‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 206 sur 251 · TUÉ · texte numérisé non relu

TUÉ

tiennent en moyenne 10^ et les thés verts 8 ""/o d'eau. Ili trouvé que 100 parties des thés dont les noms suivent contiennent en parties solubles dans Feau bouillante :

Thé prii à réUl sec. Thé pri9 à TéUt ordu.

Soucbongflu 45,7 40,3

Id. ie,0 i0,7

Souchong ordinaire . • 41,8 37,3

Id. 40,3 36,0

SI Pekoê 3i,6 , 31,3

oy Id. 38,1 34,5

\ Pekoë orange .... 48,7 44,5

"g J Id. 46,8 4S,8

H 1 Pouctaong 49^8 39,0

Congo 40,9 36,8

Bobea 44,4 39,8

Assam 45,4 4f,7

Poudre à canon. . . . 51,9 48,5

Id. 50^a 46,9

Impérial.. 43,1 39.6

fSI Id. 47,9 44^0

SI Hyson 47,7 43,8

^\ Hyson fin 46,9 43,1

"g i Scboulang 45,9 43^,3

nf Hyson junior 51,5 47,4

Uyson skin 43,5 39,8

Tonkay. 48,8 38,4

En incinérant 100 p. de thé, le môme chimiste a obteou les quantités suivantes de cendres :

Souchong &|5 \

Poudrô à canon. ... 5^5 > Moyenne 5 Vo- Pekoë 5,3 )

Ces cendres ont une couleur un peu rougeâtre, due à une petite quantité d'oxyde de fer, qui provient sans doute, en partie, des vases de fer employés à la torréfaction de la feuille Elles renferment, en outre, des sulfates, phosphates et M' rures alcalins, et un peu de silice. Elles ne contiennent pas la moindre quantité de cuivre, contrairement à l'opinion émise par quelques auteurs sur la présence d'un sel de cuivre auquel le thé vert devrait sa couleur (*).

(*} Le docteur GurUher dit avoir trouvé beaucoup de manganèse ^^ des traces de cuivre dans le thé noir et dans le Ibé vert, où il admet ia préexistence de ce métal, comme cela a lieu dans plusieurs végétaiu*

L'infusion de thé est d'une couleur qui varie entre le jaune clair et le brun foncé, selon qu'elle a été faite avec du thé vert ou avec du thé noir. Concentrée et chaude, elle est limpide ; mais en se refroidissant elle se trouble, et elle tient alors en suspension une poudre grise très-divisée qui la rend comme laiteuse, et qui consiste en une combinaison de tannin et de théine, solubîe dans l'eau chaude et insoluble dans Peau froide ; elle est insipide, quoique formée de deux ma-* tières très-sapides. Tune astringente, le tannin ; l'autre amëre» la théine.

L'infusion, séparée par la filtration de ce composé insolu-ble, donne, avec le sous-acétate de plomb, un précipité jaune brun abondant, qui renferme, en combinaison avec l'oxyde de plomb, toute la matière colorante, tout le tannin et im acide particulier.

L'infusion de thé vert contient moins de matière colorante que le thé noir, mais fournit plus de substances précipitables par le sous-acétate de plomb ; le thé vert, quoique provenant du même arbuste, est préparé avec une feuille plus jeune et par conséquent moins ligneuse ; il est plus compacte, plus dense et en même temps plus sec que le thé noir.

En résumé, les principes que contiennent les infusions de ces deux sortes de thés sont les mômes ; mais ils s'y trouvent dans des proportions im peu différentes, et comme ces proportions sont moins fortes dans le thé noir que dans le thé vert, celui-ci est plus actif.

Tous les thés fins, destinés à l'exportation, sont mis dans des caisses vernissées, doublées de lames d^étain, de plomb, de feuilles sèches ou de papier peint, afin d'en clore tous les interstices et de les rendre imperméables à Tahr extérieur ; ces caisses sont, en outre, revêtues de nattes de bambou^ trèsserrées, ou recouvertes en peau ; mais ce dernier emballage ne se pratique que pour les thés fins envoyés en Russie et qu'on désigne sous le nom de thés de caravane.

Usages. — L'emploi du thé, comme boisson alimentaire, est tellement grand, surtout en Angleterre (•), qu'il donne lieu à un mouvement d'affaires considérable. Il n'y a pas

{}) L'usage du ihé ne s'est introduit en Europe que vers le milieu du

dVxagération à porter à 200 mijilions le revenu annuel qaece

seul article procure au Céleste Empire.

