CAFÉ. 1S
La café le plus estimé est celui qui se vend sous le nom de café Moka, Son usage s'introduisit d'abord à Constantinople, pttîs en Italie veis 1645, et à Paris en 1669.
On obtient d'excellent café en employant parties égales de café Moka et de café Bourbon, torréfiés séparément.
FixsincATKMfS. — Pendant le blocus continental, on chercha à remplacer le café en totalité ou en partie par plusieurs végétaux indigènes ou acclimatés, au nombre desquels nous dteroDS : les graines de tiri$ pseudo-acorus^ celles de Varaehis kgpogœaj de Vhibitcue esculenius, de Yoêtragalus betieus; les poig chkhes; Vavoine; le eeigk; lesliaricott: les lupins; les pois; les fèves; l'orge; le maïs; le blé; les glands; les chdtai'' gne»; les racines de souchèt comestible, de fougère^ de cAkorée sammge, de betterave, de panais, de carotte (*)•
Depuis» la plupart de ces substances ont été abandonnées. Quelques-unes seulement ont été employées par les fraudeurs pour allonger le café torréfié et moulu; de ce nombre sont : la fécule de pommes de terre^ Vorge, Vavoiney le mais, le blé^ et surtout la chicorée (*).
Souvent, dans la commerce, on a vendu, concurremment avec des cafés de bonne qualité, des cafés avariés en mer> re-
(•) Un joamal anglais de médecine, La LanceUe {The Lanoet), ajoute à celle nomeoclalure déjà nombreuse : le caramA , la têtre rougê^ le marron d'index \e tan m poudre, la sciure de beû d'acajou, le foie de ol0i»f cuti au four, la poudre de Hambourg, \e[rouge de Venise, etc., dont la présence a été constatée dans divers échantillons de café et de cMeofée par la Commisskm sanitaire de Londres , association libre qai s*est formée spontanément en 1851, dans le but de déceler les fraudes eonmerriales snr les substances : ses recherches ont été publiées dans \» lancette.
n Dans un mémoire snr la falsification du café, le docleur Hassal, de Londres, dit que sur 34 échantillons de cafés de différenis prix quMI examina^ deux seulement n'étaient pas falsifiés. La chicorée fut déa>untte dans 31 échantillons; le blé torréfié, dans IS; les matières colorantes ( entre autres le caramel), dans Si; les fèves et la fécule de pommes de terre, dans un échantillon seulement. La proportion du vrai café était de 1/S, f /3, 1/4 et même 1/5.
Ces fklsiflcations ne sont Mftmables qn*au point de vue delà mohile, et non sous le rapport de la santé des consommateurs ; mais elles ont le fprave Inconvénient, en Angleterre, comme en France, de ralentir la consommation du véritable café^ dont Timportatlon serait d^on revenu considérable pour te Trésor.
IM aai.
pMÊ^ 6t tfWàOUi (lavée et sMiés). Ges AmiiéÉs, ayut 6(fi$Mipné pendant usez longtemps dans Fean de mer, sont gâtés, répandent une odeur désagréable de moisi, et taw* «Isiênt des cendres dont la composition diffère de celle des cendres de café de bomie qualité (^) . D s'y trouTe^ en eflét, àa md NtoHn, en proportion assec forte et des traees notables de «tiAN^^ provenant de ee que le café mouilié par l'eau de mào- 4 été en contact avec ce métal.
On reconnaît le sel marin au précipité blanc ^ caiUobotté^ soluble dans ranunoniaque^ que la solution aqueuse des cendres de eafé donne avee le nitrate d'argent ; et le cuivre, au précipité bnin^marron que ia mtaie solution fournit avee le cyanure jaune, ou à la coloration bleue que lui eommunique l^ammoniaque.
Une autre falsification du eafii en grains crus consiste à imitor sa forme avec de ï^argils platiique gris-verdàtre ou jau* :nttre, qu'on moule sous cette forme, tandis qu'elle est humide, puis qu'on fait sécher à Tair. Un examen attentif ou mieux la trituration dans un mortier fait reconnaître cette fraudé : los grains tarreut s'écrasent, tandis que les autres résistent ou se brisent en deu ou plusieurs fragments» Cbaufflis au rouge, les grains de café naturel brûlent avec flamme et laissent une céttd*iB blanchât<^ très-légère, tandis que le eafé factice argilejax ne donne nî flamme ni cendre, car il garde sa forme et presque tout son volume.
