‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 53 sur 251 · CIGUË · texte numérisé non relu

CIGUË

OIOUB.

Parmi les différentes espëcs de cigué, la grande ciguë ou ciguë maculée [cicuta majora conium maculatum)^ de la famille des Ombellifères, est la seule employée en médecine. On l'administre sous forme d'extrait, d'emplAtres, de poudres, etc.^ pour résoudre des engorgements chroniques.

Falsifications. — La dguè a été trouvée mélangée avec les plantes suivantes : la ciguë vireuse, ondcutaire aquatique (cicuta virosa), la petite ciguë (œthusa cynapium), le cerfeuil (scandix cerefolium), le persil (apium petroselinum), le cerfeuil sauvage (chœrephyllum sylvestre), le cerfeuil bulbeux (chœrephyllum bulbosum}, le cerfeuil musqué (scandix odorata), làphellandrie aquatique (phellandrium aquaticum). Ces végétaux présentent entre eux des différences assez marquées pour pouvoir les distinguer, après un examen attentif, de la ciguë que Ton vend dans lé commerce.

La grande ciguë a une tige herbacée^ rameuse, glabre, haute de 1 à 2 mètres, cylindrique, légèrement striée, et marquée de taches d'une couleur rougeâtre foncée. Elle a des feuilles alternes^ très-grandes, à folioles allongées, profondément dentées. Froissées entre les doigts, elles exhalent une odeur herbacée, vireuse, désagréable, que Ton a comparée à celle de Furine de chat.

La ciguë vireuse a ime tige dressée, rameuse, cylindrique, creuse, haute de 1 mètre, glabre, striée, verte. Ses feuilles inférieures sont grandes, à folioles lancéolées, aiguës, étroites , profondément et irrégulièrement dentées, à pétioles cylindriques, creux et striés longitudinalement ; les feuilles supérieures ont des folioles presque linéaires et dentées.

La petite ciguë a une tige dressée, rameuse, cylindrique, glabre, striée, glauque, rougeAtre inférieurement, creuse»

nelle, fut condamné à 10 fr. d^amende et à la confiscation du cidre saisi. Ce dernier était si peu marchand , si mauvais, que, dans l'intérêt du prévenu, on déclara qu*il n'était point destiné à être vendu comme boisson ; quMl avait été converti en vinaigre, et quel vinaigre ! En réalité, ce n'était ni du cidre, ni du vinaigre; çç fut simplement une spéculaliou, puqiç de iO francs d*amend9!

aNABRE. 237

portant des feuilles à folioles étroites, aiguës, incisées, d'un yert foncé, et luisantes ; son odeur est vireuse et nauséabonde.

Le cerfeuil a une tige rameuse, dressée, glabre, cylindrique, un peu striée ; ses feuilles sont à folioles ovales, incisées et dentées, étroites et d^un vert clair.

Le ceifeuil sauvage a une tige rameuse, dressée, cylindrique; des feuilles pétiolées, à folioles ovales, très-aiguës, d'un vert foncé.

Le persil a une tige glabre, striée longitudinalement, non glauque, un peu ûstuleuse intérieurement. Les feuilles sont décomposées, à pétioles canaliculés, élargis à la base, à folioles profondément incisées en lobes aigus, glabres et non luisantes.

Le cinabre ou sulfure rouge de mercure^ deuto ou bisulfure de mercure j se présente en masses violettes ou d'un rouge foncé, à cassure brillante et cristalline, se réduisant par la trituration en une poudre d'un rouge vif, connue sous le nom de vermillon. Le cinabre est insipide > inodore, insoluble, inaltérable à Fair, volatil en vase clos, décomposable par la chaleur au contact de l'air.

Usages. — Le cinabre est très-employé en peinture. En médecine, on en fait usage à l'extérieur contre certaines maladies de la peau et les affections vénériennes. Il sert en fumigation, entre dans la composition de la poudre tempérante de Stahl, des bols rouges, de la pommade antiherpétique d'Alibert, etc.

Falsifications. — Le cinabre, surtout à l'état de vermillon, est^phistiqué avec des substances d*une valeur moindre, telles que le minium^ Voxyde rouge de fer ou colcothar, la brique pilée, le sang-dragon^ le réalgar ou sulfure rouge doT' semcj \e sel ammoniacale silicate d'alumine {^)j le tak fie sulfate de baryte, le chromate de plomb bibasique^ la céruse (^).

(■] M. Magoniy, de Bordeaux, a trouTé jasqn^ii M Ve de silicate dV lamine dans un échantiUon de cinabre.

(*) Dans le commerce, certains mélanges, qni n*ont songent avec le d-

è38 CINABKE.

Le cinalbre mêlé de minium a un aspect leri^e ; traité piJ l'acide nitrique, il se colore en brun par la formation de l'oxyde puce.

