‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 23 sur 251 · ALUN · texte numérisé non relu

ALUN

Vabtn ommaniaeai. On connaît plusieurs variétés d'alun de potasse dans le commerce : Valun de Bame^ ou cubique, avec un léger excès d'alumine; il cristallise toujours en cubes opaques très-solttbles dans l'eau, et présente à sa surface une couleur rosée, due à de l'oxyde de fer : cette teinte est son cachet commercial. L'alun de glace ou de roche est un alun impur, contenant beaucoup de sulfate de fer, et formé avec du sulfate d'alumine, retiré d'argiles pyriteuses. L'alun de Smyme se confond avec l'alun de Rome, dont il offire tous les caractères. L'alun alumine (alun saturé de sa terre ^ des anciens chimistes) est un sous-sulfate d'alumine et de potasse, presqu'c insoluble, contenant un grand excès d'alumine.

Usages. — L'alun est employé, en médecine, comme astringent ; on l'administre sous forme de potions, de pilules, de collyre, de gargarisme, de lotions, de poudre. L'alun calciné est employé à l'extérieur comme dessiccatif et escharotique ; on en saupoudre les chairs baveuses des ulcères et des cautères. L'alun entre dans la préparation du bleu de Prusse en pâte ; il sert à la préparation des laques, des couleurs pour les papiers peints ; au collage de la pâte des papiers. Il est employé, dans l'industrie des peaux, comme antiseptique; pour préparer les nouveaux plâtres durs ; pour mettre les bijoux en couleur. En teinture, il sert comme mordant.

Altérations. — L'alun contient assez souvent du fer ('), dont la présence présente de grands inconvénients dans la teinture. Pour le reconnaître , on verse un peu de cyanure jaune dans la solution d'alun à essayer; la liqueur prend une teinte bleue, sans donner d'abord de précipité ; celui-ci ne se forme que plus tard ; en versant dans la solution d'alun un peu de décoction de noix de galle ou d'écorce de chêne, l'intensité de la coloration noire indique la proportion de fer.

Si la liqueur prenait une teinte brun-marron avec le cyanure jaune, ce serait un indice de la présence du cuivre, qui serait aussi dénoté par la coloration bleuâtre, produite en versant un excès d'ammoniaque dans la solution d'alun ; mais ce métal se rencontre fort rarement dans ce sel. Le fer se dose au moyen de la potasse versée en excès dans la solution sa-

(■) L'âlun de Liège et certains aluDS de France renferment ordinairement un pea de salfate de fer (environ f millième).

78 AHâNIIBS.

liiie ; Texoèfi d'aUali diisnttt raliunine, ittti s'est d*abMd précipitée ; reste l'oxyde de fer, qui est layé^ séché el pesé.

Quelquefois on substitue k Tàlun calciné Vnlun ammoniacal. Ce dernier se distingue par le dégagement d'anunoniaque que produit dans sa solution une légère addition de potasse ; tandis que cet alcali ne forme qu'un précipité gélatineux d'alumine, inodore, dans une solution d'alun de potaëse.

Le sulfate de soude peut aussi fbrmelr arec le sulfate d'alumine un alun sodique, reconnaissable en ce qu'il est très-efflorescent.

Le sel qui porte le nom d'alun fibf*eUas renferme du sulfate de mûgnésie, au lieu de sulfate de potasse ; son aspecit le fait reconnaître facilement.

Les amandes sont les semehces d'tlii Hfhte connu sous l^ nom d'amandier (atHygdalns commUnis) , qtii crott dans tous les pays, mais cependant se convient miétix dans les pays chauds (Italie, Espagne, Afrique, etc.).

On distingue deut espèces d'amandes : les amandes àmnes et les amandes amères.

Les amandes douces oonlpreiment detlt variétés principales : les amandes à coques dureÈ et les amandes à copies fragiles.

Les premières, bblo&gues ou pi^^qtie )ronde^^ t$ont at^pelées amandes princesses ; on les débite, dans le commerce, ordinairement cassées et mondées de leur enveloppe ligneuse.

