COCHENILLE
avec la poudre, qui adhère à la surface, lui donne un reflet blanchâtre, et augmente en même temps son poids. Si la cochenille est trop blanche, on la noircit avec la plombagine. Si on frotte cette fausse cochenille grise entre les mains et au-dessus d'une feuille de papier, on peut recueillir la poudre de talc ou de céruse. Dans ce dernier cas, la poudre noircit par l'hydrogène sulfuré.
On met aussi une certaine quantité de cochenille dans l'eau. La bonne cochenille se gonfle et prend une forme OToIde aplatie en dessous, et on peut facilement distinguer les onze anneaux qui se trouvent sur le corps de l'insecte. Chez la fausse cochenille, les rides s'ofTacent, le talc ou la céruse tombent au fond du liquide; si elle a été faite avec des grabeaux, le mucilage se sépare et la substance devient pulvérulente; on n'a plus qu'un magma.
La falsification, au moyen du .plomb ou de la soudure des plombiers, a été signalée par MM. Boutigny, Magonty et H. Lepage, Pour la reconnaître, on triture quelques décigrammes de cochenille dans un mortier de porcelaine, on délaye la poudre dans un peu d'eau, on décante et on verse une nouvelle quantité d'eau afin de bien enlever toute la poudre de cochenille, et ou trouve au fond du mortier des paillettes d*un brillant métallique. On les chauffe avec un peu d'acide nitrique. Si elles ne sont composées que de plomb, elles se dissolvent entièrement; dans le cas contraire, elles laissent un résidu blanc, insoluble, que l'on sépare par la filtration. La liqueur filtrée précipite en jaune par le chromate de potasse, riodure de potassium; en blanc, par le sulfate de soude; en noir, par Vacide sulfhydrique. Le précipité blanc, séché et chaufTé au chalumeau à un feu de réduction vif et soutenu, laisse un petit bouton métallique, facilement soluble dans Tacide chlorhydrique ; la dissolution présente tous les caractères des protosels d'étain, c'est-à-dire donne un précipité brunchocolat par l'hydrogène sulfuré, le précipité pourpre de Cassîusavec le chlorure d'or.
M. Mont/tiers a observé une falsification de la cochenille, qui consiste à la mélanger, dans la proportion de 10 à 20 */«, avec une cochenille artificielle que ce chimiste a analysée et qu'il pense avoir été fabriquée avec une laqfic, au moyen de
9^ cocnpwxe.
boi$ de ^fint^re et d'aban p^^oipité par ^e carbonate de sinfid^ ; à cette laque on a ajouté de^ résidus de cochenilk, de la terre, du sable, du verre pilé. Ces deux dernières substances ont été sans doute ajoutées 4 la masse pour lui donner un certaio biillant. te tout a été séché, ^iv^é et pfssé à un crible suffisamment fin pour extraire 4'^bordla poudre, pu^ ^^n crible plus gros, de manière à donner à la substapcç; la grosseur de ]à cophenille ordinaire.
Cptte cochenille falsifiée av^t une coule\ur ^'^ rfli^e vie- Iflt, une teinture lisse, un peu luisan^^, ^pe saveur sensible ; l^royée dans un mortier de cristal, elle rayait les parois à la mauière du grès et donnait une poudre cramoisi violet. Çllc a laissé^ à la çalcii^ation, 43 ^/p de résidu très-alcalin, faisant effervescence avec les acides et renfermant 20 «/o de matières solubles dans Tacide chlorhydrique. La solution aqueuse de cette cochenille a laissé un résidu alcalin, tandis que celui que laisse la bonne cochenille est neutre. Traitée par Pacide clilorhydrique bouillant, elle a donné une solution très-colorée, qui, par une évaporation lente, a donné des cristaux de chlorure de sodium, mêlés de matières colorantes, que Ton a lavés à l'alcool, et a présenté tous les caractères de ce sel.
Pour reconiiaître la qualité d'une cochenille, on prend quelques grains que Ton écrase entre deux pièces de cinq francs, ou sur une feuille de papier blanc avec un couteau de bois ou dlvoire, et on examine la poudre de cochenille ou pastel. Le pastel de la cochenille noire doit être d'un violet foncé; celui de la cochenille grise, d'un violet un peu moins foncé \ celui de la cochenille rouge, d'un rouge violet. Un bon pastel de cochenille doit avoir un reflet violet riche et velouté.
La cochenille doit être choisie grosse, bien saine, ayant l'aspect de grains orbiculaires anguleux, de 2 miUim. environ de diamètre, convexes d'un côté, concaves de l'autre, avec des rides transversales bien marquées.
