CTANURE &OWE DE FER ET DE POTASSIUM
Les seules substances attaquables par Tiode^ qui peuvent se renccmtrer dans les cyanures du commerce sans en changer notablement les caractères physiques, sont : les alcalis caustiques, les carbonates alcalins, les sulfures alcalins. L'addition de Teau de Seltz, par Tacide carbonique qu'elle contient, fait passer les bases caustiques et les carbonates alcalins à Pétat de bicarbonates, composés qui n'absorbent pas Tiode. Lorsqu'après Pessai, la liqueur d'essai, colorée par les quelques gouttes de teinture d'iode ajoutées en excès, est louche au lieu d'être transparente, c'est Findice de la présence d'un sulfure alcalin dans Téchantillon de cyanure examiné ; on Pélimine préalablement au moyen d'une dissolution de sulfate, de zinc ou d'acétate de plomb, et on sépare à Taide du filtre, le sulfure qui s'est précipité,
OTAVURB ROOOB »B nWL BT BB POTABSIUM.
Ce sel, découvert par £. Gmeliti) est connu aussi sous les noms de prussiate rouge de potasse, sel rouge de Gmelin^ ferri" cganurt de potassium^ cyanure rouge, cyanure ferrico-potas^ sique, H cristallise en prismes droits, rhomboïdaux, brillants, transparents , d'un rouge aurore, solubles dans l'eau, plus à chaud qu'à £roid> anhydres et inaltérables à l'air ; exposés à la flaaune d'une bougie, ces cristaux brûlent en projetant des étincelles. Chauffés à l'abri du contact de Tair, ils dégagent du cyanogène et de l'azote, laissent du carbure de fer et du cyanure jaune pour résidu.
UsAGBS. — Le cyanure rouge est l'un des réactifs les plus sensibles pour déceler le protoxyde de fer, avec lequel il forme un précipité analogue au bleu de Prusse. D sert dans la fabrication du bleu de Prusse , dans la teinture en bleu de la soie et de la laine.
Itérations. — Ce sel se rencontre très-fréquemment dans le commerce à l'état de poudre qui renferme, vu son mode de préparation, du chlorure de potassium et une certaine quantité de cyanure jaune indécomposé.
Pour estimer sa valeur, M. Francis Lieshing emploie la méthode des liqueurs titrées. Son procédé repose sur Faction qu'exerce une solution alcaline de monosulfore de sodium,
270 GYANUU ROUOE DS FSE BT XOi POXAWUII.
OU une solution de sulfaiséniate de soude sur le cyanure rouge ; celui-ci est converti en cyanure jaune, avec un dépftt de soufre qui rend le liquide laiteux. On fixe le point de saturation, c'est-à-dire la conversion complète du cyanure rouge en cyanure jaune, à Taide d'une bande de papier non collé, imprégné d'acétate de plomba qui conserve sa couleur blanche tant qu'il reste du prussiate rouge non converti, et qui prend immédiatement une teinte brun&tre dès que la conversion est opérée. L'échantillon de cyanure rouge essayé est d'autant plus riche qu'il faut plus de sulfure alcalin pour obtenir la saturation (').
Avec le sulfarséniate de soude^ la conversion du cyanure jaune est accompagnée d'un dépôt de sou&e, avec formation d'arsénite de soude. On fait dissoudre 5 gr« de cyanure à essayer dans 60 gr. d'eau distillée; d'autre part, on mêle 1 gr. de sulfarséniate de soude ( *] à 2 gr. ou i^^^b de soude ou de potasse bien pure (exempte de soufre), dissous également dans une petite quantité d'eau. On porte cette dernière solution dans l'alcalimètre, et on l'étend d'eau de manière qu'elle oo-> cupe 400 divisions de l'instrument^ et que chacune de ces divisions; contenant 2i"iii>sr^55 de sulfarséniate, corresponde exactement à 1/4 ^/^ de cyanmre rouge. On verse alors cette seconde solution dans la première, jusqu'à ce que l'on ait atteint la couleur blanc de lait ; ou bien, pour avoir une limite plus tranchée, on ajoute à la Uqueur quelques gouttes d'une décoction de cochenille, qui perd sa couleur tant qu'il y a du cyanure rouge non décomposé, et qui la conserve dès que la conversion est opérée.
(*) On aurait ane réaction aoalogve en remplaçant le nonosoUure par an iodure alcalin ; il se ferait seulement un dépOt d'iode, au lien d*un dépôt de soufre.
(2) Pour préparer le sulfarséniate de soude, on dissout de Pacide arsénieux dans la soude caustique, à la température de rébullitlon, et on ajoute de lemps en temps une toluUon concentrée de soufre dans la soude caustique ; on continue ces additions Jusqu'à ce qu'il ne se préci«" pite plus de soufre, on filtre, on laisse refroidir, on obtient des cristaux d*un jaune pî^le qu'on souwet à une nouvelle cristallisation, jusiiu'à ce qu'ils soient bien transparents et solubles sans résidu. Ou les sèche à la température oril inaire ou mieux à 100* su bain-marle ; Ils perdent 3S Vo d'eau de cristallisation. On conserre, pour Tasage, ee sel pal** vérulent et anhydre.
lUTTES. S71
Ayant de procéder à Tessai, on doit faire ^analyse qualitative du cyanure rouge , et rechercher s'il contient du chlore libre, des hypochlorites, des composés métalliques.
Les dattes sont les fruits d\me espèce de palmier, lephœnix daetytiferaj arbre qui croît dans une partie de l'Asie, en Afrique, en Prorence, et aussi en Amérique. Les dattes contien-* nent, d'après l'analyse de M. Bonastre : mucilage: gomme analogue à ta gomme arabique: sucre cristallisable : sucre ineristallisaàle ; albumine ; parenchyme.
On en connaît quatre sortes dans le commerce :
1» Battes (PEgypte: S^ dattes (k Syrie; Z^ dattes de Barbarie: 4® dattes de Provence,
Les dattes d'Egypte, de Syrie et de Barbarie, sont regardées comme les meilleures; elles sont longues, ovoïdes, assex grosses, brunes, tendres, d'un goût agréable et sucré; elles ont une légère odeur de bon miel.
Les dattes de Provence sont plus petites, un peu dures, blanchâtres, mais styptiques.
Usages. — Les dattes, comptées au nombre des fruits pectoraux, sont employées avec succès comme béchiques et adoucissantes. Elles ont donné leur nom à Yélectuaire diaphœnix.
Altérations. — Les dattes doivent être choisies nouvelles :
par la vétusté, elles se rident, se dessèchent, perdent leurs qualités et se piquent. Ces dernières doivent êtres rejetées aussi bien que celles qui ont acquis une saveur âpre, ranceou mordante, ou qui font, comme on dit, la sonnette^ c'est-à-dire qui sont creuses, dont la peau n'est que gonflée, et qui sont privées intérieurement de parties charnues.
Il faut aussi faire attention à ce que les dattes soient bien sèches; car on a Thabitude de ro&er les vieilles dattes, d'abord en les agitant dans un linge sec, puis dans du siropy aûn de leur donner l'apparence de la fraîcheur.
272 DIGITALE 1P0URPRÉE.
BAOOOS BB OaBTB
Cette semence de Vathamantha cretensts (Ombellifères) nous vient de TÉgypte, de l'Archipel grec et des contrées méridionales de la France; elle est légèrement cotonneuse, allongée, d'une saveur forte et aromatique.
Usages. — Le daucus de Qrèt^ est employé en médecine comme excitant, diurétique et antihystérique. Il entre dans la composition de la thériaque, du sirop d'armoise, etc.
A ce daucus, devenu aujourd'hui très-rare, on substitue presque toujours le fruit du daucus carota^ qui est moins long, plan d'un côté, convexe de l'autre, strié longitudinalement et hérissé de poils assez longs^ bien différents du duvet cotonneux qui recouvre le daucus de Crète.
BZaXTAI.B POURPRÉB.
La digitale pourprée (digitalis purpurea), de la famille des Scrofularinées, appelée vulgairement ^ramfe digitak, digitale ganieiée, gants de Notre-Damej doigtier, est une plante qui croît dans les bois de nos contrées ; ses feuilles sont pétiolées, grandes et ovales, velues, réticulées, d'une odeur herbacée, d'une saveur amère et désagréable.
