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ajoutée aui vins fouges ne peut être feita à l'aide des seb de baryte, puisque tous les yins contiennent une plus ou moins grande quantité de sulfate à base de potasse et de chaux. Pour y arriver, M. Lasiaigne dessèche à une douce chaleur deui fragments de papier» Pun taché de vin pi^r; Tautre, de vin additionné d'une petite quantité d'acide sulfurique : le premier papier n'est point altéré ; le secopd roussit avant que le papier blanc se colore, et devient cassant^ friable, par un lé* ger froissement entre les doigts.
Le vin pur non additionné laisse, par l'évaporatien spopta* née, une tache bleu violacé; tandis que le vin auquel on a ajouté 2 à 3 millièmes d'acide sulfurique donne, par la dessiccation, une tache rose-hortensia (^).
On ajoute quelquefois de Palun aux vins (% dans le but : 1* de rehausser leur couleur ; 2"» de clarifier (donner du nif) et de mieux assurer la conservation des vins d'exportation ; 3^ de leur donner une saveur styptique, analogue à celle qu'offre le vin de Bordeaux, ou de leur rendre celle qu'une addition d'eau leur avait enlevée. Mais cette saveur styptique, qui est sans danger lorsqu'elle est due à une cause naturelle, est très-nuisible lorsqu'elle est obtenue par des moyens fa^ tices.
Pour reconnaître cette falsification, on peut avoir recours à l'un ou à l'autre des prpcédés suivants :
lo Lorsqu'on ajoute, suivant M. Bérand, une p^ite quantité d'eau de chaux à un vin naturel, le mélange, abandonné quarante-huit heures à lui-même, donne des cristaux de tartrate
son par le tribunal de !*« instance de Lyon. Sur nn appel à minimd interjeté par le miDistère public, la Cour impériale de la même ville a eondfinmé B. .^. à un aa de priaon.
B. . . avait un atelier complet d9 sophistication ; son magasin renfermait de Vacide sulfurique^ de la lie de vin et de Veau, qui servait de base aux mélanges. D*après les experts, 1 hectolitre du vin de B... renfermait un ^Hœ^mittîème d'acide sulfurique à l'état libre.
(1) Le papier blanc le plus convenable pour cet essai esl le papier lissé Qrdinaire, dans la pftte duquel existe de Tamidoo ou de la fécale. Il est irès-répandu aujourd'hui dans le commerce; il se colore en bleu foncé lorsqu'on le mouille avec de Teaii iodée.
(*) Cette addition se fait parfois en assez forte proportion : 150 on MO grammes par hectollire.
de chaui : l'addition de Talun s'opposant entièrement à celte cristallisation. Si elle ne se forme pas, on peut en conclure que le vin contient de Talun, surtout si Ton joint à cette donnée celles qui résultent de la saveur, de la réaction avec le chlorure de baryum, etc.
2^ Le procédé suivant mérite cependant la préférence : lorsque le vin fournit par le nitrate de baryte ou le chlorure de baryum, un précipité instantané, et notablement abondant, insoluble dans Tacide nitrique et dans Tacide chlorhydrique» on peut considérer comme probable la présence de Falun, et l'on doit procéder à la recherche de Talumine, ce que M. Zossaigne conseille de faire de la manière suivante :
On précipite par Tacétate de plomb neutre la matière colorante, plus le tartrate, les sulfates, les chlorures, le phosphate, dont les bases se trouvent ainsi transformées en acétates. On filtre et on soumet le liquide à l'action d'un courant de gaz acide sulfhydrique, pour éliminer Texcès de plomb ajouté. On chauffe ensuite pour chasser le gaz excédant, on filtre et on ajoute de Tammoniaque, qui précipite Talumine.
L'addition de sulfate de fer au vin, faite dans le même but que celle de Talun, se constate avec facilité ; car, indépendamment du précipité blanc instantané que fournit le vin avec le chlorure de barjrum ou le nitrate de baryte, on peut aisément reconnaître que le liquide jouit des propriétés des sels de fer.
Les vins aigris, dont l'acidité a été saturée en partie parles carbonates de potasse, de soude ou de chaux, contiennent une certaine quantité d'acétates de ces bases.