Le eafé torréfié et moulu, allongé de graines de céréales (blé, orge, avoine, seigle, maïs) égaloment torréfiées et mou-
(M D*après les analyses de M. Lévp, te cfkfè donne 8«/o,tade osMdfês ayant la composition suivante :
Silice. . i 9,95
Acide carbonique .... 15,27
Acide pbosphorique ... Il,3(
Chlore 1,01
Oxyde de fer 0,55
Chaux 3,58
Magnésie i^.OI
Potasse. 4i,11
Soudé I«,t0
Charbon t.OS
ioo,eo
0*ftprèB H . Paue^t le esté doone pour tso p. les properliODS soivantes dcjceodreec
CtféBeurjNM 4«6S
Gafè Mariiolqse 5^
Café moka T^Si
lues, M reeonnatt, d'apris les eipérieiicw de MM. fioUne et
if. Tiinoi, d'abord à œ qu^l doQi^e avec Peau diptiUée ime
tofésieii ^j séparée du mare, reste louche et ne
parle tannin, ce qui n'a pas lieu avec le café pur; ou
à l'aide de l'eau iodée, qui colore ^i bleu une infusion de ce
oafé Maté, préalablement décolorée au ndr auiaud, puis
filtrée.
Les glands de chtoe torréfiés, réduits en pouàre et méUs utt café moulu, lui conmmniquent une saveur partieulière ; en outre, l'infusion de ce café, décolorée au charbon, défiant plus ou moins noire par l'addition d'un persel de fer.
Pour s'assurer si le café moulu est mélangé de pouike de chicorée, on a recours au procédé suirant, fondé sur la texture différente de ces deux poudres, qui absorbent Peau dans un e^Mce de temps bien différent : on projette le eM suspecté à la surface d'un h»^ verre à pied (verre à vin de Champagne) rempli d'eau pure on aiguisée par 5 ou 10 centièmes d'acide chlorhydrique ordinaire ; si le café n'est pas mêlé de chicorée, il surnage et absorbe l'eau très-lentement; s'il est mêlé de chicorée, celle-ci absorbe l'eau immédiatement, tombe au fonfl du verre et colore le liquide en jaune-brun&tre (*). La poudre de chicorée est molle, n'a ni la textm'e, ni la coftsis* tance de la poudre de café (*).
M. Lassaigne a proposé le persulfate de fer comme réactif propre à constater la présence de l'infusum de chicorée torréfiée dans celui de café brûlé. Avec ce dernier le persulfate de 1er donne uoe coloration vert-feuille plus ou moins foocée,
(*} Ce caractère se manifesle d*uDe manière moins prononcée pour un nélanise de 2» à 50 •/• de chicorée.
P) La GaseUe médicale belge , du mois de septembre 1846» a fail connaître que des industriels teignent des grains de café d*une qualité inférieure pour leur donner Taspect du café Moka , et que plusieurs commerçants ont été dupes de cette fraude, qui peut être nuisible à la santé publique.
Il a été constaté par le jury médical de Lons-le-Saulnier, en iS^S, et par nons en IS53, que des cafés détériorés avaient été recouverts, par frottement, d'une couche formée de plombagine et de talc, afin de leur donner l'apparence de cafés de bonne qualité. Cette coloration constitue une tromperie sur la nature de la marchandise « et rentre dans r^ppljcatioa de Fart. 4S3 du Gode pénal.
168 CAFÉ-CHIGORÉE.
tondis que la couleur esl jaune bnmAtre avec Tinfusian de chicorée pure ou de café mêlé de chicorée : cette teinte étant d'autant plus foncée que la proportion de chicorée est plvs forte.
