‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 41 sur 251 · CAMPHRE · texte numérisé non relu

CAMPHRE

Le camphre existe tout formé dans plusieurs végétaux ; il est très-abondant dans une espèce de laurier, appelé pour cette raison camphrier, qui croît au Japon, en Chine, dans les îles Moluques. Le camphre est retiré par sublimation, et envoyé en Europe à Tétat brut, c'est-à-dire en poudre grise, en petits grains, qu'il faut sublimer de nouveau pour le purifier. On a alors le camphre raffiné.

Dans le commerce, on connaît trois sortes de camphre : le camphre de Hollande^ le camphre anglais^ le camphre français.

Le camphre de Hollande n'est pas toujours blanc , il est enveloppé dans des feuilles de pajpieat bleu très-fort.

Le camphre anglais est très-blanc, sonore, et enveloppé dans des feuilles de papier bleu léger.

Le camphre français est plus blanc, plus transparent et un peu plus solide que le camphre de Hollande, il est aussi enveloppé dans du papier bleu; ils sont tous les deux en pains de 1 kil., et le camphre anglais en pains de 4 kil. environ.

Le camphre est un corps blanc, cristallin, à odeur forte, à saveur amère et aromatique. Il est friable, facile à rayer avec Tongle, et se volatilise même à la température ordinaire. Sa densité varie de 0,986 à 0,996. Il est légèrement onctueux au toucher et un peu flexible. Il fond à 175% bout à 204<>. Il est très-combustible. Il est fort peu soluble dans Veau, très-soluble dans Talcool, Téther, les huiles grasses et volatiles. A cause de sa facile volatilité, le camphre doit être conservé dans des vases opaques bien fermés et placés eux-mêmes dans un heu frais et obscur.

Usages. — Le camphre est un médicament fréquenmient employé en médecine, et aussi dans l'art vétérinaire. C'est un excitant énergique et un antiseptique. On l'emploie pour préserver les étoffes et les fourrures de l'attaque des insectes. On le prescrit sous forme d'alcoolat, d'emplAtre, de poudre, etc. M. Maspail a recommandé les cigarettes de camphre contre les toux opiniâtres, l'asthme.

Falsifications. — On a cherché à .«substituer au camphre

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le produit connu sous le nom de camphre artificiel, qui n'est autre qu'un chlorhydrate d'essence de térébenthine. Il se distingue du camphre naturel en ce que, sous rinfluence de la chaleur, une partie se sublime, Tautre se décompose on dégage^ant beaucoup d'acide chlorhydrique, reconnaissable aux vapeurs blanches qu'il produit au contact d'un tube imprégné d*ammoniaque.

D'après M. W. Bailej/y la lumière polarisée peut servir à distinguer le camphre naturel du camphre artificiel : de petits fragments de chacune des deux substances sont mis sur des lames de verre ; on ajoute à chacun d'eux une goutte d'alcool, ils se dissolvent el cristallisent promptement. Observés au moyen du microscope et de la lumière polarisée , les cristaux de camphre naturel s'aperçoivent colorés; ceux de camphre artificiel ne présentent rien de semblable.

Le camphre a été falsifié par le ^e/ ammoniac. Cette fraucle se reconnaît en ce que le camphre falsifié, réduit en poudre et trituré avec un peu de potasse, de soude ou de chaux, laisse dégager du gaz ammoniac. Traité par Teau, ce liquide dissout tout le sel ammoniac et laisse le camphre, qui est fort peu soluble. L'alcool dissout tout le camphre et laisse le sel ammoniac indissous. La solution aqueuse de sel ammoniac donne avec le nitrate d'argent un précipité blanc caillebotté , insoluble dans l'acide nitrique, soluble dans l'ammoniaque; avec le chlorure de platine ^ un précipité jaune-serin.

La cannelle est l'écorce, privée d'épiderme, des branches du laurier canneUier{Laurus cttinamomum}, arbre de moyenne grandeur, de la famille des Laurinées, qui croit dans Ttle de Ceylan, en Chine, dans la Cochinchine, au Japon, aux lies de France et de Bourbon, aux Antilles, à Cayenne, et dans quelques autres parties de l'Amérique méridionale.

L'écorce de cannelle contient :

Huik volatile; tannin; mucilage; matière colorante; acide €innamique; amidon.

Dans le commerce, on cçnnatt cinq sortes principales de T. I. la

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e&tmenè : la Mmelle de Cëybm t la cmnêttê àê thine: la daûnetle de Sumatra ; la mrmelte de Cayennê ; la cannelle mate.

