ASPHALTE
Sa racine est petite, rameuse, rampante, grise à rextériour, blanche à l'intérieur, d'une saveur et d'une odeur poivrée. Les fleurs sont solitaires, rougefttres.
La racine et la fleur d'asaret sont fortement purgatives et émétiques. La racine» suivant plusieurs auteurs, peut remplacer l'ipécacuanha comme vomitif, à la dose de 1 à 2 grammes. On remploie plutôt comme stemutatoire ; elle entre dans la poudre de Saint-Ange.
La racine d'asaret est souvent mêlée, dans le commerce* de racines d'autres plantes qui croissent avec elle, et que l'on réunit dans la récolte. Ce sont les racines de tormentilk, de fraisier^ d'arnica, A'ascUpiade, du polygah commun, de va- Uriane (')•
L'asphalte naturel, appelé aussi bitume ou poix de Judée ^ poix minérale, poix de montagne j etc., est solide, noir et friable; sa cassure est conchoïde et brillante. Sa densité varie de 1 ,07 à 1 ,20. Il est insoluble dans les acides et les alcalis, dans l'eau, l'alcool ; soluble dans les huiles, le pétrole, l'éther. L'asphalte, mêlé de goudron, répand en brûlant une fumée noire, très-épaisse, et une odeur sensible de la matière mélangée.
L*asphalte artificiel ou mastic bitumineux, mastic de bitume, se prépare soit en mélangeant du calcaire bitumineux avec du brai gras naturel, soit en mélangeant avec de la craie ou des marnes calcaires le goudron provenant des fabriques de gaz.
Usages. — L*asphalte a de nombreux usages dans l'industrie, pour luter les jointures des pierres, pour le dallage des trottoirs, etc.; l'asphalte est employé en pyrotechnie pour confectionner les feux d'artifice qui brûlent sur Peau. Il entre dans la composition de la thériaque.
Falsifications. — On rencontre dans le commerce, sous le nom d'asphalte, un produit pyrogéné, préparé avec des huiles provenant de la distillation du succin et du benjoin, mélangées au résidu charbonneux de ces mêmes opérations. L'odeur et le résidu de la calcination dénotent cette fraude.
(*) Nous renvoyons aux ouvrages spéciaux pour la description de ces itdnes.
AXONOE. 101
AZOMOB,
L'aioDge, ou graisse de porc, ou saindoux, extrait de la panne ou des portions graisseuses accumulées à la surface des intestins du porc» est une graisse blanche, molle» presque inodore, assez consistante, d'une saveur fade, insoluble dans Teau, plus soluble dans Téther que dans l'alcool, beaucoup plus soluble encore dans les huiles fixes et volatiles. Sa fusibilité varie, suivant les diverses espèces de porc, entre + 26 et + 31 o«. Sa densité est 0,938 à + 15««- [Th. de Saussure); elle est sans action sur le tournesol. Exposée à Tair, elle devient jaune et rance, acquiert une odeur forte et rougit le papier de tournesol. Aussi doit-elle ôtre conservée dans des pots bien couverts et placés dans un lieu frais.
L'axonge renferme, d'après M. Braconnai : 38 7o destéarine et 62 Vo d'oléine. Elle a été analysée par M. Bérard, Th. de Saussure, M. ChevreuL Les résultats de ce dernier chimiste sont les suivants : carbone, 79,098 ; hydrogène, 1 1,146 ; oxygène, 9,756.
Usages. — Uaxonge est employée dans Téconomie domestique. Elle sert en parfumerie et en pharmacie, pour préparer des pommades, onguents, emplâtres, savons.
Altérations. — Uaxonge, exposée trop longtemps au contact de Tair, ou conservée dans des pots mal bouchés, absorbe Foxygène de Fair, et, comme nous Tavons dit plus haut, rancit et jaunit. Si elle a été conservée dans un vase de cuivre, elle peut contenir un peu de stéarate ou à^oUate de cuivre , qui lui communique une couleur verd&tre. On constate la présence de ce métal en versant sur la graisse quelques gouttes d'ammoniaque , qui développent une belle couleur bleue; ou mieux on incinère la graisse; le résidu de l'incinération, repris par l'eau aiguisée d'acide nitrique, donne une solution se colorant fortement en bleu par l'ammonia que, précipitant en brun-marron par le cyanure jaune.