Un essai de lavage des cendres donne des indices également • certains; car 100 p. de cendres de café laissent dissoudre dans l'eau 70 p., tandis que 100 p. de cendres de chicorée n'en laissent dissoudre que 17 environ (Payen), La proportion de cendres insoluhles laissées par un échantillon de café pourra donc indiquer s'il est pur ou mélangé de chicorée.
On a aussi moulé la chicdrte en grains ressemblant à ceux du café* La fraude serait facilement décelée en les mettant dans Peau, ils s^y délayent facilement; ce qui n'a jamais lieu avec les grains du véiitable café (^).
A Anvers, M. V. Ormtm a constaté, dans du café Moka, la présence de 40 ^/o de semences de ricin torréfiées.
OAFÉ-OHXOOai6B (*).
La racine de chicorée sauvage (cichorium intybus), de la famille des Synanthérées, acquiert par la torréfaction une saveur amère et un arôme qui se rapproche de celui du sucre
(*) Sous le noui de café hygiénique, le sieur B...lh, épicier à Paris, vendait un café falsifié au moyen de pcliles bouleties d^une p&le bruoe, auxquelles on avait donné la forme de grains de café, et u^ayant de ce dernier que le nom. Cité, en avril 1S5S, devant le tribunal correctionnel (6* Chambre), présidé par M. Labour, le sieur B...th a été condamné à trois mois de prison et 50 francs d'amende.
La même année, les sieurs F... et B... forent traduits devant le tribunal correctionnel et condamnés, par défaut, chacun à six mois de prison et 5<^ francs d'amende pour avoir vendu, sous le nom de caféindigène, de Yorge mondéy torréfié, moulu et mêlé avec une petite quantité de café.
Le café Moka hygiénique est analogue au pain torréfié, additionné d*un peu de café; il est composé depow chkhes^ de seigle^ de glands, de café colonial, de c^'coré^, de meus, do semoule. (Brevet du S8 oct. ISSO.)
En 1853, la police de Lille a saisi, chez un épicier, de faux grains de café, mélangés au café pur. Ils étaient confectionnés avec du marc de café. Leur forme et leur couleur étaient tellement bien imitées, qu'un examen attenilf était nécessaire pour découvrir la fraude.
(') On a donné au café*chicorée b^^ancoop d'antres noms : chicorée
cAfA<fflKoaiE. 169
caramélisé. Cette raeme est découpée en morceaux de 0,05 à OylO de longueur, qae Pon sache dans des étuves ou touraiUes. Ces laciaes séchées sont ensuite torréfiées dans de grands oy* lindres en tôle analogues aux brûloirs à café; on obtient ce qu'on apelle des eoêsettesy qui, réduites en poudre ou en semoule, formait le succédané le plus ordinaire du café^ sous le nom de café^ ehieorée ou chicorée torréfiée (^).
Lorsque la racine est suffisamment torréfiée, le fabricant y «jovte 2 «"/o de ieurre pour lustrer la chicorée et lui donper l'aspect du café torréfié. Il paraîtrait aussi que cette addition de beurre aurait pour but dû fixer les poudres rouges que Ton ajoute à la chicorée pour lui donner la coloration du café. Outre les cossettes, on fait entrer aussi dans le café-chicorée les Umraillons ou passuresj c'est-à-dire les radicelles et parties menues des chicorées séparées des cossettes, à l'aide de claies, lors de la torréfaction (*).
La poudre de chicorée est brun-noirfttre, odorante, amère ^ mélangée au véritable café, elle en adoucit les propriétés excitantes.
En France, on évalue à plus de 30 niiillions de kilogr. la eovisommation de la chicorée (').
