‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 193 sur 251 · SULFATE DE POTASSE · texte numérisé non relu

SULFATE DE POTASSE

ÀLTÉRATioifS. — On trouve quelquefois dans le commerce du sulfate de potasse renfermant du sulfate de zincy et parfois des sulfates de fer et de cuivre. Ce sel, ainsi altéré; nous arrive surtout de rAllemagne, où il est le produit secondaire de la fabrication de Tacide nitrique. Dans certaines localités, où le sulfate de fer est abondant, on le substitue à Tacide sulfurique. Le sel ferreux est employé à Tétat brut. Il contient des quantités variables de zinc, de cuivre, etc., suivant la nature des suUîires qui ont servi à le produire. Le sulfate de zinc ne se décomposant quimparfaitement à la température employée, il en doit nécessairement rester une certaine quantité interposée dans les cristaux de sulfate de potasse, ou môme combinée chimiquement avec lui conune sel double (sulfate zinco-potassique). La parfaite blancheur de ce sel, si elle dénote Tabsence du cuivre et du fer, ne peut donc pas toujours être considérée comme une preuve de sa pureté.

Ces corps étrangers, auxquels on doit peut-être attribuer quelques-uns des accidents graves (^) qui ont été causés par

(1) En 1843, une afiRreuse méprise, mais qui ne peut être ie résaHit d^une falsification, a donné lien à des accidents graves. Du sulfate de potasse avait été, par négligence^ mêlé de bichhrure d$ fnercur9 et livré au commerce. Nous fûmes assez heureux pour prévenir les suites épouvantables qu*aurait pu entraîner celte méprise, en faisant promptement arrêter la vente du produit en question. Ce sulfate dépotasse se colorait en rouge par Tiodurede potassium ; sa solution était précipitée en J^nne par Vacide sulfhydrique, et le précipité passait au noir après quelques instants. Ce sel blanchissait une lame de cuivre sur laquelle on le frottait. Projeté sur des charbons ardents, il fournissait une vapeur blanche, qui blanchissait une lame de cuivre qu'on j exposait.

En ISiS, le sieur T... succomba victime d^une erreur commise dans la déUvance de 60 gr. de sulfate de potasse, qui fut reconnu être mêlé par négligence avec 7o/o»& de sel é^oseiUe. Le pharmacien, traduit en police correctionnelle sous riuculpalion d*homicide involontaire par imprudence, fut reconnu coupable avec circonstances atténuantes, et condamné à 100 fr. d'amende. Par suite d^une transaction intervenue, le pharmacien s^engagea k payer une somme de 4,000 fr. ans héritiers du défunt.

On n*aurait pas eu à déplorer ces malheurs et d'autres encore que nous pourrions citer, si les pharmaciens avaient toiyours le soin d'essayer le sulfate de potasse qu'ils achètent, avant de le livrer comme médicament.

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le sulfate de potaase , peuvent être facilement reeonniis ea faisant bouillir la dissolution du sel suspecté ayec quelques gouttes d'acide nitrique, dans le but de peroxydo* le fer, lyoutant ensuite à la liqueur un excès d*ammoniaque qui détermine la formation d'un préoipité jaune y si elle contient du fer. Dans le cas où elle contiendrait du cuivre, il serait facile de le découvrir , car la liqueur ammoniacale , séparée de }'oxyde de fer, serait colorée en bleu. Du reste, si cette 11quam renfermait elle-môme de Toxyde de zinc, soluble, comme en le sait , dans l'ammoniaque, tout aussi bien que Toxyde de cuivre, on pourrait traiter la liqueur par un excès d'acide pur, sursaturer Tammoniaque^ et y faire passer ensuite un courant de gas acide sulfhydrique. Le cuivre seul serait précipité, tandis que le zinc ne peut Tétre dans une dissolution acide.

Dans ces derniers temps, M. £* Pester ^ pharmacien à Valenciennes, a reçu du sulfate de potasse qui contenait 8, 10 et jusqu'à 30 Vo de sulfate (h soude. Pour constater cette fraude ou cette impureté, on fait une solution, à la température ambiante, de 100 gr. de sulfate de potasse réduit en poudre fine ; on filtre, çt on complète en plusieurs fois un volume de 300 centimètres cubes. On plonge dans ce liquide lenatromètre de M. Pester [voy. art. Potasses); sur l'échelle de cet instrument, on peut lire directement la quantité de spude, et, par suite, de sulfate contenu dans 200 p. du sel essayé.

Suivant M. Vogel, le sulfate de potasse provenant des résidus de la fabrication de l'acide nitrique et des chambres de plomb, contient de Varsenic (arséniate de potasse), dont la présence est facilement décelée par Tappareil de Marsh.

Un des moyens les plus simples d'essayer la valeur commerciale du sulfate de potasse consiste à le faire dissoudre à chaud dans dix fois son poids d'une solution de sulfate d'alumine à 40"^, saturée d'alun ; on laisse cristalliser pendant là heures environ; on décante Teau-mère, on égoutte , pi3s on sèche les cristaux sur du papier à filtre, et on lés pèse. Le sulfate employé a d'autant plus de valeur, qu'il produit plus d'alun : il en donne ordinairement de 5 fois à 5 fois et demie son poids.