L'axonge, conservée dans des poteries vernissées, peut contenir du phmb ; cet agent toxique est reconnu en brûlant la graisse : le résidu, examiné attentivement, laisse apercevoir des globules de plomb ; traitée par l'acide nitrique, la liqueur.
lOâ ASEUR.
filtrée et étendue, donne un précipité blanc avec Tacide sulfurique ou un sulfate alcalin, un précipité jaune avec le chromate de potasse, Fiodure de potassium.
Par suite d'un vice de préparation, la graisse de porc peut contenir un excès d'eau, ce dpnt on peut s'assurer em la malaxant avec une spatule de bois : Feau suinte sous forme de gouttelettes (').
Falsifications. — Les principales fraudes que les charcutiers font quelquefois éprouver à Faxonge sont Faddition de sel marin (chlorure de sodium), le mélange B.vec des graisses inférieures provenant des membranes adipeuses adhérentes aux intestins du porc, ou avec le flambart, sorte de graisse recueillie à la surface de Feau dans laquelle on a fait cuire les viandes de charcuterie.
Pour reconnaître Faddition du sel, on fait digérer Faxonge avec de Feau; cette graisse éprouve une perte de poids égale à celui du sel ajouté, qui est retenu en dissolution dans Feau ; cette solution donne avec le nitrate d'argent un précipité blanc, caillebotté, de chlorure d'argent, soluble dans Fammoniaque, insoluble dans Facide nitrique.
Quant au mélange de graisses inférieures, quoique souvent difûcile à caractériser, il est décelé parla couleur moins blanche de Faxonge et par une saveur tout à fait différente.
Le mélange de Faxonge avec le flambart lui donne une couleur grisâtre, une consistance molle ; de plus, une légère saveur salée et désagréable, le flambart lui-même étant salé.
Quelquefois on a rencontré de Faxonge mélangée de plâtre fin ; ce mélange, imperceptible à Fœil, est aisément reconnu par la fusion : le plfttre se précipite.
Azua.
L'azur, ou bleu de cobalt, est un verre bleu pulvérisé, composé d'oxyde de cobalt y de sable siliceux^ d'oxyde de fer et de potasse ; ce verre en poudre est soumis à des lavages très-pro-
(*) Ou peut encore , à Faide de la fusion à une basse température , séparer Teau mêlée à lA graisse.
BAHYTE. 103
longés, el on le classe dans le commerce suivaût la nuance et la finesse plus ou moins grande de la poudre qu'il produit. Les nombreuses variétés d'azur sont distinguées entre elles par les dénominations très-impropres de : azur 1 feu, 2 /"eux, 3 feux,,., 6 feux^ etc., dans lesquelles le mot feu est pris dans le sens d^éclat, et semble servir d'unité dans l'appréciation de la nuance de ces poudres.
UsAGSS. — L'azur est employé à Fapprôt des toiles de lin ei des tissus de coton; pour colorer les papiers, l'amidon, les émaux, les verres ; pour sabler les plateaux des confiseurs ; dans Fart du pastilleur on s'en servait pour saupoudrer certains fruits, afin de leur donner un aspect velouté.
Altérations. — Il résulte des recherches faites par M. Octave Briffaud que les azurs 8 feux, 6 feux, 4 feux et 3 feux contiennent des quantités pondérables di arsenic^ qu'on peut isoler par un simple lavage à l'eau. M. Octave Briffaud a trouvé 0b«'-,125 d'arsenic pour 100 gr. d'azur 8 feux; Ogr-,090 pour 100 gr. d'azur4 fettx ; Os^^OBO pour 100 gr. d'azur 3 feux.
Les aztirs 2 feux, 1 feu, et l'azur dit azur pâle ne contiennent point cette substance toxique. Sa présence doit rendre très-circonspect sur l'emploi de l'azur dans l'art du confiseur, et dans l'empois destiné à imprégner les tissus ; ceux-ci peuvent alors, comme nous avons eu occasion d'en faire la remarque, donner lieu à des éruptions cutanées.
