‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 21 sur 251 · ALOÈS · texte numérisé non relu

ALOÈS

bouillant. De plus, le kirsch ainsi frelaté aura une saveur Acre et empyreumatique.

Enfin, par suite de négligence dans l'entretien des vases distillatoires, causée par l'intermittence de la fabrication du kirsch, ce spiritueux peut contenir des seis de cuivre. Leur présence est décelée par Tammoniaque qui communique à la liqueur une coloration bleu foncé ; par le cyanure jaune, qui prîxluit une coloration ou un précipité brun-marron.

L'aloèsest un suc épaissi, gommo-résineux, retiré, par incision, des feuilles de plusieurs espèces du genre Aloë (famille des Liliacées), principalement Yaloë perfoliata, Valoè Épicaia^ Valoè vuigaris.

Dans le commerce, on distingue plusieurs sortes d'aloès : ïaloh succotririy Yaloès hépatique^ Valoes du cap de Bonne-- Espérance, Yaloès des Barbades ou de la Jamaïque^ Vahès de VInde ou Mozambrun, Yaloès caballin, Yaloès fétide.

De toutes ces sortes d'aloès, le vrai succotrin est la plus estimée, la plus chère ; aussi vend-on souvent , sous ce dernier nom, del'aloès hépatique, de Faloès du Gap (*), quelquefois même de Taloès caballin.

Vahès succotrin onsoccotrin (ainsi nommé de Tlle de Socotora, en Afrique, d'où il nous venait anciennement), ou aloès citrin;se présente en petites masses du poids de 1 00 grammes environ, dont les contours, brillants et comme polis, sont d'une belle couleur hyacinthe foncé, et qui, placés entre l'oeil et la lumière, possèdent une transparence parfaite dans toute leur épaisseur. Sa saveur est amère ; il répand une odeur qui tient à la fois de celle de la myrrhe et de l'ipécacuanha, et qu'on peut exalter par le frottemeât. Sa cassure est terne et présente l'aspect ainsi que la couleur du succin jaune lactescent. Sa poudre est d*un beau jaune. Cet aloès se ramollit à + lù^, et fond complètement à 4- Ib"^- ( Edm. Bobiquet ); il se dissout facilement dans l'alcool, et très-imparfaitèment dans

(<) Comme Taloès succotrin est très-rare , on lai substitue généralement 1*aloès du Cap; cette substitution est tolérée et même sanctionnée par l*itsagc.

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réiher; Teau froide en dissout la 36^ partie de son poids.

D'après l'analyse do Trommsdorffy 100 parties d'aloès sucootrin contiennent : principe savonneux amer ou résine particulière saponiiiable, soluble dans Teau, etTalcooI, insoluble dans réther, 75; résine^ 25; et une trace d'acide gallique. 100 parties d'aloès hépatique contiennent : principe savonneux amert 81,25 ; résine^ 6,25; albumine^ 12,5 ; et une trace d'acide galligue.

Suivant l'analyse de M. Edmond Robiquet^ le suc d'aloès succotrin renferme, pour 100 parties : aloèspur ou aloétine (*), 85; ulmate dépotasse, 2; sulfate de chaux, 2 ; acide gallique, 0,25 ; albumine, 8 ; plus des traces de carbQ¥iate de potasse^ de carbonate et d'Q phosphate de chaux.

Une variété plus belle et très-rare de Taloès succotrin, appelée aloès lucide, se présente en petites larmes granulées , transparentes, d'une couleur rouge brun obscur.

Vahès hépatique , ou aloès jaune, est opaque , très-dur et difflcile à rompre. Il a la couleur du foie ; do là son nom. Soumis à Faction de la chaleur, il coule en s'arrondissant comme de la poix.

Lahèê du Cap est opaque, en masse, à cause de sa couleur foncée, et d'un rouge terne dans ses lames minces. La poudre est jaune, avec un reflet verdâtre (•).

Valoès des Barbades présente dans sa masse un peu moins d opacité ; il est moins fragile que l'aloès du Cap et donne une poudre d'un jaune rougeAtre sale, qui brunit beaucoup à la lumière. Sa cassure est terne, son odeur ressemble à celle d'un mélange de myrrhe et de safran. Il paraît provenir de Valoësinuaia» Il est ordinairement renfermé dans des calebasses. L'eau le dissout plus facilement que l'aloès du Cap. L'aloès des Barbades est d'un prix très-élevé.

(<) Principe actif de l*aIoès (aloifhs de MBf. T. et H. Smith).

(*) M. Ulêx a analysé da suc naturel d*aloès du Gap , arrivé i Hambourg en 1853; il renfermait pour 100 p. : sau, 90; résiné, 38; extraU aqvâux, 54 ; albumins, 4. Ce suc était d*an noir brun&tre, un peu trouble; épais comme de la mélasse; à 4 ou 6«, il formait une masse à peine liquide. Par le repos, on voyait à la surface une ooucfae transparente d'un brun noirfttre; d^une odeur irès-forte, nppdant celle de Taioès; sa saveur, d^abord donceSitret était ensuite amère.

AliOÈS. T5

Vahèê de tlnde ne présente nullement Tapparenee du suceotrin, et se trouve souvent mêlé d'impuretés; il est, dureste, très-rafc dans le commerce.

Vaioè$ eaballin^ ainsi 'nommé parée qu'où Tavait recommandé pour les chevaui, est la sorte la plus impure. Son odeur est très-forte. D se présente le plus souvent sous forme de masses noires, complètement opaques et remplies d'impuretés.

Values fétide^ dont le nom rappelle l'odeur forte et puante, ressemble beaucoup à Faloès hépatique ; c'est celui de tous les aloès qui contient le moins de gomme.

L'extrait gommeux de l'aloès fétide conserve toujours un peu de sa mauvaise odeur, et la communique môme aux autres aloès, auxquels il peut être mélangé, ou même totalement substitué.

Usages. — L'aloès est stomachique et purgatif. Il a une influence spéciale sur le rectum, vers lequel il détermine un afflux sanguin. Il entre dans la composition des 61ixirs de vie, de Garus, et de celui dit Aq propriété. On en prépare des pilules simples ou composées ; il fait encore partie de diverses autres préparations pharmaceutiques.

Falsifications. — L'aloès est falsifié par la colophane^ Tocrc, Vexirait de réglisse, la poix-résine, la gomme arabique, les os eakinés,

La présence des résines se reconnaît en plongeant dans la masse soupçonnée une broche de fer chauffée presque au rouge ; l'odeur de la résine est parfaitement décelée.

La gomme arabique, l'extrait de réglisse, se reconnaissent au moyen de l'alcool, qui ne dissout que l'aloès.

La poix-résine, l'ocre, la colophane, sont séparés par l'eau, qui ne dissout que l'aloès ; l'incinération permet d'isoler l'ocre. Pour s'assurer de la présence de la^colophane, on peut aussi mettre à profit la réaction curieuse observée par M. Barreswil; c'est la coloration bleue qu'acquiert la colophane, lorsqu'elle est fondue avec de Tacide chrysammique (*). Cet effet ne se produit qu'avec l'aloès mélangé de colophane.

(*) L'acide €brysamoik|ue B^oblient d'une pureté suiSsanle poar cet eassAs en mitant 1 p. d'aloès par 15 p. d-adde nitrique d*une den» rite de 1,3S; CD laisse la réaaion se manifester, on ekantlè pendant «ii

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