Administré à Tétat de poudre, le thé est un excitant énergique.

Falsifications. — Le thé est Tolget de nombreuses ù cations, qui consistent principalement dans des colorations artificielles ou dans des substitutions de feuilles étrangères h celles du thé (^). Le thé vert est plus sujet que le thé noir & ces falsifications.

dix-septième siècle, à la faveur des spéculations de la Compagnie des Indes orientales.

Voici un aperçu approximatif de la consommation annuelle des différents États, en adoptant pour terme moyen Tannée 1838 :

Thé eoBfommè.

Russie. 7 505 b64 937 kil.

Angleterre 14 671 U7

ÉUts-Uoifi 7S07<tt3

Hambourg, pour rinlérieur de PAUemagne. 800 000

Hollande 450 000

Brème, Frise et Haut-Wesel 915 500

Franco 113 674

Brésil 100 000

Belgique 69SS4

Danemark, Suède et Norvège 65 000

Prusse (parDantzik) 15 000

Naples 4 656

Autriche ( par Trieste et Venise} 8 500

États sardes , . . 8 800

États romains S 100

Toscane 8 000

Sicile 850

On ne fait pas entrer ici la consommation extrêmement minime de TEspagne, du Portugal, de la Suisse et de TlUlic, tributaires, pour ce produit, de la France et de T Angleterre.

La consommation de TAngleterro s'élève aujourd'hui à 85 millions de kilogr.

En trente ans (18S3 à 1853), la consommation a augmenté, en France, de 74 000 kilog. à 168 000 kilog.

(*) En 1847, les agents de Texcise ou des contributions indirectes ont saisi, à Guildhall, chez le sieur James St..., treixe livres de Ibé sophistiqué, préparé avec un mélange de différentes herbes ou d'arbustes et de thé qui avait déjà servi ; le tout, gommé et manipulé artistement, offrait Taspect de thé hyson, très-recherché des amateurs.

L'alderman compta pour huit livres au lieu de treize le tlié laUiBé^et

THÉ. 49fi

Diaprés jéccum^ on a fait à Londres, il y a une trentaine d'années, un commerce considérable de thés falsifiés. Les marchands y mélangent les feuilles du prunier sauvage (prunus spinosa)^ du frêne, du sureau, de Vaubépinier, du saule, du peuplier, du marronnier dinde, du mahaleb, de Véglan" lier, du laurier, de divers arbres du genre orme (*), d'autres plantes astringentes^ et les colorent, soit en vert, avec le^sels de cuivre: soit en noir, avec le bois de campêehe.

La coloration en vert parles sels de cuivre se reconnaît au moyen de Tanmioniaque liquide, étendue de son poids d'eau,

infligea à St.. 40 livres sterling (1000 tr.) d^amende. Les larmes et les sapplicalions de St... déterminèrent ensuite Talderman à réduire l*a-» meude à 10 livres sterling (S50 fr.); mais ce fraudeur, se trouvant hors d^état de payer la somme, fut envoyé en prison.

Diaprés sir John F. Davis , le. tbé noir, et principalement les variétés congoeisoucfumgf sont les plus pures, tandis que les qualités odorantes, telles que le pekoà', le cap§r, le chulan ou Hack gunpowder, et le thé vert, sont presque toujours frelatés. La sophistication consiste à teindra les feuilles soit avec du graphite ou du micaschiste en poudre, soit avec de Vindigo et du curcuma.

La Commission sanitaire de Londres a constaté que de grandes importations de faux thés préparés en Chine sont destinées à falsifier les thés verts cbe% les marchands en Angleterre, Elle a résumé les conclusions de ses recherches nombreuses en émettant le vœu : 1° que le droit soit diminué sur les thés noirs, afin de restreindre la consommation xles thés veris, sujets aux falsifications les plus nombreuses et les plus insalubres; $fi que tous les thés faux ou entachés de fraude soient saisis à la douane et détruits ou brAlés.

0) M. Mafaretle fit connaître, il y a quelques années, « TAcadémie des sciences, que les feuilles de Vorme de Chine- {planera creneta) étaient très-propres à remplacer le thé, et qu'on avait livré au commerce plusieurs kiiog. de ce faux thé, qui avait été trouvé de bonne qualité.