SUUTATI DB Quimn. 4M

StntiFAMl &B QlllJlUiB.

Le sulfate de quinine, également appelé sous-sulfate de quinine ^ sulfate neutre de quinine^ est un sel blanc qui cristallise en petites houppes soyeuses et en petites aiguilles fines, flexi« blés, ayant Téclat et le brillant de la nacre, inodores, trèsamères, peu solubles dans Teau froide, qui en dissout ^, et solubles dans 30 parties d^eau bouillante. L'alcool le dissout beaucoup mieux, surtout à chaud. Le sulfate de quinine pur est soluble à froid dans 60 p. d'alcool à Sl^* {}) {Aug, Detondre ei 0. Henry),

Le sulfate acide est bien plus soluble ; il se forme lorsqu'on HJouto quelques gouttes d'acide sulfurique ou d'eau deRabel, pour dissoudre le sulfate neutre des pharmaciens.

Le sulfate de quinine cristallisé contient 1 6 **/o, 3 d'eau, qu'il perd en partie lorsqu'il s'efûeurit dans un air sec, de manière à n'en plus retenir que 4,8 ; à 100®, il perd 147o> 45 d'eau. Le sel anhydre est formé à' acide sulfurique ^ 10,9, et de quinine, 89,1. Le sel cristallisé renferme : acide sulfurique, 9,17 j quinine, 74,31; eauj 16,51 (2).

Les caractères distinctifs du sulfate de quinine pur sont les suivants: l"* chauffé dans un creuset de platine, il fond d'abord, se colore en rouge et se décompose en noircissant et en brûlant avec flamme ; il laisse un charbon volumineux, qui disparaît par la calcination, sans laisser de résidu appréciable. Pendant la calcination, on perçoit d'abord une odeur de substance animale, pui^ une odeur aromatique particulière.

3p Dissous dans l'eau bouillante, il forme une solution qui a une réaction alcaline sur la papier de tournesol rougi, qui précipite le nitrate de baryte ou le chlorure de baryum, et

(&) L*alcool k 91" qn^on emploie doit être rédaft avec de Teau reconnue parfaitement pore, car si elle contient des sels calcaires solubles, il se forme, souarinfloenoe du sel organique, un sulfote de chaux insolu-' btedansTalcool, qui, rendant le liquide laiteux, ferait croire à un mélange.

(*) Diaprés les analyses de MM. Aug. Mondre et 0. Henry y le sulfate de quinine, produit dans h fabrique de Graville, a la eompoaition moyenne suivante : aciâê sulfurique^ 9,3 ; quMns^ 7»,5 ; sou, ld,9.

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produit, avec les bases alcalines, un précipité blanc floconneiu de quinine hydratée ; Tacide oxalique et les oxalates j occasionnent un précipité blanc ; les solutions d'acide gallique et tannique, ainsi que l'infusion de noix de galle, y déterminent aussi des précipités blancs, floconneux, solubles dans i'adde acétique.

3*" En formant une bouillie très-claire dans une capsule de porcelaine ou dans un verre de montre, avec 1 ou 2 centigrammes de sulfate de quinine pur et 2 ou 3 gouttes d'adde solfurique concentré à 66<^, on ne remarque aucun changement de coloration, même après vingt-quatre heures de réaction.

4'' Un soluté de 1 gramme de sulfate de quinine pur dans 50 granunes d'eau distillée, additionné de 4 ou 5 gouttes d'acide sulfurique, est décomposé par une solution de 30 grammes de carbonate de soude : le précipité, chauffé jusqu'à ce qu'il se contracte et fuse, donne par le refroidissement une masse solide, qui pèse 75 centigrammes après desâccation.

5^ Le sulfate de quinine se colore en vert-émeraude lorsqu'on le mêle avec de Teau chlorée, additionnée d'ammoniaque caustique (Brandes),

%^ Le même sel, suivant M. Vogel filSj prend une belle couleur rouge foncé par Taddition du chlore (ou de chlorure de chaux mêlé d*acide chlorhydrique), puis du cyanoferrure de potassium en solution concentrée (^). La couleur rouge passe au vert au bout de quelque temps.

Usages. — Le sulfate de quinine est Tun des agents les plus précieux de la thérapeutique : c'est le spécifique de toutes les maladies périodiques, à courtes périodes en général, et

(<] M. Winckler a signalé dans quelques variétés de qninquSna la piésence d*un nouvel alcaloïde, la guèiidine, dont le sulfate est asses difficile à distinguer du sulfate de quinine : il n'en diffère que par la grande facilité avec laquelle Tammoniaque précipite la cinchoninc de sa solutioa. La qninidine est sensiblement soluble dans Téiher; car elle n^est pas, à beaucoup près, aussi insoluble dans ce véhicula que la dndioniDe.

La solution d*un mélange de sulfate de quinine et de sulfate de qoinidine est précipitée par le carbonate de soude, et les alcaloïdes se dissolvent dans Palcool à 0,86. La quinidino ne tarde pas à cristalliser soos forme de cristaux rudes au toucher, plus solubles dans l'alcool que la cinchonioe, moins que la quinine, mais très-peu solubles dans Teau.

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