‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 29 sur 251 · BENOITE · texte numérisé non relu

BENOITE

masses assez grosses, d'un brun noirâtre, contenant plus ou moins de terre, de sable, de bois, de résine commune, et quelques larmes.

La quatrième sorte, ou benjoin commun^ ne contient pas de larmes; elle n'est composée que de résines communes, de terre, de sable et de fragments d'étoffe.

D'après Bucholz, le benjoin est composé de : huik volatile: matière analojgue au baume du Pérou; acide benzoîque: maigre soluble dans teau et dans t alcool; débris ligneux.

Usages. — Le benjoin est stimulant et tonique ; il fait partie d'une foule de médicaments composés. On s'en sert en fumigations aromatiques et fortifiantes. H entre dans quelques préparations de parfumerie; ainsi le lait virginal est une solution alcoolique de benjoin précipitée en blanc par Faddition de Teau.

Falsifications. — Quelquefois on vend du benjoin privé dune partie de son acide benzoîque, soit par le lavage à l'eau bouillante, soit par l'ébullition avec l'eau de chaux. Cette sophistication se reconnaît en brisant les morceaux de benjoin suspecté, qui ne présente pas dans sa cassure ces larmes blanches amygdaloïdes propres au benjoin de bonne qualité. En outre, il a perdu une partie de son odeur et de sa saveur balsamiques.

La racine de benoîte (Geum urbanum, Rosacées), appelée vulgairement herbe de saint Benoît, galiote, rectse^ et, dans les officines, radix caryophyllata, est brune à l'extérieur et rouge&tre à l'intérieur. Elle est de la grosseur d'une plume. Sa saveur est légèrement amère, astringente; son odeur rappelle celle du girofle.

Usages. — La racine de benoîte est un tonique excitant fébrifuge ; on l'a proposée comme une succédanée indigène du quinquina.

On lui substitue quelquefois la racine de benoîte des ruisseaux {Geum rivale), moins estimée et possédant une odeur moins balsamique.

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Le beurre, ou matière grasse concrète du lait, est composé de trois corps gr^ différents : Yoiéwe, la stéarine et la butyrine. Le beurre a une couleur qui varie du blanc jaunâtre au Jaune. Il fond à 36*«.

Usages. — Le beurre est employé dans Tusage domestique. En médecine, on s'en sert comme adoucissant et relâchant, pour recouvrir la plaie résultant de l'emploi d'un emplâtre vésicant; dans ce cas, le beurre doit être le plus récent possible.

Altératioks. — Le beunre peut contenir de ï oxyde de cuitire, par suite de sa fusion et de son refroidissement dans des chaudières en cuivre. Cette altération est moins une fraude qu'un fait de négligence ou d'imprudence. On peut la constater à Taide du cyanure jaune, qui fait prendre au beurre une teinte cramoisie; par l'incinération, la cendre reprise par lacide nitrique donne du nitrate de cuivre, qu'on essaye par l'ammoniaque, le cyanure jaune, la potasse.

Le beurre est susceptible de rancir au bout d'un certain temps, et d'acquérir un goAt acre, /or/, qui no permet plus de l'employer. Pour le préserver de cette altération, on a recours, soit à la fusion, soit à la salaison, et on le conserve dans des pots de grès neufs, bien nettoyés, et exempts de goût ou d*odeur quelconque.

Falsifications. — Le beurre peut être frelaté par la croie, la féeuie de povi^mee de terre^ les pommez de terre cuites, la farine de èléf le lait durci au feu^ le beurre de qualité inférieure^ le suif de veau^ le carbonate et V acétate de plomb.

Pour déceler la présence du carbonate de chaux, on fait fondre le beurre ; le sel calcaire, plus lourd, se précipite. L'effervescence par les acides, le précipité blanc occasionné dans sa dissolution par l'oxalate d'ammoniaque , sont des caractères suffisants.

L'addition de farine de blé, de fécule de pommes de terre, de pommes de terre cuites, de lait durci au feu, se reconnaît en faisant fondre une certaine quantité du beurre suspect avec dix fois son poids d'eau dans un petit tube au bain-marie; les

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