‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 205 sur 251 · STRASBOURG · texte numérisé non relu

STRASBOURG

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Usages. — La térébenthine entre dans la composition des vernis, des mastics, etc. En pharmacie, on la fait entrer dans Yeau térébenthinée, dans Valcoolat de térébenthine compose (baume de Fioraventi), dans diverses pilules, dans les digestifs, etc., etc.

Altérations. — Les térébenthines de Bordeaux et de Venise, exposées à Tair, perdent rapidement une grande partie de leur huile essentielle ; elles deviennent alors presque solides, et leur valeur est considérablement diminuée.

La plupart des impuretés qui les salissent sont appréciées à l'aide de Talcool, qui ne dissout que la térébenthine, et laisse les matières étrangères pornr résidu.

Falsifications. — On a substitué à la térébenthine de Bordeaux un produit fabriqué avec la colophane, une huile grasse et un peu de térébenthine. Cette matière falsifiée se reconnaît à son aspect particulier ; soumise à Faction de la chaleur, elle ne laisse pas un résidu sec et cassant comme la bonne térébenthine.

La térébenthine de Venise, mêlée à des térébenthines communes, est plus consistante, et a perdu sa transparence.

La térébenthine de Venise^ additionnée A^huiks grasset communes^ pour lui conserver s^ fluidité» est reconnais^le

lorsqu'on la chauffe pour éliminer l'huile essentielle : le sidu refroidi a une consistance solide, si la térébenthine est pure; il est poisseux et gras, lorsqu'elle contient une hoîle grasse.

TBRM TOLXÉOB MIxélUkIA. — V. AoAta FOUBB vdOBTAUi. — V. Acétatb

Le thé est la feuille desséchée d'un arbrisseau (ihea sis), de la famille des caméliées, qui crott en Chine, au Japon, en Cochinchine, et dans quelques contrées de TAsie orientale et méridionale. Cet arbrisseau est rameux, toujours vert, communément de 1°^^60 à 1",95 d'élévation; à feuilles alternes, elliptiques, aiguës, dentées et assez fermes, glabres, luisantes, d'un vert assez intense, longues communément de 0",05 ou 0°*,08, et larges de 0°*,03. Les fleurs sont blanches, assez grandes, courtement pédonculées, solitaires ou réunies en petit nombre à l'aisselle des feuilles supérieures.

On divise le thé en deiu grandes catégories : les thés noirs et les thés verts (*), qui, eux-mêmes, sont subdivisés en un

(*) L*opinion la plus généralement admise maintenant, est qu'il n'j a plus à douter de IMdentité de l'arbuste à thé vert et à thé noir.

Il résulte d'une enquête faite à Londres par une commission pariemeniaire, qui a entendu le président de la Société commerciale des Indes Orientales pour le commerce du thé, que les différentes nuances du thé envoyé en Europe sont le résultat d'un procédé de teinture que les Chinois font subira cette feuille pour se conformer au désir des marchands européens; si bien qu'il ne leur en coûterait pas davantage de nous envoyer du thé jaune, rouge ou bleu, si telle était la mode.

Il paraît que celte manipulation consiste à ajouter» à la dernière caisson, pour SO livres de feuilles, une cuillerée de gypse, une cuillerée de curcuma et deux à trois cuillerées d'tndi^o passé à travers une mousseline très-fine. Le thé est roulé pendant une heure au moins avec celte mixtion, qui n'ôte ni n'ajoute rien à son arôme: l'indigo donne lacoaleur, et le sulfate de chaux la fixe et donne au thé un as]}ect efflorescent, analogue à celui du duvet des jeunes feuilles. Les Chinois appelleai youngtin la première de ces substances, et la seconde occo.

Cette addition d'indigo et de gypse ne constitue pas une falsiflcatioD; c'est nn usage do pays qui remonte peut-être à la fabrication premièie. iA thé reçoit ainsi une belle coloration verte. Dans quelques cas,

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certain nombre d^espèces et même de variétés, provenant du climat sous lequel Tarbrisseau a végété^ de Tftge des feuilles, de répoque de leur récolte et des préparations diverses qu'on leur a fait subir.

1** Thés noirs. — Thépekoëy ojxpak-hoj oxipekao oupekin. C'est le plus fin, le plus aromatique et le plus cher des thés noirs. Ses feuilles sont très-allongées, d'un noir argenté, et couvertes d'un léger duvet blanc et soyeux ; ses extrémités sont tachetées de noir, de gris et de blanc. Odeur douce, aromatique, que les Chinois augmentent encore en y mêlant quelques fleurs de Volea fragrans^ dont on trouve fréquemment des graines dans le pekoê. Son infusion est d'un beau jaune doré ; son goût ressemble un peu à celui de la noisette fraîche.

Thé pekoëdAssam, — Feuille plus large et moinsallongée. Son infusion a une saveur, un parfum, un goût bien inférieurs à celle que fournit le pekoë chinois, désigné généralement sous le nom de pekoë à teintes blanches.

Thé pekoë orangé. — Très-menu, d'un noir foncé, mêlé de jaune orange ; odeur agréable, quoiqu'elle ne paraisse pas naturelle. Ce thé, mélangé avec du congo, se vend à Londres sous la dénomination assez connue de howqua mixture.

Thé congo^ ou koong-foo ou camphou. — Feuilles minces, courtes, d'un noir grisâtre. Infusion assez claire, d'un goût assez agréable.