La digitale a été analysée par Rein^ Haase, Radig^ BrauUy PoggiaUj et autres chimistes; elle contient :
Digitaline; huile volatile: matières concrète , floconneuse ^ wlatile; matière grasse: tannin: acide gallique: matière colo~ rante rouge ^ soluble dans F eau ; albumine ; chlorophylle ; sucre; mucilage; oxalate acide de potasse.
Usages. — La digitale est le diurétique le plus sûr. Elle a une action très-marquée sur la circulation, ralentit les mouvements du cœur d'une manière remarquable. Aussi l'ëmploie-t-on contre les palpitations, les anévrismes, les hydropisies, les scrofules.
Falsifications. — Souvent on substitue à la digitale les feuilles de bouillon blanc [verbascum thapsus)^ les feuilles de grande consoude {symphytum officinale).
DORUftB et ARABfnniB. 27S
Las fenîUes de bouillon blanc sont beaucoup plus épaisses, eolonneuses sur les deux faces^ bien plus douces au toucher, d^m aspect blanchâtre ou grisAtre, d'une saveur faiblement amëre.
Les feuilles de la grande consoude sont dures au toucher, ▼élues et entières, d'une saveur mucilagineuse.
La digitaline est le principe actif de la digitale pourprée, extrait par Leroyer, de Genève, et par Lancelot ; examinée par iP/anûim , Dulong cFAstafort, Radig, etc., mais obtenue pour la première fois, à Tétat de pureté, par MM. Homolle et Queverme.
La digitaline est blanche, inodore ; elle se présente le plus souvent en petites écailles ou en masses poreuses mamelonnées. Sa saveur est très-amère, au point qu'elle peut communiquer une amertume prononcée à 200000 p. d'eau. Elle est neutre, soluble dans l'alcool, presque insoluble dans l'eau et l'étber. Avec l'acide chlorhydrique concentré, elle donne une liqueur d'un beau vert-émeraude; il suffit d'une parcelle de digitaline pour que cet effet soit produit.
Usages. — La digitaline a une action très-prononcée sur l'économie, et le diminue l'activité de la circulation. On ne doit l'employer qu'avec une grande circonspection. On l'administre en pilules, en sirop et dans des potions.
Falsifications. — En 1852, MM. Homolle et Quevenne constatèrent qu'il avait été livré, dans le conunerce, des granules de digitaline sans digitaline.
Cette fraude fut décelée par le défaut de saveur amère et Fabsence de couleur verte par l'acide chlorhydrique, que présentait le produit retiré du traitement alcoolique de ces granules.
DoauaB R AaaBHTuaB.
Dans la dorure par immersion ou au trempé, les contre* facteurs ont recherché les moyens de déposer une couche d'or
2T4 Bmffi^AliàUi
moindre sur les objets à dorer. Il en^^t résultl q^ë It cVli^e d ot déposée sur les objets do cuivre a été ai légère ^IHA n*a plus suffi pour les préserver de rotydatiou, et que 4lei ë^ jets expédiés par mer se sont complètement détériorés.
Mais t'est sur Targenture que les fraudeur^ dut principalement dirigé lecirs efiforts. ils ne sont appliqués ft dëposel' là couche d'argent la plus légère possible; ainsi, quand sur douze couverts on dépose ordinairement 72 grammes d'argent, le contrefacteur n'en déposait que 3 grammes, difTérence énorme qui procurait à ce dernier un bénéfioe oonsidé- 'rable(').
On reconnaît la quantité d'or déposée sur im objet k dorer en traitant celui-ci par l'eau régale > on chasse l'excès d'acidei on reprend par l'eau, on filtre, on recueille et on pèse le précipité d'or obtenu par le sulfate de protpxjy de de fer.
t^our l'argenture, on traite par l'atide nitrique l'objet argenté, on évapore pour chasser l'excès d'acide j le résidu i». pris par l'eau pure est filtré ; on précipite ensuite par l'aoiito chlorhydrique oii une solution de sel marin ; le précipité à» chlorure d'argent est recueilli, lavé et séché ; son poids ftît cbrinallre celui de l'argent, sachant que 100 de chlorure d'argent représentent 75,32 d'argent ; ou bien on pèse direetiemeot l'argent réduit du chlorure.
DouÔB-AnèaB.
La douce-amère (solanum dultmmo^) dmt ton nom I li saveur d'abord amère, puis sucrée. On l'appelle «usli t^nl
(^) Ért tîécèmkro 1^52, le tribanai cbrredionnel de Bordeaux faisant Iipt>licttf6h dtift pëînës pohi^ôs par K loi de 1Ô51, et ta modérâttt par rappHdaiiMi de IMrt, IWJ, * bbKdiimft^ % ëo fr. d^amfende, iW î?. d* dommages-inlérôts et aux dépens, le sieur G..., bijoutierWHegel' k Bordeaux, pour avoir vendu au sieur D... six couverts garantis argentés à 7i grammes par douzaine, et que l'essayeur do bureau de garantie de Bordeaux reconiittt rtfe ïmrter que SS ^rûmies jinr douzaine.
Le tribunal a jugé que la différence qui existait entre la quantité d'argeni réelle et la quantité annoncée par la marque et la facture oonsilWfclt une (rompeUe sur ta quahlité de la marchandise, délit prévu et puni pai* le {nin«va)«e S m rftrt. i» ^ Il M dti Vt tûits Wii.
EAU fi^JfHÂ^â Aikl:kES. ^li
A /t^ 6ûtHSMS gHmpaûh; ë/Ue à AU ttgeâ gfélés, ligneuses et grimpantes ; à l'état frais, elles ont une odeut* naùséà- Uemde tf&Mlé^agrSaWé.
" * La doncé-àdlère dôît iM cficil^f bien frâfôhë, d'une bèÛa couleur verte, à iig^ei bieû poiirviiei de moelle.
Usager. -^ la doilce-affièrë esi ètiiployée, en pharmacie, sous forme de tisane ou d'extrait, dans les maladies dé là peaii, !e^ dcrùlerir^ Aumatismaîés, la sypliiîié, eld.
Çaclqttefoy 6n Substitue 1 là do'ute-amè*d le^ tige^ du 50lanum vulgare, qui sont pîti§ coufte^, angtltëusé^, d^éhVifbn 0",30 de longueur, et possédant une saveur et une odeur qui ne ressemblent nulteMII Ir eittef de lu <k)uce-amère.
sHAcooiinLaiiB mo&iiavzçob.
C'est one sorte de n^élisse dont les feuilles^ s^ulcn eiir<^ ployées^ m«is très-rarement, sont pétiolées^ d'tind eMleiir vert pâle, d'une forme allongée,^ mais étroite^ laneéolée^ deiK tée comme une pointe de scie r elles ont k peu près l'oddur de la mélisse.
Quelquefois on substitue aux feuiUesdu dracoeéphâVeeeUa» de U cataire^ qui sont blanches, velues m dessous^ d'tine odeur de pouillot très-prononcée.
BAO é'àMÈÀMidk AiktKms,
Véhn fl'afllàildes àmè^eà, otf hydrolat i amandes amer es y eH un ttqrnde lâhétii, qtii po^ëde ï un haut degfé l'ôdeûf él' là saveti' de'Vàcide cyanîiydtîqilè et Ûq ressencé d'amandes amères.
îShîinâLût ûilé afaalyse de M. Geiger^ 3Ô gr. dé celte eâù'cdnlieiuient environ 08^^036 .d'aoide pnifl«q«e pur, correspondant àOs^SO d'acide prussique médicinal. Un mélange de iii^ trftte d'argent et d'&ffiiî^oiyiaqiie donne Heu, dans cette! eaû, à un précipité blanc de cyanure d'argent, qui, recueilli et pe^,
276 EAU DB ODLOOHI.
indique la quantité d'acide cy anhydrique renfermé dans lliydrolat (*).
On doit conserver l'eau d'amandes amèresen flacons pleins» bouchés à Pémeri ; et encore, suivant les observations de MM. Geiger et Liebig^ elle s'altère peu à peu.
En médecine, Peau d'amandes amères est conseillée comme antispasmodique.
Quant aux caractères différentiels existant entre cet hydrolat et celui de laurier-cerise, auquel on le substitue assez souvent, voy. Eau de LAURiEa-CERisE.
BAO BB OAXBrBI&B.