Cette fabrication, qui paraît être originaire delà Hollande, et que l'on pratique dans ce pays depuis plus d'un siècle, est restée secrète jusqu'en 1801, époque à laquelle le procédé de fabrication fut importé par M. dOrban^ à Liège, et par M. Giramij à Onnaing (Nord). Elle s'opère maintenant sur une grande échelle dans les départements du Nord, du Pas-de- Calais, des Ârdennes, en Normandie, en Bretagne, aux envi-
gros gromSf cMcorée royate^ chicorée en graine première qualité ou semoede^ mignonnBUej poudre superfine. Moka, Moka en poudre^ cafédes darnes^ crème de Moka^ fleur de Moka^ café pectoral^ café de Chartree^ café de santéj café de$ Ues, café aux Chmcis , café aux Indiens, aux Je^ vas.àUi Tom-Pouce, àlapdka; de café OVL Mokades colonies,
(*) Le sieur L... (Hem1)> de Clermont-Perrand^ a substitué à la chiooiée le mams torréfié et moulé par les moyens ordinaires, et en a fait Vk café dit indigène, à t f)r. 95 c. le 1/9 kilog.
(*) Les touraillons ne valent que S francs les 100 kil., tandis que les ooBselies Talent 90 francs.
(*) De 1S97 à 1836, il a été expédié de France à l*étranger iM,071 kil . de café-cliîcorée, représenunt une valeur de 391,989 francs.
170 càwé^mmtmJK,
roos d« Parôy en Belgique^ et» depuis 1846, «n AnglêlBni (*) .
FiMiFic4Tioirs. — Malgré soa prix peu élevé (% te caMobiaorée est Tobjet de nombreuses falsifioetionS) «a point ^àfe ee que Ton yçod quelquefais oomme poudre de ohieorée n'en e guère que )e nom (').
On a livré au commerce oomme oafié-ohieorée :
l"" Un mélange de marc de café ou de café épuisé et ée paintorréfié;
2**. De la poudre de chicorée, allongée de ««£&, de hri/gme $s>ugê pulvéri$ée, ou d'ocrf rouge dite petit rouge ;
S^ Un mélange de caféHshieorée et de noir animal épuiaé (résidu des raffineries) 5
4*' Un mélange de cefé-ctûcorée et de pouesière de a^tunUe, de débris de vermicelles^ colorés pour cet usage ;
5« De la poudre de cbicorée contenant 10 à 30 ^j^ d'sa», torréfiée avec de la graisse ou des vieuss beurres pour lui dnnner du moelleux» et colorée avec de ïoere rouge, dite rouge de Prusse^ dans une proportion qui varie de ^ à 40 ^/« (^);
6' De la poudre de chicorée humectée à'eau^ dans laquelle
(M t^'aceroissemenllneessâDldu caK-chlcorée, eo Anglteierre. a tmené une diminution notable dans rimporttUoa du eafé «iigrafe. On i eocH :4tt|4$ mie <iiiiiiiiuti0O, su ^miifs innôeii» de S miUieiM de livras pennl dans la consomuiation et de ISO mille livres sterling (4,500,006 fr.) dans le revenu public. Aussi, en août 185S, le t;ouvernement anglais a rapfi«ili Pacte de ta Trésorerie du mois d*aoûi 1840, qui avait autorisé la veBtode la chicorée, et, par suite, le mélaiige de ceile ssbstsnoe av«e le café.
(*) lia vriiguea, ie demi*kilo de café-chicoréa se vsad de i5 à SO c, et eu paquets, sous le nom de ^xidre-Moka^ on le \;ead de 30 à 35 c. ijs& carés-cbicorées ihrérieursse vendent 55 à SO fr. les iOO kil., et ceux de qualité supérieure, de 65 à 70 fr.
(*) £ji 1S53, sur 75 éGbaaiilloas de csfé'Cbiconîe {»ris dans Is coinjnerce et provenaut des étaUiasemeats les plus conims* II. A* Marquis en a trouvé 64 mélangés de inatièies terreuses; la proportion de ceodjres a vari^ de 1 à 51 Vo i 9 échaattllous en ayant donné ds 50 à
On évalua à 10 millions de kilogr. la consommation des substasces destinées k la iabrication de la chicorée.
(^) 11 paraîtrait qu*une fabrique a livré annuelLemfinl jusqu*à 450,000 kil. d*ocre pour cet usage. On le tire aussi des fabriques de Bourgogne et de Namur. CeUeocre est formée (Voxydedefur^ de carbonaU etde>itffeUêée ckanâx^ de aJk», d'akiÊmne^ et se vsnd de 15 à 26 fr. les 100 kilogrammes.
