‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 26 sur 251 · ANTIMOINE · texte numérisé non relu

ANTIMOINE

ches, inodores, qui se déposent en cristaux prismatiques fins et déliés d'oxyde d'antimoine.

Usages. — L'antimoine métallique est rarement employé en médecine, mais ses composés entrent dans la préparation d'un grand nombre de médicaments. Dans les arts, il sert à faire plusieurs alliages, tels que le métal d Alger, les caractères d'imprimerie^ etc.

Altérations. — L'antimoine du commerce est souvent altéré par d'autres métaux, le fer, lepàrnib^ le cuivre, V arsenic, et parle soufre: pour reconnaître leujç. présence, on traite Tantimoine par l'acide nitrique bouillant; il se forme d'une part de l'acide antimonieux, et de l'autre des nitrates à base du métal étranger à l'antimoine; on évapore à siccité, et on reprend par Teau ; l'acide antimonieux reste indissous, et les sels de plomb ou de cuivre ou de fer sont dissous. Dans cette dissolution, le cyanure jaune donne un précipité de bleu de Prusse s'il y a du fer, un précipité brun-marron s'il y a du cuivre; Tammoniaque donne une coloration bleue intense s'il y a du cuivre; dans le cas de la présence du fer, on a un précipité rouge de peroxyde. On peut aussi plonger dans la Uqueur une lame de fer décapée, sur laquelle le cuivre se précipite. Si la même dissolution contient du plomb, elle précipite en jaune par l'iodure de potassium^ le chromate de potasse ; en blanc, par le sulfate de soude ; en noir, par l'hydrogène sulfuré.

Pour s'assurer de l'existence de l'arsenic dans l'antimoine, on suit le procédé indiqué par Sérullas, qui consiste à chauffer fortement le métal avec de la crème de tartre; le résidu de cette calcination est traité par l'eau, une partie de cette dernière se décompose et laisse dégager de l'hydrogène, que Ton recueille sous une cloche ; si l'antimoine essayé contient de l'arsenic, l'hydrogène est arsénié, et brûle en répandant une odeur alliacée ; un dépôt d'arsenic métallique tapisse les parois intérieures de la cloche (').

On peut encore calciner l'antimoine en poudre avec un excès de nitrate de potasse; le résidu pulvérisé est traité par l'eau, et la liqueur filtrée, introduite dans un appareil de

(^) Go conçoit que pour cei examen on pourrait faire usage de l*appareil de Marsh.

90 ANTIM0NIATE8 DE POTASSE.

Marsh fonctionnant à blanc, donne dos taohes ou un anneau d'arsenic métallique, s'il y en a dans rantimoifle essayé. Cette môme liqueur sert à constater s'il y a du soufre dans Tatitimoine ; le soufre converti en sulfate de potasse par le nitrate de potasse est contenu dans la liqueur, et donné, avec Ip chlorure de baryum , un précipité blanc , insoluble dans l'acide nitrique.

Pour avoir Fantimoine pur, bien exempt d'arsenic, il faut, d'après SéruUas , le retirer de Témétique ou du bettrre d'antimoine. La méthode de M. Artus et de M. Wittstein consiste à chauffer au rouge un mélange de poudre d'Âlgaroth (5 parties), de carbonate de soude (4 parties), et de charbon (1 partie).

Le biantimohiate de potasse, ou anttihoine diaphorétique tavê des pharmacies, est une substance blanche, pulvérulente, friable, insoluble, peu sapide ; il est ordinairement en trochisques. C'est le produit de la réaction du nilre sur l'antimoine, lavé à Feau froide, puis à Feau bouillante. Le môme produit non lavé s'appelle antimoine diaphorétique non lavé; il est en masse granulée, d'un blanc grisâtre. Cette substance doit être conservée dans des lieux frais, et dans des flacons âobrcis et bien bouchés.

Usages. — Ainsi que son nom l'indique, Fantimoine diaphorétique est employé en médecine comme sudorîfique; dans leé arts, on s'en sert pour la peinture sur porcelaine.

Altérations. — Si l'on a employé du nitre impur pour la préparation de Fantimoine diaphorétique , ce dernier peut contenir du chlorure de sodium ou de potassium ; du fer, du manganèse oU du mispickel (arsénio-sulfure de fer), si l'on a employé do Fantimoine impur. Dans le premier cas, il se forme du chlorure d'antimoine qui, au moyen du lavage, précipite de Foxychlorure d'antimoine. Dans le second cas, l'antimoine diaphorétique est plus ou moins jaune grisâtre.