L'eau de cannelle, employée en pharmacie, est préparée avec la cannelle de Ceylan ; mais elle est préparée quelquefois avec des débris d'écorces provenant de caisses expédiées des colonies; ces débris sont composés indifféremment de canneUe de Chine et de cannelle de Ceylan. Cette fraude ne peut se reconnaître que par le goût et l'odorat.
L'eau de cannelle de Chine a une odeur de punaise et une saveur particulière, tandis que Feau de cannelle de Ceylan, sans arrière-goût désagréable, exhale un parfum très-suave.
Cette eau distillée de cannelle est laiteuse, à cause de l'huile qui est tenue en suspension, et qui finit par se déposer; en même temps il se forme des cristaux d'acide cinnamique, qui donne à l'eau la propriété de rougir le tournesol.
BAO »B ooiiooars.
L'eau de Cologne, ou alcoolat de citron composé^ est un liquide spiritueux incolore, diaphane, très-aromatique, employé surtout poiur la toilette ; on la considère aussi conmie un tonique léger et comme un excitant.
Souvent, au lieu d'alcool pur à 0,86 (34® Cartier)^ on em-
(>) Il faot avoir soin de neutnUser rammoniaque par l'acide niirique, au bout d'un certain temps.
Le niiraie d'argent seul ne décèle pas la présence de Tacide cyanhydrique dans Teau d'amandes amères.
BAU mffnLLÉM. fil
pkm, pour préparer Peau de Cologne, des akoob de grains\ de mélasses, de fécuiesj non épurés; les essences de bergamottéj de ciirmiy de cédrat , de fleurs d'oranger, etc., qui doivent entrer dans la composition de cette eau, sont remplacées par des essences communes de romarin, de thym, de lavande, etc. ; on ajoute ensuite à la liqueur un peu d'essence de vanille ou de roses, pour lui donner l'apparence d\ine eau de Cologne de bonne qualité (^).
Pour apprécier la qualité de Teau de Cologne, il faut en verser quelques gouttes dans la main, et la laisser évaporer; Feati de bonne qualité exhale une odeur aromatique agréable.
BAO »istzx&i6b.
L'eau distillée, ou eau pure, provenant de la distillation de l'eau ordinaire, est employée^ dans certaines opérations chimiques et pharmaceutiques, pour faire des analyses, ou des solutions de substances qui se décomposeraient en partie si on les traitait par Teau ordinaire, quelquefois chargée de sek calcaires, etc. (*).
L'eau distillée ne doit contenir aucune matière étrangère, et cependant, quand la distillation a été dirigée avec négligence, elle peut contenir de Yammoniaque, de Vacide carlnh niqne^ des matières organiques^ du phmh^ du cuivre, provenant des appareils distillatoires. Or, Teau distillée pure ne
(I) Le siear C. . ., épicier à Montrouge, tnidait devant le tribunal de poliœ eoDime aœnsé d'avoir vendu sous le nom d*0eNi ds Cologne, é*eau es flmrs d^orangsr, d*MRi-de-«M oampftrdl», des liquides aromatlaAs n*ajant aucune analogie avec les liquides que Ton connaît, sous cet noms, dans le commerce, a été condamné à un mois de prison, conformément aux conclusions du ministère public.
Le 11 octobre 184S, la femme T... et les sieurs Cb... et W... furent traduits devant la police correctionnelle (S* Chambre], pour avoir vendu sur la voie publique une eau de Cologne qui, soumise à Tanalyse d'un pharmacien, fut reconnue n'être autre chose qu'une dissolution d'ace" tate d$ fiomb (extrait de saturne ), aromatisée avec de VessMce de thym on de lavande, puis filtrée. Le tribunal n'a condamné les inculpés qu'à S francs Sommas î en ordonnant la confiscation des flacons saisis.
(*) Il est bien entendu que c'est l'eau dUsiiSUê qu'il faut employer pour toutes les analjfses on essais dont nous parlons dans le cours de cet ouvrage.
W>'umi par le zûtr^to dVgant, Foxalate d'ammoniaque» le sj^JfUjd^ate d'ammoniaque, l'bydirogèw sulfuré, le pyanuif iiWfi? 1^ teu^ture de fioix de galle î elle doit i&tre neutre au p^piej: de tournesol, c'estrà-djre ue pas rougir le papier bleu (1^3 tpurnesol, ei ne pas ramener au bleu celui qui a été rou^ p^r un ^cide ; ellp ne doit laisser aucuQ résidu par Tévaporation, et ne pas dégager d'ammoniaque. La présence de pçt ^l^'iU serait Tindice d'uue certaine quantité 49 matière organique ^otée contenue dans Teau.
On év^te que V^m distillée contiemie 4^ TiimmoDiiMqua el de Tacide carbonique, en ajoutant à Teau de la cucurbite un peu de phosphate acide de chaux d'une part, et, de l'autre, une petite quantité de lait de chaux. Qnant aux sels métalliques que jcettç pau distillée peut renfermer, on l'en débarrasse au moyen du charboff animal pur, layé avec soin h Tacid» chlorhydrique, puis à Teau distillée.
Nous nous sommes assuré, par l'expérience, que 4 grammes de cç charbon animal pur, agités k pluçieurs reprises avec 25 litres d'eau distillée, suffisent pour débarrasser pelle-ci des sels p^ét^Uiques quç l'pn y trpuvQ quelquefois pn dissolut}pn(M.
On donne le nom d'eaux disHllé$s^ ou d*hydrolatSt aux eanx pbargées, par la distillation^ des principes volatils des végi^ taw ou de qu^lques-uaas de leurs parties (racines, écoecee, feuilles, fleurs, fruits ou semences).
Le principe volatil qui prédomine ordinairement dans les eaux distillées est l'huile essentielle ; ces eaux ont l'odeur des
(*) I/cau distillée aérée, comme les eaux pluviales, a sur le plomb DiéUillique une acUoo irès-énergique, capable d'oxyder le métal superficiellonient, ot de répandre dans toute la masse du liquide de Toxyde de plomb, en moins d'un*? minute; ceUe sorte d'action corrosivese continue lentement sous TinOuence de Tair» et produit un dépôt de plus en plus considérable. On doit donc bien se garder d'emplojer des conduits ou des réservoirs eo plomb pQyr r^usiUir T^au dûnillée pomma Teau pluviale.
Vliita fUi le« wl foiimieft, paiM qu'op l^s pv^ave surtout avec des plantes aromatiques. Aussi, avaitron liivisé les eaux 4i^4tlfe» «a Mi«^ <(t^|iW^a wkrotatet et en mux dàtiUées ilMffenM, Miûi oes ^uXf prépavâas avoe dos plaBtfA sans odaur, |ieil¥fipt w Têismt tous les psûiûipea aotiis Iqraqu'on 1m ratca][|okf) t^flia ou quatve fais sue de nouyelles plantes, o^est-à^ 4i>0 lOfi^'w raverae trois pu quatre fois Teau distillée sur dm pUotes nouvelles, et qu'on procède chaque fois à une t9avep« distillation.
Certaines eaux distillées, comme oalles de frûise$y de /tYàm/, à^ fimmhmi , étant très-difScilea, sinon impossibles à oons0P¥^, M* Sfiàneider, pkaimaolen à Diresde, a proposé de les inâparor à l'aide d'un esprit recohobé à d^ux reprises dliîéfBAtai, aTeo fi p« de fruits ou de flauxs fraîches et I p. d^aleool k 9i80 ; 2 fpr. de cet esprit ùnplê sufâ^nt, d'apiès les expémmm d9 M. SoàneHer^ pour transformer 1S5 gr. dWu distiUée en l'eau avamatiqu^ désirée, d^ne conservation facile, lestant t^njours identique, et clans laquelle la minime pro- IMBtian 4^aleool pst à peine sensible aux qrganes du goût.
Les eaux distillées, oondensées dans de§ serpentins en ploosi» ou en alliage à kas iiir^ contiennent du phmà, dont la présence sera décelée par la coloration en brun noirâtre qa^ fora mdtfe Phydrogène sutfuré. Les eaux distillées ne MvsQt pa^ tee empyreumatiques, ni piésenter de réaetien
«éda.
BAV SB WLMtnLB B^OBASMBB.
Cette fHmi 99Qi»m A\l3» wm \f» ««mit d'Ay^t^M d$ fkurs <f^an0^, iffau çh ni^phéf 9St fabdqiLée prinaipalement k
Grasse (Var), où elle fait, avec d'autres eaux distillées et diverses essences, ^'objet d'un cqmmerpe considérable.