La baryte on terré peêonte, protoxyde de baryum, est solide, d'un blanc grisâtre, d'un aspect caverneux; sa saveur est acre et très-caustique ; l'eau froide en dissout 1/25 de son poids; l'eau bouillante, plus de la moitié. Elle verdit fortement le sirop de violettes, rougit le curcuma. Sa densité est 4 ; elle est infnsible au feu de forge, fusible au chalumeau à gaz oxygène et hydrogène. Exposée à l'air, à la température ordinaire, elle en absorbe l'acide citfbonique, ainsi qu'une certaine quantilé de Tipeiir d'êtu ; elle se délite, se réduit en
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poussière et augmente de volume. La baryte caustique est trèsavide d'eau ; au contact de ce liquide, elle fait entendre un sifflement semblable à celui qu y produirait l'immersion d'un fer rouge: il y a une élévation considérable de température; une partie de l'eau se dégage à. l'état de vapeur, et la baryte se réduit, au bout de quelque temps, en une poudre une ot blanche. La baryte est remarquable par son atQnité pour l'acide sulfurique. Quelques gouttes de ce dernier, versées sur la baryte, élèvent sa température au point de la rendre incandescente.
Quelquefois on vend pour la baryte la strorUianey qui s'en rapproche beaucoup par ses caractères physiques. Cette substitution se reconnaît au moyen de l'alcool; on y fait dissoudre une certaine quantité de l'alcali à essayer ; la flamme de l'alcool prend une teinte jaune, s'il n'y a que de la baryte, et une couleur purpurine avec la strontiane ou avec la baryte môlée de strontiane.
D'après les observations de M. Chevreuil la baryte, conservée on solution dans des flacons de verre plombeux, peut rlissoudre une quantité notable d'oxyde de plomb ; la présence de ce dernier est manifestée par la coloration brune que la solution prend au contact de l'hydrogène sulfuré.
BAUBUB BB OOPABQ.
Le baume de copahu découle des copaîfera officinalis et hijuga (Légumineuses). C'est im liquide résineux, fluide comme de l'huile, transparent, d'une couleur jaune ambrée, dune odeur forte et désagréable, d'un goût acre et repoussant. Il est très-solublc dans l'alcool concentré; mais cette dissolution est laiteuse, et laisse peu à peu déposer une petite quantité d'une résine molle, semblable à la résine animé.
Le baume de copahu, mêlé avec 1/16 de magnée, se durcit en peu de temps et prend une consistance pilulaire. Cet effet n'est pas toujours produit ; une quantité très-minime d'huile fixe, trop faible pour être due à une sophistication, suffit pour empêcher le mélange de se solidifier.
M. Thierry a constaté que la chaux se comporté à peu près de la même manière que la magnésie avec le baume de co*
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pahu : 1 p. de chaux hydratée, réceiameut préparée, solidifie complètement 1 5 p. de copahu, en cinq heures au pins ; le baume vieux et épaissi parle temps se solidifie plus promptement que le baume récent et liquide.
La composition chimique du baume de copahu a été établie par MM. Gerber, Stolze^ Durand, Guibourt, Wippk et Procter, U contient : huik volatile^ 31 à 80 ; acide copahivique ou copahuvique, 38 à 52; résine molkt 1,65 à 11,15.
Aujourd'hui on trouve, dans le commerce, des baumes plus Uquides, qui contiennent jusqu'à 60 o/o d'huile essentielle. Les baumes les plus riches en huile volatile sont ceux qui exigent le plus de temps pour se solidijQer (*).
Ce baume vient en barils cerclés en fer, du poids de 100 kilogrammes environ.
Usages. — Le baume de copahu est employé comme un puissant astringent, et surtout contre la blennorrhagic urétrale, sous forme de pilules, et généralement de capsules.
Falsifications. — Le baume de copahu est souvent falsifié dans le commerce, tantôt avec la résine extraite, par décoction, des rameaux et de Fécorce des copaîfera; tantôt avec la térébenthine^ la colophane; tantjôt avec des huiles grasses (>), principalement les huiles de ricin (^), de navette^ de pavot.
(0 11 J a quelques années, il a été iniroduit dans le commerce du Londres an baume de copahu pur, provenant du Brésil» et différant essentiellement du baume ordinaire. Sa densité est 0,94. Xi est difficilement soluble dans Talcool, qu'il rend laiteux. 11 renferme 82 Vo d'huile et 18 Vo d'un mélange de deux résines jaunes, sans réaciion acide, l*uue soliible, Taulre insoluble dans Talcool.