11 parait que pour donner de la force et de la saveur au thé on y ajoute les feuilles du veno-benot plante indigène de Tarchipel Indien. Lindley dit qu'elle produit une espèce d'enivrement, stimule puissamment les glandes salivaires et les organes digestifs, et diminue la transpiration. Dans rinde, on remploie comme tonique et stomachique. Les feuilles ont une odeur piquante et une saveur stimulante.

Au Chili et au Paraguay, on vend, sous le nom de thé Paraguay, herbe de Para, une poudre préparée avec les feuilles et les petites branches torréfiées d'une espèce de houx, Vilex paraguensiSj qui renferme, d'après M. Stenhouse, 0,70 % de théine.

Aux Antilles, on se sert, dans le même but, d*une plante connue sons le nom d'aya pana, qui croît à Vtïe Bourbon et à l'Ile-de-France.

qui se colore en bleu, ou par Teau chargée d'adde solfiiydrique, qui noircit les feuilles ; ou bien on calcine 1 p. de tbé avec 3 p. de nitrate de potasse : on obtient un résidu, qae Ton dissout dans Teau acidulée ; la solution filtrée est éproih vée par les réactifs des sels de cuivre (cyanure jaune, aounoniaque, potasse, acide sulfhydrique).

Les thés colorés par le bois de campéche, étant rendus humides et frottés sur du papier blanc, y laissent des taches d*aii noir bleuâtre, qui rougissent au contact d'un acide. L'ininàcQ de feuilles de thé colorées par le même bois est d'un noir bleuâtre, rougissant par l'addition de Tacide sulforique.

Suivant M. Stanislas Martin, le thé forme, avec une dissolution de sulfate de quinine, une combinaison insoluble, qoi permet de distinguer le thé mêlé de feuilles étrangères d'an autre sans mélange. L'infusion de thé de bonne qualité, contenant beaucoup de tannin, dépose abondamment loisqu'oo y verse quelques gouttes d'une solution aqueuse de sulfate de quinine, tandis que ce dépôt est presque nul pour le thé falsifié.

M. Clarke a examiné plusieurs échantillons de thé soor chong, qui contenaient 25 % de plombagine. La CommiMon sanitaire de Londres a trouvé chez des marchands de M quelques échantillons de thé pekoê et de thé poudre à canon colorés par la plombagine.

M. Sowerby a signalé le mélange des feuilles fraîches da thé, et non encore roulées, avec une espèce de sable fernh gineuXf qui contenait des cristaux de fer magnétique en telle abondance, qu'un aimant fût capable de soulever et d^ouvrîT les feuilles du thé.

Dans les grandes villes, il n'est pas rare que Ton mélange au thé de bonne qualité du thé d^'d épuisé par tinfusion (*),

(•) Bd 18i3, il y avait huU de ces fabriqaes à Londres^ sans compier quelques-unes qui s'éuient établies dans d'autres parties du Royanœ* Uni.

A Londres, Edouard S. . . et sa femme ont été surpris par les sgest* de l'excise. Ils avaient éub|i une fabrique en grand de tbé sopbisti^ai dans une salle basse d*une maison située dans le faubourg de Uerfceawell. Ils achetaient à vil prix (deux pence et demi à trois pence U U^^ c'est-à-dire 25 à 30 centimes) aux garçons de café de la capiule des

et soumis à une dessiccation préalable. Cette fraude se décèle par Todorat, la saveur, la couleur, le défaut d'arôme.

Suivant M. Biegely on falsifie quelquefois le thé avec les feuilles de Vepilohium angustifolium^ plante qui ne renferme pas de théine. M. Biegel a proposé d'appliquer, dans ce cas, le réactif que M. Stenkouse recommande comme caractéristique de la théine^ et qui consiste à faire bouillir, pendant quelques minutes la substance à essayer avec 2 à 3 fois son poids d'acide nitrique, à évaporer à sec, et à chauffer le résidu avec de Fammoniaque : s'il y a de la théine, il se produit une matière rouge analogue à la murexideÇ*).