D'ailleurs, presque toutes les substances avec lesquelles on fraude le cinabre peuvent se reconnaître par l'action de la chaleur : le cinabre pur ne laisse pas de résidu; le réalgarel le sel ammoniac sont seuls volatils. De plus, s'il contient une matière organique, tulle que le sang-dragon, Faction de la chaleur produit un charbon boursouflé. Le résidu fixe est traité par l'acide nitrique ; la partie insoluble est de la brique pilée, ou du silicate d'alumine, du talc, du sulfate de baryte, si elle est blanche.

La partie soluble est traitée par l'ammoniaque, qui y détermine un précipité jaunâtre d'oxyde de fer mêlé d'oxyde blanc de plomb, s'il y a du minium ou de la céruse dans le cinabre. Dans ce dernier cas, on a un précipité blanc avec le sulfate de soude, noirâtre avec l'hydrogène sulfuré. Le cinabre qui contient de la céruse fait, en outre, effervescence au contact de l'acide nitrique.

mbre rien de commun que le nom, sont vendus sous les désigntUons soi** y/IRte$; VfrmUUfn anglais^ vermiUon français ^ v^rmiUon éCÀUêmagn^f vermillon factice. Le vermiUon dit de la Chine est le seul exempt de substances étrangères.

Les autres vermillons offriraient la composition suivante, d*après les analyses de HM. Tricard et Pommier :

Ctnabra.

VarvlUoii #Bil«to. n «t « 4« ^asqul-osyde de ftr.

— françali, 70 at SO de cbrom. de plomb bibasiqoe. <* id. U et M de id.

— td. 90 et 10 de aolfate de btrjte.

— ht. 70 et So de mlalttm.

— 14. 70 et 90 d* chroB. de pl9«^ Hbufaae, ■4lltii«an» d# otem*. ^ id. U et 46 de id. l^,

~ id. as et 65 de Id. Id.

— id. Met sdeuit.

— d'Allemagne, 86 et is de Ule.

*- Id. 00 et 10 de brl^ne pllèe.

Le vermillon faclice n*est que du chromate de plomb bibasique, ou souschromate de plomb , presque toujours mêlé d'Une quantité notable dé céruse.

£n 1854, le sieur M. . . qui avait vendu à des faliricants d'allumelies chimiques du chromate de plomb bibasique (sous-chromate de plomb}, sous le nom éevermiUond'AUemagne.àéié condûmné, |)ar la 7' Chambré, à quinze Jours de prisoii et 9^ fr. d'amende.

ctftË. 23§

Le ciiiàbi-l M jiféâlàblemènt t^lilté par râlçooî, qui fae dissout que le sang-dragotl, si cette résine a servi à le frauder.

La présence du réalgar est décelée soit par Tapparitiou d'une fumée blanche et Todeur alliacée qu'exhale une petite quantité de ciHinre projetée sur une plaque de fer roiige , soit en faisant bouillir le vermillon avec de la potasse caustique; le liquidé, décanté et saturé pai* Tacide chlorhydrique, donne un précipité jaune de sulfure d'arsenic sous Tinfluence d'un courant dliydrogène sulfuré.

L'addition du sel ammoiiiâc au cinabre ne peut être reconnue pair la sUbliinatidn, thaïs bh la dénote facilement au moyen d'iin traitement par l'eati distillée ; la liqueur donné avec le nitrate d'argent un précipité blanc, caiUebotté, soluble dans Pamrhoniaque, insoluble dans l'acide nitrique. De plu^ le cinabre ainsi fraudé , chadffé àVcc un peu de chaux vive, dégage des vapeurs ammoniacales, tendues sensibles par Vàpproche d'une baguette de verre imprégnée d'acide nitrique ou acétique.

Le vermillon sophistiqué par le chromate de plomb bibasique et la céruse {vèrmilbn factice) y étant soumis à Tactiori de la chaleur, laisse un résidu de chromate de plomb qui, traité par l'acide cHlorHydftquë, lui communique une coloration verte très-intense, en laissant déposer du chromate iieiitre ; les liqueurs provenant de ces i*ëàfctions présentent les caractères des sels de (jloinb et de chrome (Voy. à la fin dû tome II).

ox&É.

La cire est une stibstânce solide; compacte , d'un jaune plus ou moins foncé, fournie par l'abeille {apis tnelHfica)^ insecte de la famille des Mellifères, ordire des Hyménoptères. C'est la matière qui compose les rayons dans lesquels Tabeille dépose ses œufs et le miel qui doit servhr à sa nourriture pendant lliîver. La cl^e est insoluble dans l'eau, solùble dans les huiles fixes, dans 20 p. d'alcool et d'éther bouillants, dans l'essence de térébenthine. Sa saveur est presque nulle , son odeur aromatique analogue à celle du miel; elle est sèche, non grasse iiu toucher, tenace et cependkiit cassatite; sa cassure est nette, 8 stWVi^c uh peu grenue. La cire jeune fond à «2*«- , là t\rè

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