SULFATE DE FER
La présence de ralumine dans le sulfate de fer est aisément écelée en précipitant une dissolution de ce sel au moyen de la potasse caustique ; un excès du réactif dissout ralumine.
La chaux se reconnaît dans la même dissolution, au moyen de Toxalate d'ammoniaque, qui détermine la formation d^nn précipité blanc d'oxalate calcaire ; et si le sulfate de fer essayé renferme de la magnésie, la liqueur séparée de Toxalate calcaire par filtration fournit, par l'addition d'un soluté de phosphate de soude ammoniacal, un précipité cristallin de phosphate ammoniaco-magnésien.
La couleur claire du sel pur n'est pas admise dans le commerce ; aussi la couperose de cette teinte n'est-elle pas Fendable la plupart du temps. De là, Tidée de colorer les cristaux pour satisfaire au goût des acheteurs. Un des moyens les plus employés est le mélange du sulfate de fer avec de la mélasse^ qui lui communique en même temps une apparence grasse, parfois recherchée. L'odeur caractéristique et le toucher onctueux suffisent^ en pareille circonstance, pour faire découvrir la présence de cette matière sucrée.
M. Herberger a fixé l'attention des pharmaciens sur le sulfate de fer du commerce, qui contient quelquefois de l'arsenic, provenant des fabriques dans lesquelle son emploie, à la préparation de ce sulfate, le sulfure de fer qui a servi à obtenir rarsenic. On peut s'assurer de la présence de ce dernier métal en essayant le sulfate suspecté, au moyen de l'appareil de Marsh.
8VX.FATB BB KAGVifisXB.
Ce sel, connu sous les noms de vitriol de magnésie^ de set (TEpsùm^ sel de Sedlitz, sel amer cathartique^ sel d'Egra, sel de Seidchûtz, sel anglais^ cristallise en petits prismes rectangulaires à quatre pans, blancs, transparents, susceptibles de s'efQeurir à l'air sec , ou en petites aiguilles blanches. Il a une saveur amère, désagréable. Exposé à l'action de la chaleur, il éprouve la fusion aqueuse, perd 51 ®/o d'eau, en se boursouflant, et se réduit ensuite en une masse sèche blanche. L'eau à -f- 15^ en dissout le tiers de son poids et deux fois plus à + 100^. La dissolution produit, avec le soluté de ni-
SULFATE DE UÂCHÈSa. 433
traie de baiyte, un précipité blanc» insoluble dans Tacide nitrique. Le carbonate de potasse et la potasse caustique. y forment des précipités blancs insolubles; les bicarbonates de potasse et de soude n'y occasionnent pas de précipité à froid, mais en chauffant le mélange il se trouble peu à peu et laisse déposer des flocons blancs de carbonate neutre de magnésie.
Cinq décigranunes dissous dans vingt-cinq grammes d'eau, et traités par une dissolution de carbonate d'ammoniaque, ne sont pas entièrement précipités par dix-huit grammes d'une dissolution de phosphate de soude contenant une partie de sel sur vingt d'eau.
Cent parties en dissolution donnent, avec un soluté bouil^ lant de carbonate de soude, trente-quatre parties de carbonate de magnésie sec.
Usages. — Le sulfate de magnésie est un purgatif trèsusité en médecine ; il fait la base de l'eau de Sedhtz artificielle. Dans quelques opérations chimiques, le sulfate de magnésie est employé pour précipiter les oxydes de baryum et de plomb de leurs dissolutions acides.
Altérations et Falsificatioms. — Le sulfate de magnésie du conmierce contient ordinairement des sulfates de fer, de cuivre^ de manganèse (^), du chlorure de magnésium ; quelquefois il renferme aussi du chlorure de calcium et d'autres sulfates, entre autres du sulfate de soude.
Le fer est facilement reconnu au précipité que forme l'ammoniaque dans la solution du sel frelaté ; la liqueur séparée du précipité d'oxyde de fer est bleue lorsque le sulfate de magnésie renferme du cuivre. On débarrasse du fer le sulfate de magnésie^ en dissolvant ce sel dans l'eau, et ajoutant à la dissolution une petite quantité d'hydrate de magnésie. On fait ensuite bouillir pendant un quart d'heure, et on laisse cristalliser après avoir fait évaporer le liquide jusqu'au point convenable.
Le manganèse se reconnaît aisément par le caméléon vert qui se forme lorsqu'on vient à calciner le sulfate de magnésie
(*) M. Ulex a trouvé du sulfate de magnésie qui renfermait i ii 3 <>/• de ce sulfate.
AU SULFATE DE BAmiÉBIB.
manganégifère avec de la potasse canstiqne ; oa bien, oe ajoute à la solation du sulfate impur, de Teau chlorée, puis un peu de soude caustique ; la liqueur se colore aussitôt eu brun et laisse déposer bientôt des flocons d'hydrate de peroxyde de manganèse.
S'il se trouTe des chlorures de calcium et de magnésiUBi dans le sulfate de magnésie, on peut les séparer en traitant ce dernier sel par l'alcool, qui n'enlève que les chlorures. Alors la dissolution aloooliqijfô fournit, par révaporatioii, un résidu solide, déliquescent, faisant effervescence avec l'acide sulfnrique , dégageant des fumées blanches d'acide hydrochlorique, rendues plus sensibles encore par rapproche d'une baguette de verre imprégnée d'anmioniaque. Le même résidu redissous dans l'eau distillée, additionnée d'ammoniaque, fournit un précipité blanc par Toxalate d'ammoniaque, si le sel primitivement essayé renfermait du chlorure calcique ; et le liquide séparé du précipité, traité par le phosphate de soude ammoniacal, donne lien à son tour, au bout de vinglquatre heures, à la formation de petits cristaux insoloMes de phosphate ammoniaco-magnésien, dans le cas où la pureté du produit suspecté se trouve altérée par du chlorure de magnésium.
