‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 36 sur 251 · BOUTEILLES · texte numérisé non relu

BOUTEILLES

Cette déclaration est malheureusement tombée dansPoubli, et aujourd'hui cette fraude a pris une telle extension, qu^elle semble être devenue un droit acquis.

Yoid la teneur de cette déclaration :

« Louis, parla gr&ce de Dieu, etc., salut.

« Les plaintes qui nous ont été faites sur les différents abus c qui se sont introduits dans la fabrication des bouteilles et « carafons de verre destinés à renfermer les vins et autres li- « queurs, soit par la mauvaise préparation de la matière dont « ils sont composés, ce qui cause la corruption des vins et c fiqneurs, soit par le défaut de matières suffisantes pour « rendre ces sortes d'ouvrages solides, soit enfin par le défaut < de contenance ou jauge des bouteilles et carafons, nous « ont déterminé, pour Tintérêt public, à y poiurvoir par un « règlement précis.

« A ces causes, etc.

« Art. l*'. La matière vitrifiée servant à la fabrication des « bouteilles et carafons destinés à renfermer les vins et autres « liqueurs sera bien raffinée et également fondue, en sorte « que chaque bouteille ou carafon soit d'une égale épaisseur c dans toute sa circonférence.

« Art. 2. Chaque bouteille ou carafon contiendra à l'avenir c une pinte, mesure de Paris, et ne pourra être au-dessous du « poids de 25 onces, les demies et quarts à proportion; quant « aux bouteilles et carafons doubles et au-dessus, ils seront « aussi d\m poids proportionné à leur grandeur.

« Art. 3. Voulons que tous entrepreneurs et maîtres de ver- « reries, marchands faïenciers et autres vendant bouteilles, se « conforment au poids et à la contenance ou jauge portés « par l'article précédent; leur défendons de fabriquer ou faire « fabriquer, faire entrer dans le royaume, vendre ou débiter

emplojféescD France pour contenir les vins, eaux-de-vie, vinaigres, etc.; nroir: *

Le quartaui, qui aurait. . • • S5 litres de capacité*

Le barU 50 —

hsi feiUttette 100 —

La barrique ou doubU fntiOette» 900 —

Le mnêid^ ,«••«300 rw

iiO ftOUTEtLLES.

* aucunes bouteilles ou cârtifons qtii ne soiéïkl du poids et

* jauge ci-dessus, soit qu'ils aient été fabriqués dans ie « royaume, ou en pays étnmger, à peine de cottflscation et « de 200 livres d'amende contre chacun des contrevenants. « N'entendons, néanmoins, comprendra dans la prohibition •r ci-dessus les bouteilles qui se fabriquent en Alsace, pour y « être consommées, mais celles que l'on voudrait introduire tr dans le reste du royaume.

« Art. 4. Voulons pareillement que tous marchands de vin, « eabaretiers, aubergistes et autres vendant vin, cidre, bière ■r en bouteilles, ne puissent se servir, même les commission- « naires des provinces, envoyer aucunes bouteilles qui entreti ront dans le royautne^ remplies de vin> de liqueurs et 11- « queurs fortes seulement.

« Art. 5. Ordonnons que tous marchands faïenciers et auet très vendant bouteilles, tous marchands de vin, cabaret tierS) aubergistes et autres vendant vin» cidre et bière, seront « tenus de faire, dans quinzaine, à compter du jour de la <t publication des présentes, au greffe de la police de chaque t ville du iroyaume, leur déclaration de la quantité de bou- « teilles et carafons qu'ils pourront avoir dans leurs maga-

* sins, tant du poids et jauge, soit des fabriques du royaume, « ou des pays étrangers, à peine de 800 livres d'amende et « de confl^ation des dites bouteilles et carafons dont il u'auft rait pas été fait déclaration dans le dit délai.

« Art. 6. Et néanmoins^ pour faciliter la vente et le débit 9 des dites bouteilles et carafons, permettons aux dits faïen- « ciers et autres qui en font commerce, de les vendre et dis- « tribuer pendant le temps et espace d'un an^ à compter pa-

* reniement dujDur delà publication delà présente déclaration; « passé lequel temps, toutes les bouteilles et carafons qui n'y flc sont pas conformes seront confisqués et cassés, et ceux « auxquels ils appartiendront condamnés chacun à 200 livres « d'amende.

f Art. 7. Les amendes et confiscations qui seront pronon- « cées pour raison des tîontraVentions faites aux présentes « seront appliquées, savôif : uh tiers à notre profit, un tiers « aux dénonciateurs, et un tiers aux pauvres de l'hôpital le « plus procham du lieu où les Jugements seront rendus;

b ttiulofté que leâ dites animtiy ne ptlisseiit %\!tt remisb^ ni « mbdéréM^ so«â quelque prétette que ce soit.