Si la coloration du thé vert, pratiquée, comme nous rayons dit plus haut, au moyen du gypse et de Pindigo, ne doit pas être considérée comme une falsification, il n'en est pas de même des colorations superficielles à l'aide desquelles on couyertit le thé noir en thé vert. On a employé à cet effet le bleu de Prusse j le chromate de plomb, le curcwna et tlne espèce de talc{*).

feuilles de thé qui avaient déjà servi, les faisaient sécher et les inélan*> geaient de ^feuilles de laurier^ de pruneUe et d'autres plantes. Un peu de couperose Heue servait à donner au mélange la couleur convenabli?, et avec une infusion de gommé arabique on le granulait de manière à lui donner Tapparence du thé véritable. Il n'y manquait que les propriétés de la feuille exotique, et surtout le payement des droits.

Les magistrats du tribunal de police ont écarté IMncuIpation d*escroquerie, et déclaré S... et sa femme seulement passibles de l'amende pour fraude envers Texcise, ou régie des taxes indirectes.

(*) La murexide (ancien purpnrate d'ammoniaque de Prcut) est une substance qui se forme toutes les fois qu'on traite un des produits dérivés de Tacide uriqne par Tammoniaque, à l'abri ou au contact de l'air. Elle cristallise en prismes à quatre pans d'un rouge grenat par transmission, dont deux faces présentent le reflet vert métallique des élytres du scarabée doré.

(>) Il résulte d'expériences faites par un chimiste anglais sur un grand nombre d'échantillons de thé vert, que ceux-ci changèrent du vert an jaune, en en plaçant quelques cuillerées sur un tamis et les tenant sous un petit filet d'eau froide pendant 4 ou 5 minutes ; le résidu séché à une légère chaleur, prit la couleur du thé noir ordinaire. La matière colorante, enlevée des feuilles par le lavage, s'étant précipitée, on l'examina au microscope. On y observa trois matières de couleur différente: bleu, jaune, blanc; c'était du bleu de Prusse, ducurcuma et du talc. Le jaune et le bleu colorent le thé noir en vert; ensuite les feuilles sont

T. II. 3i

4W vu*.

En 1843, radministntioD fut infonote qae du thé a¥iiii, provenant d'un navire anglais, the Rdumee^ qui arait fot naufrage sur les côtes de France, avait été repôché, lavé à Teau pour le priver du sel marin que lui avait communiqué Feau de mer, puis coloré en vert par un mélange A' indigo ou de bleu de Prusse^ de tak^ de chromate de plamb^ et livré an commerce (^].

Dans le moment où Ton s'occupait à Paris des thés colorés au chromate de plomb, M. Eug. Marcliand^ pharmacien à Fécamp, examina 64 échantillons de thé qu'on s'était procurés chez les épiciers de cette ville, et qui étaient colorés par le même procédé. On fut amené à cet examen par Tindisposition grave que deux personnes de Fécamp éprouvèrent, et dont elles attribuèrent la cause à Tusage prolongé d'un thé qui leur avait été fourni par un épicier de la ville.

Voici comment on peut reconnaître cette fraude criminelle : on place dans un verre à expérience une certain»

roulées dans le blanc^ pour lear donner Taspect perlé que Ton recherche dans le commerce.

Souvent, dans les vislles faites annuellement ches les épidera, bous avons trouvé des thés verts sensiblement colorés. Bn les rnoolUaniavec la salive» et en les mastiquant légèrementjon les décolorait avec facilité et on acquérait la preuve de la fraude*

(') Voici comment le fait fut connu :

M. le docteur Leroux^ ayant été appelé à donner des soins an sieur R... ouvrier tisserand, reconnut que la situation de cet homme était alai^ mante et qu'elle présenUit des caractères extraordinaires, he plus siaga* Uer était une coloration de la peau en vert; ce qui lui fit penser que le malade ne s'occupait pas uniquement de son métier de Usserand. Apiès avoir été pressé de questions, R... finit par avouer qu'il travaillait à la manipulation des Uiés, et que ce travail avait pour but de convertir des tiiés verts en thés noirs. « Je ne sais, ajoau*t-il, quelles sont les sob- « stances employées ; mais je crois que la poussière qui s'exhale des « thés ainsi préparés en les tamisant, en môme temps qu'elle me eo- « lore la peau, comme vous voyez, me cause rindisposition doat je « souffre. »

Le médecin sut de R... que le travail des Uiés lui éUit commandé par un sieur H... P..., qu'il croyait un homme de paille, et travaillant loi* même pour le compte d'un négociant qui lui éUit inconnu. Le docteur crut de son devoir d'Instruire l'autorité de ce qui se passait ; en conséquence, il se rendit chez le commissaire de poUce et fit sa déclaratiott.

