‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 57 sur 251 · COLLE FORTE · texte numérisé non relu

COLLE FORTE

néral, des opérations qu'elles ont subies; elle varie du blanc pour la plus belle [colle de Rouen^grenéiine)^ au noir pour la qualité inférieure (colle de Paris). La colle de Givet est transparente, blonde; c'est une qualité intermédiaire. La colle anglaise, dite coUe- façon, est un peu trouble. La colle de Hollande, de Flandre, est moins transparente que la colle de Gi- Tet, quoique moins épaisse.

Les meilleures colles fortes sont les moins colorées, les moins odorantes, celles qui se gonflent le plus dans Peau, qui font prendre en gelée la plus grande partie de ce liquide. Une bonne colle solidifie à 0* 3 à 4 fois son poids d'eau. Les colles fortes les plus mauvaises sont celles qui se dissolvent le plus à froid dans Peau ; ce sont les plus colorées, les plus brunes.

Usages. — Les usages de la colle forte sont nombreux et varient avec sa qualité. Les belles gélatines {grenétine), comme ceUes de M. Grenet, de Rouen, servent à préparer les gelées de luxe, les gelées pharmaceutiques, les capsules ovoïdes destinées à recevoir des substances médicamenteuses. On Pemploie pour faire des pains à cacheter, pour fabriquer la colle à bouche, le papier-glace, les pfttes à moulure, le carton-pierre, la fausse écaille. On s'en sert encore pourPapprét des tissus, pour les encollages, la préparation des perles fausses, des taffetas adhésifs; pour la peinture à la détrempe, et la substitution, par fraude, de cette peinture à la peinture à rhuile; pour les placages dans Pébénisterie, la menuiserie, l'art du doreur; elle est également employée dans la chapellerie. On en imprègne des toiles métalliques destinées à faire, pour les navires^ des vitres qui ne se brisent pas par le choc, etc.

Altérations. — La colle forte renferme quelquefois du cuivre et du pbmb. Cette altération a été signalée par M. Chevreul, en examinant des étoffes de laine qui prenaient une teinte brune par le contact de la vapeur d'eau. Le soufre que ces étoffes contiennent naturellement forme avec la matière métallique un sulfure brun qui colore l'étoffe, inconvénient grave lorsque celle-ci doit recevoir des impressions en couleurs claires. Si la proportion de plomb contenue dans la colle est assez forte, on la fait dissoudre dans Peau, et ce 11-

254 GOIXE DE POISSON.

(Jtlide se colore fôirtethent par Thydrogèiië sulfuré, si le tnëlàl est en solution. Dans le cas contraire, bii incinère une certaine quantité de colle : les cendrés traitées par l'àcidé nitrique étendu, pUis évaporées à siccité et reprises par l'eau, donnent une solution qui se colore en bleu par rammoniaque, s'il y a du cuivre, et qui jprésente toutes les réactions caractéristiques des sels de plomb, si la colle contient une petite quantité de ce métal.

OOIXB IIB POtttO».

La colle de poisson, ou ichthyoeolley est la ressie natutoire du grand esturgeon (acipenser kuso) et de Pesturgeon comitiuil (acipenser sturiojy qui abonde dans le Volga et autres fleuves de la mer Noire et de la mer Caspienfae. La colle de pbisson, principalement préparée en Russie, est d'un blanc légèrement Jaunâtre, demi-transparente, fibreuse et tenace, sans odeur, d'une saveur fade, soluble sans résidu dans l'eau bouiliaiite, et se predd en gelée par le refroidissement. Cette colle, bieii pure, solidifie 30 à 45 fois son poids d^eau.

Dans le commerce, la colle de poisson se pi"ésente en plaques ou feuilles, en /yre, en cœurf en grands et petite cordons. Les diverses sortes commerciales de coUes de poisson sont les suivantes :

1® La colle de Russie, là plus chère et la plus estimée : elle vaut environ 45 fr. le kil.