k Art. 8. Vottlohs qtle toutes tes eoniestatit^ns t}ui pbUri'bnt « tiAf tre potnr raison db l'exécution des présentes soient ju- « gées en première instunee ; savoir : dans notre bonne ville « de Paris> par le lieutenant général de police, et dans les au- « très villes du royiluthe par les officiers dé police, aujcquels « nous ikttribuons toute cour et juridiction^ prinlitivenient à ^ tous atttires juges, sauf l^appel en nés coUn de parlement. Si m donuutii on nuuideinedt, etc;

« Donné à YeHàillë!), le 8 Mrs 17S5,

« Par le roi :

« Phelypeaux.

t Va un Gunseily Onf^ et scëUé du grand sceau de cire jaune. t Régime àU Pàrléffiëilt, le 29 Vàm 1T89. »

Gomme on le voit^ cette déclaration portait non-seulement snr les coBtenances, mais aussi sur la fabricaticm, sur la qualité du verre emplojré et sur le poids que les bouteilles devaient avoir.

La fraude qui oblige Tacheteur à payer un litre de viu, alors qull ne lui ust livré dans des bouteilles sans contenance fixe que 3/4 du li^ et qi]^lqaefois moins^ cesserait dès Tinstant oii Ton obligeait tous les fabricants à fr{ipper leurs bouteilles d'un timbre légal qui justifierait de leur contenance. Les marchands de vin seraient tenus d'en faire exclusivement usage, sous peine d'encourir les peines portées contre les vendeurs à faux poids ou à fausse mesure (').

(*} Bii 1843, 16 chef respeclibté de Tunô des ^remiilrc^ Indisons de commerce de vins à Paris, s*exprimàit ainsi : «Un genre de fraude *r sur lequel rautorité semble persister à fermer les yeux, malgré do c tives et instantes réclamalibns, c*est ëelni qui consiste, de la part des « marchands qui tiennent des débits de vins en bouteilles, à ne se scr- « vir que de bouteilles d*une contenance inférieure de 10, iS et même « ao ceniiliires, aux bouleilles en usage à Paris, qui contiennent 75 cen- « tititres. Ces débiUnts peuvent, par ce moyen, réduire le prix de leur « vin, et tromper le consommateur par un avantage, qui n'est qu'appa- « rent, sur le prix du vin consciencieusement mesuré. I

Le » mars 1844, dims so^ H^^ 0 ta httsifltiiliôit des vins, Itf, dQ

152 BOUTIILLIS.

Alumine et oxj/de de fer. Le verre à bouteilles est composé de silice, chaux, potasse ou soude. Le meilleur verre à bou^ teilles est celui qui renferme le moins de potasse, car, plus il y en a, plus le verre est fusible. Quand le verre est trop alcalin, ou trop calcaire, il est attaqué par les acides, par la crème de tartre, Tacide tartrique des vins ; il y a formation de tartrate de chaux, de tartrate de potasse, de tartrate d'alumine, qui précipitent la matière colorante des vins et forment une laque.

Le vin a souvent aussi une odeur et un goût d'hydrogène suKuré, dus à la qualité du verre à bouteilles, dit alors hépa^tique et qui dégage ce gaz sous Tinfluence des acides.

Les verres hépatiques sont dus à la dissolution, dans le verre, de sulfures alcalins et terreux provenant de la soude brute, de la soude de Varech, employée à leur fabrication, et qui leur donnent de la couleur, à laquelle contribue aussi l'impureté des matières premières (sable et argile jaunes, calcin, cendres de foyer, cendres de lessive ou charrées) (•).

Les bouteilles fabriquées à la houille présentent presque toujours des taches noires, grasses, dues à du carbone trèsdivisé et imprégné de goudron de houille. Ces bouteilles donnent un mauvais goût aux boissons qu'elles sont destinées à contenir. On peut obvier à cet inconvénient en les faisant macérer pendant trois ou quatre jours dans de l'eau légèrement alcalisée par la potasse ou la soude (200 gr. d'alcali pour lOOUtres d'eau) ; on les rince ensuite à l'eau claire.

Il serait aussi à désirer qu'en France on donn&t aux bou-

la Grange disait : a Le commerce de Paris a vivement réclamé contre « un genre de fraude qui se pratique sur une grande échelle : la vente d du vin à la bouteille, annoncée à un prix inférieur au prix de revient, « et qui trompe le public, dupe de ce prétendu bon marché. Le^ frau- « deurs font fabriquer des bouteilles qui ont la même apparence que « celles de 75 centilitres, et qui ne contiennent en réalité que 65, 60 et a même 55 centilitres, sans préjudice de ralléralion de leur contenu, d

{}) Voici le dosage ordinaire de ces matières :

Sable jaune, 100 p.