(') En 1853, te sieur P..., se disant fabricant de capsules de copahu, fut traduit devant le tribunal correctionnel , et condamné à trois mois de prison et 50 francs d'amende, pour avoir mélangé de 4/5 d'huile iiie le baume de ses capsules , étiquetées au baume de copahu pur liquide. Les sieurs B..., R..., C... et F..-, pharmaciens, également cités pour s*ôtre successivement rendus complices r?es contraventions imputées à P.... furent condamnés : B..., à trois mois de prison et 50 francs d*amende; R..., à un mois de prison; C... et F..., à 100 francs d'amende.
Les sieurs X..., pharmacien , et J..., comme complice, cités la même année devant la 8« Chambre, pour avoir mis en vente des capsules au baume de copahu, falsifié par un mélauge d*huile et d'essence de léré* bentbine, fuient condamnés par défaut, chacun à trois mois de prison et 50 francs d'amende.
C) Le bannie de co|Mibu faiisHié avec l'huile de ricin ne prend, avec la
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Le baume mêlé de résine de copahu est épais, a un aspect laiteux, dû à de Feau d'interposition ; il n^a pas Todeur et le goût agréables qui caractérisent le vrai baume.
Quand il est falsifié par la térébenthine, il a une consistance plus grande que celle du baume pur ; il est visqueux et reste adhérent aux parois des vases dans lesquels on Tagite. L'odeur pourrait être, dans quelques cas, un moyen de reconnaître la fraude ; mais il n'en est plus de même lorsque la térébenthine se trouve en petite quantité ; alors Todeur de cette dernière est entièrement masquée par celle du baume. Si, d'après M. DtAlanCy on place sur un papier collé une goutte du baume falsifié, et qu'on fasse sécher à une douce chaleur la partie du papier imprégnée du liquide, Thuile de copahu se volatilisera, l'odeur de la térébenthine restera dominante (*); elle deviendra plus sensible si Ton verse le baume suspect sur un fer chaud.
D'après M. F. Vivier, le copahu falsifié par la colophane, dissous dans Talcool anhydre, laisse déposer de petits cristaux blancs d'acide sylvique. Cette solution alcoolique précipite en vert avec le sulfate de cuivre ; en brun, avec la potasse et l'ammoniaque.
La sophistication par l'huile de ricin a acquis de l'importance par suite de la similitude que présentent alors le vrai et le faux baume. Plusieurs chimistes et pharmaciens se sont occupés des moyens de reconnaître cette frauda.
Planche a indiqué l'acide sulfurique, l'ammoniaque. L'acide sulfurique concentré, ajouté au baume de copahu pur, dans les proportions de 1 goutte d'acide sur 3 de baume, lui communique, au point de contact, une couleur jaune, d'abord faible, qui passe au jaune safrané, puis au rouge sanguin ; si l'on agite immédiatement avec un tube de verre, la masse prend une certaine ténacité, devient bientôt d'un beau jaune hyacinthe, et conserve cette couleur pendant
magnésie calcinée^ qu'une coosisUiice sirupeuse ou onguenlaire, impro* pre & la conCscliOD des pilules.
(0 Lorsque lonte la partie volaille a disparu» il resle sur le papier un enduit qui, si le baume D*a pas été étendu d*huiie fixe, est sec et cassant, et sur lequel on peut éerire comme aor le papier coUé lai-mème.
BÂ0IIE DE GO^AttU. 10?
quelque temps; si le batune contient de l'huile de hein, la teinte jaune, observée dans les premiers moments du mélange avec Tacide, s^affaiblit de plus en plus par ragitation, puis disparaît entièrement; et la masse , moins consistante que la précédente, offre Taspect d'un beau miel blanc.
Pour rendre ce moyen plus sensible, M. Ancehn a apporté la modification suivante : on traite 3 grammes de baume par 1 gramme d'adde sulfurique, on mêle, puis on agite avec 15 ou 20 grammes d'alcool à 36 degrés ; la dissolution du mélange indique que le baume était altéré par Thuile de ricin ; s'il est pur, il n'y a pas dissolution. Pour que ce procédé puisse servir, il faut que le baume contienne au moins 1/5 d'huile de ricin; il est sans effet si le baume ne contient, par exemple, que 1/9 de cette huile.