Falsifications. — Dans le commerce, on fraude quelquefois Fantimoniate de potasse avec le carbonate (*) ou le phos-

(*) M. Mialhê a trouvé du bianUmooiaie de polasse qui coDlçnaii 50 Vo de carbonate de cbaux*

AHÉOStiSTRBd. 91

phate de ckaux, aveo là cémse. Cette substance falsifiée fait effervescence avec Tacide nitrique faible; la liqueur acide donne utt précipité blanc avec Toxalate d'ammoniaque , s'il y a du carbonate de chaux dans Tantimoniatc ; un précipité blanc gélatineux de phosphate calcaire avec Tammoniaque, dans le cas de la présence de ce sel; un précipité blanc, avec le sulfate de soude; noir, avec l'hydrogène sulfuré, si Tantimoniate soumis à Fessai renferme du carbonate de plomb (céruse).

AaLiomàrwLmB,

Il existe un genre d^ndustrie dont les produits, d'un usage limité à certaines professions, ne se renouvellent pas trèssouvent, mais sont sujets néanmoins à des altérations, et présentent des défauts inhérents à la grande concurrence que se font entre elles les personnes qui l'exercent : nous voulons parler delà construction des aréomètres ou pèse-liqueurs. Ce sont, comme Ton sait, de petits instruments de verre destinés à indiquer la densité relative des liquides dans lesquels on les plonge. Ils sont composés : !• d'une tige servant d'échelle de graduation ; 2® d'une boule ou d'un cylindre, réservoir d'air, faisant fonction de flotteur, dont le volume total doit toujours être en rapport avec la tige, suivant l'étendue qu'on donne à l'échelle; 3® d'une autre petite boule ou ampoule servant à renfermer un lest de plomb en grenailles ou de mercure, forçant l'instrument à s'enfoncer dans le liquide, en conservant sa position verticale. La tige doit être aussi bien calibrée et l'instrument aussi bien centré que possible ; c'est-àdire que toutes ses parties doivent, autant que faire se peut, être également placées sur tous les points de son axe.

En songeant à tous les soins minutieux qu'il est nécessaire d apporter à la construction des aréomètres, on voit qu'il est impossible que ces instruments, livrés pour la province et les colonies, à raison de 4 fr. (et même moins) la douzaine, offrent la moindre exactitude, quand une journée ne peut suffire à la construction soigné^ do douze aréomètres. Aussi , lorsque ees înstnimeDts sont inexacts, i Is ne portent jamais le nom du constructeur ; ib sont ordinairement vendus sans nom d'au-

9i ABÉomktBxs.

teur, ou s'ils en portent un, ce n'est pas celui du fabricant, naais bien celui du vendeur ou de l'opticien, précédé du mot PAR. Il est facile de comprendre que le constructeur qui livre ces aréomètres, sachant que son nom ne doit pas y être attaché^ soit peu soucieux de leur exactitude, et les fabrique à la pacotille : dès lors, si dans le nombre il s'en trouve un qui soit exact, c'est plutôt l'effet du hasard que de sa propre volonté (*).

(>) A ce sujul, uno personne compétente nous cilail les laits suivante :

Un jour elle expiimail à un constructeur son élonnemeut du prix auquel il vendaitses pèse-liqueurs commuus, toujoursdccorés d'une échelle bien gravée et imprimée en laiiic-douce, mais sans nom d*auleur, liv^ê^ à raison de 20 à 24 fr. la grosse (les 12 douzaines), prix dont il rallaii retrancher un déboursé de G fr. au moins, ce qui revenait à 18 Tr., soit 1 fi'. 50 la douzaine ou IS centimes et demi la pièce. Voici ce que le consirucleur lui répondit : « Je préfère construire ces pèse-liqueurs à « tous autres, parce que je suis très-babile à souffler le verre, et que « d'ailleurs on n*est pas exigeautsoiis le rapport de la forme et des pro- « porlious; tout passe. Quant aux 2 ou 3 points pour la graduation de « récbclle, je n'en prends pas; la grande habitude que j*ai de les couci struire uto fuit juger à peu près de retendue de leur échelle, j*y adapte « un papier d';iprès cette prévision. Eh! ma foi, ils paraissent être tt justes, du moins à 22°, c'est tout ce quMI faut. Vous voyez , ajouta- « t-ii , que je gagne beaucoup de temps et beaucoup plus d'argent que tf ceux qui ne font |>as usage de mou moyen, je puis donc les donner à « ce prix.— Oui, lui répondit la personne, mais ceux qui se servent de « ces insiruments sont trompés, puisqu'ils ne donnent que de fauss(*s « indications. — Ma loi ! qu'eat-ce que cela me i'atty puisqu'ils veulent u avoir des pèse-liqueurs à bon marché, je leur en donne, et m'inquiète (c fort peu du reste. »

