‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 19 sur 251 · ACONIT · texte numérisé non relu

ACONIT

la calcinatioD qui laissera le sulfate pour vésidu. Dans Tua et l'autre cas, ce dernier, dissous dans Teau, sera reconnu par le précipité blanc, insoluble dans les acides, qu'il produira avecle chlorure de baryum, et par le précipité jaune qu'il donnera avec le chlorure de platine.

Enfin, si Fadde tartrique est mélangé de chaux, on le reconnaîtra au résidu de carbonate de diaux qu'il laissera par rincinération ; celui-ci fera effervescence avec les acides , sa dissolution précipitera par Toxalate d'ammoniaque. Porté à une plus forte température, le carbonate sera décomposé et transformé en chaux caustique, brunissant le papier de curcuma humide, ou ramenant au bleu le papier de tournesol rougi par les acides.

AOOWIT.

L'aconit, aconitum napellus^ de la famille des Renonculacées, est une plante vivace qui croit dans les Alpes, les Pyrénées, etc., et que l'on cultive quelquefois dans les jardins. Son nom spécifique lui a été donné à cause de la forme de sa racine, qui est celle d'un petit navet : d'où napellus, diminutif de napus.

UsAG^. — Les racines, et plus souvent encore les feuilles de l'aconit napel, sont employées en médecine conti'e les affections nerveuses et rhimiatismales*

Falsifications. — Dans le commerce, on substitue quelquefois aux feuilles de l'aconitum napellus celles de 1' aemi' tum lycoctonum, ou celles du delpkinium elatum ; il est important de pouvoir les distinguer.

La racine de l'aconitum napellus est renflée en forme de navet. Sa tige, haute do 70 à 95 centimètres environ, est droite et terminée par un long épi de fleurs d'un bleu violet; elle porte des fexiilles luisantes, pétiolées, partagées en cinq ou sept lobes très-profonds et incisés.

L'aconitum lycoctonum, appelé aussi aconit tue-loup, a les feuilles palmées à trois ou cinq lobes incisés et dentés, d'un vert sombre et noirâtre, et légèrement velues; les fleurs sont d^un jaune pâle.

Les feuilles du delphinium elatum, moins profondément

54 ACX>RX VRAI.

découpées que celles de raconit, sont plutôt palmées que digîtées.

L'extrait d'aconit (suc épaissi) a une couleur brun verdâtre foncé. Fraîchement préparé, il a une saveur amère, pénétrante, irritante, désagréable, et Todeur particulière de l'aconit.

La racine d'aconit est quelquefois mêlée de racine f ellébore ; im examen attentif des caractères différentiels de ces deux racines suffira pour faire reconnattre le mélange.

AOO&B vaAx.

L'acorus vrai ou acortu oéhretni^ acarus calamus, est souvent confondu dans les livres et dans lès pharmacies avec le calamus aromatieus^ qui en diffère complètement.

L'acorus vrai est une plante vivace qui produit des feuilles longues, étroites, à peu près semblables à celles de l'iris; ses fleurs sont disposées en un chaton cyUndrïque; ses fruits ressemblent au poivre long ; il croit en Normandie, en Bretagne, en Allemagne, en Sibérie et au Japon.

Sa racine est grosse comme le doigt, noueuse, genouillée, d'une saveur acre et amère, d'une odeur aromatique agréable ; elle est roussfttre à l'extérieur, blanche et quelquefois rosée et spongieuse à l'intérieur.

Usages. — L'acorus vrai est employé comme stomachique, hystérique, etc. ; il entre dans un grand nombre de préparations pharmaceutiques.

Vacoms faux ou acùrui adultérin est la racine de l'im de$ marais. CeUe-ci croît en abondance dans les marais ; elle est tubéreuse, blanchâtre, odorante, d'une saveur acre.

Usages. — On emploie l'acorus faux comme purgatif; on en fait usage dans Thydropisie, dans les pertes et crachements de sang.

Les graines torréfiées de cette espèce d'iris ont une saveur amère et légèrement astringente ; on les a préconisées comme un des succédanés indigènes du café (voy. Çakmus aromaticus).

ÂGAHIC. 55

AOAKIO.

