; si on Ta humecté par fraude, cette proportion peut s'élever jusqu'à 18 Vo- On s'en assure par la perte de poids qu'éprouvent 100 grammes de sel, après la dessiccation dans une étuve.
$ÊML HM MIT&B. — V. HlTBATS BB »OTASfS.
SBI. »*OSBSLIiB.
Le sel dùseille^ ou oxalate addule de poiassey biaxalate de potasse^, suroxalaie de potasse^ sel à détacher, cristallise en prismes rhomboïdaux tronqués, d'un blanc opaque, rougîs-
propre à la consommalioD. Les maisons de Paris portèrent leurs doléances aux directeurs des douanes, des contributions directes, et au mtnislre des tinances. Longtemps il n*en fut tenu aucun compte. Mais les demandes d*autorisation de faire venir des sels de coussins allant toujours en augmentant, l'administration commença à ouvrir les yeux. On constata que le mélange se faisait de la manière suivante : On disposait une couche de terre sur laquelle on éteudait une couche de taille, puis une épaisse couche de sel; sur le sel une nouvelle couche de paille, puis une couche de terre, et ainsi de suite. Le mélange étant fait et terminé sous les yeux des employés; lorsque ceux-ci s'étaient retirés, le prétendu fabricant d'engrais démolissait 1 édifice, metuit dans des sacs ce sel de poisson, qu'il raffinait aussi facilement que le sel de morue. Celte découverte fit retirer plusieurs permissions, néanmoins il arriva toujours d'assez fortes quantités de ces sels, qui remplissent certains magasins de la banlieue (Em. Daguin).
Gomme la fraude sur les sels de morue et les sels de coussins n'aurait pas lieu sans les raffineries de Paris, et que dans Pélat actuel de la législation, celles-ci ne sontsoumises à aucune surveillance ; il serait utile, dans l'intérêt du Trésor et du commerce des sels acquittés, que le raffinage des sels Impurs (sels de morue, sHs introduits dans les cuirs étrtm» gers, sels de coussins) fût formellement interdit, et qu'une surveillance sévère fût exercée sur les raffineries de sels, notamment sur les raffineries de Paris.
Comme Ta fait observer, en 1853, .M. Em. Daguin, pour rendre les sels impropres à la consommation humaine, il serait préférable de remplacer les matières organiques, que le feu détruit et rend presque illasoires, par des substances minérales renfermant de la potasse ou plutôt de Tiodc, qu'on ne peut séparer économiquement du seU et dont la présence serait facile à consuter.
(*) Il est évident que ce que nous disons loi pour les sols t\e morue ne