On reconnaît le vin dont on a saturé Tacide par du carbonate calcaire, à ce qu'il donne constanunent un précipité d'oxalate de chaux, lorsqu'on y verse un excès d'oxalate d'ammoniaque. A la vérité, le vin naturel, contenant aussi une petite quantité de tartrate de chaux, donne également lieu à un précipité; mais dans ce dernier cas le dépôt est à peine sensible, tandis que dans le premier il est très-abondant.
On peut aussi, pour reconnaître la même frauder ^àire usage d'un moyen qui est employé également pour constater si Tacidité du vin a été neutralisée parle carbonate de potasse ou de soude.
On décolore le vin par le charbon animal purifié ; on filtre
et ron évapore à siccité. On verse sur le résidu deux ou trois fois son volume d^alcool à 75<*® , qui dissout les acétates de potasse de soude ou de chaux, et qui les sépare des sels contenus naturellement dans les vins.
L'alcool évaporé laisse pour résidu Tacétate qui existait. On en reconnaît alors facilement l'espèce ; car 1* si la chaux a été employée à la saturation, Toxalate d'ammoniaque donne un précipité blanc avec la solution aqueuse de ce résidu ;
2" Si le carbonate de potasse a été employé, le môme résidu cristallise en lamelles blanches très-légères^ d'une saveur très-piquante , déliquescentes , solubles dans l'eau et l'alcool. Ce résidu, dissous dans l'eau distillée, donne un précipité blanc avec l'acide tartrique , et un précipité jauneserin avec le bichlorure de platine ;
3o Enfin, si l'on a fait usage de carbonate de soude, l'acétate obtenu peut cristalliser en prismes rhomboïdaux transparents, d'une saveur amère et piquante, efflorescents, moins solubles dans l'eau et l'alcool que l'acétate de potasse. Sa dissolution aqueuse n'exerce aucune action sur les réactifs précités , et fournit , au contraire , un précipité blanc avec une dissolution concentrée d'antimoniate de potasse.
On connaît plusieurs procédés pour distinguer la matière colorante naturelle des vins , des matières colorantes qu'on peut y ajouter (') ; nou$ allons indiquer les données qui pà-
(i) DaDs nne partie de la Champagoe, od prépare avec les baies d*bièble, de sureau, el l'alun (SO grammes par litre), une liqueur fermenlée désignée sous le nom de vin de PisnMs^ vin de teinte, destinée à augmenter la couleur des vins.
Cette addition est une véritable fraude ; elle doit être punie comme (elle devant les tribunaux.
Elle a, en effet, donné Ueu à des poursuites et à des condamnations. En 185i, le sieur R... a été condamné par le tribunal de police correctionnelle de la Seine à cinq jours de prison et & 10 fr. d*amende, pour avoir vendu, comme \in de Bordeaux, un composé de vin rouge commun du Midi et d*eau colorée et préparée avec un liquide nommé vin de teinte de Fismes, provenant de jus de baiu de sureau, d'hièbie et de jus de mûres.
En décembre 1854, nn marchand de vin de Paris a été condamné à la prison pour débit de vin coloré avec le vin dit de Fismes; et un négociant en vin, le sieur D..., a été condamné par le tribunal de police correaion*
6M vins.
raiflsent les plus positives pour la solution de cette question ; toutefois, nous croyons devoir ajouter que les recherches sor la coloration des vins et sur les réactions que présentent cas liquides naturels avec les réactifs, laissent encore beaucoup à désirer.
Des expériences que nous avons faites, en 1827, sur les vins des départements de la Côte-d'Or, de la Haute-Marne, de THérault, de la Gironde, des Vosgas, de la Meurthe, de lu
nelle de Joigoy (Yonne), à trois moisjd'emprisonnemenl^ à 50 fr. d*amende et aux frais^ pour avoir été trouvé détenteur d*une grande quantité de fins roitgee, reconnus être falsifiés et contenir uu mélange de ddr«, de W« UaH0 eolorés par une petite quantité de vins à» tmni*, dit de Fwtm*
Plu«ieiir» pièces de vio^ saisie^ daps I4 cave du «iepr Q..., propriétaire à Batignolles, furent reconnues n'être autro chose que de l^au colorée par au jus de baies de sureau; dix autres pièces n*étaient qu'un mélange de vin couimun et d*uue forte quantité d*eaa ; traduit comme prévenu de Ailsidcatlon de boissons devant la tribunal corrsaionnel, le sieur G... a été o^ndamné k un mois de prifiQn el 100 fr. d^amende; Id tribunal a, en outre, ordonné la coufiscaiion des pièces saines.
