‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 54 sur 251 · CIRE · texte numérisé non relu

CIRE

blanche fond seulement vers 65^; elle est inflammable et brûle sans résidu; sa deûsité est 0,972.

Dans le commerce, il y a deux sortes de cire : la cire jaune ou cire brute, et la cire blanche ou cire vierge. On la trouve sous forme de pains orbiculaires et de prismes allongés rec^ tangulaires.

La cire paratt être formée par la réunion de quatre matières différentes : la myridncy la céraïnCf lucérine et la cérth léine (John^ Boissenot et Baudet^ Lewy).

Usages. — La cire sert à faire des bougies de luxe, des cierges; elle sert au moulage des figures, des pièces anatomiques; elle entre dans la composition de l'encaustique; elle sert à la préparation des crayons lithographiques, du mastic de bouteilles. La cire jaune sert au frottage des appartements. £n pharmacie, la cire blanche est employée à préparer les cérats, certaines pommades et onguents.

Falsihcations. — La cire est falsifiée avec les résina, le galipot^ la poix de Bourgogne, les substances terreuses j le soufre en fleurs j l'amidon et les substances amylacées^ le suif^ Vor cide stéariquey la stéarine ^ Vocrejaune^ les os calcinés, la sciure de boisj Veau,

La présence des résines, du galipot dans la cire jaune, se reconnaît d'abord à la viscosité, à Todeur et à la couleur ; puis, en traitant à froid la cire par Talcool, ce véhicule dissout la résine, la cire y étant peu ou point soluble. La liqueur alcoolique évaporée donne pour résidu les résines que Ton reconnaît à l'odeur qu'elles exhalent lorsqu'on les projette sur des charbons. En traitant à chaud la cire par l'essence de térébenthine, ainsi que l'a indiqué H. Delpechj l'amidon et les substances amylacées ou terreuses restent comme résidu; la cire seule est dissoute. On peut encore faire bouillir la cire avec de Teau, et essayer par la teinture d'iode le liquide froid et clair; s'il contient de la fécule, il a d'abord la consistance de l'empois, et prend la coloration bleue caractéristique. Ou bien, on traite à chaud la cire par 2 p. d'acide sulfurique étendu de 100 p. d'eau, l'amidon est transformé en dextrine et reste en dissolution. En laissant refroidir et décantant, on recueille la cire qui s'est figée à la surface du liquide, et, après Favoir lavée etséchée, on appré-

eie le poids de la fécule par la différence de poids de la cire ayant et après cette opération. Ce moyen de découvrir la fraude peut aussi servir à purifier la cire de la fécule qu'elle contient.

MM. Bonnard et Thieulien ont ainsi trouvé, dans le commerce, des pains de dre contenant 60 Vo de fécule ; M. Sentin a trouvé de la cire jaune qui en contenait 50 "/o ? et M. Lanrentj de Marseille, 40 <»/o.

La falsification dje la cire par la fécule a été signalée en premier lieu par M. Delpeçk, pharmacien à Bourg-la-Reine, près Paris. Cette cire falsifiée est moins onctueuse et moins tenace ; elle se divise, par le choc, en petits fragments grunaeleux; sa couleur est jaune terne; elle ne se dissout pas entièrement dans Tessence de térébenthine, et laisse un dépôt blanc, facile à reconnaître au moyen de la teinture d'iode (').

La falsification de la cire par le suif se reconnaît d'abord à sa saveinr et à son odeur désagréables. Elle est moins cassante, plus onctueuse au toucher; projetée sur des charbons ardents, elle répand une fumée plus épaisse que ne le fait la cire pure. Cette cire falsifiée donne, à la distillation, un liquide contenant de Tacide sébaciquQ, qui forme avec Tacétate de plomb un précipité blanc de sébate de plomb. Ce moyen a été proposé par KM. «/. Boudet et Boissenot. Depuis, M. Zepage^ de Gisors, a conseillé de mettre en communication le récipient de Tappareil distillatoire avec un petit flacon contenant de Teau distillée pour condenser Vacroléme ('], reconnaissable à Faction de sa vapeur sur les yeux et les organes de la respiration.