Dans le commerce, les amandes douces se divisent en cint| variétés principales :

1^ Amandes d'Espagne ^ qui ^oflt de deux espèces, les Valence eties/oiirifotft. L'amande du Jourdain se distingue de toutes les autres par sa taille et sa forme. Elle est plus longue que les autres espèces, car elle k O^^^OST et plus en longueur; c'est pourquoi on l'appelle quelquefois amamk longue. Elle est, proportionnellement à sa longuetUT; plus mince que les autres. Sa forme est oblongue ou à peu près. Elle est d'un goût plus délicat, et ce motif, joint à celui indiqué plus haut, doit la faire préférer dans l'usage médical.

A9ANMM. 7§

L'anmde de Vallée est un peu pltta ceiittè que la précédente, et plus large proportionnellement à sa longueur. Elle est de forme ovale, de couleur brune, et recouverte d'un épiderme poudreux.

2« Amandes de Portugal. Nous mentionnerons seulement celle dite de Porto. Elle est plus petite que la Valence, un peu orale, et moins large à sa base.

3** Amandes d Italie. La principale espèce est Ta mande de âcile, qui ressemble à la Valence, mais est un peu plus petite.

4** Amandes de Barbarie, Elles sont petites et de qualité inférieure.

&* Amandes des Canaries, Elles resseniblent aux amanden de Sicile, mais sont un peu plus petites.

Les amandes amères se divisent en deux variétés priiicipUes : i"" demandes amères de Bariaf^x C'est l'espèce qu'on rencontre le pltis fréquemment. Elle est petite, et peut être distinguée, à la vue, de Tamande douce de Barbarie.

2" Amandes amères de France. Elles sont plus pâles en couleur, et un peu plus grosses que les amandes amères de Barbarie.

On divise aussi, dans le commerce, les amandes en deux sortes : Amandes en coques ;

Amandes sans coques ou cassées.

Les premières sont revêtues de lenr coqUe ligneuse. On en connaît quatre variétés différetites :

1« Les amandes M^Uères, ou de Stcile, tirès^durës, pesantes, épaisses; la ceque présente des sillons semblables à ceux des noyaux de pèche ;

8^ Les amanéks dures, à coque épaisse, lourde^ difficile à rompre;

3» Les amandes à la dame, à coque moins dure;

4* Les amandes princesses, auxquelles on a laissé seulement une pellicule facile à briser entre les doigts. Ce sont les plus estimées et lés plus chères.

Ces trois dernières vafiétés sont des amandes de Plroyence.

Les amandes sans coques, ou cas&ées, sont privées de leufr coque ligneuse. On les divise, suivant leuir proVettiiridô, en :

!• Amandes de Provence, les t)lus ésthnées et les pltts belles ;

80 AMBUE GBJS.

elles se divisent elles-mômes en trois sortes : Anumdet flots; amandes triées, ou à la main; amandes en sortes,

2** Amandes dAUcante.

3° — de Sicile.

4* — de Majorque.

5° — de Barbarie.

6° — de Grèce.

7° — de Chinon.

Les amandes doivent être choisies nouvelles, pleines, entières, bien nourries, sèches et bien saines. Les amandes trop vieilles, ou mal conservées, sont rongées, vermoulues, jaunâtres à Vintérieur, et d'un goût rance très-marqué ; elles se réduisent en poudre à la moindre pression, ou sont tellement dures, qu'on ne peut plus en tirer aucun parti.

Usages. — Les amandes sont employées dans Téconomie domestique , dans Tart du parfumeur et du confiseur. En médecine, elles servent à faire Fémulsion, ou lait d'amandes, qui est la base des loochs blancs et du sirop d'orgeat, dans la préparation duquel entrent 1 partie d'amandes amères et 2 parties d'amandes douces.

Aman aaxs.

L'ambre gris parait être une concrétion morbide qui prend naissance dans l'intestin du cachalot {physeter maerocephalus), de l'ordre des Cétacés. C'est une substance concrète, tenace, d'une consistance analogue à celle de la cire. L'ambre est d'un gris clair,' plus foncé à l'extérieur, et parsemé de stries jaunes ou rougeâtres. Par le frottement ou par la chaleur, il répand une odeur agréable ; il peut s'écraser entre les doigts. Sa cassure est à grains fins, parfois avec des traces d'une structure lamelleuse , noire , que les plus belles qualités présentent presque toujours. Sa densité est 0,908 à 0,920. L'ambre gris a une saveur presque nulle ; il est insoluble dans Teau, soluble à chaud dans l'alcool. Il se liquéfie à la chaleur de l'eau bouillante, surnage l'eau, fond à la flamme d'une bougie, et se volatilise presque entièrement.