Dans le département de la Loire, on a saisi une fabrique de vin, organisée sur une assez vaste échelle, où on le préparait avec rotreOe, le raisin des bois. Les prévenus, an nombre de einq, pouvaient ainsi livrer à raison de SO ou ^0 fr. des piàees d*ttn via qui n^ leur revenait pas à plus de 10 fr. l'hectolitre. Traduits pour ces faits devant letnbanal correctionnel de Saint-£tienne, Tun d'eux fut condamné à trois mois de prison, un second à deux mois, et un troisième à un mois, et tous trois à 60 fr. d'amende; les deux autres furent acquittés. Le tribnnai ordonna, en outre, l'effusion des liquides sur la vole publique, la confiscation des substances et usten«iles qui avaient servi à la fabrieation de ces vins falsifiés.
On a également saisi des vins colorés avec des vinasses.
Il serait à désirer qu'on suivit partout Pexemple donné par M. Cà. SaOêron, procureur impérial au parquet de Cbftl8au*Tbierrj; qui fit Insérer, en lS5i^ la note suivante dans VEcho de TAtms :
a Un grand nombre de propriétaires et de vignerons de Parrondisse- « meut de Chftteau-Thlerry ont l'habitude de falsifier et de dénaturer u le vin qu'ils fabriquent^ en ajoutant atf raisin diverses subsiancea, no- « tamment de la grahM de sureau.
< Ces mélanges, qui ont pour effet de tromper les acheteurs sur la c couleur réelle du vin et sur sa qualité, sont aussi nuisibles à la saoté « publique.
<c A l'avenir, les personnes qui continueraient à pratiquer ces faisi* « fications et à en vendre les produits, seront poursuivies confonaénent « aux dispo^tions de l*art. 918 du Gode pénal. »
ytm. 608
11 etuie et de la Seine, il résulte : l*» que la potasse en solution pent Atre employée comme réactif pour faire connaître la couleur des yins naturels, qu^elle fait virer du rouge au vertbouteille ou au yert brunâtre (') ; 2^ que le changement de coloration produit par ce réactif est différent lorsque les vins sont vieux ; S"* qu'il n'y a pas de précipitation de la matière colorante par Taddition de cet alcali, et que celle-ci
reste en solution ; 4*" que la solution d'acétate de plomb, indi< quée par Vogel, ne peut être employée conmie réactif pour reconnaître si un vin est coloré artiâdellement, ce sel étant susceptible de donner, avec ces liquides colorés naturellement, des précipités de couleurs variées ; 5^ qu^il en est de même de Teau de chaux, du chlorure d'étain avec addition, d'ammoniaque, et du sous-acétate de plomb ; 6" que Tarnmoniaque peut être employée à reconnaître les vins naturels, les changements de couleur qu'elle détermine dans ces liquides ne variant pas d'une manière bien sensible; V qu'il en est de même de la solution d'alun, à laquelle on ajoute une certaine quantité de potasse en solution.
D'aftfès M. Nées (fEsenbeek, la méthode la plus sûre pour essayer la couleur des vins consiste à faire deux solutions, Tune d'une partie d'alun dans onze parties d'eau distillée, l'autre d'une partie de carbonate de potasse dans huit parties d'eau distillée. On ajoute au vin un volume égal au sien de la solution d'alun ; puis on y verse peu à peu la solution de carbonate de potasse, en ayant la précaution de ne pas décomposer la totalité de Taltm. L'alumine, en se précipitant, s'unit à la matière colorante du vin, et fournit, avec celui
(1) D*après dos recherches, la potasse doQoe ^yec les vins colorés artificiellement les précipités suivants :
Couleur du précipité.
Vin coloré par les baies d*hfèb1e vîolâtre.
— les mftres vîoiatre.
^ ie bols d'Inde ronge violacé.
**- leboisdeFernamboue. . . rouge.
— les betteraves rouge.
— le tournesol en drapeaux, violet clair.
— les baies de troène. . . . violet bleu.