Pour reconnaître le suif dans la cire, M. Lepage a fait des

(0 M. Martin, pharmacien à Brou (Eure-et-Loir), a fait connaître, f que de la cire vendue par un paysan à un pharmacien contenait 68 de firine et 8S de cire ; 99 que Ton peut mêler une grande quantité de farine à la cire jaune, sans que la couleur de celle-ci soit sensiblement altérée; 3<> que la cire qui renferme 10 V» de farine prend une couleur bleoAlre par son séjonr dans Teau iodée; i« que le mélange dans lequel il entre S3 Vo de farine, au lieu de surnager, tombe au fond de l'eau lorqu^on le met en contact avec ce liquide.

(*) Corps liquide observé d'abord par Brandes , puis étudié par BmrzéUus et Redtenhacher, Il ae forme dans la distillation des graisses, des huiles et antres combinaisons où so ironvc In ${ivccrinc.

ek{)éHences àttif lès V'ariàtions dil pôiril de hision de la cîté Sillôhgéë de ce borps gras. Il a. dresse le tableau suivant, k rins^èction duquel on voit ^\x'i\ est possible de décelai', à Taide du point de fusion, 1/8 de suif dans la cire.

Fusion.

Fasîon.

Cirejautte

Cire blanche

B0àT0o«-

Cire Jaune renrermant

Cire blanche renfermant

son poids de suif. . .

son poids de suif. . . .

6ioc.

eioc.

VO

6Soe.

i/lî

6ioc.

6ioc.

1/ao

M. V. Legrip H également fait des expériences, dans le but de reconnaître les mélanges de cire et de suif, par le point de fusion ; les résultats qu'il a obtenus tic s'accordent pas tout à fait avec ceux dé M. Lepage.

H. Lèjfrip, pensant que le point de fustoil ne peut indiquer la fraude qite d'une manière imparfaite, a pris là detisité comiUe moyen de distinctlbil. Il a obtenu le même nombre 8,962 pour la densité de la cire jaune et de 1& cire blanche, et 0,881 poiir celle du suif. Puis il a préparé à + 15^- («) 2 liqueillrs cérùmétrigues : l'une, dont le poids d'un tolume soit égal ail poids d'un volume ^mblable de cire exempte de suif, et marquant 29» à Talcoomètre de Gay-Luésac; l'autre, dont mi volume soit égal en poids à un volume de suif exempt de cire, et marquant 46° à l'alcoomètre . Tout mélange de ces deui liquëiirs, en proportion quelconque, représentera un mélange correspondant de cire et de suif; ainsi un mélange, à parties égales, des deux liqueurs, représentera un mélange de 50 p. de cire et de 50 p. de suif.

On peut encore prendre un échantillon moyen de la cire à examiner, et on le plonge à + 15^-, dans une liqueur céro-

(*} CeUe température est u*ès-im portante à mainienir ; faute de ce soin, Topera tion ne réussit pas.

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mébriqiie préparSlô îftvec des proportions d'eau el d'alcool , telles que Téchaiitillon reste suspendu au tnilieu du liquide sans pouvoir ni gagner là surface, ni atteindre le fond.

Uéchantillon de cire enlevé, on le remplace par l'alcooxnitre, et le degré marqué par ce dernier, étant toujours entre

29 et 46, indique la richesse en cire bu le degré cérométriqué de l'échantillon spumis à Fessai, et par suite la quantité de suif qui y aUra été introduite.

Ainsi, d'après les expériences de M. Legrip, la liqueur cérométriqué, marquant à Talcoomètrc SO*", représentera :

cire 100, suif 0 33,3 cire 75, suif 25

37,5 cire 50, suif 50

41,7 cire 25, suif 75

46 cire 0, suif lOO

Il est clair qu'on peut constîruire un céromètre ayant une échelle centésimale ; le point inférieur, cire 100, répondrait à 29* de l'alcoomètre, et le point supérieur, cire 0, à 46.