D'après /oAn, l'ambre gris contient : Ambréine, 85 ; matière

AMBKOISINE. 81

hnbamique, acidulé, soluble dans F eau et dans talcool, 2, 5 ; matière fohtbky mêlée diacide benzoîqueet de sel marin, 1 ,5.

On trouye Fambre gris flottant à la surface des eaux de la mer, aui environs des îles Moluques, de Madagascar, de Sumatra, sur les côtes de Coromandel, du Brésil, de TAfrique, de la Chine, du Japon, du Chili. Il renferme souvent des débris d'aliments du cachalot, des mâchoires de sèche, et des fragments de coquilles.

Usages. — L'ambre gris est peu employé comme médicament, il est considéré comme stomachique, cordial et aphrodisiaque ; mais son plus grand usage est en parfumerie, prin cipalement à Tétat de teinture alcoolique. Mêlé avec le musc, il en tempère Todeur.

Falsifications. — Vu son prix élevé, l'ambre gris est falsifié par la cire, les résines odorantes et autres matières analogues. Cet ambre sophistiqué a une cassure peu ou point écailleuse, une odeur peu prononcée ; il laisse un charbon volumineux et pesant, comparativement à celui que fournit Tambre gris pur; ce dernier est facilement traversé par une tige de fer rougio au feu, et laisse exsuder par Fouverture un liquide huileux, d'une odeur suave et pénétrante.

jArara. — V. Svocui.

L'ambroisine , ou thé du Mexique (chenopodium ambiosioîdes), de la famille des Chénopodiées, est une plante originaire du Mexique et des Etats-Unis. Elle répand une odeur aromatique ambrée, sa saveur est chaude et balsamique. Ses feuiUcs sont dentées, aiguës, glabres, d'un vert clair quand elles sont fraîches, d'un vert jaunâtre quand elles sont sèches.

Usages. — Les feuilles de Fambroisine servent en infusion qui passe pour tonique et excitante. Ses graines sont employées comme anthelmintiques.

Quelquefois on substitue aux feuilles de Fambroisine celles du chenopodium botrySy qui sont alternes, allongées, garnies de poils courts, et profondément échancrées des deux côtés.

82 AiqpoN.

AKWOS9.

Uamidon est la fécule extraite des graines céréales (froment, seigle, orge, avoine, riz, maïs) , et 4'autres végétaux (pois, fèves, marrons, glands, etc.). C'est une substance blanche, pulvérulente, insipide^ inodore. Dans le commerce, Tamidon est livré en poudre ou en aiguUks prismatiques (espaces de cristaux formés par retraits réguliers); la forme de Tamidon en aiguilles est celle que Ton préfère , c^est im cachet de pureté. L^amidon est très-léger et doux au toucher, il se brise sous le moindre effort et se réduit facilement en poudre. A cet état, Famidonde bonne qualité fait entendre un certain bruit lorsqu'on le comprime entre les mains. Il se divise dans Teau froide; au contact de Feau bouillante, il se gonfle et se résout en une matière épaisse, transparente, mucilagineuse, connue sous le nom à^ empois. Il est insoluble dans l'alcool ; entier ou dissous, il bleuit au contact de Tiode. L'amidon pur donne, par l'incinération, de 1 à 2 ^/o de cendres.

Usages. — L'amidon est employé par les pharmaciens, les confiseurs, pour couler les candis; par les blanchisseuses ; on s'en sert pour apprêts , pour épaissir les mordants dans Timpression des tissus; dans la parfumerie, pour préparer la poudre à poudrer.

FALSiFiGATioifs. *— L*amidoii est quelquefois falsifié par le carbonate, le sulfate de ckaus (^)<

Le carbonate de chaux se reconnaîtrait très-facilement par l'effervescence que Tamidon ainsi falsifié produirait avec les acides : aussi les fraudeurs ont-ils préféré Temploi du sulfate de chaux (albâtre gypseux), dont la présence et la quantité en poids se constatent par le poids du résidu provenant de l'incinération d'une certaine quantité de l'amidon à essayer. Ce résidu, traité par Teau tiède, donne une liqueur qui précipite en blanc par l'oxalate d'ammoniaque et par le chlorure de baryum.