CÊBJHwnpmÉK,. 171
op êwêH é^yé iûB mla$S€8t et «ddiliooeée de ioumUhns (earaposés de 7/8 de terres et de 1/8 de déchets de ncine de
!• Uo mélaaga de poudre de chicorée, de terre, de ghm/df de chêne torréfiés, de déchets de betterave et de petit r^uge (^);
8* De to c.hicorée mtiée de résidus de brmserie ou de dis-^ isùeriede grmns, de coseeites deèelteraves, d^ pulpes de bette^ nsves torréfiées,
%^ Un mélvige de poudre de chicorée^ de gr^mimes torré^ fiées, de fsœroks^ pois^ lupins j haricots^ torréfiés (^);
lO'^Du eaféHshieorée mélangé de cendres tanùsées de houille XMarquis).
Le premier mélange peut se recoona}tre à la coloration Ueue que Teau iodée communique à son déeoeté aqueux, préalablement décoloré au oharboo. En outre, celui de 1^ poudra de chicorées seule fournit un extrait d'uu noir brillant, d'une saveur très-anière, qui rougit fortement le papief da tournesol; tandis que Teiitrait provenant du décocté aqueux .du mélatige est bnia terne» presque inodore e| sans amertume, et ne rougit que faiblement le papier 4^ touraeso). Ia pDadredechicoi^pure absorbe rapidement l'e^Ui et se précipite prosque instantanément, effet qui ne se produit pas avec .la poudre du mélange.
Le secotid mélange obs^vé par M. Dubois^ pbarmadxîn jk Montlhéry, se reconnaît au moyen de Teau ; le sable, la bri^ que en poudre se précipitent immédiatement. L'incinération dMAé auési une notion très-utile par la proportion do cendres qu'elle fournit, sachant que la ehicorée pure ne donne que 5 à à 6 •/» de cendres (*).
(^) Ge mélange a élé Mvré aa commerce à Bruxelles.
{*) Un bravel dMnveiiUon. «o date du 31 décembre IStS. a été accordé aux siears C... et L... pour fabricaiion de café-chicorée avec un mélange de seigto^ de betteraves^ de racine de chicorée du nord , de ai^iaoy et de café des iles^ torréCés airecxlu miel .et de Vêau^»dS'WS au loute autre espèce d^alco«»ls. . .
Le seigle et la chicorée pouvaient élre rompiaeés par les Xéveroles, le blé, Torge, les pois eblcbes, le gland et la çhitaigne.
La raeaUe de carmin frailiers de Paris pour faire llaf ufiiop de café a élé la suivante : 50 de terre de tourbe ou quelque cbes^ d'éqaivalcait 9ê d^ ekiosink ^ S% éB café ùrdmeirs.
(') Cepoadant nous avons eu récemment à examiner ua café-cbice-
172 CAFÉ-CBIOOBEE.
La troisième fraude a été signalée par M. Wi$lmy pharmacien à Gray. La poudre frelatée était humide, d'un louge brun très-foncé, d'une odeur presque nulle, d'une pesanteur spécifique très-considérable ; comparée à celle du café-chicorée de bonne qualité, elle présentait de petits points noirs brillants, croquant sous la dent comme le sable. Traitée par Peau bouillante, elle laissa précipiter une poudre noire, pesante, présentant tous les caractères du noir animal. Cette poudre s'y trouvait dans la proportion de 40 <^/o. L'incinération de cette chicorée frelatée est beaucoup plus longue et plus difficile, et, dans le cours de cette opération, il se dégage ordinairement une odeur de caramel; les cendres fournissent une proportion considérable de phosphate de (^aux.
Le quatrième mélange se découvre à l'aide de Teau iodée, colorant en bleuie décocté aqueux et filtré du mélange.
Pour les autres mélanges, on recherche la proportion de cendres fournies par l'incinération.