L'e4U de fleurs d'oranger de bqune q^aljt^ doit ôt^-e limpide, incoloTQt d'une saveur et d'une odeur agréables, asses prononcées ; elle ne doit laisser aucun résidu à l'évaporation. En outre, elle se colore en rose par l'addition d'une petite quantité d'acide nitçiqije ou sulfurique (Zeroy aîné. Planche).
Usages. — Ç^^ f^n, veg^il^e çQttWe i|o l)p« i^ntisp^^ipe-
ttO XAV BC PUEttLS O'OEAfmn.
dique, est trfts-employée daos la thérapeutique et dans Vi Bomie domestique.
Altérations. — Dans le commerce, on vend des eaux de fleurs d*oranger de qualités très-diverses. Les unes sont additionnées d'une plus ou moins grande quantité di'eau ; les antres proviennent de la distillation non-seulement des fleurs, mais encore des feuilles et des fruits de Toranger ; d'autres sont faites, soit avec dxinéroli, ou essence de fleurs daranger^ soit avec des essences diverses et de la magnésie employé!» pour faciliter leur dissolution (*).
Les premières, c*estrà-dire celles qui sont trè»-étendues d'eau, ne se reconnaissent qu'à l'odeur et à la saveur, beaucoup moins fortes que celles de l'eau de bonne qualité. Les secondes ont une saveur amère et peu agréable ; suivant M. Ader^ l'acide nitrique ou sulfurique n'y produit aucune coloration (^). Il en est de môme pour les eaux préparées avec le néroli. Celles qui sont préparées avec la magnésie peuvent se reconnaître, soit par les réactifs ( phosphate de soude ammoniacal, potasse, ammoniaque), qui précipitent la magnésie ; soit par l'évaporation. Dans ce dernier cas, on obtient comme résidu la magnésie à l'état d'acétate ou de carbonate.
Souvent aussi les eaux de fleurs d'oranger factices sont préparées avec de l'eau ordinaire, au lieu d'eau pure ; elles précipitent alors, par le nitrate d'argent, le chlorure de ba* ryum, l'oxalate d'ammoniaque (Voy. Eau bistillée).
Quelquefois on ajoute à cet hydrolat une certaine quantité d'a/coo/, soit pour lui donner plus de force, soit pour assurer sa conservation; cette addition le rend aigre et le dénature.
L'eau de fleurs d'oranger devient parfois visqueuse, acquiert une odeur putride. Pour corriger cette altération, on
(') En 1850, te sieur P. . ., fabricant d'eau de fleurs d^oranger, à Paris, a élé condamné par le tribunal de police correctionnelle à huit mois de prison et 1,000 fr. d^amende pour avoir vendu, avec Tétiquette LudotHd de Grassêf une eau de fleurs d*oranger factice, préparée avec de Veau o^dinaire^ du néroH et de la magnésie,
(*) Néanmoins Teau de fleurs d^oranger préparée avec la magnésie et nne légère quantité d^essence, et par agitation seulement, peut prendre une couleur rouge par les acides nitrique et sulfurique ; mais lorsque les essences se séparent, Teau ne réagit plus (Oaisnty) .
m recoon à remploi d'un excès de magnésie, ptfis à une nou* Telle distillation ; mais Teau n'a phis d'odeur.
Souvent Thydrolat devient acide, il s'y développe une petite quantité d'acide acétique^ reconnaissable au goût et à son action sur la teinture ou le papier de tournesol : cette eau acide, conservée dans des estagnons de cuivre étaimé, réagit sur to métal et sur rétamage, et, par suite, renferme du etanre et du pbmb provenant d'un étamage trop souvent fait .avec de. l'étain allié de plomb, ou de l'oxyde de ce métal ajouté pour saturer l'acide acétique (^).
Ces eaux de fleurs d'oranger plombîfères ne sont pas, dans la plupart des cas, nuisibles à la santé ; mais, leur vente présentant des inconvénients (^) , attendu que leur état d'altération peut s'aggraver par un séjour plus ou moins pro-
(1) Les eaui de fleurs d*oranger contenues dans des sacoches renferment soavent des sels de plomb et de cuivre provenant de leur séjour antérieur dans des estagnons.
(*) L'insouciance des négociants relalivementà la pureté de leurs eaux de Oeurs d^oranger résulte quelquefois d'une profonde ignorance de la matière. L*un d'eux, en 1844, nous écrivait les phrases suivantes, au sujet d'eaux à lui appartenant et saisies parce qu'elles contenaient des sels métalliques :«.... Je dois vous certiQer, Monsieur, que si cette m eau de fleurs d'oranger, qui se colore par l'épreuve (bien entendu, sans « vice dans sa nature), devait nuire à la santé, depuis qu'il s'en fabrique, c bien des populations auraient disparu, et, à mon particulier, par un c seul exemple<|ui m'intéresse de très -près ( toute ma famille), un seul c membre n'exialerait plus ; car journellement c'est de prendre, le ma- « tin, un quart de verre ordinaire d'eau de fleurs d'oranger bien sucrée, c tenue en estagnon si rétamage ancien ordinaire, pour mieux la con- «r server dans sa suavité et éviter de la perte, et qu'en faisant l'épreuve c elle se colore. Eh bien, je vous prie de croire et être bien persuadé « que cette eau nous a toujours servi d'appétissant^ ayant la satisfaction « de voir régner la meilleure santé dans ma famille, et cela, en suivant « l'usage et l'habitude de mes aïeux de longue existence , s'y trouvant « des centenaires; de plus, en considérant que dans la reconnaissance « de la salubrité, pour contribuer à la santé, ces eaux minérales sont c fort sabibres, on pourrait donc en conclure que les eaux de fleurs d'o- « ranger (en vraie qualité), ayant une dissolution de plomb, pourraient c être considérées comme eaux minérales et sakUbres, la base de l'eau de c fleurs d*oranger ne pouvant qu'en augment le mérite. Cependant, loin « de blâmer, j'approuve qu'on ne saurait trop se conformer à de non- « velles et prudentes précautions, pour ne laisser aucun doute dans Tot pinion.... » {Sic,]
loAgâ ^9^ \m ^9^g^{m, U eat importait qonraealeiiimt ds rechercher, mais ^Qçorci dq doaeii le plomb qu'eUai oonti«B-
I4 prMwcQ du ouivr^ sert déoelée p«r r«iiimaiiiaquQ, qui y dév^loppetvit UP9 QolQratioa l^leue ; par Ift eyanuia jaim«, qui doii^fura uue coloration ou un précipité brun marron. Préalablement, le vcdume de Thydrolat à essayer davsa Mm réduit au quart par Tévaporation.
Le plomb se reconnaît aux réactions suivantes 3 pi4ci|»ta* tion, ou seulement colpratipneu noir par Thydrogèna sulfura, 1^ sulfures alcalins ou les eaux auUui^uaes, telles que Teau deBarèges ; précipitation en jaune par Tiodure de pot^urn, Ip cbromate de potasse ; en blanc, pav Tacide sulftuique, U sulfate de soude, le cyanure jaune (*).
La sensibilité de ces divers réactifs, eu égard à Teau de fleurs d'oranger, a été étudiée par M. J. Penovne. Il résulte de ses observations que Thydrogène sulfuré et le sulfhydrate de soude sont les réactifs les plus sensibles ; ils décèlent la présence du plomb dans une eau qui en contient 0,0012 par litre. La limite de sensibilité de Tiodure de potassium est 0,0125 de plomb par litre; celle du cbromate de potasse, 0,050; celle du cyanure jaune, 0,038; celle du sulfate de soude, 0,032.
Pour déterminer assez approximativement la quantité de
1^] Bn 1S44, le proiomédical d« Turin, lor^ de la viiita des ottcinas de Nic9, ayant trouvé des sels de plomh dam les eaux de fleurs d^oranger» fit citer les parfumeurs de Turin devant raulorité locale, et là il leur siguifia que si, en tSiS, lors de sa visite, ces eaux contenaient des sels de plomb, leurs magasins seraient fermés pendant six mois, et que chacun d'eux serait, en outre, passible d*une amende de 5 à 600 fr.