L'enquête appris que H... P,.. n*éuit que le piépoaé du sieur A..^

quantité des feuilles soupçonnées et on les recouTre par de Tacide nitrique. Après 3 ou 4 heures de contact, on décante le liquide, on presse les feuilles pour en faire exsuder Tacide, que Ton évapore à siccité. Le résidu est repris par l'eau distillée, et Von essaye la solution par l'iodure de potassium, qui doit donner un précipité jaune, soluble dans un excès de réactif | par le chromate de potasse, qui donne également un pré*dpité jaune, soluble dans la potasse; par le sulfate de soude ou Padde sulfurique , qui fournit un précipité blanc> deve« nant noir au contact de Tacide sulfhydrique ou des sulfures alcalins; par la potasse, qui donne un précipité blanc, soluble dans un excès de réactif. En calcinant ou même en faisant bouillir d'autres feuilles avec une solution de potasse caustique, on décompose le chromate de plomb, et Ton obtient du chromate de potasse soluble, que Ton essaye par les réactifs du chrome.

Une sophistication du thé, pratiquée par les Chinois euxmêmes, consiste à agglomérer, sous forme de fragments, avec de la goiume, la poussière du thé. Ils appellent cette sorte de thé lie the (thé faux), et la mélangent ordinairement à d'autres qualités inférieures.

On emploie aussi, dit-on^ \e^ excréments de vers à soie pour falsifier le thé et principalement la sorte dite Gunpowder, Û faut espérer que cette fraude repoussante est rarement pratiquée.

négociant à Parts. Aussitôt nne perqnisition, faite chez ce dernier, amena la saisie d^uoe assez grande quantité de thés manipalés ou en manlpn* lation.

Les sieurs A.., et H.,« P m furent renvoyés devant le tribunal correctionnel, qui, faisant application des articles 4S3, 59 et 60 du Gode pénal, les condamna chacun à bnlt Jours de prison et 50 francs d'amende.

Le négociant A... Interjeta appel de oe jugement et fnt acquitté; lâ Cour royale rendit un arrêt par lequel : Cmuiéérani qtm H À.„ a fsU subir aux thés avariés une préparation pour les rendre mareAaiHb > # n'est pas établi qu'il ait trompé sur la quaUlé de la marchandiss vendus.

Par suite de ce jugement, les thés falsifiés furent rendusau négociant ; oeitti-cl les fit laver pour séparer le chromate de plomb, et colorer d0 nouveau avec de Tocre et du bien de Prusse, puis les livra à la consommation. L'acheteur eut ainsi du IM qal avait aobl tmiê hsngtak

50B TflîlDAOE.

Le docteur François a donné le nom de thridaee au sac laiieux blanc qui découle des incisions faites aux tiges de la laitue montée; ce suc brunit et s'épaissit à Tair* Cet extrait de laitue, qui est le lactucarium des Anglais, a été obtenu en trèsgrande quantité par M. Aubergier^ qui a fait bien conoaitre ses propriétés.

La thridaee décrite au Codex n'est pas le produit désigné sous ce nom par le docteur François^ n'est pas non plus le lactucarium des Anglais , mais bien un extrait que Ton prépare en prenant la laitue montée prêté à fleurir, rejetant les feuiiles, pilant les tiges, exprimant le suc, le passant à travers un linge, et le faisant évaporer à Tétuye, en couches minces, dans des assiettes.

Usages. — La thridaee est calmante et anodine; elle réussit dans les cas où Topium échoue; elle n'accélère pas la circulation, ne cause pas d'engorgement capillaire, n'irrite pss Testomac; elle ne convient pas cependant dans les afiecttoos fébriles ni pendant la digestion; elle jouit de la double propriété de calmer les douleurs en provoquant le sommeil par Facte de Isisédation qu^elle opère sur les systèmes nerveux et vasculaire.

On en fait un sb*op.

Falsifications. — La thridaee est allongée avecla j(»»«^» celle-ci est dissoute dans le suc de laitue^ et le mélange^ évaporé à rétuve, est introduit dans des flacons.

La thridaee, mêlée de gomme, attire l'humidité de Tairet se distingue de la thridaee pure en ce qu'on peut précipiter la gomme par Talcool, la recueillir sur un filtre, la ^'^^ avec Talcool, puis la dissoudre dans Teau , et l'obtenir pv évaporation.