Autre fait : un marchand faïencier disait uu jour à un fabricant qui lui proposait des aréomètres à un prix |)lus élevé : « Je viens d'acheter « deux grosses d'alcoomètres à si bon marché, que je serais honteux do a vous faire connaître le prix auquel je les ai payés. Le vendeur parlait o pour la Belgique et voulait s'en défaire à tout t)rix, j'ai profité de la « circonstance; il demeure à tel endroit. » Par la désignation de la demeure, on reconnut que ce vendeur était le même personnage interpellé plus haut; son prétendu départ pour la Belgique n'était qu'une feinte, à l*aide de laquelle il avait cru pousser le uiarcband faïencier à lui acheter sa masse d'alcoomètres.

D'autres l'ois, des ouvriers ajustent des échelles de pèse-sirops et de pèse-acides concentrés, dans de l'eau qui est le zéro de l'échelle , sans s'inquiéter si ensuite ces instruments seront justes à 30, iO ou 66% parce que» disent-ils, l'acide sulfurique est trop dangereux à manier, et qu'il est plus facile de procéder seulement avec l'eau.

ARÉOMÈTRES. 93

Nous pensons que les aréomètres, servant dans le commerce de Téritable balance, ne devraient pas être mis en circulation sans le contrôle de Tadministration des poids et mesures. A cet égard, la loi de 1824 sur l'alcoomètre pourrait servir de précédent et tracer la marche à suivre.

Tout aréomètre sortant de l'atelier d'un constructeur devrait porter la marque, ou mieux, le nom de ce dernier, à l'exclusion de l'opticien ou du vendeur.

Tout constructeur devrait être obligé à faire apposer par Fadministration des poids et mesures, sur chaque échelle de graduation, un timbre attestant que l'aréomètre a été vérifié.

De plus, les aréomètres, avant leur livraison, devraient être soumis par le fabricant au repassage, opération consistant à comparer l'aréomètre construit avec un* aréomètre étalon, de l'exactitude duquel on serait certain. Comme il est très-difficile, sinon impossible, de faire tous les aréomètres absolument exacts, la différence observée lors de cette vérification serait notée sur le flotteur de l'aréomètre. On tracerait, h l'aide du diamant, une marque particulière sur les instruments qui présenteraient avec Tétalon de petites différences telles que 1/8, 1/4 ou 1/2 degré; une différence de 3/4 degré ou d'un degré devrait faire rejeter l'instrument, quoique celuici, indiquant même cette dernière différence, serait bien préférable à l'instrument qui, ne présentant qu'une différence de 2/8 degré, n'en porterait aucune indication préalable. A l'aide de ces mesures, les aréomètres offriraient, dans leur usage, une exactitude et une concordance qu'ils sont loin de présenter aujourd'hui (*). Le consonmiateur les payerait le même prix, I fir. 50 à 3 fr. seulement ; le vendeur percevrait un bénéfice moindre, car il est reconnu que beaucoup de ces aréomètres de 1 fr. 50 c. à 3 fr. ont été livrés par le constructeur au marchand, à raison de 20 ou 24 fr. la grosse (12 douzaines], soit 1 fr. 65 à 2 fr. la douzaine, ou environ 0 fr. 14 c. la pièce.

(<) En effet, il serait peu^être difficile d'en trouver aujourd'hui deux qui, provenant de constructeurs différents , donnent le même degré dans le même liquide. De li des contestations sans nombre dans le commeroe» car chacun croit que son aréomètre est Juste, et que c*esl celui du confrère qui est défectueux.

