TABLETTES M GUIMAUVE
près la formule du Codex, des Ublettea ditei de gomme, où oe médicament n'entre que pour former le mucilage nécessaire à lier le sucre et à le convertir en tablettes. On peut recon* naître cette fraude en faisant dissoudre dans Feau une quantité donnée de ces tablettes ; lorsque la dissolution est complète, on précipite la gomme par une quantité convenable d'alcool ; on la recueille sur un filtre, on la lave à l'alcool ; puis, lorsqu'elle est bien séparée de la matière sucrée, on la traite à 100? par l'eau distillée; on fait ensuite évaporer au bain-marie la solution gommeuse qui fournit la gomme qu'elle tenait en solution, et on en détermine le poids.
TABI.SITT1I8 DB GUXMAUVB.
Ces tablettes sont préparées en prenant : poudre de racine de guimauvet 60 gr. ; sucre trè^hnCy 480 gr. ; eau de fleurs dùranger, 48 gr. ; mucilage de gomme adragante, suffisante quantité, et convertissant le tout, suivant les règles de Part, en pastilles du poids de 1 gr., contenant environ un huitième de poudre.
UsAGEâ. — Ces pastilles, comme la guimauve elle-même, sont employées comme calmantes, émoUientes, pectorales, dans les affections avec irritation et inflammation.
Altérations. -* Ces pastilles mal préparées et avec du sucre qui n'est pas très-pur, ou bien conservées dans un lieu humide, s'altèrent et se piquent ; on doit alors les rejeter.
Falsifications. — La saveur fade, douce et mucilagineuse de la guimauve; saveur qui, pour quelques personnes, n*a rien d'agréable, a donné l'idée malheureuse de substituer aux tablettes de guimauve des tablettes préparées avec le sucre et la gomme arabique^ laissant de côté le principe médicamenteux ordonné par le médecin.
On reconnaît que les tablettes sont préparées sans guimauve en les faisant dissoudre dans l'eau, jetant sur un filtre la solution, qui laisse sur le papier et la gomme adragante et la poudre de guimauve ; lorsque le sucre est séparé par un ou deux lavages, on irecueille le dépôt, et on l'essaye par les
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alcalis ; la poudre de guimaure, recueillie à part, mise en contact avec rammoniaque liquide, avec la soude oa la potasse, acquiert une coloration jaune, caractéristique, que ne prend pas la gonune adragante.
TAMunrm» v'iféoaovaivba. -. v.
Le tamarin est le firuit du tamarinier {Tamarùeus indieus)^ arbre de la famille des Légumineuses, qui crott dans les pays intertropicaux, et jusqu'au 30'' degré de latitude nord.
Le fruity parvenu à maturité, renferme une pulpe sucrée, aigrelette, filamenteuse, ayant un goût de raisiné, une couleur brun rougeâtre, et agréable à manger quand elle est fratcbe. Cette pulpe est seule usitée.
La pulpe de tamarin présente des 'aspects divers selon sa provenance.
Le tamarin d'Egypte est en pAte ou en gâteaux, assez secs, un peu gras.
Le tamarin de VInde est en pftte de couleur noire, mais un peu rouge&tre; il est moins estimé que le précédent.
La pulpe de tamarin a la composition suivante : acide citrique, 9,40 ; acide tartrique, 1,55 ; acide maUqyey 0,45; Aitartrate de potasse, 3,25 ; sucre, 12,50 ; gomme, 4,70 ; pectine, 6,2b ; parenchyme, 34,35; eau, 27,55.
Usages. — Le tamarin est assez fréquemment employé en médecine, à petite dose, sous forme de boisson acide et rafraîchissante ; à haute dose, il purge.
Altérations. — Souvent la pulpe de tamarin contient du cuivre, provenant des bassines dans lesquelles on Ta préparée. La présence de ce métal est importante à constater ; pour y parvenir, on plonge dans la pulpe une lame de fer décapée, sur laquelle le cuivre, s'il y en a, vient se déposer.
Un autre moyen consiste à incinérer une partie de tamarin, à traiter les cendres par Tacide nitrique, étendre et soumettre la liqueur aux réactifls propres à déceler la présence du cuivre.