MM. les membres du Conseil de salubrité du Doubs ayant fait con-r naître au préfet de ce département que la majeure partie des eaux de Ûeurs d'oranger trouvées dans le commerce, lors de leur dernière visite, oontepaient des sels de plomb ei de cuivre , ce dernier conçut ridée de défendre, par un arrêté spécial, le transport de ces eaux par estagnons pour sou département. L'exemple une fois donné eût été bientôt suivi ailleurs, cl II est facile de comprendre quelle perturbation de semblables probibitions partielles pnurraieul aineper dans Tindustrie de Grasse.
(*j Voy., à la Un du tome 11, le S v de ïl%i\rwit^n du Coi^ctf d'Ayuviinfi ^iqm^ d« toMitriiU ^d4»arUnmi 4a ^ Smif^ date du 4 fé* vrier 1853.
pllimll iwtaiiua dtiu les eaux de Qdurs d?oraBg«r, II. Per- 9ûnae a propo^ le moyen suivast : on m^t 30 grammes de Tean à essayer dans un petit tube fermé à la lampe ; et on nwt, ^9im des tubes semblables, 30 grampies de soIntioAs tilries et préparées d^avance, contenant de 0,01 à 6,12 d'acétate neutre de plomb : on les traite par une égale quantité 4'bydvogèoe sulfuré gui donne une teinte plus ou moins fopcée, en saison de la quantité de plomb contenue. On a 4insi un certain nombre d'étalons préparés d^avance, auxquels on compare, pour la couleur, les divers écbantillons d'hydrolat que l'on soumet à Tessai, en ayant soin de placer à çAté Tun de Tautee, wa une feuille de papier blanc, le tube ^lon et le tube contenant l'échantillon d'eau à essayer.
I^es eaux de fleurs d'oranger peuvent, li l'aide du charbon «nimal lavé avec soin, être privées facilement des sols mi* talliques qu'elles renfenoent; l'expérience nous a montré qu'il su£Qt de \ gramme de ce charbon animal, mis en contact, et agité à plusieurs reprises avec 25 litres d'eau de fleurs 4'oranger; ceUe-ci n'a pas sensiblement perdu de son odeur.
MM. Naveteur et G. Maunier avaient aussi observé que le carbonate de magnésie et la magnésie calcinée remplissent le même but ; mais l'emploi de ces substances présente l'inconvénient de donner des eaux oit Ton retrouve de la magnésie, et que Ton pourrait considérer comme préparées avec cet oxyda terreux et des huiles essentielles.
L'eau de Javelle , ainsi appelée du nom du village de Javelle, près Paris, où on Ta d'abord préparée, est aussi désignée sous les noms de chlorure de potasse, chlorure d'oxyde de potassium, hypochlorite ou chlorite de potasse. Elle est le résultat de l'union du chlore ^vec la potasse, ou oxyde de potassium .
L'eau de Javelle, bien préparée, devrait être blanche; mais elle est colorée en rose plus ou moins foncé. Cette couleur, primitivement due à un accident, parce qu'une partie du résidu (sulfate ou chlorure de manganèse) passait dans l'eau
S84 EàJa DE JAVELLE.
de Javelle à la fin de Topération» est mamienant commumquée à volonté, pour lui donner ce qu'on appelle Taspect commercial. On obtient cette coloration de Feau de Javelle en y versant un peu de solution de caméléon minéral préparée d'avance (^), jusqu'à ce que Ton ait obtenu la teinte n^ée exigée.
Usages. — L'eau de Javelle est employée principalement pour blanchir le linge de ménage, pour enlever les taches de fruits, de vin, d'encre, etc.; à défaut de chlorure de soude ou de chaux, on peut l'employer comme désinfectant.
Altérations. — La véritable eau de Javelle est à base de potasse ; mais très-souvent, dans le commerce, on vend^ sous ce nom, du chlorure de sovde; cette substitution se reconnaît en ce que l'eau à base de soude ne présente pas les réactions caractéristiques des sels de potasse, telles que le précipité jaune serin avec le chlorure de platine, lorsqu'elle a été préalablement concentrée par évaporation.
Souvent aussi l'eau de Javelle est faible en degré, contient un grand excès de carbonate de potasse. Quelques fabricants ont fait leur eau de Javelle en soumettant à un léger courant de chlore les eaux mères de chlorate de potasse préalablement étendues d'eau. Ces altérations se reconnaissent à l'aide de raréomètre('); mais il est bien préférable d'avoir recours aux
0) Le caméléon minéral se prépare en fondant et brassant dans un creuset un mélange intime de peroxyde de fnanganése (1 p.) et de fwtasse perlasse (i p.) rédulis en poudre. Le creuset refroidi est cassé, et la masse dissoute dans Feau de Javelle, de manière à avoir une solution colorée en rouge vineux foncé, dont on se sert au besoin.
(*) La table suivante indique les divers degrés que marque, à l'aréomètre de Baume, l'eau de Javelle du commerce :
Eau de Javelle forte du commerce. ts».
3i d'eau de Javelle 8 d'eau. li<».
sa 10 13», s.
as is ii«, 6.
SS li 18», s.
39' Si ll«.
88 iS 7*.
BAU DE LAURlER-CSaiSE. 285
procédés chlorométriques qui font connaître la quantité de chlore contenue dans Teau de Javelle, pour un poids ou un Tolume déterminé (Voy. Hypochlorites).
BAU »B lUiUBJCBa-OB&ISB.
L'eau ou. hydrolai de laurier-cerise, qui entre dans quelques préparations pharmaceutiques, contient, suivant M. Geiger^ pour 30 granmies, environ 0'^,036 d'acide prussique pur, correspondant à 0^.,030 d'acide prussique médicinal.
D'après les recherches de M. Paton^ 30 gr. d'eau de laurier-cerise renferment à peu près 0<'',053 d'acide prussique anhydre. Sa force est la même que celle de l'eau d'amandes amères. ^
L'eau de laurier-cerise doit être conservée dans des flacons de petite capacité, entièrement remplis et bouchés à l^émeri. Elle perd peu à peu de sa force; dans cette circonstance, comme lorsqu'on la conserve dans des vases en vidange, mais bien bouchés, il s'y dépose toujours, au bout d'un certain laps de temps, un léger sédiment jaunâtre.
ALTÉRATIONS. — L'eau de laurier-cerise préparée dans des vases distillatoires altérés et rhabillés de soudures peut renfermer, ainsi que l'a reconnu M. Stanislas Martin, du plomb à l'état de cyanure. On reconnaît la présence de ce sel par le sulfate de soude, Tiodure de potassium, le nitrate d'argent. Ce dernier réactif donne un précipité de cyanure d'argent, soluble dans l'acide nitrique bouUlant; le sulfate ferrosoferrique forme, après addition de quelques gouttes d'acide sulfurique ou chlorhydrique, une coloration bleue ou un précipité de bleu de Prusse.
Dans le commerce, on livre assez souvent de Veau (F amandes amères comme eau de laurier-cerise. Cette substitution se reconnaît, d'après M. Welteman, au moyen de l'aounoniaque instillée par gouttes : il se forme, en peu de iemps, dans l'eau d'amandes amères, un précipité blanchâtre. Dans l'eau de laurier-cerise, le précipité ne se produit qu'après un temps assez long.
M. Giovanni Righini^ d'Oleggio, préfère, conune réactif»
le itafeUftntte de quinine liqnide^ ^ttl MAMIiit inrînéSiatoment et fortement Thydrolat con5êiiti4 de leltlrièr-^oëHse, tandis que, dans l'hydrolat concentré d^amàndeâ amèred, il se précipite seulement quelques globules blancs, et le liquide recou\Te aussitôt sa limpidité première ; aucune réaction ne se manifeste dans Thydrolat lion concentré d'amandes amères.
M. le dociexxr Aschoff, de Bielfeld, a observé que 3& gouttes é'hfdrolat de laurier-H^ertse forment avec 0<^.,05 de sulfate de quinine une masse solide^ tandis qn'il ne se forme rien arec l'hydrolat d'amandes amèred coticèntré. Le tnêine effet a lieu lorsqu^on opère de la mêlne maniée htëc les htiilé^ volatiles de tes deux substances.