La présence des glands est décelée par l'eau iodée et par le persulfate de fer, qui produit une coloration dans l'infiisum préalablement décoloré.
n en est de même pour les mélanges de graminées et de légumineuses torréfiées avec la poudre de chicorée. L'eau iodée communique à leur décoction une coloration bleue, et le persulfate de fer une teinte noire ; ce qui n'a jamais heu avec la décoction de chicorée pure.
rée, dit fleur de Moka, qui a laî«é, après indnératioa, l&oA,6 d*iui râ» sida roua^^ proTenanl de passores ou de terre; et d'après nos expériences sur des cafés-chicorées prélevés à Bruxelles,
La chicorée pure donne 7 «/o de résidu.
La chicorée dite oafédêg oohmes. . 11 «/•
La chicorée prélevée à BruxeUes . 18 V* id. id 17 •/.
Le marc de café . 3 V«
Le café de glands a «/•
— de féveroles 3 •/•
— de haricots a V»
— de pois a Vo
Ainsi, il y a des chicorées, $x&mptêsdefairiflcation9^ qui donnent 7, 8, et même 9 % de cendres.
Pour n*obtenir que 5 à 0 Vo» il faudrait que la racine fût lavée lors de la récolte.
CALAMIIIE. . 17S
Quant au mélange avec les cendres de houille, il fournit une cendre blanc-jaunâtre, contenant de fortes proportions, tantôt d'argile, tantôt d'argile et de carbonate de chaux, qui proviennent des marnes argileuses ou calcaires que l'on ajoute, dans les départements du Nord, au charbon même, pour en faire des briquettes que Ton emploie comme combustible.
QALAMOim.
La calamine ou pierre calaminaire est un mélange de carbonate et de silicate de zinc secs ou hydratés ; ces quatre espèces constituent des mélanges indéfinis, souvent colorés par du peroxyde de fer ; ce qui établit la distinction des calamines ' blancheSt qui ne sont pas ferrugineuses, et des calamines rour ges, qui sont ferrugineuses, beaucoup plus fusibles, et moins riches. La densité des calamines blanches est 4,041; celle des calamines rouges, 3,837. Ces dernières se trouvent en plus grande abondance. La calamine a un aspect lithoïde, une couleur gris&tre, souvent jaune sale ; elle est soluble en gelée dans les acides; par la calcination, elle donne de Teau.
La calamine se compose de : zinc oxydé ^ 67 ; silice, 25 ; eauj 5 à 10; plus, acide carbimique, oxydes de plomb et d'étain en minimes proportions.
Usages. — La calamine, quoique rarement employée en médecine, fait partie de la pommade de Tumer; c'est le minerai de zinc le plus ordinairement exploité en Silésie, en Belgique, en Angleterre, dans la Carinthie.
Falsofigations. — La calamine est falsifiée ou même remplacée, principalement en Angleterre, par un mélange de sulfate de baryte (*), d'oxyde de fer, de carbonate de chaux, de carbonate ou de sulfate de plomb , et une petite quantité d'oxyde de zinc; par un mélange de carbonate de chaux y d'ardoise et de brigue pUée , liés ensemble à Taide d'une matière gélatineuse.
Pour reconnaître ces fraudes, on traite à chaud la calamine suspectée par de l'acide sulfurique étendu de son poids d'eau. Cet acide dissout l'oxyde de zinc, quand il y en a^ Toxyde de
(*) Ud chimiste anglais, M. B., a trouvé de la poudre de calamine du commeree renfermant 7S à 87,5 »/« de sulfate de baryte.
174 CALÀltUa AmOMATICUS.
fer, plus les cftrboiiates de chaux et de plomb a^ec efilen^escence^ et n'attaque pas les sulfates de baryte et de plomb, que Ton sépare en filtrant la liqueur sur du verre pilé. On TeuM dans celle-ci un grand excès de potasse qui précipite Toxyde de fer, la ch^ux, et retient en dissolution l'oxyde de zinc. La liqueur filtrée est neutralisée par quelques gouttes d'acide, Toxyde de zinc se précipite ; on peut en apprécier le poids après l'avoir lavé et séché. Cet oxyde de zinc, soluble dans Tacide nitrique, donne .une liqueur qui précipite en blanc par le carbonate alcalin, en jaune foncé par le cyanure rouge ; calciné avec le nitrate de cobalt, il donne une poudre verte, mélange des oxydes de zinc et de cobalt, connu sous le nom de Vert de Rinmann.
