‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 4 sur 251 · DES · texte numérisé non relu

DES

DBS SUBSTANCES AUMBNTAIRES,

■ÉDIGAHENTEUSES ET COMMERCIALES

, Kqaenr. •» V. AieooLf .

AB8XVTBB9 plante.

Uabsinthe verte ou officinale [artcmisiaabsinthium), grande absinthe, ou aluine, de la famille des Synanthérées, est une plante vivace, qui croît naturellement dans les lieux pierreux et incultes. Sa tige, haute d'un mètre environ, porte des feuilles profondément découpées en lobes étroits, verdâtres, recouvertes d'un côté d'un léger duvet blanchâtre ; les fleurs sont petites, presque globuleuses, jaunâtres; elles ont, comme les feuilles, une odeur aromatique très-forte et une saveur à la fois très-amère, chaude et aromatique. M. Braconnot a trouvé dans Tabsinthe : huik volatile dun vert foncé; matière résiniforme très-amère (absinthine); matière animalisée trèsamère; chlorophylle; albumine; fécule particulière ; matière animalisée peu sapide; nitrate, sulfate ^ succinate de potasse; chlorure de potassium.

Usages. — L'absinthe est employée comme stomachique, fébrifuge, vermifuge et emménagogue, sous forme de vin, de teinture, d'eau distillée, d'extrait, etc.

FALsmcATiONS. — Au heu de sommités d'absinthe, seules employées en médecine, on livre souvent toute la plante; mais la présence des tiges décèle cette supercherie.

2 ACÉTATE d'AMMONUQUE.

Récoltée trop tard, Fabsinthe se distingue par Tabondance de fleurs et de fruits et par la disette de feuilles ; récoltée trop tôt, elle se distingue par la grande quantité de feuilles et par l'absence de fleurs : dans les deux cas, Todeur et la saveur sont faibles.

On substitue quelquefois à l'absinthe officinale Vabsinthe marine ou maritime^ Vabsinthe romaine y le génépi, diverses armoises [artemista vulgarisy A. pontica. A» abrotanum)^ etc.

L'absinthe marine a des feuilles beaucoup plus petites, recouvertes des deux côtés d'un duvet blanchâtre ; elle a une saveur et une odeur beaucoup moins prononcées.

L'absinthe romaine est beaucoup plus petite, elle est divisée en filaments très-fins et partout blanchâtres ; les tiges ont une couleur pourprée.

Le génépi des Alpes, dont les montagnards de la Savoie et de la Suisse font grand usage contre les fièvres intermittentes, a des feuilles découpées et recouvertes d'un duvet blanc.

Les feuilles de l'armoise vulgaire sont plus vertes à la face supérieure, elles ont peu ou point d'odeur, et une saveur trèsfaible comparativement à celle de la grande absinthe. Les autres armoises se distinguent par leurs feuilles à divisions linéaires, et par leur odeur, qui diffère beaucoup de celle de la grande absinthe.

AOATATIS tt'AMMOBVZAQUB.

Ce sel qui est aussi nommé, mais à tort, Esprit de Mindé* rérus et, par abréviation, de Mindérer (*), est employé plus particulièrement comme stimulant, diffusible et antispasmodique, n doit marquer 5^ Baume, être neutre et fournir, par révaporation de 31 gr. (1 once), 2^,30 d'acétate d'ammoniaque cristallisé.

Altérations. — Quelquefois l'acétate d'ammoniaque ne contient pas la quantité voulue de sel. On s'en assure à l'aide de l'aréomètre de Baume (3).

(1) L'esprit de Mindérérw est Tacélate d'ammoniaqae préparc avec le vinaigre distillé et le carbonate d'ammoniaque contenant de Thuile empyrciimàtiquc.

(*) Il faut avoir un pèse-set bien confectionné, car il en est qui sonk

ACÉTATE d'ammoniaque. 3

Û^autres fois, ce sel est acide ; on reconnaît cette altération àl^aide du papier blett de tournesol, qui prend une couleur rouge.

L'acétate d'ammoniaque contient quelquefois .\1^ un seï de cuivre : on reconnaît cette altération, qui peut être due à Timpureté, soit du vinaigre, soit de l'alcali employé, en acidulant la solution et en j plongeant une lame de fer, qui se charge d'une couche de cuivre lorsque le sel examiné en contient; ou bien en décomposant, à l'aide de la chaleur, l'acétate qu'on a fait évaporer, traitant le résidu par l'acide nitrique , filtrant, faisant évaporer pour chasser l'excès d'acide, et ajoutant du ferro-cyanure de potassium, qui donne alors naissance à un précipité de ferro-cyanure de cuivre, brun-marron, lorsqu'il y à une assez grande quantité de métal, et une couleur rosée ou violette s'il y en a moins ; par l'acide sulfhydrique, qui donne Heu à un précipité de sulfure de cuivre de couleur brune;

i^rmsel de plomb : on reconnaît la présence de ce sel par Facide sulfhydrique , qui fournit un précipité noir de sulfure de plomb, tandis que l'acétate d'ammoniaque n'est pas précipité lorsqu'il est pur. On pourrait doser la quantité de cuivre et de plomb, en recueillant les sulfures obtenus d'une quantité donnée d'acétate, et en les faisant passer à l'état de sulfates, à l'aide de l'acide nitrique.

L'acétate d'ammoniaque bien préparé perd quelquefois, par suite de son séjour dans TofTicine, une petite portion de l'alcali qu*il contient, et il devient acide : lorsqu'on a constaté cette légère altération, on peut y remédier, en ajoutant au liquide soit une petite quantité dosons-carbonate d'ammoniaque, soit un peu d'ammoniaque liquide pour le ramener à la neutralité.

FAi^smcATioifS. — On a quelquefois mêlé à l'acétate d'ammoniaque du chlorhydrate de la même base, sel qui a une moindre valeur. On reconnaît cette fraude en acidulant l'acé-^ tate d'anunoniaque avec de l'acide nitrique, puis en versant du nitrate d^argent dans le liquide acidijdé : si le sel est pur, on n'aura pas de précipité; si, au contraire, il est mêlé de sel

ûbrlqués poar être vendus à bas prix, et auxquels on dcmae le iiomd« pacotaiê (Voy. Tart. Aréomètres).

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