2° La colle deCayenne, Elle vient en morcë&ut épais comme la main. Ou la prépare en feuilles et en cordons, notamihent en Allemagne. Elle ne vaut que 14 fr. le kilog. Le laminage qu'on lui fait subir pour la mise en feuilles nuit beaucoup) à sa solubilité ; mais lorsqu'elle est bien préparée, on la recherche, vu rinfériorité de son prix, comparé à celui de la coUe de Russie.

3<» La colle en livret, peu soluble et d'mi mauvais emploi. 4® La colle appelée queue-de-rat, provenant de la vessie natatoire de la morue; elle est insoluble (*).

{}) Les limonadiers remploient avec succès pour la clarilicatioa du café.

COLLE Bè PolsSON. ill55

La colle en feuilles ou plaques se divise toujours et seulement dans le sens de ses ûbres. Lorsqu'on en place une feuille mince entre Tœil et la lumière, et qu'on la fait mouvoir entre les doigts, on aperçoit une espèce de chatoiement proveniant de la décomposition de la lumière au travers des fibres de la feuille. Là collé en cordons est d'un gris terne et d'un aspect corné ; l'eau bouillante n'eii dissout que la moitié de son poids ; sa gelée est trouble eï de cbtileur grise ; traitée par l'eau bouillante, elle laisse un résidu hydraté élastique Irès-volumîneux.

Usages. — La cohe de poisson seirt à faire des gelées dé table, le sirop de gélatine, dés taffetas àgglùîiriàtlfs, le tàftélas d'Angleterre. Elle sert à la clarificatioii de liquides tels (que la bière.

Altérations. — ta colle de poisson blanchie par l'âcidé sulfureux peut contenir un peu d'acide sulfuri'que, de la pi*ésence duquel on s'assure en traitant par l'eau chaude une certaine portion de colle, et versant dans la solution du clllorure de barjiim; la production d'un précipité blanc, insoluble dans l'acide nitrique, indique la présence dé l'acide sulfurique.

Falsifications. — Vu sbn prix élevé, la colle dé pôissoil est souvent fraudée. On trouve de là fausse colle en lyre, faite avec des nerfs de bœuf; elle est insoluble dans l'eau bouillante. La fausse lyre est plus grosse que la vraie ; sa couleur est grisâtre ou d'un jaune sale, son aspect corné. Elle est trèsdifficile à diviser.

On trouve égalehient de là fausse collé eii feuilles, faite avec des membranes intestinales de veau où àe mouton, en général très-peu solubles. Elle est en feuilles très-minces, longue de 0'»,22 à 0-,27, large 'dé 0»,05 à b^jOS, bosselée, opaque, d'un blanc térhe, tion chatoyante et possédant urie saveuir salée ; elle se déchire facilement en tous senl Traitée pai* l'eaii froide, Bil*é fee taniblllt, et ail lîeù de former ime gelée transparettte, elle se divise eil petits grumeaux qui ont l'aspect d'un précipité caillëbotté ; l'eati boiiiliaiiié h'eii dissout que le 1/3 dfe sbli poids.

2âS COLOMBO.

OOIiOBUO.

Le Colombo est la racine du menùpermum palmatum, de la famille des Ménispermées. Son nom vient de ce qu'on l'apportait autrefois de la ville de Colombo, dans File de Ceylan. Uais la majeure partie de cette racine provient des côtes orientales d'Afrique, de Madagascar et du continent indien.

T^ racine de Colombo a la configuration de la racine de bryone, une teinte générale verdâtre à Textérieur et jaune claire à l'intérieur, une odeur faible, désagréable, une saveur amère ; humectée, elle devient d'un brun foncé. Elle est eD rouelles de 27 à 80 millim. de diamètre, et en tronçons de 54 à 80 millim. de long; son épiderme est gris brunâtre, rugueux. Les rouelles ont une disposition rayonnée, leur ppudre est d'un gris verdâtre ; elles ne colorent pas Féther, colorent . Talcool en jaune verdâtre foncé. La teinture d'iode y développe une coloration bleue, due à Tamidon contenu dans la racine. Le liquide résultant de la macération avec Teau est sans action sur le touniesol, la gélatine, le sulfate de fer; il produit un léger trouble blanc jaunâtre avec l'acétate de plomb, et un précipité blanc, soluble dans Tacide nitrique, avec un sel de baryte.