TANNATE DE QUININE. 481
Falsificatiors. — Lorsque le tamarin fut à un prix élevé, on en fabriqua une sorte, formée de pulpe de pruneaux noirs^ de mélasse, diacide tartrique ou de bitartrate de potasse, et même d'acide sulfurique.
En 1844, H. Giovanni Buspini a signalé la falsification du tamarin par le charbon animal, ajouté sans doute dans le but de le colorer davantage. Ce tamarin avait une belle couleur noire, très-brillante ; sa pâte était onctueuse. Il fut délayé dans douze fois environ son volume d'eau, et, après Tavoir agité, le liquide fut décanté et le résidu repris par de nouvelle eau ; finalement, on put recueillir comme résidu une poudre noire qui avait tous les caractères physiques du charbon animal, noircissait les mains, et qui, traitée par Tacide nitrique étendu, se dissolvait en partie avec effervescence. Cette solution donna un prédpité blanc avec Poxalate d^ammoniaque.
ATB BB QUIMUni.
Ce sel, qui est un bitannate (0. Henry) ^ est blanc, pulvérulent, à peine soluble dans Feau froide, soluble dans Peau bouillante, dansTalcoolà 30<^ bouillant. Cette solution rougit le tournesol, a une saveur slyptique et amère.
Exposé à Faction de la chaleur, le tannate de quinine fond en ime masse brune, résiniforme, flexible et nacrée lorsqu'elle est encore chaude, mais cassante et friable après son refroidissement.
Le tannate de quinine, proposé dans la pratique médicale par M. Barreswily se prépare maintenant sur une grande échelle.
Pour constater sa pureté, on procède de la manière suivante : 10 à 12 gr. de ce sel réduit en poudre sont mêlés très-exactement avec 15 à 16 gr. de chaux éteinte, et un peu d'eau pour former une pâte molle ; on ajoute 60 à 80 gr. d'alcool rectifié, on fait bouillir, on filtre ; la liqueur est évaporée doucement, et, vers la fin, neutralisée avec un léger excès d'acide sulfuiique, en y mêlant une petite quantité de noir animal. On filtre bouillant, et on précipite par l'ammo-
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niaque, ou mieiu, par la potasse pure. L'alcaloïde, séparé en flocons blancs, est combiné avec Tacide sulfurique pour eo obtenir le sulfate et le soumettre aux épreuves indiquées è Part, Sulfate de quinine {Aiig. Delondreei 0. Henry).
Nous ajouterons ici à Tart. Aans tannique (t. I, p. 49 ), qu*il a été vendu, en 1847^ à un négociant en vins de Champagne (^), sous le nom de tannin blanc distillé^ un liquide qui ne contenait pas un atome de tannin» et qui consistait en une dissolution aqueuse d'alun, contenant 20 gr. de ce sel par litre.
Le nom de tannin distillé aurait dû faire suspecter la na« ture de ce produit, car on sait que le tannin est fixe et ne passe pas à la distillation ; une liqueur distillée ne pourrait en contenir une petite quantité qu'autant qu'il y en aurait eu d'entraîné mécaniquement par une vive ébullition.
TAFXOKA.
Espèce de fécule préparée en faisant sécher sur des plaques chaudes la moussache, ou fécule exotique extraite de la racine dujatropha manihot (Euphorbiacées).
Le tapioka est en grumeaux irréguliers, blancs, et quelquefois rougeâtres, très-durs et un peu élastiques, composé de grains agglomérés. Gonflé et délayé dans l'eau, il donne une dissolution qui bleuit fortement par l'iode. Il n'est pas entièrement soluble dans Teau, et fournit un empois visqueux, demi-transparent, inodore et d'une saveur fade.
Le tapioka factice est formé avec la fécule de pomme de terre imbibée d'eau, que l'on projette sur des plaques de euivre rouge chauffées à 100**. Ce tapioka est en morceaux arrondis, presque réguliers, d'une structure homogène et non granulée, plus blancs, moins opaques et plus faciles à rompre
(*) Le tannin sertà prévenip la ^fvifwdes vins de Champagne.