94 Asraprr.

L'argent , appelé autrefois Diane, Lune^ à causQ do son éclat, est un métal d'un blanc très-pur, susceptible d'un beau poli, très-élastique, sonore, malléable, dubtiloi bon conducteur de la chaleur et de l'électricité. Sa densité est de 10,474 et peut s'élever à 10,551 par l'action du laminoir. Il fonda 20° du pyromètre de Wedgwood et à lOOO^'- ( Pouillet). A la température ordinaire, il résiste à Faction de l'air sec ou humide, et ne décompose l'eau à aucune température; fondu au contact de l'air, il absorbe de l'oi^gène, qu'il abandonne ensuite par le re&oidissement. Cette absorption s'opère ayec d'autant plus de facilité que le métal est plus pur; une très-petite quantité d'or ou de cuivre sufQt pour lui faire perdre cette propriété.

Usages. — L'argent est très-employé dans les arts sous forme de lingots, de fils, grenaille, feuilles, pour Forfévrerie, la bijouterie, etc. Dans la pharmacie, il sert à préparer le nitrate d'argent cristallisé et le nitrate fondu, ou pierre infernale ; et, lorsqu'il est en feuilles, à argenter les pilules.

Altérations, — L'argent peut contenir du plomb, du cuivre, de Yétain, de l'or, du platine (*).

Dans les arts, l'argent s'essaye par la recherche de scm titre, à l'aide de la coupellation (voie sèche), ou de solutions titrées de chlorure de sodium (voie humide).

L'argent, traité à chaud par l'acide nitrique pur, laisse une poudre d'un noir violet, insoluble, d'or ou de platine, dont la dissolution dans l'eau régale donne un précipité jaune avec l'ammoniaque, si l'on a affaire à du platine, et un précipité pourpre avec le chlorure d'étain, si l'on a affaire h de l'or. S'il y a de l'étain, on a pour résidu du traitement par l'acide nitrique une poudre blanche, insoluble, d'acide stannique.

La hqueur surnageant le résidu est légèrement verdfttre, donne une coloration bleue foncée avec l'ammoniaque, si elle contient du cuivre ; un précipité blanc avec le sulfate de mudo, s'il y a du plomb< La dissolutioa ûtrique de l'argent

(*) VargeiU de coi^tik m wrgmi vwrge renferme ordinairement de peUtes quantités d*or et de platine.

pur, entièrement précipitée par le chlorure de scxUiun ou Tacide chlorhydrique en excès» ne doit pas se colorer en brun par l'hydrogène sulfuré (•).

L'argent en feuilles, contenant du cuivre i plongé dans l'ammoniaque pendant quelque tempS; ne tarde pas à colorer cette dernière en bleuâtre.

Pour avoir de l'argent pur, on réduit à chaud le chlorure d'argent par Thydrogène pur, ou bien on le calcine avec de la potasse , ou de la chaux (Kunekel)^ avec du carbonate de potasse, ou un mélange de graie et de poudre de charbon {Gay- -Ltissac), ou avec le tiers de son ppids de colophane (iltQhr), On arrive aussi au même résultat soit en faisant bouillir le chlorure d'argent, récemment précipité, avec une solution d'hydrate de potasse d'une deasilé de l>â5 (Gregory), ou une solution de potasse contenant du sucre (Levol) ; soit en réduisant le chlorure d'argent au moyen du cuivre décapé et de Tammoniaque (ffomung), ou d'une lame de zinc, d'acide sulfurique et d'eau {Arfwedson).

AtLÙM MVUJiB. — V. BoBUBB bt AmcwamBs.

ARXdTOIiOOttfi.

On diatingue plumeun aoirtes d'aristoloches :

L'aristoloche clématite, V aristoloche longue ^ VaiHstùhèke ramkf Yarisiùloehe petite du pUtohche, la serpentaire de Vir- §ime ; cette dernière, ainâ que la seconde et la tfoidlème, senties seules employées en médecine.

L'arijiioloche longue a une radne longue, tubéreuse, fttsifidrme, de la grosseur du pouce, charnue, grisâtre extérieurement, jaune terne en dedans, d'une saveur amère et d'une odeur forte el désagréable, quand elle est fînitche.

L'aristoloche ronde a une racine tubéreuse, irtégtllièrement arrondie, charnue, brunâtre à l'extérieur, jaune grisâtre à rintérieur^

La serpMsIaiïe de Virginie a use racine rampante, eempo-

(*) On sait qnMl y a quelques années les lingots d'argenl furent, lors de Uwr coniée, altérés pv do ploitl) qii B^iiiait à Fargent; or, il est facile de reconnaître cet alliage : le chlorure d^argent est complètement fauoltible dans l'esu bouillante, le elileHire de plomb est soltible dans oe liquide.