— le pfaytolaooa jaune.
qui est naturel, une laque d'un gri$ mk virant plus ou moins au rouge (couleur de lie) ; un excès d'alcali redissoui une portion du pi'écipité et le rend gris cendré. Dans les vins nouveaux, le précipité formé dans les circonstances relatées ci-dessus se distingue par la couleur verte que lui communique un excès de potasse.
D'après le même auteur^ le vin rouge additionné d'un principe colorant étranger présente, avec la potasse, les colorations suivanyss :
Vin coloré par le coquelicot : précipité gris brunâtre passant au noir par un excès d'alcali.
Vin coloré par les baies de troène : précipité violet bru- .nfttre.
Vin coloré par les baies de myrtille : précipité gris bleuâtre.
Vin coloré par les baies de sureau : précipité violet.
Vin coloré par le bois de Brésil : précipité gris violacé.
Vin coloré par le bois dinde : précipité rose.
En résumé , tous les vins qui , traités par les solutions d'alun et de carbonate de potasse, donnent des précipités àieus^ violets ou roses^ doivent être soupçonnés de coloration artificielle avec une matière colorante, étrangère k celle du vin. M. Nées cTEsenbeck a constaté que la matière colorante des baies du phytohcca decandra est la seule qui se comporte avec ces réactifs comme la matière colorante des vins, et qu'il est très^difûcile alors de la découvrir dans ceux-ci.
M. Filkoly pharmacien à Toulouse, a publié le moyoi suivant pour reconnaître si la matière colorante des vins est naturelle ou non :
Si Ton verse dans une petite quantité de vin naturel quelconque assez d'ammoniaque pour que Todeur s'en fasse légèrement sentir après le mélange, qu'on y ajoute alors quelques gouttes d'une solution concentrée de sulfhydrate d'ammoniaque, et qu'on jette le tout sur un filtre, le liquide qui passe présente une couleur verte sans mélange de bleu ni de rouge. Si le vin renfermait une matière colorante étrangère, le liquide filtré présenterait une nuance de bleu, de rouge ou de violet, bien caractérisée.
Cette méthode ne peut faire reconnaître la nature de la matière colorante employée. Les vins naturels essayés par
M. Filkol avaient été colorés par lui à dessein avec le suc de mûres ; avec les baies d'hièble, de sureau, de troène ; avec la teinture de tournesol; avec les infusions de bois de Gam« pêche, de bois de Brésil et de fleurs de coquelicot.
M. Jacobj pharmacien à Tonnerre, a indiqué un moyen d'essai pour rechercher si les vins ont été colorés par le bois dinde, le bois de Fernambouc, les pétales de coquehcot ; par les baies d'hièble^ de sureau, de troène ; par la teinture de tournesol.
Voici comment on opère : dans 2 gr. de vin à essayer, on v^rse 2 gr. d'une dissolution formée par 10 gr. de sulfate d'alumine et 100 gr. d'eau distillée; puis on ajoute à ce mélange 12 à 16 gouttes d'un solutum alcalin préparé avec 8 gr. de carbonate d'ammoniaque et 100 gr. d'eau distillée. On obtient alors, comme par le procédé de M. Nées dEsenbeck, un abondant précipité d'alumine, sous forme de laque diversement colorée, suivant la nature de la substance colorante qui se trouve dans le vin soumis à Tessai ;
Avec le vin naturel, on obtient un précipité grisâtre peu coloré ;
Avec le vin naturel et le bois d'Inde, un précipité d'un beau violet foncé;
Avec le vin naturel et le bois de Femambouc, un précipité d'un rose carmin plus ou moins foncé ;
Avec le vin naturel et les pétales de coquelicot, un précipité d'un gris d'ardoise plus ou moins foncé ;
Avec le vin naturel et les baies d'hièble, un précipité violet clair ;
Avec le vin naturel et les baies de sureau, un précipité gris bleuâtre;
Avec le vin naturel et les baies de troène, un précipité vert clair ;
Avec le vin naturel et le tournesol, un précipité rose carminé.
Comme plusieurs de ces précipités se ressemblent tellement, qu'il serait assez difficile de se prononcer sur leur nature, M. JaetA a proposé l'emploi simultané d'un autre réactif , le sous-acétate de plomb , qui donne les réactions suivantes :