Selon Planche, la racine de Colombo renferme : amidon ; mattere azotée; matière jaune amère; hutie volatile; ligneux; sels de chaux et de potasse ; oxyde de fer et silice.

Usages.— La racine de colombe s'administre, conune tonique et stomachique, dans les diarrhées, les dyssenteries; contre les vomissements opiniâtres, etc.

FALSincATioNS. — Très-souveut on substitue au vrai colombe le Colombo éF Amérique y qui a beaucoup de rapports avec la racine de grande gentiane, et la racine de bryone. Ce faux Colombo est aussi en rouelles ou tronçons, moins réguliers que ceux du véritable colombe. Il a une teinte jaune fauve à Pextérieur et jaune orangée à l'intérieur, une saveur faiblement amère et sucrée^ ime odeur faible de racine de gentiane. Sa poudre est jaune pâle ; humectée, elle prend une couleur orangée. Avec Tiode, elle ne donne lieu à aucun phé-

GOMNE DE CERF. 257

nomèiie de coloration. Elle communique une teinte jarnie à Téther et à Talcool. Mise en macération dans Veau, elle donne un liquide qui rougit le tournesol, donne avec le sulfate de protoxyde de fer une coloration vert-noirfttre sans précipité; avec la gélatine, un trouble léger ; avec Tacétate de plomb, un précipité brun caséeux. La potasse en dégage de l'ammoniaque, sensible à Todorat et à rapproche d^une baguette de verre imprégnée d'acide acétique ou nitrique.

Quant à la racine de bryone, elle a des zones plus prononcées, une saveur ftcre et amère.

ooinmuaas.

On nomme confitures des aliments de luxe, de consistance de miel ou de gelée, qui sont préparés ordinairement avec des firuits, ou leur jus, et du sucre.

Les confitures doivent avoir la saveur franche de la substance qui en forme la base.

La gelée de groseilles, vendue chez les épiciers^ n'est pas toujours faite avec le suc des groseilles et le sucre. D'après M. Stanislas Martin , on a trouvé , dans le commerce, de la gelée de groseilles qui ne renfermait pas un atome de ce fruit. C'était de \Bi pectine colorée avec le suc de la betterave rouge, aromatisée avec le sirop de framboise et solidifiée avec de la gélatine. La carbonisation d'mie petite quantité de cette confiture répandrait l'odeur particulière qui caractérise la gélatine.

Des confitures dites d'abricots ont été confectionnées avec deux tiers de potiron et un tiers d'abricots.

ooawa »a oaar.

La corne de cerf est une espèce de ramification osseuse qui orne la tête du cerf et de quelques animaux de la même famille. La partie supérieure des branches, ou andouillerSy qui se forment sur la face antérieure de la tige principale ou dagvey est appelée, dans le commerce, cornichons; ce sont des morceaux poiatus, séparés de la corne entière.

On vend la corné de cerf sous forme de cornes entières, cornet râpées, corne calcinée, corne pulvétnsée et trochisguée, La T. I. n

come de cerf a été analysée par FtmHrùff, Gfoftoy, if^êehtiip Scééele, etc. ; elle cûntieni : gélatine^ 27 ; *^ phoipkaU ée chaux, 57,5; — carbonate deckaus^ 1; — «ou, 14,5.

Usàoes. — La corne de cerf en troohisques eât employée en médecine, soit pour faire des gelées» soit, lorsqu'elle est oal<* cinée et trochisquée, comme absorbant, astringent. Elle entre dans la composition de la décoction blanche de Sydenham. Elle sert à préparer le sel volatil, l'huile et Tesprit volatils de come de cerf. Mais on en fait principalement usage pour fabriquer des objets de tabletterie, de coutellerie.