Mais il paraîtrait, d'après des etpéHences pins récentes dé M. Lepdtgûy deGisors, que Pammoniaque ('), lë snlfotartratë et le sulfate de quinine ne peuvent ser^ à différencier l^ eaux distillées de latirier-ôerïse et d'amandès-am^r eà (') . Suivant ce pharmacien, le meilleur réactif à employer e^ lë ehlortire d'ot, qui communique à ces eatix distlUéèr^ une lé- ^m teinte jaune que Thydrolat d*amandes amères perd senl, après ï à 8 heilres de contact, pour redevenir incolote et transparent.
M. Lepagê a aussi reconnu qtie la présence de Phuile essentielle peut être décelée par Pammoniurë de ctdvre, par le ferrocyanure de potassium ammoniacal associé au sulfate de ouivre, par le bichlorure de mercure associé à Tiodure de imaasittm.
BAUJt iftarÉftAtifeis.
La fraude s'eterce sur lès eaux tultiérale^ pat l^un des quatre moyens suivants :
!• Par t imitation de là eaptiklé; c'éSt àinâl qu'à Paris un HKiustriel, le sieur Dominiquo C..., fut condamné par le tribunal correctionnel à un an de prison et 50 francs d'amende
(i) En 1843, M. Yfipter âvaU reconno que rfltnnioniftqUe dgls^il Mfr Teau de laurier-cerise, à l'esclusiou dé celle d*ainâDdet am^reF«
(S) M. Lepage aUribuc la dilîérence des résultats obtenus avec ces réactifs à ce qu^oii a opéré sur des eaux ancieones et mal conservées, oi I M qtt'OA «*é(t <èrfl H*éaaï prèinrées par des procédés dilTéreDis.
BMt l019BRAI«È9. Soi
pmmt itoif ^Vtm d« r^àtt â'Efighièii $ôu^ 1« cachet dé V^aU dé
^ Pur une ÈMéHtutiôH: où h Vêhdu dés eaut dites dé PuUna, dans des bouteilles portant bien Tétiquette et le bou- «Aioti plonibé et estampillé des véritables bouteilles i'eau de PUtim, ^pendant elles ne tiotitenaietit pas tLfaé setilê goutté ^e celte boisèotimédicitiàlb(*).
8* In tendant feomtnè eau natitffelle iine ôaU atiifici^ilèy tsmnpodée «t ^i^paréè dans un labotatoire.
4« En allbttgeant ou coupant une eau battltelle de deùt k »ois Ibis Son tolUme d*tete btdinaire, Uead tnihérale, àîn^ baptisée, est vendue feû cônsommatetlr cotmne de Pôàti ayant -lii tnditte valeur et les niêliifes vertus. Cette fihiUdë cèSséira I mesure que lés adminiSt)*ationS ne laisseront plus pUiseï* d leurs sources que leurs fontainiers, et donneront un certificat de puisement ou une capsule pour recouvrir les bouteilles.
Pour éviter toutes ces fraudes, voici les principaux moyens niis en pratique par quelques administrations :
1^ On ne doit jamais laisser emplir que des bouteilles d'un libre ou d'toi ^lus petit volume, et délivrer un certificat de puisement, et des capsules au timbre de l'administration, avec le millésime de Pannèe.
2*» Chaque bouteille destinée à Pexportation est recouverte <l*ttne bande de papier collée sur le bouchon et sur chaque côté dti col de la bouteille, avec les mêmes indications que Ton Retrouve sur la capsule. Il est utile que chaque bouteille porte une étiquette timbrée à Sôc, avec la manière dont on doit eml^loyet TeaU. Dé plus, les eai^ minérales ne sont vOndiies (}uë par le^ ^hàrtnaèiôns, qui seuls doivent tenir les dépôts : idoife on est stir de Torigine de ces liquides.
PaMi l'es eaux minérales, quelques-unes, comme les eaux
(t) LewaHAitéfl ku, traduit (M)ttt*ttbè seiâbliibfc venté, en tSiT, âe^ fant le tribunal de police correctionaelle, fui condamné, par défaui, à un mois de prison et 50 francs d*amende. Une maison de droguerie vendit de même des eaux di^ Hé ^edll/t; dahs le^ cruchons d'eau de Sedlitz qu*elle avait achetés vides et qu'elle avait remplis d'une solution de 9ÊAfmtB dt mognétiêi <m avail eu It prébilitfim de MeoHtril* ie erudiou d'nne feuille de papierr et d'y apposer uu cachet avet detfi initialél) aa lien du nom de Sedlitz et de la croix de Malte que Ton retrouve sur le â^liet Hes eaui âe âedlUz véritables.
SIS BAU DB asDun.
de PuUna^ de SedlitZy peuvent se conserver indâfiniment
altération ; d'autres, comme les eaux des Pyrénées, certaines eaux ferrugineuses, se décomposent à la longue. M. Ch. Menière pense cpie Ton devrait les puiser à la température la plus basse possible ; que les eaux sulfureuses chaudes fussent recueillies dans des bouteilles chauffées d'avance, afin qu'elles ne se refroidissent que très-lentement; que les bouteilles fussent bouchées à la mécanique et capsulées. M. Menière regarde ce dernier moyen comme très-important pour la conservation des eaux ferrugineuses, des eaux de Vichy, des eaux sulfureuses des Pyrénées. Les eaux ferrugineuses, suivant lui, devraient être conservées de préférence dans des bouteilles de grès, ou mieux de verre noir, bouchées à Témen, afin d'éviter, autant que possible^ Pinfluence de la lumière.
BAU BB RABBIi. — V. Aoidb ■m.roBigoB a&cqolué.
BAV Bil &08B8.
L^eau de roses doit être choisie très-suave et la plus odorante possible.
Cette eau, employée dans la pharmacie et la parfumerie, est sujette au même genre d'altération que Teau de fleurs d'oranger ; comme cette dernière, elle est conservée et expédiée dans des estagnons de cuivre étamé, et peut contenir des seh de plomb et de cuivre^ dont on reconnaît la présence de la même manière (Yoy. Eau de fleurs d'oranger).
La proportion de ces sels peut quelquefois être assez considérable. M. Audouard, de Béziers, a trouvé, dans le commerce, une eau de rose qui contenait une proportion de sel de plomb (acétate?) telle, que 3 gr. de cette eau étendus de 100 gr. d'eau pure précipitaient encore par lô sulhydrate d'ammoniaque, l'iodure de potassium, le sulfate de soude.
BAU BB SBBUTB.
L'eau de Sedlitz naturelle, que l'on trouve au village de Sedlitz, en Bohême, est une eau saline, froide, employée en médecine comme purgative. On la remplace souvent par une
EAU DE SÈDUTZ. 289
eau artificielle qui lui est préférable, parce que la forte quantité de gaz acide carbonique dont elle est chargée la rend moins désagréable pour les malades, et permet u Testomac de la supporter plus facilement sans vomir.
Suivant la dose de sulfate de magnésie, on distingue l'eau de Sediitz en eau à 8sr. , à IGsr-, à 248^- , à 328^*, etc.
L'eau de Sediitz du Codex est préparée avec :
Sulfate de magnésie cristallisé. 8 gramm.
Eau pure. • . 625 gramm.
Gaz acide carhtmique 4 volumes.
Or, nous avons examiné des eaux de Sediitz artificielles qui étaient préparées avec :
Sulfate de soude {') '. 20 gr. 25
. Eau 125 gr.
Acide sulfurique, destiné sans doute à donner au liquide le goût acide qu'il doit tenir de Pacide carbonique.
Le sulfate de soude était accompagné de traces de sulfate de potasscy de chlorure et de sels de chaux.
Le sulfate de soude fut retiré par évaporation; il est facile à distinguer du sulfate de magnésie, en ce que sa solution aqueuse ne précipite pas par les carbonates alcalins. Ce sulfate fut traité par Palcool à 36° froid, et la liqueur alcoolique donna, avec le chlorure de baryum, un précipité blanc, insoluble dans Tacide nitrique : indice de la présence de l'acide salfuhque.
On a aussi préparé des eaux dans lesquelles on faisait entrer une petite quantité de sulfate de magnésie pour masquer le sulfate de soude ; il faut alors précipiter la magnésie et déterminer son poids. 100 parties de sulfate de magnésie doivent fournir 34,2 de magnésie. On précipite la magnésie par le sulfure de baryum; on filtre, on précipite la baryte par l'acide sulfurique ; on filtre de nouveau, on fait évaporer et on a le sulfate de soude pour résidu.