Thépouchong, oupaou-chung, onpadrea, — Feuilles larges, longues et bien roulées, mélangées d'une assez grande quantité de pétioles. Odeur très-suave. Infusion verte, un peu ambrée.

Thé souchong ou seaou-chung, — ^Feuilles un peu plus larges que celles du congo, minces et tant soit peu concassées. C'est le plus fort des thés noirs. Infusion claire, dorée, d'une saveur douce (*).

comme Ta observé M. Robert Warrington, les Chinois subsUtuent du bien de Prusse à l'indigo ; c*est alors que la coloration peut offrir des dangers. Il parait d'ailleurs que les Chinois ne l'ignorent pas» et qu'ils ne consomment pas chez eux ces espèces de thés verts, destinés exclusivement k l'exportation.

(*} Il est arrivé, il y a peu de temps, psir la voie du commerce hollan-*

Thé BoheUf ou WofM^ ou btmiy beu (^). -^ Peat se en deux espèces différentes :

Le Bohea de Fokien et le Bohea de Canton. — Mélange de feuilles de toutes sortes, larges, plates, inégales, d'une couleur brun clair et verdàtre, toujours mêlées de poussière et de petits fragments de pétioles. Infusion rougefttre, peu sa-* pidé, ayant parfois un goût de fumée ; elle laisse déposer une espèce de sédiment noir.

2*» Thjés verts. — Thé hyson ou he^hun. — FeuiUes Iongués, étroites, charnues, bien tournées en spirale, d'un reii gris&tre, fortement roulées longitudinalement sur elles-mêmes. Cette sorte est ordinairement très-lourde^ quoique trèssèche et facile à briser. Odeur suave et aromatique. Infusion limpide, d'une nuance jaune-citron. Cest, de tous les thés verts, le plus généralement estimé.

Thé poudre à canouy ou gun-powder ou choo-cha. — Cette sorte n'est autre que le hyson soigneusement trié, et formé des feuilles les mieux roulées en petites boules très-serrées. Elle est très-lourde, d'un vert un peu noirâtre. Infusion limpide, d'un vert doré.

Thé impérial ou thé perlé (^). — Formé, conune le précèdent, du triage de Thyson ; seulement il est en grains beaucoup plus gros. Feuilles roulées en boules serrées et dures, de manière à présenter Papparence de perles. Elles sont d'un vert argenté et d'une saveur agréable.

Thé hy9on-9choulang ou iéhulan. — Présente les mêmes caractères que le thé hyson ; son odeur suave est due, suivant quelques auteurs, à ce qu'on y mêle des fleurs de ïolea fragrans.

Thé hyson junior ou yu-tseen, — FeuiUes très-petites» dé-

dais, 1111 nouveau produit, le thé de Java, offrant dans ses premières sortes des qualités au moins correspondantes à celles des thés soachong {ChcUin),

(^) Autrefois tous les thés noirs étaient désignés sons ce nom, qui dérive de celui d*un canton de la province de Fokien, d*où on le tire principalement. Aujourd'hui, cette sorte seule a conservé cette dé^nation.

(■) Cette sorte de tbé est toute différente du véritable thé impérial, destiné à la cour de Pékin, et qne rpn ne trouve pas dans lo comnerce.

licâtes, bien crispées^ d'un vert jaunâtre, d'un parfum trèsdoux, ressemblant un peu à la violette.

The tonkay ou tun^ke^ ou songh. — Feuilles larges, jau^ nâtres, mal roulées ; odeur assez forte. Infusion jaune foncé, claire, d'une saveur âpre»

Thé hyson skin, — Feuilles d'un jaune brunâtre, à peine roulées, mêlées souvent de graines de thé. Odeur presque nulle, goût un peu ferrugineux. Infusion jaune foncé, im peu trouble. C'est le £f6hea des thés verts.

D'après M. Mulder, 100 p. de thé renferment :

Thé vert. Thé DOir.

Huile essentielle 0,79 0,60

Chlorophylle 2,23 1,84

Cire 0,28 »

Résine 2,22 d,6i

Gomme 8,56 7,28

Tannin 17,80 12,88

Théine (ou caféine) 0,43 (<) 0,46

Matière exlraclive 22,80 21,36

Matière colorante particulière. 2.^,60 10,12

Albumine (>) 3,00 9,80

Fibres (ceUulose) 17^08 28,3^

Cendres 5,56 5,24

Suivant M. Péligoty auquel on doit d'intéressantes recherches sur la composition chimique du thé, les thés noirs con-

(*) M. J. Stenhouse a trouvé une proportion double de théine ; ainsi il a obtenu pour 100 p. de ihé :

Hyson !,05

Tonkay 0,08

Congo 1,02

Assam 1,27

A Taide d*un procédé d^extraction de la tbéine^ qui parait plus avantageux, M. Péligot a obtenu des nombres doubles de ceux de M. Stenhouse; savoir, pour 100 p. de thé:

Poudre à canon 2,34

Id. 3,00

Hyson 2,79

Mélange à parties égales de souchong, |>oudre à canon, hyson, impérial, pekoë 2,93

(*) L'albumine, suivant M. Péligoty serait de la caséine^ et la proportion de cette matière, jointe à celle de la caféine, serait telle que le thé renfermerait jusqu'à 6Vo,5 d'azote.

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