Les deux espèces d'agaric que Ton rencontre dans le commerce sont Y agaric blanc (boletus laricis) ou agaric de mélèze, et V agaric de chêne (boletus igniarius) ou amadouvier,

Vagaric blanc est une plante cryptogame de la famille des Champignons, qui croit sur le tronc de plusieurs arbres, tels que le chêne, le tilleul, le hêtre, le mélèze, dans leDauphiné, la Carinttiie et l'Asie. D a la forme d'un sabot de cheval. Il est blanc, léger,. poreux, dépouillé de sa pellicule extérieure. Il a ime saveur douceâtre^ qui deyient amère et ftcre. Le bon agaric doit être doux et flexible. L'agaric de l'Orient, celui de la Carinthie, sont préférés à celui du Dauphiné et des Alpes françaises. L'agaric blanc est un purgatif drastique.

L'agaiie blanc est divisé en trois sortes :

Vagaric en wrtes, vendu tel qu'il a été recueilli sur l'arbre ;

Vagarie mondé, c'est-4-dire privé entièrement de son écorce ligneuse ; c'est la mrte la phis r^herchée et la plus chère ;

Vagarie demi-^nondéy ou privé d'une partie de son écorce ligneuse.

Vagaric de ehêne est une excroissance fongueuse qui croit sur les vieux chênes, les noyers, les hêtres, etc. Il a également la forme d'un sabot de cheval ; il est épais, fibreux, d'une couleur roussâto.

On fait subir à ce champignon quelques préparations (coupage en plaques et battage, pourrompre les fibres ligneuses), soit pour le rendre propre à arrêter les hémorrhagies des petits vaisseaux et pour d'autres usages chirurgicaux, soit pour ie convertir en un produit nommé amadouy qui sert à donner du feu h l'aide du briquet. Pour ce dernier usage, l'amadou est trempé dans une solution concentrée de nitrate de potasse, ou quelquefois de poudre à canon, de chlorate de potasse, de nitrate de plomb, afin de le rendre plus combustible.

Les deux espèces d'agaric pourraient facilement se distinguer par l'effet qu'ils produisent lorsqu'on les projette sur des charbons ardents : Tagaric des chirurgiens brûle tranquillement à la manière des substances végétales ; tandis que l'ama-

56 ALQOOLS.

don produit des scintillations et fait entendre un petit bruit. Falsification. — L'agaric blanc en poudre a été mêlé de carbonate de chaux; il fait, dans ce cas, effervescence avec les acides; 100 p. d'agaric pur nous ont donné 3 **/o de cendres ; celui qui était mêlé de carbonate de chaux donnait %% de résidu après Tincinération.

On entend généralement par akoob ou etprits^ les Liquides spiritueux qui se forment pendant la fermentation, non-seulement du suc du raisin, mais encore de tous les liquides sucrés que Ton extrait des plantes, des racines et des firuits, tels que les jus de pommes, de poires^ de cerises j de framboises^ etc.; de la canne à sucre, de la betterave, etc.; les marcs de raisin, les mélasses de cannes et de betteraves, le sucre ou sirop de fécule, le miel, et les liquides spiritueux provenant de lasaccharification des céréales, des pommes de terre, ou de la fécule qu'on en extrait. Ces alcools sont ordinairement désignés par des noms particuliers, qui rappellent souvent la substance d'où on les a tirés : tels sont Yakool, ou eau-de-vie de vin ; V alcool, ou eaurde-vie de gramSj de betteraves, de pommes de terre, de fécule: le rhum, dont le plus estimé vient de la Jamaïque, provenant de la fermentation de la mélasse de cannes (*); le tafia, provenant de la fermentation du jus de cannes ou vesou ; le kirsch-^ wasser, ou simplement kirsch, nom allemand qui désigne un liquide fermenté, préparé avec des cerises noires ou merises : le kirsch doit son odeur d*amandes amères à Facide prussique ; le meilleur nous vient de la Forêt-Noire (Souabe) et des Vosges ; Varack, ou rack, obtenu aux Indes orientales avec le riz fermenté, additionné de cachou; le genièvre ou gin, le wiskey, obtenus en Angleterre: le premier, en distillant l'eau-de-vie de

(') Le rhum est blanc et diaphane , mais pour lui donner la couleur jaune ambrée qu^on lui connaît dans le commerce, ei afin de lui communiquer le goût particulier que les consommateurs exigent , on fait infuser dans une pariie de la liqueur, en proportions qui varient à Tiniini, suivant les fabriques, des primeatio;, des dot» de girofle, du goii^ dron, et surtout des râpures de cuir tanné; la coloration est complétéu par une addition de caramel.