On a aussi vendu^ sous les noms d'eau de Sediitz, dTpsom, de Seydchutz, une eau dans laquelle on avait ajouté de
(1) Le salfate de soude a une valeur biea moindre que le sulfate de magnésie*
SftO S^U DE gBtTZ.
Y acide taririque et du carbonate neutre de eoude ou de potasse.
îl on résulte un tartrate de soude ou de potasse, qui communique à Teau une saveur amère, no ressemblant en rien à la saveur acidulé saline do la véritable eau do Sedlitz.
En outre, si Ton chauffe cette eau pour en dégager l'acide carbonique, elle ne précipite pas par la potasse pure ou carbonatée; ce dernier sel précipite, au contraire, abondamment les eaux de Sedlitz fabriquées avec le sulfate de magnésie.
BÀÙ Bis UBtfr%*
, té
L'eau de Seltz ouSolters est une eau acidulé saline firoide; voici sa composition, d'après M. 0. Henry :
Acide carbonique 2,740
Bicarbonate de soude 0,999
Bicarbonate de chaux 0,551
Bicarbonate de magnésie, . . . 0,209
Bicarbonate de strontiane. . . traces
Bicarbonate de fer 0,030
Chlorure de sodium 2,040
Chlorure de potassium 0,001
Bîvmure aloaiin, .,....« traces
Sulfate de soude anhydre. ... 1,150
Phosphate de soude 0,040
Silice et alumine 0,050
Matière organique ) ^
Crénates de chaux et de soude* . )
Eau 993,190
P r la quantité notable de sels qu'elle contient, l'eau de Seltt jouit de propriétés qui ne sont pas dues uniquetnefit à l'acide carbonique.
On pirépare aussi, selon la formule du Codex, une eau da Seltx artificielle avec :
Chlorure de calcium cristallisé. . . Ogr.,33
Chlorure de magnésium cristallisé. 0, 27
Carbonate de soude cristallisé. . . 0, 60
Sel marin ...é. ** 1, 40
Sulfate de soude cristallisé 0, 05
Phosphate de soude cfnstallisé . . . ^j ^^
Eau gazeuse à 5 volumes 62o
On voit donc qu'on fie doit point substituer aut eaux de Seltz
EAU DB SUTZ. S91
naturelles ou aitificieUes» employées comme mMicsments, les eaux simplement acidulés gazeuses, où les sels sont complètement supprimés, et que Pon débite communément, comme boisson d'agrément, sous lé nom d'eaux de SHiz.
Nous en dirons autant du soda powders on poudre gazifere rimpk deâ Anglais, de la poudre de Seliz ou teltzogène : la pre^ mière se prépare avec 16 gr. d'acide tartrique pulvérùé et 24 gr. de bicarbonate de soude pur; la seconde, avec ii gr* d'acide tartrique pulvérisé et 24 gr. de bicarbonate de soùde^ également pidvérisé. Dans un cas comme dans Tautre, oil divise Tacide tartrique en douze paquets égaux, que Ton fait avec du papier blanCf et le bicarbonate de soude en douze paquets égaux, que Ton fait avec du papier bleu.
La poudre dite de Seltz, vendue à Paris, se compose le plus ordinairement : 1*^ d'un paquet ccmtenant 5 gr. d'acide tartrique concassé; 2^* d'un second paquet contenant 6 gr* de bicarbonate de soude pulvérisé , que Ton a quelquefois remplacé par 7 gr. de bicarbonate de potasse*
On a préparé aussi une poudre composée de 8 gr. de M* carbonate de soude et de 10 gr. d'acide citrique cristallisé.
Toutes ces prétendues eaux minérales (^) n'ont d'autre reft* semblance avec Teau de Seltz que d'être mousseuses, filles contiennent soit du tartrate, soit d\x citrate de SoMdeyTésolisat de la décomposition du bicarbonate par l'acide tartrique ou citrique; or, ces sels rendent la boisson un peu laxative (^), et peuvent avoir des inconvénients réels, dans certaines conditions de santé où la facilité digestive est affaiblie. Ces eaux
(A) Sa tS4e, 110 nwrcbaad de vhi, d*aae petite commune de U banlieue de Paris, préparait Teau de Selti avec de Vhuik éevitrM; il donnaff tout simplement de la limonade sulfurique pour de l'ean de Seltz. Ce marchand de vin a prétendu, dans sa défense, que son Gis tenait cette recette d*aD savant.
(*) f/ipparell ippolé gatùgêm, inteMé par M. BrM, obvie k Ces Inconvénients et permet de préparer rapidement une eau gasevMSrvec 1 Sgr. d*acid0 tartrique et 18 gr. de bicarbonate de soudé, sans mélange des pro« doits de la réaction.
Le prix tonjoars croissant de Paclde tartrique, en 1854, a engagé quelques personnes à lui chercher un succédané dans le sulfata acide de stmdSf qui vint on peu moins de 1 fr. Ickil.; tandis que l'acide lartrlque a vain environ T fr.
292 ickitLE.
gazeuses ne peuvent donc remplacer les véritables eaux de Seltz dans Pemploi médical, elles ne peuvent convenir qu'aux personnes bien portantes qui veulent se désaltérer : les esto* macs malades se trouveraient fort mal de son emploi.
Ces eaux gazeuses donnent, par Tévaporation, un résidu salin plus considérable que les eaux de Seltz : le poids du résidu et son examen chimique font reconnaître à laquelle de ces eaux on a affaire.
L'emploi de cruchons portant Tétiquette, le cachet et Técusson circulaire autour duquel est écrit Selters, pour contenir du soda-waier (*) et des eaux gazeuses artificielles, constitue une véritable fraude, qui induit en erreur le médecin et le malade.
Altérations. — Il ne faut pas se servir do bouteilles d'can gazeuse munies d'un siphon en plomb ^ et même, en général, de siphons métalliques.
Vers la fin de Tété de 1852, M. Chatin a trouvé une grande quantité de plomb dans une eau gazeuse qui avait séjourné pendant 10 à 15 jours dans une bouteille à siphon de plomb, et qui avait acquis une saveur styptique particulière. La même année, MM. Bussy et Chatin saisirent, chez divers débitants du faubourg Saint-Grermain, des bouteilles à siphon métallique et à eau gazeuse phmbifere.
L'écaillé est une masse dure^ avec laquelle on fabrique une foule d'objets divers de tabletterie , et qui recouvre la carapace des tortues marines, principalement du caret, espèce de tortue qui fournit la plus belle écaille. Celle que Ton trouve dans le commerce est fournie par les tortues d'Asie, d'Afrique et d'Amérique. La meilleure écaille vient de 111e de TAscenlùon, de l'Ile de France, des Indes orientales.
L'écaillé étant d'un prix élevé, on l'imite souvent avec de
(') Le soda-water, employé comme moyen de faciliter les dIgesUoDS, est préparé avec 6i5 gr. fTeau gauuse à cinq volumes et I gr. 10 de hkarbomUe ds soudé.
ÉGORGE D*AN6CJSTURB. i9i
la corne préparée et colorée de manière à produire les trois cooleuis qui la distinguent.
Ainsi, 1*^ une dissolution d'or dans Teau régale colore la corne en rouge ; 2^ une dissolution de nitrate d'argent produit une couleur noire ; 3° une dissolution de nitrate de mercure fait prendre à la corne une couleur brune.
La corne ainsi colorée imite assez bien Técaille, et se vend quelquefois pour cette dernière.
La fraude ne peut se reconnaître chimiquement, car ?écaille se comporte absolument comme la corne avec les réactifs chimiques.
L'écaillé n'est pas fibreuse ou lamelleuse comme la corne ; elle est aussi plus transparente , d'une, dureté plus considérable.
D'après HatcheUj Técaille laisse depuis 0 ^/o,l jusqu'à 0 ^/e,6 d'une cendre composée de phosphate de chaux avec des traces de phosphate de soude j de carbonate de chaux et d^oxyde de fer.
La corne laisse environ 0 ^/o,5 d'une cendre composée prindpalcment de phosphate de chaux, avec un peu de car* bonaîe de chaux et de phosphate de soude (i).
On connaît deux sortes d'écorce d'angusture : l'écorce d'angusture vraie, et l'écorce de fausse angusture. La première est employée, en médecine, comme tonique et fébrifuge; la seconde ne l'est point, elle contient un poison violent, la brume. On la vend parfois pour la première, ou on la mélange avec elle ; il est donc important d'indiquer les caractères différentiels qui permettent de distinguer ces deux écorces.