(M La poudre d'oUkUre^ provenant de la fabrication des pendules, fausset bougies et autres oljets, est souvent eonsacfâe à cet usage. Nous avons trouvé de ramidon, destiné aux conlseais, qui en contenait 40 Vo*

M. Ch. Pressoir a proposé, pour reconnaître cette fraude, un moyen fondé sur Tinégale densité do Valbâtre et de Tamidon. Pour cela, on remplit une botte métallique d'amidon normal; cette boîte, pesée avec soin, sert de type pour les échantillons d'amidon que Ton a à essayer; les boîtes semblables, contenant de l'amidon mêlé d'albâtre, auront un poids d*autant plus considérable que la quantité de sulfate de chaux sera aussi plus considérable. Ainsi, il résulte des expériences de M. Ch. Pressoir, que la même boîte contenant de Tamidon seul et pesant 13sr*,40, pèsera 13s>'',90 si elle con: tient de Tamidon mêlé de 10 «/o de sulfate de chaux, et 15i^i'-,95 avec Famidon mêlé de 50 °/o de ce sel.

La fraude la plus ordinaire consiste à saturer l'amidon d'humidité. L'amidon du commerce contient environ 12 ®/o d'eau ; la dessiccation à l'étuve , au bain*marie, fait connaître si l'amidon contient un excès d'eau.

L'ammoniaque liquide, ou esprit de sel ammûniac, alcali volatil, est une solution aqueuse de gaz ammoniac ; elle est incolore, possède une odeur forte et pénétrante, qui provoque le larmoiement, ramène au bleu le papier de tournesol rougi , rougit le papier de curcuma, yerdit le sirop de violettes ; elle a une saveur acre et lixivielle, et exerce une action vésicante sur la langue et sur- la peau. L'anunoniaque liquide ordinaire a une densité de 0,92, et marque 22 degrés à l'aréomètre de Baume.

Yoici une table dressée par H. Davy, indiquant la quantité pour 100, de gaz anmioniac contenu dans l'ammoniaque liquide à diverses densités et à divers degrés de l'aréomètre :

Degrés de Bnaié. Ddnilé. Ga« anmoniéc. Ban.

SI 0,t7M Si,50 67,50

AMMOmAQUE.

Dcgrét 4)f Biam^.

Déniilt'.

Gai ammoniAr.

Rail.

ji

te

li,7

100 d'ammoniaque à Ht* en satm'ent 120 d'acide chlorhydrique à 22^.

Usages. — L'ammoniaque est employée en médecine à l'extérieur comme vésicant et comme rubéfiant ; elle entre dans la composition de divers linimcnts et pommadés ; on s'en sert pour cautériser les morsures de serpents venimeux, d'animaux enragés, les piqûres d'insectes; pour faire respirer aux personnes tombées en syncope ; pour dissiper l'ivresse. Dans les arts , l'ammoniaque sert à foncer les couleurs , à développer la couleur de l'orseille , à dissoudre le carmin, à délayer i'écaille d'ablettes, et à faire V essence dCChHent employée dans la fabrication des perles artificielles. Dans l'agriculture, on l'emploie pour arrêter les effets de la météorisation des animaux herbivores, causée par l'alimentation d'herbes trop aqueuses et trop vertes.

C'est Tun des réactifs les plus usités dans les laboratoires de chimie.

Altérations. — L'ammoniaque est souvent altérée par la présence de matières étrangères : huik empt/reumatique, acide ntlfurique, acide chlorhydrique ^ cuiorc, carbonate de chaux, chloy*ure de cakium, chlorhydrate d* ammoniaque.

L'huile empyreumatique provient de l'impureté du sulfate ou chlorhydrate d'ammoniaque employé à la préparation de l'ammoniaque; elle se reconnaît par l'odeur : on verse dans une capsule quelques gouttes d'ammoniaque, on laisse évaporer le gaz ammoniac, et le résidu dégage l'odeur de l'huile eqipyreumatique. On peut aussi verser goutte à goutte de Facide sulfurique en excès dans Tammoniaque ; une coloration plus ou moins foncée indique la présence de l'huile empyreumatique.

L'acide sulfurique se reconnaît au moyen du chlorure de baryum ; l'acide chlorhydrique ou le chlorhydrate d'ammoniaque, au moyen du nitrate d'argent, en ayant le soin de saturer préalablement l'ammoniaque par l'acide nitrique.

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