CHOCOLAT
Cette introduction de xanthine, substance soluble» ne peut épaissir le chocolat à la cuisson, comme le font la fécule et la farine ; elle peut ôtre reconnue par Teau iodée. On fait bouillir, pendant dix minutes, 5 gr. du chocolat suspect avec 200 gr. d'eau pure ; le liquide filtré, si le chocolat contient de la dextrine, acquiert par Peau iodée une teinte lie de vin ou marron, qu'il est très-facile d'apprécier.
Toutes ces expériences doivent être faites comparativement avec le chocolat pur, pris pour type.
B. — Chocolats médicinaux.
En pharmacie, le chocolat sert de véhicule à des substances médicamenteuses, telles que le lichen^ les fécules (arrow-root, sagou, salep), Viode^ Viodure de fer, la quinine, le tapioka, le café (chocolat-café, choca), le carbonate de protoxyde de fer. Ces chocolats sont dits pectoraux ou analeptiques, toniques; ils sont fébrifuges. On les prescrit pour les personnes délicates, d'une poitrine faible ; pour les convalescents, les personnes nerveuses et ayant peu d'appétit.
On fait aussi des chocolats stomachiques, dans lesquels on incorpore divers extraits^ teb que ceux de quinquina, de quassia^ de colomboy de gentiane, de petite centaurée, de ménianihe, de houblon, de noyer j de chardon bénit, de germandrée^ etc.
On prépare également des chocolats vermifuges, dans lesquels entrent la mousse de Corse, la racine de fougère, Vécorce de grenadier, Vèthiops minéral; des chocolats aphrodisiaques à la pâte desquels on ajoute du musc, de la civette, etc. ; des chocolats purgatifs au mercure doux, à la poudre dejalap.
Conmie il n'y a que les pharmaciens qui puissent préparer et vendre ces chocolats, ils ne sont pas sujets à des falsifications. Mais il peut être utile, dans certains cas, de savoir les
échantillon de qualité Inférieure : Je ne crois pas qu'on puisse fabriquer d» ehocoUU de quaUté phts inférieure ; cette fabrication est honteuse pour le commerce. Je n'en fabrique qu'à mon corps défendant et pour soutenir la concurrence. Je n'ai qu'un regret, c'est celui de croire que ^administra-- Uon est ia^puissante pour s'opposer à cette pitoyable fabrication, qui consiste tout simplement, en défMUve, à faire du chocolat avec les derniers rendus du cacao (il anrait fallu ajouter : additionnés de fécule), comme fo» descend la qualitédu poîn, pourenpr^rer avec du «on, àVusage diss
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disGnguer des chocolats aliment^res. Les tnùtepients aguçax ou alcooli(|ties, le traitement par les acides, Vemploi 4§f réactifs, rincinération, seront les moyens auxquels on deyfi avoir recours.
Le traitement aqUeux servira à séparer les matières minérales insolubles, telles que le mercure doux, rélhiopç minéral, le carbonate de protoxyde de Ter; le Iraitemenl alcoolique, à isoler quelques substances, comme la quinine; ie traitement par les acides, à dissoudre diverses substances minérales.
L'incinération, ou la projection sur des charbons rouges, sera utile pour déceler Tiode, Tiodure de fer.
Enfin, on a trompé sur le poids dans la vente du chocolat : on en a vendu en tablettes représentant une livre , qui ne pesait que 400 à 440 gr. («).
OBROBiATB liB FLOMll.
Lfe chromate de plomb, ou jaune de chrome, est pulvérulent, d'uïi beau jaune, moulé on pains carrés ou en trochisqûes. Sa couleur varie du jaune clair au jaune orange, suivant qu'il y a ou non excès de base. Il est insoluble dans Teau, soluble dans la potasse, Facide azotique; chauffé, il se décompose en oxyde de plomb et oxyde de chrome. Il renferme 68,15 éçi protoxyde de plomb, et 31,S5 â'acide chromique.
Usages. — Le chromate de plomb est Irès-eniployé dans la peinture à Thuile ; dans la fabrication des papiers peints, des indiennes. Il entre dans la composition de vernis de couleur. Il sert à la coloration des poteries.
Falsifications. — Le chromate de plomb est souvent falsifié avec le sulfate de chaux ou plâtre, les carbena^ 4e
(■) En 1851, le neor P.,.., drogufste, t été condamné i 50 firancs d*aitiende pour avoir vendu 400 gr. de chocolat |iour 500 gr.