La thridaee pure donne avec l'alcool un précipité dû à ** présence de matières insolubles qui ne présentent aucune^'' logie avec la gomme.

On a composé une thridaee avec de la gothme arabiq^^ * V extrait de chiendent et de Yopium.

TRÈFLE (graine de). SOI

M. Stanislas Martin a sigaalé l'adultôration de la thridaoe par Vextrait de genièvre et la fécuk.

En général, Tessai d'une thridace se fait, par la dégustation, comparativement avec une autre d'origine authentiqué ; en examinant l'action de l'eau, de Talcool, des réactifs ( sulfate de fer, cyanure jaune, potasse, nitrate d'argent, acétate de plomb, nitrate de mercure) : la solution de la thridace pure donne avec Talcool un précipité abondant ; avec Je sulfate de fer, une coloration en bnm olive ; avec le cyanure jaune, une coloration brun rouge&tre; avec la potasse, une coloration brune; avec le nitrate d'argent, un abondant précipité, qui vire au noir au bout de douze heures; avec l'acétate de plomb, un précipité abondant, avec décoloration presque corn* plète du liquide ; avec le nitrate de mercure , un précipité gris blanc.

En Belgique , on a fait entrer de la craie ( carbonate de chaux) dans les tourteaux qui servent à la nourriture du bétail.

La fraude se reconnaît facilement en plongeant ces toiuv teaux dans de l'eau aiguisée d'acide chlorhydrique : les tourteaux môles de craie donnent lieu à un bouillonnement , à une effervescence qui ne se manifeste pas avec ceux qui en sont exempts.

(amAsiiB om)m

La graine de trèfle incarnat ( trifolium incamatum) , lorsqu'elle est de bonne qualité et d'une récolte récente , a une couleur blanc jaunâtre, \m aspect lisse et brillant; si on la garde en magasin plus d'une année, elle se colore en rouge brun, et, sous cette nuance, elle lève moins bien et donne une végétation moins fournie.

A Toulouse , on l'a mélangée avec du sabk apprêté au moyen d'un vernis d'une couleur pareille à celle de la graine, que l'on tamise en môme temps , ce qui en augmente le vo-

SM 'TBkVLB (graine de)«

lame et le poids. On nous a même assort que beanconp de revendeurs s'étaient prêtés arec complaisance à cette firaude, dans le but d'attirer un plus grand nombre d'acheteurs par Tappât du bon marché (*).

Suivant M. Pédroni fils, cette fraude se reconnaît très-facilement en plaçant une cuillerée à café de graines à la surface d'un verre d'eau : les graines factices, par suite de leur plus grande densité, se précipitent au fond du rase, tandis que les bonnes graines flottent sur le liquide.

M. Girardin^ de Rouen ^ a signalé , en 1848 , une aatri fhiude.

Certains marchands, pour se débarrasser des gramesTieilleSy ont imaginé de les blanchir au moyen d'une fumigaiios de gai acide sulfurenx. Les graines ainsi blanchies n'oDtpts autant de main , en style de commerce , que la graine ooo apprêtée ; elles sont aussi d'un blanc plus mat, et ne lèvent plus que très-imparfaitement. Il f^ut donc éviter d^n faire usage, pour ne pas manquer sa récolte en fourrage.

Malheureusement il est ass^ difficile de reconnaître ceiie fraude, car la vapeur du soufre produit son effet sans laisser de traces de son emploi. Tout ce que Ton peut dire , ces! que la graine de bonne qualité et nouvelle lave ordinairement de 95 à 98 <"/« et donne des plantes qui résistent fadement aux mauTaises conditions atmosphériques ; tandis qui la gtatne de deux ans, nofl apprêtée i et plutôt ancore lois* qu'elle l'a été, ne lève que de 60 à 80 «/o («) et fournit d« plantes qui meurent très-rapidement après leur genninalion et leur première pousse, lorsqu'il survient trop de sécheresse.

(1) Il faut bien le dire en passant,, ce qui engendre le plus soutenlb frtiiidc sur totitps leê suliètsmces, c'est retlj^ence Irréfléchie dit con»"*' maieur, qtil rent svdI^ de la bonne aiarcbiodise à on prii cpii ^ ^^'^ aiicuR l)éflêlica a« producteur ou au marcbaud.

(<) Voici les résultats d*uQ assez grand nombre d'eipériences coii|>i' rallvt's, faites en grand par M. Deboos, dans diverses sorles de tcmiB**

Sur 100 graines de Irèlle Incarnât^ de la récolte de IS47, Il en a leféde 70 à 80.