Soude de varech, 30 à 40 p.

Charrées, 160 à 170 p.

Cendres neuves, 30 à 40 p.

Argile jaune, 80 à 100.

Qt|cip ou fraj^men^ de bouteilles, loo.

BRteE. 153

teilles une fonne spéciale (*) siûvant le liquide qu'elles sont destinées à contenir. Ainsi, en Angleterre, on a fabriqué des bouteilles en grès de formes différentes pour les différents liquides usuels dans ce pays (Vaky le porter^ la bière forte, le genger-beer ou bière de gingenAre, le vin de Champagne) ; de sorte qu^on connaît de suite la nature du contenu à la forme du contenant.

Le brome est un corps simple, découvert, en 1826, par M. Balardy qui l'avait d'abord appelé muride. C*est un liquide rouge foncé, d'une saveur acre et caustique, d'une odeur forte, très-désagréable, d'où le nom de brome (du grec epwaoc, puant). Sa densité est 2,966 ; son point d'ébullition, + 47*^. Il est peu soluble dans Teau, très-soluble dans Talcool et l'éther; évaporé à une douce chaleur, il répand des vapeurs rouges très-foncées. Il tache la peau en jaune, et la couleur disparaît d'elle-même, à moins que le contact n'ait été trop prolongé.

Usages. — Le brome a été prescrit contre les maladies scrofuleuses. On remploie dans la photographie.

Altérations. — Le brome du commerce est sujet à contenir du chlore et de Viode. La solution aqueuse de ce mélange est saturée par de la limaille de zinc. Les bromure et chlorure de zinc formés sont distillés avec Tacide sulfurique étendu, et les vapeurs reçues dans de Teau de baryte ; on sépare l'excès de baryte à l'aide d'un courant d'acide carbonique ; on évapore à siccité, et on traité le résidu par l'alcool anhydrcj qui ne dissout que le bromure de baryum.

On reconnaît facilement l'iode en mettant une petite quantité de brome en contact avec de la limaille de fer et de l'eau distillée. On a ainsi un mélange de protobromure et de protoiodure de fer. Le liquide additionné d'un peu d'eau chlorée amidonnée prend une couleur bleue , s'il contient de riodure de fer. Le chlore, en effet, avant de réagir

(*) Ainsi que cela se fait déjà généralement pour les vins de Channf

i54 BROMURB I^ t^)TASSIUM.

ëUt" le broniu^, déléothpose Ttodure, et Mode) dfevettu libre, bleilll l'amidon. — Un âUtre inojrëil constate à terser le fordnie supt)osé iodé dans tltië dissolution satturée de protosulfate de fer en grand excès i le bîôtae disparaît biéntAt : on ajoute alors de Tacide nitrique exempt d'iodë, jusqu'à ce que la liqueur soil d'un brun inleilà'éi et oh opèfe comme s'il s'agissait de retrouver l'iode dans l'acide nitrique (Ybj. p. 33). M. Posselger a signalé Pal tération du brome, dans le conamerce, parle bromure de carèone on bromo-iodo forme (dans la proportion de 6 à 8 *^/o). Ce brème altéré avait son point d'ébullition à 120°^., et, distillé à siccité, il laissait un résidu charbonneux. A mesure que la distillation s'opérait, la couleur du brome devenait de plus en pius claire ; enfin il ne restait plus qu'un liquide incolore.

saoÉtHRB itJB vdtjksittnÉ.

Le bromure de potassium, connu aussi sous les noms d'%drobromate, de bromhydraie de potasse^ cristallise en prismes rectangulaires ou en cubes, d'une saveur acre, très-solubles dans l'eau, un peu solubles dans l'alcool. Le bromure de potassium en solution dotine avec le nitrate d'argent un précipité blanc jaunâtre de bromure d'argent, soluble dans une assez grande quantité d'ammoniaque, bien moins soluble, par conséquent, que le chlorure d'argent.

Usages. — En médecine, le bromure do potassium est employé, à Tétat de solution, de pilules, dé pommade, tant à l'intérieur qu'à i'extérieur. Le bromure de potassium agit comme diurétique et cathartique.

Altérations. — Le bromure de potassium du commerce peut contenir du sel marin (chlorure de sodium), de Viodure de potassium. Pour reconnaître la présence du sel marin, on emploie le procédé suivant, indiqué par M. Rose : le bromure de potassium est distillé aVec un excès de bichromate de potasse et d'acide sulfurique, et le produit de la distillation reçu dans un récipient contenant de l'eau fortement ammoniacale. Si le bromure contient du chlorure de Aodium) il se fonne dû chromate de chlorure de chrome qui passe à la distillatiM M

ÈMfkit. 195

coloré i'eati Attiihtthil^ëâlé éti Jfttihë ; diihâ le eaâ où ii n'y a pas de chlorure, te brôitlë passe s^ul^ et Tëâii ammoniacale n*e$t pas colofée.