Falsifications. — La corne de cerf entière, ou cornichon, est difficilement fraudée; mais la eome râpée est quelquefois remplacée par de la râpure d'os de bœuf, provenant des fabriques de boutons et de manches de couteau. La come râpée est grise, tandis que la râpure d'os est blanche.

A la come calcinée on substitue aussi des os calcinés.

La come pulvérisée et trochisquée contient souvent ttoe grande quantité de craie (carbonate de chaux), quelquefois dans la proportion de 25 */o (Peltier, de Doué). Celte come falsifiée se dissout avec une ^îve effervescence et presque entièrement dans Tacide chlorhydrique.

D'ailleurs la come de cerf mélangée de carbonate de chaux est plus blanche que la corne pure, qui a une légère teinte gris bleuâtre. Le toucher peut aussi servir à distinguer la come pure de celle qui contient de la craie, en broyant sous les doigts une petite quantité de l'une et de l'autre . La quantité de phosphate de chaux contenue dans la come de cerf, ainsi que nous Tavons indiqué plus haut, peut servir à faire reconnaître si elle a été ou non additionnée de carbonate ou d*os calcinés.

OOaWZCBOHS.

Iios cornichons ou fruits du concombre commun, préparé^ au vinaigre, constituent un assaisonnement très-usité, vendu par les épiciers, les marchands de comestibles, etc. Ceux-ci les préparent ordinairement dans des bassines ad hoc^ en cuivre rouge non étaméj afin de leur donner la belle couleur verte que Fou recherche.

cûSMiffiguBS. SM

Cetle prépvation vicieme des eornichoii:» donbe lieu à la production d'un peu de vert-de^^gris (sous-acétate de cuivre), <iui peut avoir une funeste influence sur la santé dea consom^ mateurs (^) ; elle se reconnaît de la manière suivante. On incinère une certaine quantité de cornichons suspectés; te cendres, traitées par Tacide nitrique étendu, sont évaporées à siccité; puis, le résidu, repris par l'eau pure» fournit une li^ queur, qui, dans le cas où elle contient du cuivre, se colore en bleu foncé par T addition de Tammoniaque; en brun marron, par le cyanure jaune; une lame de fer bien décapée, que l'on plonge dans cette solution, préalablement acidulée, se recouvre d'une légère couche de enivre métallique.

Le moyen le plus simple consiste à enfoncer dans le cornichon une aiguille ou une pointe de Paris, qui se recouvre, au bout de quelque temps, d'une couche de cuivre métallique, si le cornichon contient une petite quantité de ce métal.

On a désigné, sous ce nom, des prépara&^ns destinées h entretenir la souplesse de la peau, à empêcher la chute des cheveux, etc. Les huiles soUdes et liquides, Peau simple, les eaut aromatiques, sont les meilleurs cosmétiques.

La plupart de ceux que les charlatans rendent sur les places pobUques, ou préconisent dans des affiches, placards^ réela* mes de toute sorte, jouissent souvent de propriétés tout à fait opposées à celles qu'ils leur attribuent, et donnent quelque-

(*) Dans le département de la Gironde, un cultivateur éprouva une colique de plomb, déterminée par des cornichons qui avaient séjourné dans un pot de terre verni. Le vernis avait été décomposé presque partout par Facide acéUque ; le vinaigre dans lequel les cornichons maeéraient était trouble, épais^ laiteux ; il contenait de VacétaUt du curho • nale, du sulfate et du chlorure de plomb.

Il faut donc s*abstenir de renfermer les cornichons vinaigrés dans dos poteries revêtues iniérieuremenl d'un vernis plonil>eux. 11 en est de même des autres substances alimentaires contenant du vinaigre, de To- MtUe, des stiUiisons, du vin, du ctdr«, de la piqueUê^ des confltu/teSt det matUree grasses qui ont ranci, et tous les corps qui attaquent le vernis et se chargent de plomb. ( Voy., à la iln du tome II, Vordoimance du pré* f^depoUce, en date du S8 février 1853.)

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