Les sieurs L. . ., confiseur, et T.... L..., épicier, ont été condamnés parle tribunal (•• Chambre), chacun à six jours de prison et 100 Francs ^Hunenée pour fiibriGaiion et vente de paquets de chocolat devant peser î/% kllôg., et 8tt^ lesquels 11 y âvSilt «B dèlôit de ItO gr.
CHROMATE DE PLOMB. 2^1
chaux ^ de pbmb , le sulfate de plomb, ï amidon. Certains échantillons ont contenu jusqu'à 85 ""{o de plâtre. En traitant à chand le chromate de plomb par Tacide nitrique, les sulfates de chaux et de plomb restent en partie dans le résidu ii^soluble. Ce dernier, calciné avec du charbon, puis dissous dans Veau et traité par l'acide chlorhydrique, donne lieu à un dégagement d'acide sulfhydrique. La liqueur acide, filtrée et additionnée d'ammoniaque pour précipiter les substances étrangères à la chaux, puis filtrée de nouveau, donne avec Toxalate d'ammoniaque un précipité blanc d'oxalate de chaux. On peut encore s'y prendre de la manière suivante : on fait bouillir le chromate de plomb suspecté avec de l'acide chlorhydrique , mêlé d'alcool ; on a du chlorure de chrome d'un beau vert , du chlorure de plomb et du sulfate de chaux, si le chromate de plomb contenait du plâtre. Ces deux derniers sels insolubles sont recueillis sur un filtre, puis portés à l'ébuUition avec du carbonate de soude : on a du carbonate de plomb, du carbonate de chaux et du sulfate de soude. On reprend par l'eau : la solution filtrée précipite en blanc par le chlorure de baryum. Le résidu, insoluble dans Veau, fait effervescence avec l'acide nitrique; et la liqueur acide, débarrassée du plomb par un etcès d'ammoniaque , précipité éû blanc par Voxalate d'ammoniaque.
Les carbonates de plomb et de chaux, dans le chromate, se reconnaissent facilement à Teffervescence produite par ce dernier, au contact de l'acide nitrique. On fait passer dans la solution acide un courant d'hydrogène sulfuré, qui détermine la formation d'un précipité noirâtre de sulfure de plomb, que l'on sépare au moyen du filtre ; la liqueur filtrée donne avec l'oxalate d'ammoniaque uu précipité blanc d'oxalate de chaux.
L'amidon ajouté au chromate est décelé par l'odeur que le sel répand lorsqu'on le calcine; en outre, ce chromate, réduit en poudre et traité par Teau bouillante, fournit un liquidé qui bleuit avec l'eau iodée.
S32 aoRE
OMAm »■ POTAMHi.
Le chromate neutre de potasse est d'une belle couleur jaunedtron, d'une saveur fraîche, amère, désagréable. Il cristallise en petits prismes rhomboïdaux, très-solubles dans Teau, mais plus à chaud qu'à froid. Il est inaltérable à Tair. Il a des réactions alcalines, rougit le curcuma, ramène au bleu le tournesol rougi, ce qui Pa fait appeler quelquefois sous^ht^omate dépotasse.
Usages. — Ce sel est employé dans la fabrication des toiles peintes, et à la préparation des autres chromâtes.
FALSIFICA.TIONS. — Dans le commerce, le chromate de potasse est quelquefois mêlé de sulfate de potasse ; on y a trouvé jusqu'à 56 ""/o de ce sel. Ce chromate falsifié est d'un jaune pâle. La fraude se reconnaît en décomposant par le nitrate de baryte une solution aqueuse de chromate ; il se forme un précipité de chromate et de sulfate de baryte, sur lequel on verse un excès d'acide nitrique qui dissout le chromate de baryte et laisse intact le sulfate. On connaît la quantité de sulfate de potasse ajoutée, par celle du sulfate de baryte que Pon obtient ; sachant que 100 gr. de sulfate de potasse donnent 133sr^64 de sulfate de baryte.
On peut encore calciner le chromate avec du charbon ; s'il y a du sulfate de potasse, il est converti en sulfure, qui donne lieu, par le contact d'un acide, à un dégagement d'hydrogène sulfuré.
OUIRB.
Le cidre, boisson fermentée, préparée soit avec les pommes, soit avec les poires (poiré), se fabrique dans quelques provinces de France , et plus particulièrement en Normandie et en Picardie (^).
(^) La coDSommatioù du cidre de pommes esl plos considérable que celle du poiré. Les départements des anciennes provinces de Normandie et de Picardie produisent, annuellement, i millions d*hectolitres de cidre de pommes» et 871,000 hectolitres de cidre de poires ou poiré.
A Paris, on consomme annuellement 15 à 16 mille hectolitres de cidre et poiré.