96 ARRiTE-BŒUV.

sée d'un grand nombre de fibres blanchâtres, allongées, grêles, touffues, ayant une odeur et une saveur, camphrées. M. Guibourt a rencontré dans le commerce une racine vendue sous le nom de serpentaire de Virginie, et qu'il a appelée fausse serpentaire, Cetie racine a des filaments plus gros, moins nombreux, d'un blanc jaunâtre, d'une odçùr et d'une saveur bien moins prononcée.

On vend aussi quelquefois, à la place de l'aristoloche ronde, la racine de la fumeterre bulbeuse ^ en tubercules durs et arrondis, recouverts d'une peau brunâtre , ayant une odeur fade et nauséabonde, une saveur acre et amère, une couleur jaune verdâire à l'intérieur.

ABJnOA KOHTASA.

Uamica montana, de la famille des Corymbifères, a été appelée aussi tabac des F'osges, bétoine de montagne^ plantain des Alpes, quinquina des pauvres, à cause des qualités fébrifuges qu'on lui attribuait. Cette plante croit dans les montagnes élevées (Alpes, Vosges, etc.) ; quand elle est fraîche, elle répand une odeur forte, qui détermine l'étemument. Sa racine est brunâtre et horizontale. Ses feuilles sont ovales, entières, d'un vert clair et pubescentes ; ses fleurs, d'un beau jaune orangé.

Usages. — Les racines et surtout les fleurs de l'arnica sont employées, en médecine, comme fortifiantes, diurétiques, emménagogues , vulnéraires, antiseptiques, résolutives et stemutatoires. Les fleurs sont prescrites contre la goutte, les rhumatismes, la paralysie, les spasmes ; contre les plaies, les contusions.

Quelquefois on substitue aux fleurs d'arnica celles de ratifia, qui ont une couleur moins foncée, une odeur moins aromatique.

Il faut rejeter les fleurs d'arnica remplies d'œufs et de larves d'insectes ; elles sont flétries , sans odeur , d'un aspect sombre et mat.

L'arrète-bœuf ou bugrane (anonis spinosa), de la famille des Légumineuses, est ime sorte d'arbrisseau épineux, à fleurs

AtlKOW-ROOt. 97

roses, solitaires ou géminées ; sa racine est vivace, rampanU», très-longne, de la grosseur du petit doigt, brune à l'extérieur, Manchâtre à Tintérieur. Sa saveur est sucrée et mucila^^inense. Lorsqu'elle est sèche, sa cassure est rayonnée du centre à la circonférence.

On remploie en médiïcine comme diurétique.

Dans le commerce, on la mêle quelquefois à la racine de sabepareiUe, qui est bien plus petite ; on y mêle aussi la racine de Vononis arvensù, qui n'est pas épineuse comme celle de l'arrête-bœuf.

ABRO'V-aOOT.

Le nom anglais d'arrow-root {arrow, flèche , root^ racine) qui signifie racine-flèche { '), est donné à une espèce de fécule, insipide , fine et très*douce au toucher, fournie par plusieurs espèces de radnes de la famille des Amomées, telles que le maranta indica, le maranta arundinacea, et retirée principalement, dans llnde, du curcuma angustifolia. Ces racines sont cultivées dans diverses parties de TÀmérique méridionale ot des Antilles, et particulièrement à la Jamaïque.

Cette fécule est moins blanche que l'amidon, ce qui provient de ee que ses granules sont plus gros, plus éclatants, plus transparents. Elle est soluble dans l'eau froide. L'arrowroot, pressé dans la main, fait entendre un craquement particulier et conserve l'impression des doigts.

1l5i\GES. — L'arrow-root est employé comme analeptique pour les convalescents.

pALStncATioNS. — L'arrow-root est falsifié , dans le commerce, avec les farines de riz, de gruau^ de froment ; avec la fécuk de pommes de terre, la farine de cassave ou moussache, le gypse^ la craie.

Les farines de riz, de froment, de gruau, se reconnaissent aux produits ammoniacaux qu'elles fournissent par la distillation.

La fécule de pommes de terre est insoluble dans l'eau à

\}) Gs nom vient de ce ^ue les Indiens aliribuent an suc de la racine dont on extrait cette fécule, la propriété de guérir les blessures faites par les flèches enipoi$u)nnée$.

98 ASA* FQETIDA.

froid» tandis que la moossacbe et rarrow-root %'j dissolyeni.