Quant au dépôt de sulfate de baryte et de plomb, on le fait bouillir avec du carbonate de soude ; il se forme du sulfate de soude et des carbonates de baryte et de plomb insolubles ; ceux-ci, séparés par filtration, sont traités par Pacide nitrique étendu , qui les dissout avec effervescence , et forme du nitrate de baryte et du nitrate de plomb. Le plomb est séparé, à Tétat de sulfure, au moyen de l'hydrogène sulfuré ; la liqueur filtrée présente alors toutes les réactions des sels de baryte, savoir : précipité blanc avec Tacide sulfurique, un sulfate soluble, un carbonate alcalin.
0AX.AMU8 AROMAnOVS.
Sous ce nom, on désigne, en pharmacie, la radne ou plu* lAt le rhizome desséché de Vacorus cûlamus (Aroïdées), qui a une odeur aromatique particulière très-agréable, et qui S8 conserve pendant très-longtemps : cette odeur suffit pour le distinguer de la racine de Viris pseudo-acorus (acorefaux), avec laquelle il est quelquefois mélangé. Le calamus arth moticus a une consistance spongieuse, une saveur acre, une cassure résinoïde et parsemée de points noirs et luisants, d'une couleur fauve et claire, et un état de siccité variable suivant Fétat hygrométrique de Pair. Les radicelles dont il est garni sont encore plus aromatiques que le corps même du rhicome^ qui est très-sujet à être piqué par les vers, et à se moisir.
Usages. — h& calamus aromaticus est un médicament tfè^
cAMomixfi bomâinb. 175
stimulant, qui entrait autrefois dans la composition de plusieurs préparations pharmaceutiques. Il donne à Teau-de-vie de Dantzick le parfum d'iris tirant sur la cannelle, qui la caractérijia< Oo remploie auasi dans la parfumerie.
OAMOMZXXB ROMAnril.
U cummille romaine {ant/iêmis nobtlis) appartient à la famUto de% Sytumthérées. Ses fleun, seules employées en médecine, ont le centre jaune et les rayons blancs, leur réceptacle est lfi«*eoiiveKe et garni de paillettes; elles exhalent une odeur afomatiqne particulière, forte, mais agréable; leur sa^ veur est très-amère. Elles contiennent une grande quantité de substance «xtraetive amère, et on en retire, par (Ustillation, une essenco visqueuse d^ine belle couleur bleue, qui bnmit au emitaci de l'air.
La camomille la plus estimée dans le commerce est celle de Flandre.
UflAGBs. -^ Les fleurs de camomille sont employées, en médeofaie, k raison de leur amertume et de Tessence etcitante qu'elles oontiennent; elles sont douées d'énergiques propriétés fébrifuges, stimulantes et antispasmodiques. On Jes prescrit en infusion.
ÀLTÉRATioifi. -^ Les fleurs de camomille doivent être choisies bien sèohes, et non altérées par Thumidité, non bri« sées, à cœur jaime et à fleurons bien blancs. On doit r^eter oriks qui sont jaunes ou brunes.
Les fleurs de camomille sont quelquefois mélangées de flems étrangères de moindre valeur, telles que celles du mairitaria eanurniiHa^ du tnairieutna suaveoleê^iy de la camomUk puante ou niaroute (anthémis cotula)^ de la camomUe 4m ekamp» {pnihemù arventù^ ou ehrysanihmntmi leucanikêmHtn, du chrymnihemum inodorum. Un examen attentif des carac^ tèPisboCa niques, la couleur^ rôdeur, la saveur, peuvent seuls lue déconvrir ces mélanges^ lorsqu'ils eustent.
Les fleurs qui n'ont pas de paillettes «ntfe les fleurons, eelles qui u'ohI pas sur le fruil un prolongement du tube du fleuron, et enfin celles qui ont des Xmeku jaunes 4 la base d<^s demi^fleurons* ne stel pasles flisufs de la camomille romaine.