‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 32 sur 251 · BEURRE DE CACAO · texte numérisé non relu

BEURRE DE CACAO

Le beurre de cacao bien pur et récemment préparé est d'une couleur jaunâtre; il acquiert une couleur presque blanche en yieillissant. Ce beurre possède une odeur et une saveur analogues à celles du cacao torréfié. Quand il est pur, il blanchit et rancit lentement; on peut le conserver pendant plusieurs années, en le mettant dans un lieu frais et sec, et renfermé dans des pots, dans des bouteilles ou des cols droits bouchés hermétiquement pour éviter le contact de Tair. Il est complètement soluble dans Téther, Tessence de térébenthine; très-peu soluble dans Palcool. Le beurre de cacao pur fond de 24 à 25^<^- ; sa densité est 0,91.

Usages. — Le beurre de cacao est indiqué comme adoucissant, pectoral, expectorant, etc. En pharmacie, on Tadministre en émulsion, ou sous forme de crème, de pilules, de bols, de tablettes, de loochs, de pommades pour guérir les fissures et gerçures de la peau, etc. £n parfumerie, il entre dans la préparation de quelques cosmétiques. On l'emploie aussi dans Tart du confiseur.

FALSincATiONS. — Le beurre de cacao est très-souvent sophistiqué dans le commerce; on le mélange avec du suif de veauj de la moelle de bœuf ou d'autres graisses animales, avec de Vhuile (Tamandes douces, de la dre. Le suif de mouton est plus rarement employé, en raison de Todeur assez prononcée qu'il communique au mélange.

Ce beurre falsifié ne se dissout pas complètement à froid dans l'éther, comme le beurre pur; la solution est trouble; mais, ainsi que l'a observé M. Huraut, il y a des mélanges de beurre de cacao et de graisses, même dans la proportion de 1/4, qui donnent avec Téther une solution parfaitement claire. La cassure du beurre de cacao falsifié n'est pas uniforme, elle présente des nuances marbrées et plus on moins opaques dans certains endroits. Il a une saveur et une odeur moins agréables, une couleur plutôt grisâtre que jaunâtre ; il offre moins de consistance.

Suivant M. Delcher et M. Huraut, le point de fusion est le meilleur moyen pour reconnaître si le beurre a été ou non falsifié. Le beurre altéré par un mélange de sui£s ou de graisses fond de 26 à 28oc- . i^ beurre fraudé avec l'huile d'amandes douces fond à 23oc*. H. Delcher suppose toutefois cpie la

l%% BEURfU; OK MUgCAmC.

proportion da matière étrangère au beurre ne s^lève pas à plus de 10 ""/o; car, au delà de ee terme, les earactères ei^térieiirs du beurre falsifié seraient trop évidents, même pour les personnes les moins expérimentées.

Un beurre de cacao falsifié par Thuile d^amandes douces pourrait se reconnaître par le moyen suivant, fondé sur l'expérience que Demachy fit en 1797. Si l'on prépare un liniment avec le beurre de cacao et Thuile d'amandes douces, il faudra, pour avoir la consistance voulue, moins d'huile d'amandes douces en employant un beurre de cacao déjà allongé de cette substance que si l'on fait usage de beurre pur. D^mehy remarqua que, pour avoir un liniment de consistance molle, il fallait employer 5 p, d'huile d'amandes douces et 1 p. de beurre de cacao pur; tandis qu'il sufQ|ait de 3 p. d'huile pour 1 p. de beurre de cacao du commerce que ce pharmacien s'était procuré auprès d'im certain juif qui se faisait im devoir de ne laisser dans leur pureté aucun article de son commerce. Demaehy reconnut ainsi que ce dernier beurre avait été allongé d'huile d'amandes douces ou de moelle de bœuf.

Cette substance, également connue sous les noms d*huik concrète ou de baume de mwcade, est un corps solide, gras, d'une consistance de suif, d'un jaune pâle, d'une odeur trèsforte et U'ès-suave; c'est la matière grasse fournie par les fruits du muscadier {myriatica mosehata). Elle prend à la longue un aspect grenu et cristallin. Sa saveur est amère, chaude et aromatique. Elle est formée d'un mélange d'huile fixe et d'huile volatile.

