‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 58 sur 251 · CRÈME D8 TARTRE · texte numérisé non relu

CRÈME D8 TARTRE

fois lieu à des accidents plus ou moins graves. Dans beaucoap de ces composés on fait entrer des matières tannantes^ des oi^des métalliques, des substances vénéneuses (^). Il serait vivement à désirer, dans Tintérét de Thygiène publique, que tous ces articles de toilette, de parfumerie, fussent, avant leur mise en vente, Fobjet d'un sérieux examen. (Voir les Annale$ d hygiène, t. YIII, p. 424.)

ooToir. — V. ikoi

QwAmrn »a tartkii.

La crème de tartre, ou tartre purifié, bitartrate dépotasse^ tûrtrate acide on acidulé depotasêe^surtartrate de potasse, est un sel blanc, inodore, cristallisé en petits prismes blancs triangulaires, terminés par des sommets dièdres. Sa saveur est acidulé ; il craque sous la dent ; il est inaltérable à Pair. Il est peu soluble dans Peau firoide, plus soluble dans Peau bouillante, insoluble dans Palcool. La chaleur rouge le convertit en carbonate de potasse.

Usages. — La crème de tartre est employée en médecine^ comme rafraîchissante et purgative ; elle sert à préparer plusieurs autres médicaments, comme le sel de Seignette, Témétique, la crème de tartre soluble, etc.; elle sert à la préparation du carbonate de potasse pur. On en fait im assez fréquent usage en teinture pour aviver les couleurs.

Falsifications. — La crème de tartre peut contenir du tartraie de chaux ^ de la craie, du marbre blanc concassé, du sulfate de chaux (*), du quartz^ du sable, de Y argile, du nitrate de

(1) Un charlatan a vendu , sur une place publique, de Voxyde â'arsmk pour le traltemeut des dartres et la guérlson des maux de dents.

(*) M. Jame* GratUt en lSi9, a trouvé 8 »/o,5 de sulfate de chaux (gypse) dans de la crème de Urire vendue à Londres.

En 185S, à New-Tork, M. Toumwnd Barris a examiné cinq échantillons de crème de tartre, dont quatre étaient adultérés par le sulfate de chaux : le premier, dans la proportion de 50»/« ; le second, dans la proportion de 35 o/o ; le troisième dans celle de 80 Vo ; le quatrième, dans celle de S5 %; quant an cinquième échantillon, il renfermait une petite quanlité de carbonate de potasse et une assez forte proportion de cartK>* nate de chaux .

GAiME DE TARTRE. 261

potasse, de Yalun^ du sulfaie de potasse, du chlorure dépotassntmj du fer, du cuivre, du plomb, de rar^eritc.

Si Ton traite la crème de tartre par Peau bouillante, ou a |iour résidu le tartrate de chaux, le quartz» l'argile, le sable. Ce résidu calciné, et traité par l'acide chlorhydrique, fait une elTeiTescence due au dégagement d'acide carbonique du carbonate calcaire, en lequel la calcination a transformé le tartrate. On aune dissolution qui précipite en blanc par l'oxalate d'ammoniaque; en calcinant un poids connu de crème de tartre, on apprécie facilement la quantité de résidu. Ces diverses falsifications peuvent encore se reconnaître en saturant lebitartrate par ime solution faible de potasse; toutes les substances étrangères restent en résidu.

La craie et le marbre blanc concassé se reconnaissent à l'effervescence que la crème de tartre produit avec Facide chlorhydrique ou Tacide nitrique faibles. La solution chauiïée de la crème de tartre ainsi adultérée manifeste, mais d'une manière moins apparente, cette effervescence accusatrice.

Le nitrate de potasse fait fuser sur les charbons ardents la crème de tartre qui en renferme.

L'alun, le sulfate de potasse, sont décelés par le précipité blanc, insoluble dans l'acide nitrique, que donne une solution de chlorure de baryum ou d'acétate de plomb dans la solution aqueuse de la crème de tartre à essayer; en outre, on a un précipité avec l'oxalate d'ammoniaque, si la crème de tartre contient du sulfate de chaux.

Le chlorure de potassium est décelé par le précipité blanc, caillebotté, insoluble dans l'acide nitrique, que produit le nitrate d'argent dans cette même solution.

Le fer, le cuivre, le plomb, proviennent, suivant M. Lepage et le docteur Bley, des chaudières de ces métaux dans lesquelles on purifie la crème de tartre. Lorsqu'on dissout dans l'eau une certaine quantité de ce sel , la solution prend une couleur noire par la teinture de noix de galle, si elle contient du fer; bleue par l'ammoniaque, si elle contient du cuivre; et jaune par l'iodure de potassium, si elle contient du plomb.

La présence de l'arsenic dans la crème de tartre, comme celle du plomb, a été signalée par H. Retsehy, et provient, selon le docteur Bky, du mutage des tonneaux avec du soufre

itm CRÉOSOTB.

arsénifère (?). On décèle ce toxique en dissolvant la crème de tartre dans Teau bouillante, et introduisant la solution dans on appareil de Marsh, fonctionnant à blanc ; l'apparition de taches ou d*un anneau arsenical ne tarde pas à se manifester.

oaAMa »a tmmtwlm 80i>UBiia.

Cette substance, connue aussi sous les noms de tartrate iorico-potassique^ iartro-borate de potasse, boro-tartrate de po^ tasse f est une poudre blanche, d'une saveur acide assez agréable ; elle est inaltérable à Tair, incristallisable, sokible dans l'eau presque en toutes proportions. On la prépare avec la crème de tartre ordinaire et l'acide borique ou le borax.

Usages. — La crème de tartre soluble, préparée avec l'acide borique, est la seule usitée maintenant en médecine» où on l'emploie soit comme purgative, soit en lotions sur les ulcères saignants, fongueux ou atoniques.

Falsifications. — Dans le commerce, on vend, sous le nom de crème de tartre soluble, un mélange de cette substance avec la crème de tartre ordinaire, ou un mélange de cette dernière et d'acide borique non combinés.

La première fraude se découvre en dissolvant le produit susr pect dans l'eau, qui laisse le bitartrate pour résidu.

Le second mélange, traité par l'alcool froid, laisse dissoudre l'acide borique, dont on constate facilement la présence, et on a un résidu de crème de tartre. Pour opérer d'une manière plus expéditive, on verse sur la crème de tartre soluble un peu d'alcool concentré, on enflamme ce dernier et on agite le mélange : la flamme de l'alcool présente des reflets verts, lorsqu'on a affaire à un mélange de crème de tartre ordinaire et d'acide borique ; dans le cas contraire, cette flanmie n'offre rien d'anormal.

oaliosoTa.

La créosote ou kréùmte, qui s'extrait des produits huileux de la distillation des bois en vases clos, est un liquide incolore» oléagineui» traDaptrentt d'uue saveur àore et caustiqaê.

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