M. E. Geith a indiqué le moyen suivant pour déceler la falsification de la cire par le suif : on met dans une cornue 4 gr. de cire avec 60 gr. d'alcool à 0,80 ; on fait bouillir et on verse le tout dans un autre vase contenant 30 gr. d'alcool à 0,80 froid; on lave la cornue avec 3(j gr. d'alcool bouillant. Lorsque le mélange est refroidi, on filtre et on ajoute 60 gr. d^alcool à 0,80 sur le résidu. La ciire est ensuite mise dkns une capsule avec 4 gr, de carbonate de soude et 24 gr. d'eau distillée, et bôuilhe jusqu'à ce que le fond de la capsule commence & se couvrir de carbonate de soude. On ajoute pncore

30 gr. d'alcool à 0,80 à là masse chaude, en remuant le tout avec un pilon, jusqu'à ce que la inatière insoluble forme une poudre fine. On ajoute aloîrs (jiielques grammes d'alcool à 0,50 après refroidissement ; on filtre et on lave le dépôt sur le filtre avec de l'alcool à 0,50, aussi lôfagtemps que la liqueur filtrée est troublée par une solution acide d'acétate de plomb ; p\m bh l'introduit dans une fiole à médecine et on la secoue fortement. Si la cire est pdre, une légère écume se forme S la stiirface, niais disparaît au bout de quelques minutes; si elle est fraudée seulement de t ou 3 **/o de suif ou d'acide stéân<îûèy ii àé produit une écume très-abondante qui exige

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une demi-heure à une heure pour disparattre. En ajoutant au liquide contenu dans la fiole un excès d'acide acétique, le liquide deviendra à peine opalin, si la cire est pure ; si celle-ci contient du suif ou de Tadde stéarique, il s'y produira un précipité floconneux , plus ou moins abondant, qui montera graduellement à la surface du liquide.

La falsification de la cire par Facide stéarique, signalée par M. Lacassin, peut se reconnaître, d'après H. C. Regnardj au moyen de Feau de chaux ou de Tammoniaque ; mais le premier réactif est préférable au second.

On chauffe Tcau de chaux avec la cire à examiner, préalablement coupée en lanières aussi minces que possible. Si la dre est pure, Teau de chaux reste transparente ; dans le c^is contraire, elle perd bientôt sa transparence et sa propriété de ramener au bleu le papier de tournesol rougi ; il se forme un louche très-sensible, et im dépôt de matière blanche qui estllu stéarate de chaux insoluble. Avec une eau de chaux de force connue, on peut reconnaître la proportion d'acide stéarique contenue dans la cire, sachant combien il faut d'eau de chaux pour saturer une quantité déterminée d'acide stéarique.

Si Ton broie dans un mortier la cire avec de Tammoniaque, le liquide se trouble lorsque la cire contient de l'acide stéarique, et il se forme du stéarate d'ammoniaque ; mais le louche ne paraît pas si on agit sur des liqueurs étendues.

M. Vogel indique le chloroforme comme propre à découvrir les falsifications de la cire blanche par le suif ou l'acide stéarique. 1 p. de cire pure, traitée par 6 à 8 p. en poids de chloroforme à la température ordinaire, laisse 75 7o de résidu; le chloroforme dissout 25 **/o. Par conséquent, toute cire qui» soumise au même traitement, éprouvera une perte excédant le 1/4 de son poids, devra ôtre considérée comme adultérée.

Pour découvrir la présence de la stéarine dans la cire, M. Lebel fait fondre 1 p. delà cire suspecte dans SI p. d'huile, le tout est battu avec son poids d'eau, puis il ajoute quelques gouttes de sous-acétate de plomb liquide. Il y a décomposition instantanée; il s'est formé un stéarate de plomb d'une solidité très-remarquable. On peut ainsi reconnaître 1/20 de stéarine.

Le mélange de cire et de poudre d'os calcinés se reconnaît

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