Les auteurs étant fort peu d'accord sur la préférence à donner à telle ou telle variété de cocheçille, le meilleur moyen pour apprécier sa qualité est de recourir aux essais comparatifs; plusieurs procédés ont été proposés. Celui de Robiquet consiste à décolorer, par uue solution de chlore , des volumes
4e c^QOcUon de cochenilles différentes, ^ont Vm^ sei^ de) ^^pe. La qualité (le la coc]:ienille est eu liaison directe de 1^ quantité de chlore ^pployée pour la décqlorqr. Par le procédé de M. Anthon, ofi juge d'une cochenille par la proportion c|ç carminé qu'elle contient. Au moypu de l'hydrate d'alumine, on précipite la carminé d'une décoction de cochenille, (le manière à la décolorer complètement.
M. Letellier emploie le colorimètre de Houton-LabillardUère (P^oy. pi. V, fig. 25). Il prend Oi^B de la cochenille à essayer et 0,5 d'une cochenille prise comme type. Ces deux échantillons sont traités pendant une heure par 1 kil. d'eau distillée, additioimée de ip gouttes (^'une solu^on d'e^un. Qn rempUt ensuite chacun des deux tubes du colorimètre, jusqu'au :IQ0'' degré, l'nn de )a solution type, l'autre de la sfolntioa d'essai, et on çopipare les teintes. A la plus fopcée, on ajoute dç l'eau jusqfu'à ce que les teintes soient identiques, pv)is on Ut sur le tube dons lequel on a ajouté de l'eau le nombre de partie^ de liquide ({u'il contient. Ce nombre, çoniparé au yolum^ 100 de la li(iueur contenue dans l'autre tube, indiqpie le rapport entre le pouvoir colorant et la qualité relative des deux cochenilles. Si, par exemple, il faut ajouter à la solution type 50 p. d'eau pour l'amener à la môme Quance que l'autre, la (]uaUté relative des ûevoç cochenilles, proportionnelle à leur pouvoir colorant, sera dons le rapport del50à}00.
U. jpédroni fik a proposé un carminomètre, qvà se compose d^ine burette graduée et de denx U(ïueurs d'épreuve. Vw^ d'elles est formée en recevant dans 1/2 Utre d'ean, copten^t 5 ji IQ gr. de carbonate de soude, le chlore fourni par U^473 de peroxyde de manganèse et 10 c. cubes d'acide çhlorhydrique pur ; la liqueur est ensuite étendue de manière à fornip^ un litre. La seconde liqueur d'épreuve s'obtient en dissolvant 3lP',665 d'alun dans 7pfl| gr. d'eau ; ou, ajoute ensuite assez d'anunoniaque pour former un litre. On a divisé en 100 degfés la longueur de solution aqueuse de ca^'minf^ (1 gT* d^^^s un litre d'eau), de 1/2 décilitre de capacité, décolprée par la liqueur chlorée ou la liqueur aluminique.
Pour essayer une cochenille, on épuise par l'eau distillée bouillan^^ \ gr. de l'écb^nWlpn pulvérisé, et on complète |e
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volume de manière à avoir un litre. 1/2 décilitre est décoloré ' par la liqueur chlorée ; le second 1/2 décilitre par la liqueur aluminique ; le nombre de degrés de chacune de ces liqueurs, nécessaire pour la décoloration, indique les 1/100 de carminé contenus dans Féchantillon. Les deux indications doivent être semblables. Si le degré est 50, la cochenille essayée contient 50 o/o de carminé pure.
La codéine, alcaloïde découvert dans Fopium par Bobiquet, cristallise en octaèdres réguliers, incolores et transparents, ou en aiguilles assez grosses, transparentes et blanches, lorsqu'elle se dépose d'une solution éthérée. La codéine a une saveur amère, est soluble dans Feau, très-soluble dans Tal- * cool et Téther, insoluble dans les alcalis, ne rougit pas par Tacide nitrique, ne bleuit pas par les persels de fer.
Usages. — La codéine est employée, en médecine, sous forme de pilules, de sirop, ou en dissolution dans un looch ou julep. Elle procure aux malades un sommeil doux et paisible.
Falsifications. — M. Duclos a reconnu que la codéine était quelquefois sophistiquée ou remplacée entièrement par le chlorhydrate de morphine ^ préparé suivant le procédé de M. Gregory, Cette prétendue codéine bleuit par les sels de fer, rougit par Tacide nitrique ; sa solution aqueuse donne avec le nitrate d'argent un précipité blanc caillebotté, soluble dans Tammoniaque ; avec la potasse, un précipité soluble dans un excès d'alcali; avec Tammoniaque, un précipité insoluble dans Téther.
ooiAs Foaxa.
La colle forte se fait avec la gélatine extraite des os des animaux ; avec les tendons, les peaux, les parchemins, etc. Elle se présente dans le commerce en lames ou feuilles sonores, cassantes, dont la surface porte la trace des filets en corde sur lesquels on les a mises à sécher. Leur couleur dépend, en gé-