Si le sulfate de magnésie est môle d'autres sulfates, la précipitation par le carbonate de souda l'indique facilement par la quantité insuffisante de carbonate de magnésie qui est alors produit.
Le sulfate de soude est quelquefois substitué au sulfate de magnésie (^).
En 1842, un pharmacien fut condamné à 500 fr, d'amende pour av(»r lait cette substitution. Le mélange des deux sels peut être déterminé en dissolvant dans l'eau, ajoutant un carbonate alcahn en excès et chauffant pour prédpiter toute la magnésie à l'étal de carbonate. Le prédpité obtenu étaat recueilli, lavé et fortement calciné, laisse la magnésie, dont
(1) Le sulbte de soude emplojé dans ce cas est eo patiu prismes brisés à leurs sommets , provenant d'une cristallisation qui a été troublée avec intention. Ce sel constitue alors le sel d'Epsom de Lorraine^ ainsi nommé par compmiBOD avee le véritable sel d'Bpsom on salfate de magnésie.
sdL^ATis DE IkAMiMb. I3S
le poids indique €etai du Buifate de mugnésie eriÉUi)liàê qui exiBle dans la matièfe soumise à Tanalyse.
Si Ton filtre la liqueur précipitée et qu'on Térapore à siccité dans une capsule, on obtient un résidu (jm, calciné au rouge obscur dans un creuset, laisse le sulfate de soude non décomposé.
H. Liebig a indiqué, pour séparer le sulfate de soude et le sulfate de magnésie, un procédé qui repose sur la propriété que possède le sulfure de baryum de précipiter la magnésie de ses dissolutions salines, et de ne précipiter, au contraire, ni la soude, ni la potasse. En versant un léger excès de sulfure de baryum dans une solution aqueuse du mélange de sulfates, on a un précipité de sulfate de baryte et de magnésie et formation de sulfiire de sodium dans la liqueur; si Pon verse dans celle-ci un léger excès d'adde sulfurique, tout le eulfiire de sodium est converti en sulfate, et le sulfure de baryum en sulfate de baryte ; la liqueur, filtrée et évaporée, donne un poids de sulfate de soude égal à celui que renfer- Ittait le mélange.
Ce sel, qui est le résultat de la combinaison de Tacide su!- Turîque avec la morphine, est formé, selon M. Liebig, de : morphine, 75,38 ; acide sûffurique, 10,33 ; eau chimiquement combinée, 4,66; eau de cristallisation, 9,63.
Le sulfate de morphine cristallise en prismes ou en aiguilles déliées qui se groupent en houppes rayonnées ; il est inaltérable à l'air, soluble dans deux Fois son poids d'eau.
Usages. — Ce sel esit employé en médecine, il entre dans diverses préparations pharmaceutiques, et on le donne à la dose de là 2 décigrammes.
ALTiRATiONS. — Le sulfate de morphine est quelquefob tnêlé de substances étrangères, telles que le sulfate cft le phosphate de chaux. Ces sels peuvent provenir du ca]4)onate et du phosphate calcaire contenus dans le chail^on animal ififipur qui aurait servi à décolorer la solution saline. La présence de ces sels de chaux se reconnaît par la calcination et
43S SULFiliTE DE POTASSE.
Texamen du résidu obtenu, traité par Padde chlorhydrique : s'il y a du phosphate de chaux, la solution fournit un précipité par Tammoniaque ; s'il y a du sulfate de chaux, la solution est précipitée en blanc par Foxalate d'ammoniaque et par le chlorure de baryum. Si le sulfate examiné est pur, on n'obtient pas ces réactions.
SUUPATB BB 90TA88B.
Ce sel» également connu sous les noms de nitre fixe de SchrœdeVf de tartre vitriolé, de vitriol de potasse, sel pobf^ chreste de Glazer, sel de Duoius, panacée de ffobteiny se présente cristallisé en prismes blancs, inodores, à six pans, trèscourts, terminés par un pointement à six faces. Il a une sa* veur salée, un peu amère. Il n'éprouve aucune altération à l'air, mais quand on l'expose à l'action du feu il décrépite et fond à une chaleur rouge seulement. L'eau à + 12^ en dissout un dixième de son poids et un quart à + 100®. Il est tout à fait insoluble dans l'alcool.
Sa dissolution précipite en blanc le nitrate de baryte, le chlorure de baryum, et n'est précipitée ni par le carbonate de potasse, ni par le cyanoferrure de potassium. Une solution concentrée d'acide tartrique y produit un précipité blanc cristallin de crème de tartre, soluble dans une plus grande quantité d'eau; et celle de bichlorure de platine, un précipité jaune-serin.
La dissolution de gaz acide sulfhydrique, la teinture de noix de galle, ne produisent dans la solution de sulfate de potasse aucune coloration noire ou brune.^
Usages. — Le sulfate de potasse est aujourd'hui peu employé en médecine, cependant on l'administre encore coomie purgatif antilaiteux. Dans les arts, il s'emploie principalement pour fabriquer l'alun de potasse. On peut s'en senrir pour fabriquer le chlorate de potasse, et la potasse par le procédé Leblanc. Dans les laboratoires de chimie, on se sert de sa solution conmie réactif, pour précipiter de leurs dissolutions acides les oxydes de strontium , de baryum et de plomb.