La gelée de cassave, obtenue avec Teau bouillante, est moins consistante que la gelée d'arrow-root et que oelle de fécule de pommes de terre ; cette dernière offre le plu» de consistance, et a une odeur que ne possède pas la gelée d'arrow-root. De plus, la cassave a un goût et une odeur Acres.

Enfin, les grains de fécule de ponmies de terre se distinguent au microscope de ceux de l'arrow-root.

M. Scharling, de Copenhague, conseille d'ajouter un mélange, à parties égales, d'acide chlorhydhque et d'eau à l'arrow-root supposé falsifié avec la fécule de pommes de terre. Dans le cas de la présence de cette dernière, il se forme un mucilage si épais, que le mortier peut se soulever avec le pilon employé à faire le mélange. Ce moyeu permet de reconnaître 4 à 6 o/o de fécule dans l'arrow-root.

Le gypse, la craie, se reconnaissent par la calcination ; les cendres, traitées par l'eau bouillante ^ donnent une liqueur qui précipite en blanc par le chlorure de baryum et par loxaiate d'ammoniaque. D'ailleurs, la fraude est aussi décelée par le poids des cendres ; car 1000 p. d'arrow-root pur ne laissent que 7 p. de cendres (moins de 1 ^/o).

AMA TCRIBA.

L'asa fœtida est une gomme-résine qui s'extrait, par incision, de la racine des ferula osa fœtida et orimtalis (Ombellifères), plantes qui croissent dans la Syrie, la Libye, la Perse, la Médie.

On distingue deux sortes d'asa fœtida : Vam fœtida en lar^ meSy se présentant sous la forme de larmes détachées , c'est celle qu'on doit préférer ; Vasa fœtida en sorte, qui est en masses volumineuses, composées d'une agglomération de grains jaunes, brun clair et blancs.

L'asa fœtida a une consistance analogue h. celle de la cire; elle se raye sous l'ongle et se ramollit dans la main. Elle possède une saveur amère, Acre et repoussante, une odeur alliacée, forte et fétide, qui l'avait fait surnommer, par les Allemands, siercus diaboli. Sa cassure, fraîche, ordinairement ppu œlorée. rougit rapidement au contact de l'air. Sa densité

ASARUM. 99

esl 1,3S1. Elle brûle avec une flamme vive et pure. Fortement T^nndiet oUe devient friable et peut 6tre facilement réduite en poudre. Elle est baaucoup plus soluble dans Talcoo) et dans le maigre que dans Teau, et donne de Thuile à la distillation.

L'asa foetida, anal^e par PeUetm, renferme :

Bésine^ 65; commet 19,44; bassorine^ 11,66; huiU volatik, 3,6 ; malate acide de chaux et perte, 0,3*

UsAGKS. — L'Asa fœtida e^ un médicament stimulant, antispasmodique, anthelmintique, emménagogue et résolutif. On l'administre sous forme de pilules, de teintures, etc.

FALSIFIG4TI0NS. — li'asa fœtida est soiiyent mêlée de gom* mes, de résines de qualités inférieures^ de sable ^ ou d'autres substances inertes. *

L'asa fioetida mâlée de gommes se reconnaît par la combustion. Exposée à l'action d'une forte chaleur, elle brûle arec flamme, tandis que les gommes se charboimônt sans s'enflammer.

Les réânes se reconnaissent à l'odeur, et le sable au pgid^ et à la nature du résidu laissé, soit par la dissolution de l'asa fœtida dans l'alcool, soit par l'incinération.

On a aussi vendu dans le commerce de l'asa fœtida fabriquée de toutes pièces avec de la poix blanche^ du sue d'ail et un peu d'asa fœtida. Avec l'habitude, cette fraude se reconnaît au simple aspect, à la couleur qui est plus foncée , à la densité qui est plus grande que ceUe de l'asa fœtida véritable.

On rend manifeste la présence de la poix blanche, en recherchant l'acide pinique. On traite donc le produit suspect par l'alcool à 28^ Baume, et on chauffe légèrement ; on filtre la liqueur et on y verse une solution d'acétate de cuivre, qui détennine la formation immédiate d'un précipité bleu verd&tre, s'il y a de la poix blanche, tandis qu'il sera d'un blanc sale si l'asa fœtida est pure.

L'asarum europœum ou asaretf appelé vulgairement cabaret, oreille-dhomme^ nard sauvage^ est une plante de la famille des Aristolochiées, qui croit dans les lieux ombrc|gési|

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