2 p. d'ammoniaque à 32° Baume et 5 p. de baume de copahu, agitées dans un flacon bouché, donnent lieu à une producliaii de stries blanches ; bientôt le mélange s'éclaircit et devient d'une transparence parfaite ; il blanchit, au contraire, par l'agitation, lorsqu'on opère sur un baùmo contenant de l'huile de ricin. La seule précaution à prendre dans cet essai est de le faire à une température de 10 à 15^ ; audessus ou au-dessous de ce terme, les résultats sont infidèles. Ainsi, & 20 ou 26^- , le mélange est aussi transparent, que le baume soit pur ou falsifié ; de 0 à 5^ , le baume le plus pur reste trouble.
M. BUmdeou a proposé l'emploi de la potasse, ou de la lessive des savonniers, du carbonate de magnésie. 2 p. de baume par et 1 p. de solution de potasse au 1/4 ou de lessive des savoonieiB, mélangés dans une capsule, prennent l'aspect et la consistance du cérat. Après quelques heures de repos, le copahu saponifié surnage; s'il contient seulement 1/8 d'huile de ricin, le mélange précédefnt ne se sépare pas, perd peu à peu son opacité et se convertit en une masse gélatineuse et transparente. 1 p. de carbonate de magnésie et 4 de baume pur, mélangées et agitées, prennent, au bout de quelques heures, la transparence et Taspect d'une solution de gomme arabique ; quand le baume Qpntient de Thuile do ricin, le mélange reste lrofM>l0 et laiteux. Dans le premier cas, il y a dissolution; dans le second, il n'y a pas dissolution du carbo-
108 BAUME DE OOPAHU.
nate dans le baume, ou du moins elle est incomplète. Cette solution limpide fait effervescence avec les acides.
Pour reconnaître le baume de copahu falsifié par une huile fixe quelconque, la méthode de MM. 0. Henry et Dehndre consiste à faire bouillir le baume dans Teau pendant longtemps, pour dissiper toute l'huile volatile ; s*il est pur, il laisse une résine qui devient sèche, cassante en se refroidissant ; s'il contient de l'huile fixe, le résidu refroidi est gras et poisseux. Au reste, la fraude, par toute autre huile que celle de ricin, peut se reconnaître à Taide de l'alcool à 0,95, qui ne dissout pas Thuile et dissout le baume pur.
Le baume falsifié par les huiles de pavot, de navette, a une teinte jaune \ il est peu consistant, graisse les doigts, au heu d'y adhérer, comme. lorsqu'il est pur. 1 ou 2 gouttes de ce baume, versées sur une feuille de papier, la pénètrent ; et si on la tient à quelque distance des charbons allumés pour volatiliser l'huile, il reste une tache de résine entourée d^une auréole grasse; au contraire, cette tache résineuse est homogène, translucide, cassante, si le baume est pur (*).
Enfin, on fabrique du baume de copahu de toutes pièces avec des huiles grasses de pavot, de navette et de la térébenthine ; un pareil mélange ne peut tromper qu'un œil peu exercé. Dans tous les cas, Falcool concentré ou l'alcool éthéré (mélange de 4 p. d'alcool absolu et de 1 p. d'éther rectifié) pourront servir à reconnaître cette fraude ; ces deux U- ({uides, ne dissolvant que le baume, [laisseront déposer les matières étrangères.
Une goutte de copahu pur, qu'on laisse tomber dans un verre d'eau, conserve en se précipitant sa forme sphérique, ou nage entre deux eaux; si, au contraire, ce baume renferme do rhuile de ricin, la goutte surnage et s'étend à l'instant même de son contact avec le liquide.
D'après M. Redwood, le meilleur moyen de reconnaître la pureté du baume de copahu est de le distiller avec de l'eau : on retire l'huile volatile, on en prend le poids, et l'on exa-
(1) En lSi6, M. Pedroni tils a constaté, sur deux baumes de copahu, un mélange de 80 «/o d*huile de graine (probablement camâiM), et, sur un auire, 75 «/o- .