grains sur du genièvre (i) ; le second, par la fermentation de la drèche ; le marasquin de Zara, obtenu en Dalmatie, par la fermentation des prunes et des pèches; Y absinthe , ou eau-de-vie distillée sur les sommités d'absinthe, sur le calamusaromaticus, la badiane, la racine d'angélique, etc. Parmi les différents alcools, nous n'examinerons, au point de vue des falsifications qu'on leur fait subir, que l'alcool proprement dit, et les eauxde-vie^ Vabsinthe^ le genièvre et le kirsch,

A, — AbH)ol et eaux-de^vie,

Ualcool, appelé autrefois esprit ardent^ eau ardente^ espritde-vin, à l'état de pureté, c'est-à-dire anhydre ou absolu^ est un liquide transparent, incolore, doué d'une grande mobilité; il a une saveur chaude et pénétrante, une odeur enivrante et agréable. Il est sans réaction acide ni alcaline; sa densité est 0,792 à 4-15"«- ; il bout à 78'*-, 41, sous la pression de 0^,76, est volatil sans décomposition. La densité de sa vapeur est 1,613.

Cet alcool, chimiquement pur, est composé de : carbone, 52 ; hydrogène, 13; oxygène, 35. Mais l'alcool le plus ordinairement répandu dans le commerce n'est pas à cet état; comme il peut se combiner en toutes proportions avec l'eau, il en contient des quantités variables qui apportent des modifications à sa densité et à son point d'ébullition. La proportion d'eau contenue dans l'alcool peut s'apprécier au moyen des aréomètres ou pèse-liqueurs, pèse-alcools, ou de Yaréomèire centésimal de Gay-Lussac (F. pi. l, fig. b et 6). Les aréomètres les plus employés sont ceux de Baume et de Cartier, où le zéro est marqué au point d'affleurement dans une solution faite avec 10 parties de sel et 90 parties d'eau distillée ; on marque 10 au point d'affleurement dans ce dernier liquide. L'intervalle entre 0 et 10 est divisé en 10 parties égales, et l'échelle est continuée vers le haut de la tige. L'aréomètre de Baume marque de 10 à 45 degrés ; celui de Cartier marque de 10 à 40. Ce dernier n'est qu'une altération de l'aréomètre

('] Le genièvre se fabriqae principalement en Flandre, en Angleierre, •n Hollande.

58 ALGOOLS.

de Baume. Cartier a seulement divisé en 15 parties égales 16 degrés de Baume, le 38" degré de ce dernier correspond au 37" de Cartier.

L'aréomètre légal est l'alcoomètre centésimal de Gay-Lussac, à l'aide duquel on détermine la quantité d'alcool contenue dans un mélange de ce liquide avec l'eau. Cet instrument a été gradué à la température do + 15®*- ; l'échelle porte 100 degrés inégaux en longueur, et tels que le nombre qu'ils indiquent exprime en centièmes la quantité d'alcool contenue dans le liquide soumis à l'essai. Le zéro oorrespond à Teau pure et le 100" degré à l'alcool absolu. Ainsi, le liquide alcoolique dans lequel l'alcoomètre s'enfonce jusqu'au 55* degré, contiendra 55 "/o d'alcool et 45 */o d'eau; ce sera de l'alcool à 0,55, et ainsi de suite : 400 litres de cet alcool contiendront 400 litres X 0,55, ou 220 litres d'alcool pur. L'essai alcoomémétrique doit être fait à la même température (15®^) que celle à laquelle l'instrument a été gradué. Autrement, selon qu'on opérera à une température supérieure ou inférieure, on aura une élévation ou une diminution en degré, due à la dilatation ou à la contraction du liquide alcoolique. Pour éviter d'assujettir l'opérateur à une température constante, Gay- Lussac a donné des tables de correction pour tous les degrés du thermomètre de 0 à SO®*^ , et qui font connaître immédiatement la richesse d'un liquide en alcool absolu, telle qu'elle seraità+15^0.