Uîoditrd de pbtassiUkn se trouvé quelquefois en petite quantité dans le broinure dtâ pota^iûm dti commerce ; oelà vient de la difficulté tjpi'bh éprouve à lÈôlet Tiode du brdtne, retiré des eaiût-mèreà dé la SdUdë de vai'eeh. La présen&é dé Tiodure de potassium dans le bromure se reconnaît au moyen de l'amidon. Voici le procédé indiqué par M. Lassatgne : on ajoute quelques gouttes dWe solution faible de chlore à la solution du bromure de potassium que Ton veut examiner , il y h éolohition de là liqueuir en jaune ; èi Ton y plongé un papi^ Mante ainidonné ôtl i^ecéurert d'une couche de coUe d'amidon, et séché ëilsûitë, il âe eélél*e en violet ou en bleu indigo faible.

Si la (}uàhtité d'éaii chloi'ée ajoutée a été asâet grande pour déeomposer tout lé bromure*, le papiei^ amidonné ne se céldre paii immédiatement ; mais, exposé à Tair ou tenu en macération dans la liqueur^ il prend une teinte l*ougeâtré au bout dé peu de tém^s, Viré au violet et passe ensuite au bleu.

M. La$8àt^nê pëUàé que bet elTet est dû à la décomposition du bromure diode par la matière organique du papier, et peut-être de Tamidon lui-ihême.

On peut àtissl feëohnaltre Tiodure dé potassium dan^ le bromure, eu moyen du nitrate d'argent, ou d'Uh sel de plomb; le bromure d'argent est séparé de Tiodure d'argent par l'ammeUiaquei dahs laquelle ce deriiier seul est entilit^ment insoluble. Lé bromure de plomb est blanc^ tandis que llodwre ëstjattté.

Lé Bitdnié u^té ipotu* ià fonte de^ statues, dés médailles et des ofajetii d'orhement, est Un alliage foriné dé 80 à 98 de ciHtH?, Ht de 20 à 8 à'Mtn, Suivaiit les propdHiéris de ces dent mëtitti, l^àlliége Varié dans éd couleur j sa densité j sa durée, etc.

DC^nia qUeiqUé téoi^, ëU filbKqné de§ bh)nEes avec dès alliages qui contiennent deâ i^tinic VM% méifidj^ ttiléur^ et

156 BUSSBaOLLE.

comme ceux-ci n'ont pas la même pesanteur, on \e& charge en pbmb pour augmenter la densité de Tobjet fondu.

La fraude va si loin, sous le rapport du bronzage et du cuivrage, qu'une personne digne de foi nous a assuré avoir vu, chez le cuivreur, un chaudronnier apporter des casseroles de zinc, pour qu'on les recouvrît d'une couche de cuivre, afin de les vendre comme étant confectionnées avec ce dernier métal.

BOSsaaoxA.

La busserole, ou raisin (Tours {arbutus uva ursi), de la famille des Ericinées, est un arbuste qui couvre les roches des hautes montagnes, surtout celles des Alpes et des Pyrénées. Ses feuilles sont inodores, coriaces, assez semblables à celles du buis ; elles sont entières, ovales, presque obtuses, trèsglabres, luisantes, épaisses et très-consistantes ,* leur surface supérieure est d*un vert foncé; la face inférieure, d'un vert clair luisant et parsemée de veines. Leur saveur est amère et astringente. Triturées avec de l'eau, elles donnent une liqueur jaunâtre qui produit, par l'action du persulfate de fer, un beau précipité bleu noir&tre, très-abondant, dû au tannin et à Facide galUque qu'elles renferment.

Usages. — Les feuilles de busserole sont employées en pharmacie, sous forme d'infusé, comme diurétiques et astringentes.

Falsifications. — Souvent on substitue aux feuilles de la busserole celles de V airelle rouge ou ponctuée [vacdnium viiis idœa) et celles du buis (buxus sempervirens). Les feuilles de Tairelle rouge ont une couleur moins verte, brunâtre, des bords veloutés, repUés en dessous, d'une consistance moins ferme, des nervures transversales très-apparentes; leur face inférieure est blanchâtre, unie, et parsemée de taches brunes. Leur infusum aqueux devient d'un beau vert par le sulfate de fer, et laisse déposer un précipité de la même couleur. Elles sont pourvues d'une nervure longitudinale très-saillante ; elles possèdent une saveur amère, nauséabonde, non astringente, et une odeur désagréable. Leur infusum aqueux donne avec le sulfatQ de fer un léger précipité gris verdâtre,

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