La cannelle de Coylan, qui est la plus estimée, est en faîscôaut tfèi4ongs, composés d'écorces irfes-minccs, roulées sut elles-mêmes, renfermées les unes dans les autres , ayant une couleur citrîne blonde, une saveur agréable, aromatique, chaude, légèrement piquante et sucrée.

La cannelle de Chine , moins estimée que la précéde&tô et très-répandue dans le commerce, est on faisceaux plus cotirts et se compose d*écorces plus épaisses et plus rouges, non roulèi»s les unes dans les autres; sa saveur est chaude et piquante. A la distillation, elle donne beaucoup plus d'huile volatile que la cannellr^ de Ceylan, mais elle a une odeur moins suave.

La cannelle de Sumatra tient le milieu entre les cannelles de Ceylan et de Chine ; elle est épaisse et mucilagineuso, et a souvent conservé une partie de son épiderme .

La cannelle de Cayenno, de première sorte, est fine, blonde, Bsset semblable pour le goût et l*odeur à la cannelle de Ceylan, mais elle est mal wtAée et forme des cylindres inégaux et courte, de la grosseur du doigt. La deuxième sorte a une saveur piquante; elle estrougeâlro, grosse, fibreuse, plus mal roulée que la précédente.

La cannelle mate est Vécorcc du tronc et des vieilles branches du eannellier de Ceylan et de Cayenne. Elle a une largeur de 0",06, une épaisseur de O^jOOS. Sa couleur est jaune-foncé à Textérieuri jaune pâh à Fintérieur; elle a une saveur agréable, mais très-faible; elle est mucilagineuso, presque jamais roulée, en morceaux plats, quelquefois un peu convexes.

La cannelle du Malabar, dite ca$sia lignea, est Técorce du btitruê casiia, arbre qui croit dans Tlnde. Celte cannelle ressemble beaucoup à celle de Chine, avec laquelle on la mélange souvent, mais elle a moins de saveur et d*odeur ; elle est en tubes droits, cylindriques, très-gros et très-durs, tonnés d'une écorce épaisse ; quelquefois elle ne prend pas, en se développant, la forme tubuleuse, ce qui lui a fait donner aussi le nom de cannelle plate ; de plus, elle est recouverte de son *piderme, a de la viscosité lorsqu'on la mâche, et

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setnble se fondre d&ns la bouche en une matière glaireuse. Par son ébullition dans Peau, elle donne une matière mucilaginense.

Usages. — La cannelle est employée en médecine conmie tonique, excitante et cordiale. La grande quantité d'huile volatile qu'elle renferme la fait rechercher, comme aromate et comme condiment, dans Part culinaire, dans Tart du confiseur, du parfumeur. Elle entre dans un grand nombre de préparations officinales.

FALsmcATioNS. — On a quelquefois falsifié la cannelle de Ceylan avec de la cannelk déjà épuisée par une distillation; celle-ci se reconnaît à be que ses morceaux sont plus ou moins brisés, leur couleur est d'im brun foncé, leur odeur et leur saveur presque nulles.

Une autre fraude consiste à vendre , comme cannelle de Ceylan^ des écorces de cannelle de Chine raclées jusqu'à ce qu'elles aient acquis la grosseur, Pépaisseur de la cannelle de Ceylan; la dégustation et Podorat, joints à la rugosité de la surface extérieure, suffisent pour faire reconnaître cette substitution.

On a vendu aussi, comme cannelle de Ceylan et de Cayenne, des écorces de cannelle sauvage. Mais leur flcreté, leur odeur de punaise, l'absence totale de Tarrière-goût agréable et doux de la cannelle de Ceylan, le mucilage qu'elles contiennent et qui les rend pâteuses lorsqu'on les mâche , empêchent de les confondre avec la véritable cannelle de Ceylan ou de Cayenne.

La cannelle a été encore sophistiquée par l'écorce d'un arbre d^Amérique assez semblable au cannellier. Cette écoree est d'un blanc mat, mais on la colore artificiellement. Son odeur et sa saveur ressemblent beaucoup à celles du gingembre et du girofle.

On a aussi totalement substitué à la cannelle de Ceylan la cannelk giroflée, appelée aussi bois de girofle, bois de crabe, arbre qui croît dans les Antilles ainsi qu'à Ceylan. Cette cannelle est en bâtons formés d'un grand nombre d'écorces minces, compactes, roulées les unes autour des autres, à surface unie, d*une couleur brune foncée, à texture serrée, à cassure fibreuse; leur saveur est piquante, leur odeur aromatique, semblable à celle du girolle, mais un peu plus faible.

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