9ti^ 190 «rainas de trèfle plus abekini blansfaf k Tadda tûUtana*^ n'a levé que 00 à 70 graines.

fRUFFES. SOS

Les truffes, dont la nature fut longtemps un problème pouif les naturalistes, sont considérées maintenant comme des espèces de champignons comestibles, très^echerchés desgoui^ mets. Leur mode de reproduction fut longtemps entouré d'obscurité ; mais, dans ces dernières années, les recherches étendues et approfondies de MM. L. B. et Ch. Tulasne sont venues jeter une vive lumière sur Thistoire de ces champi-' gnons souterrains, quise reproduisent par des spores, donnant naissance à un mycélion filamenteux (*), origine de nouvelles truffes.

D'après les analyses de M. Riegely les truffes renferment : huile volatik (traces), résmeécrej sucre de champignon^ acide fungique^ acide boUtiquCy oanazome, matière azotée ineolubkdans Fahoolj mucilage végétal j albumine^ pectine et fun^ gine.

On distingue quatre espèces de truffes r

l^'La truffe notre ou oommune, d'un brun noirfttre exté* rieurement, marbrée de lignes d'un blanc roussfttre i Tintée rieur.

2^ La truffe bhmeke^ d'une couleur oendrée tirant sur lé brun.

3"* La truffe d'un noir violet extérieurement et intérieurement.

4^ La truffe grise ou du PiêneM^ d'une odeur particulière, légèrement alliacée.

Le commerce des truffés avec rétranger n'est pas sans importance. La France en exporte dans presque tous les États de l'Europe, aux États-Unis, dans les Antilles» au Sénég^al, à l'île Bourbon.

En 1835, la France a exporté plus de S2500 kil. de truffes,

(1) Le fnycéHon on thàlius est une production cbanme qu*oil coBddèra ordiDairement comme formant seule le champignon, et qui, naissant d^un corps filamenteux, byssoide, irrégulier, s'étendant sous le sol, sert habiiuellement, sous le nom de Uanc de champignon, à la reproduction da champignon de couche.

504 TURBITU vitoiiAt.

mariûées ou séchées; en 1848^ elle en a exporté 26000 kil, valant environ 214000 fr. (soit 4 fr. 30 le demi-kilog.] ; et, en 1849, 34000 kil., valant 360000 fr. (soit 5 fr. 30 ledemikilog.), pour la Russie, rAngleterre, l'Allemagne, les États- Unis, la Belgique.

Mais cette quantité n'est rien comparativement à eelle qu'absorbe la consommation intérieure. Une seule maison de commerce, à Paris, a vendu, de 1826 à 1830, 101500kil.de truffés, représentant une valeur de plus d'mi million.

Falsifications. — La fraude exercée le plus généralement sur les truffes, consiste à les vendre gelées (^). Les rabastàs, ou caveurs de trUffes, ont un art tout particulier pour faire dégeler les truffes altérées par le froid, et leur rendre, à l'aide d'un enduit terreux, l'aspect de truffes de bonne qualité. Cette fraude ne peut se découvrir que par Thalntude, et par on examen attentif de la marchandise.

Il en est de même des autres falsi&eaiioiis de la tmffe^ telles que Tintroduction de cailloux pour augmenter son poids; le mélange de truffes faites artificiellement avec une pàto composée de terre et de débris de truffes^ ou l'introduction de truffes contenant des lingots de plomhy adroitement fouirés l rintérieur.

On a vendu au poids pour 10000 fr. de ces truffes plombées aux restaurateurs de Bruxelles. Une pareille vente s est faite aussi à liége, à Aix-la-Chapelle, à Cologne.

TV&BXTR vilCUfiTAXi.

Racine employée sèche, comme pxirgatif ; aujourd'hui peu en usage. Elle est ligneuse, compacte, d'une couleur brunâtre, d'une saveur acre et désagréable, presque inodore, de la longueur et grosseur du petit doigt.

On falsifie le turbith végétal avec la racine de tkapsieblsnche, préparée comme la racine de turbith végétal, ta ^^^ de thapsie, étant dangereuse, pourrait causer les plus gra^^ accidents; aussi doit-on apporter beaucoup do soin dans

(») Les truffes gelées ont perdu toutes leurs qualités gastrooomftï*^

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