(*) A défaut de ces tables, on peut employer la forme empirique suivante, donnée par Francœw ; a? — d i:^: 0,4 X t; x étant la ricbesse alcoolique, d le nombre de degrés indiqué par ralooomètre, i le degré 4e température compté à partir de -h Uo^*; on prend le signe w/oim ou le signe p/tij, suivant que la température à laquelle on opère est supé" rieure ou inférieure k -^ ih^' Si le liquidu alcoolique marque TO» à-f- «5««., on aura : d >- TO, t — 10 et a; — 70 — 0, i x 10 * 66«. S'il marque 70» à -4* 19», onaura:dM70, e — Selâ;»»70+0,ix8 — 71,S.

On peut, avec une approximation de I à t centièmes, connaître la ricbesse alcoolique des liquides spiritueux altérés par une matière étrangère, comme le sucre, une résine , un sel , au moyen de Vébumioscoipt à cadranàià M. Brossard-Vidal, et mieux de VébuUioscope à tige droite, ou thermomètre alooométriquêile M. Conaty (F. PI. I, fig. 7, PI. IT, fig. 8 et 8 Us), Ces appareils sont Tondes sur ce fait, que la température de rébullition d'un liquide spiritueux n'est que peu changée par une quan- Uté de matière soluble, qui altère assez la densité de ce liquide pour que

Void une table de ces corrections pour les degrés les plus usités de Talcool :

DKBiS ALCOOlÉTRItOBI (ï)KBESmDANT A CES TENPBRATIIRBS. |

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les aréomètres ne puissent pltis servir à en faire connaître la richesse. — L'ébiUioscope ii cadran, imité dn baromètre à cadran , se compose d*iin large réservoir de verre terminé par une partie plus étroite. Ce tube est plein do mercure Jusque une petite distance de l^extrémiié. Sur le j&ercure repose uu petit flotteur attaché à uu fil tendu par un contre-poids. Ce fil, enroulé sur une poulie, fait marcher une aiguille quand la température s'élève à un certain degré. L'espace compris entre le point d'éballitlon de Palcool et celui de l'eau qui forme le néro, a été divhé en 100 p. d'inégale longueur, obtenues en tenant le tube A mercure successivement dans IVau pure et dans des mélanges connus d'eau et d*aleool, portés à la tempérolnre de MMillhlon. L*ébolUo6Cope à tige droite de M. Conaty est un thermomètre à mer^

60 kucooi»

Nous donnons ci-dessous trois autres tableaux : Le tableau A donne Tévaluation des degrés de Cartier en degrés centésimaux à 4- 15*^- .

Tableau A.

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cure, dont les divisions dimîDueDt de longueur depuis la température de lOOo jusqu'à 85O0-. Pour tracer l'échelle, on prépare des mélanges d*eau et d*alcool, dans le rapport de 95 à 5, de 90 à 10, etc. ; Jusqu'au rapport de 40 à 60. Le zéro de l'échelle, ou zéro alcool, est le point correspondant à l*ébuUiiion de Teau pure; 5 e^t le point correspondant à rébul-

Le tableau B donne l'évaluation des degrés centésimaux on degrés de Cartier à 4- 15«*.

Tableau B.

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22, iO

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lition d*an mélange contenant 5 p. d*alcool, et ainsi de suite; le {luint iDrériear correspondant à rébullition de l'aleool pur, porte 100« qui indMtneiOOoenlièniesd'ftlcool. Ainsi, lorsqu*en plongeant le iherinomèlre dans le liquide qu'on veut essayer, on voit le mercure indiquer le nombre 15, par exemple , au moment où le liquide alcoolique entre eu ébulUtioD, on en conclut que le vin contient 15 centièmes ou 15 % d'alcool pur. Il est important, dans Tessai, de prendre le chiffre du thermomètre au premier bouillon de Talcooi; plus tard, les indications ne seraient pas exactes.

L*échelle de rébullioscope de M. Conaty est mobile; elle est toujours disposée, par le moyen d^une vis de rappel, de manière que le sera corresponde à l'extrémité de la colonne de mercure pour rtibullition de Peau , soos la pression atmosphérique au moment de Tcxpérience. Le titre fourni par Tun ou Tautrc instrument est de 1/2 degré

6tt Awms.

Le lattMMi Cindîfae le tapiNuridee Indieetîew faai»îa»iiar les aréomètres de Baume, de Cartkff par TaloeemètreeeiH tésimal, et les densités correspondant à chaque degré.

Tableau C.

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