Dans le commerce, on trouve le beurre de muscade en pains plus ou moins volumineux, enveloppés dans des feuilles de roseau; en barriques; en pots; en briques pesant 500 à 750 grammes et recouvertes de feuilles de roseau.

Usages. — En médecine, le beurre de muscade est quelquefois employé seul en frictions excitantes ; plus souvent, OQ l'associe à d'autres médicaments.

FA%sq>iqATloirs, ^ Avant de le livrer au Mmmsrce, les &1-

sificatem privent ie beurre de muscade de aonhuilo volatile^ €]u'îls remplacent par un corpg gras qui lui communique une odeur et une saveur bien différentes de celles du beurre pur.

D'aatres personnes, poussant la fraude plus loin, fabriquent du beorre de muscade de toutes pièces, au moyen d'un mélange fondu de cire jaune et de suif, coloré par un peu de poudre de curcuma, et aromatisé avec Vhuile volatile de ftitiscade. On reconnaît cette manipulation : 1<> par l'odeur qu'exhale le prétendu beurre en brûlant sur une pelle rougie au feu; 2" par l'absence des caractères physiques propres au beurre pur. La présence du curcuma est décelée par la coloration brune que lui font prendre les alcalis.

Quelquefois, le beurre de muscade est imité avec du blanc de ialeine aromatisé avec Vhuile volatile de muscade, et coloré avec le safran ^ Un pareil mélan^ se reconnaît à son insolubilité dans l'alcool Fectiiié et froid.

biArb.

La bière, dont la fabrication remonte à une très-haute antiquité, et qu'on appelait autrefois cervoise, est une boisson fermentée faite avec le houblon [Humulus lupulus), de la famille des Urticées, et avec les graines des céréales, principalement l'orge.

On distingue plusieurs sortes de bières : la bière double ou bière de table, W bière blanche, la bière simple ou petite bière, faite avec les liquides de la troisième trempe du malt, et passée sur du houblon ayant servi à faire la bière forte; la bière dite de Strasbourg, ou bière de garde, intermédiaire entre Pale et la bière de Paris ou bière de luxe, qui se consomme quelques jours après sa fabrication; Vole, \e porter; la bière de Louvain ou bière blanche, faite avec de l'orge germée, du genièvre, du blé et de l'avoine non germes ; le Peeterman ou bière de Louvain forte.

Ces diverses variétés de bière, et bien d'autres encore (*), proviennent du degré de concentratiçn du moftt, du degré de torréfaction j des proportions de malt (orge germée et touraillée) et de houblon.

(■) Chaque localitiia, en quelque sorte, sa bière et inêine souvent

124 BikaE.

Lampadius classe les bières de la manière suivante :

Alcool p. 100. Extrait (•) p. 100.

lo Bière double, aie, 6 à 8 6 à 8

2« Bière forle, 3 à 6 4 à 6

3° Bière moyenne, 1,5 à 3 3 à 4

io Bière légère, 0,8 à 1,5 1 à S

La bière est donc une liqueur alcoolique contenant du sucre, de la dextrine, des matières extractives et grasses, des matières aromatiques, de Vacide lactique, divers sels, cl de Yacide carbonique libre.

Le tableau suivant fera connaître, d'ailleurs, la composition très- variable des bières qui se consomment :

Deofltô {']

'. Acide

Acide

Alcool.

Extrait.

Nona 4c»

acèllqae.

oarbonlq.

obaorraiMm

Bière ordinaire.

Facba.

— btfck ibaTarolM\

Léo, de Moitlek.

— lielilff«r-water, i»d.)

Id

— do Haot-Wetintr,

Cari.

— de LIchtf DbeiD,

Jtf.

— d'ilmeoaa,

- d'ièu,

id.

— de Btmberf,

id.

— dooble d*16nt.

Id.

Aie de Bocton,

HoffknaBn.

Pale aie.

Id.

Bière bruue de Bcrnbotirc

entrée en dècoinpofUion,

Bler.

Même bière.

Id.

Bière de conserre, la mèini».

Mt

Id.

— brane dea braaaerlea.

Id.

— blanche, dite Goêê,

Id.

— dite brothan

do F«iaaea,

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