(*) Arec des feuilles de gélatine snperposées, entre lesquelles on introduit une matière colorante, du nitrate d'argent (?], on obtient des dégradations de nuances, des taches, qui lui donnent une certaine ressemblance avec récaille : on prépare ainsi une fausse écaiUe ou écaiUêfao» ^ice, servant à fabriquer doB arliclcs de bureau, et même des peignes. Cette fausse écaille, immergée dans Teau, prend un volume quintuple sans se dissoudre, ce qui est d'ailleurs te caractère d'une bonne gélatine. C'est pourquoi elle est impropre à la confection des objets qui ont besoin d'être lavés. Elle est plus douce au toucher que réoaille véritable.
tt4 Éaautm d^angusture.
li'éooroe d'angUBture vraie provient du GaHpea officinaKs, ou febrifuga^ de la famille des Rutacées ; d'après Tanaljrse ^*f/u$èan, elle contient : cutparin; gomme; extraetif; résine: Ai^i/e oolatik. £lle est en morceaux ou plaques d'une longueur variable, depuis O'^JO jusqu'à 0»,33 et 0"»,40 ; d'une largeur de 0",025 à 0*,050. Elle est mince, compacte, un peu roulée, jaune fauve ou rougeÂtre intérieurement, gris jaunâtre à Textérieur. Sa surface est quelquefois recouverte par des excroissances fongueuses. Sa cassure est compacte et résineuse, nette et brune ; son odeur forte et désagréable, comparable à celle du poisson gâté; sa saveur, amère et piquante. £lle donne une poudre jaune , semblable à celle de la rhubarbe* Une goutte d'acide nitrique concentré, versée sur la surface interne de cette écorce, y produit une tache de couleur jaune foncé. Une. infusion préparée en versant 50 gr. d'eau distillée bouillante sur 10 gr. d*écorce entière, et laissée en macération pendant 24 heures, donne avec le sulfate de fer un précipité abondant d'un gris blanchâtre ; avec le cyanure jaune, il no ae produit rien d'abord, mais une addition d'acide ûhlorhydrique détermine la formation d'nn précipité jaune très-abondant; avec la potasse caustique, on a une coloration jaune orangée, verdâtre, et un précipité ; l'acide nitrique rétablit la couleur priinitive. Enfin, cette infusion détruit la couleur de la teinture de tournesol.
La fausse angusture, ou angusture ferrugineuse, est l'écorce d^une espèce du genre Strychrios. D'après les analyses de Peltûiier et CavenloUy elle renferme ; brucine : matière grcLsse; ffûmme ; matière jaune^ soluble dans Ceauet dans T alcool; sucre ; ligneux. Cette écorce est plus lourde, plus épaisse que la précédente, légèrement roulée, racornie. Sa surface intérieure est grwe ; sa surface extérieure rougeâtre, ou de couleur de rouille, est formée par une matière fongueuse, épaisse, qui la recouvre en certains endroits, et que quelques auteurs considèrent comme une espèce de lichen; d'autres écorces sont comme marbrées de points noirs et blancs, raboleujt (*). Sa poudre est d'un blanc légèrement jaunâtre. Sa cassure est nette et résineuse ; son odeur à peu près nulle ; sa saveur
[^] On rappelle alor$ quelqiaefoU i attgmtur$ pmm d$ erofâmi.
iGORCB 1MB KAOBTE DB OREffADin. S9B
très-amère, sans âcreté. L'acide nitrique versé sur la partie interne de l'écorce la colore en rouge foncé. La partie fongueuse externe se colore, par Tacide nitrique, en yert émeraude foncé. L'infusion aqueuse d'écorce de fausse angusture donne, avec le sulfate de fer, une coloration vert-bouteille, accompagnée d'un léger trouble ; avec le cyanure, un léger trouble ; l'acide chlorhydrique fait prendre au liquide une couleur verdfttre. Une petite quantité de potasse caustique donne une couleur vert-bouteille ; une plus grande quantité la change en orangé, avec une teinte un peu verdfttre ; le liquide est transparent; Tacide nitrique ramène peu à peu la couleur de l'infusé. Ce dernier n'exerce aucune action sur la teinture de tournesol.
ÉooROB nu tLACtmm »b aRsirAiinm.
Cette écoree est fournie par le grenadier {punicagrênMitan)y petit arbre de la famille des Granatées, qui crott en Afrique et dans le midi de l'Europe. Elle est d'un gris jaunftlre ea dehors, d'un jaune clair à Pintérieur, et porte des lignes blaa* châtres dans le sens de sa longueur. Elle est inodore, peu épaisse et non fibreuse, d'une saveur amère, peu astringente : sa cassure est nette; elle colore la salive en jaune bnm, et laisse dans la bouche une matière pftteuae.
Une infusion préparée avec 8 gr. de cette ^oree et 30 gr. d*eau, le tout laissé en macération pendant 24 heures, ceim<munique à Peau une couleur jaune dorée et une odeur de thé ; elle donne , avec la gélatine , un précipité brun abondant (Godefray) ou blane jaunfttre (Latour, de Trie); avec la tenitwe d'iode, une couleur intense, mais transparente ; rien avec le bichlorure de mercure (Godefroy) , un préci{»té gris jaunâtre {Laiour, de Trie) ; avec Tacétate de plomb , un précipité jaune serin abondant, et la liqueur est décolorée ; avec le penulfate de fer, celle*ci prend une couleur noire violacée intense, que Vacide nitrique concentré fait disparaître et change en rose ; avec l'alun, elle donne un précipité jauneverdfttre ; la potasse et l'ammoniaque la colorent en rouge pourpre.
L'écorce de grenadier ancienne est d'un gris eendré au de-
296 ëCORC£ de RiXlME D£ GRENADIER.
hors, d'un jaune moins marqué à Tintérieur ; elle a une amertume insensible, ime astringence très-prononcée; elle donne à Peau une couleur jaune foncé tirant sur le rouge, et lui fait prendre Todeur de pruneau.
L'écorce de la. racine de grenadier, analysée, en France, par M. Mitouarty et plus tard par M. Latour, de Trie, M. Bonastre; en Allemagne, par M. Wachenroderj contient : tannin, acide gaUique^ résine^ cire, matière grasse, chhrophylle, monnite {}), et une matière cristalline nommée grenadine (Latour ^ de Trie), ou granatine (Landerer). La racine fraîche renferme, en outre, un peu d'huile volatile [Bonastre),
Usages. — L'écorce de racine de grenadier est employée, en médecine, contre le tœnia, ou ver solitaire.
Falsifications. — ^L'écorce de racine de grenadier est quelquefois mélangée ou remplacée par Vécorce d^épine-vinette, ou par Vécorce de buis.
L'écorce d'épine-yinette (berberis vulgaris) est mince, giise au dehors, jaune foncé à Tintérieur ; sa cassure est un peu fibreuse, sa saveur amère, sans âcreté ni astringence ; elle colore assez promptement la salive en jaime^lair. Son infusion aqueuse ne donne rien avec la gélatine et le sulfate de fer ; avec la teinture diode, la liqueur se trouble et devient d'un brun sale ; avec le bichlorure de mercure, elledonhe un léger précipité jaunâtre ; avec Tacétate de plomb^ un léger trouble, puis un précipité jaunâtre : le liquide n'est pas décoloré. L'alun y forme un dépôt floconneux grisâtre ; la potasse t l'ammoniaque ne la font pas changer de couleur.
L'écorce de buis est blanche extérieurement, très-amère ; son infusé n'est pas précipité par les réactifs précédents.
Souvent il arrive que l'on mélange Técorce de racine de grenadier avec Vécorce de la tige de grenadier. Cette fraude se reconnaît, à l'aide de la loupe ou du microscope, par la présence d'un grand nombre de végétations cryptogamiques qui se trouvent sur l'épiderme des écorces de la tige, tandis qu'il n'y en a pas sur l'écorce de la racine. D'im autre côté, les écorces des branches et des tiges de grenadier se distinguent de récorce des racines par la présence de la moelle et d'un bois blanchâtre, que Ton chercherait vainement dans le corps ligneux jaunâtre des racines (Higcui-Veriert]^
ÉCOBiGB DE WUfTEa. 297
Une antre falsification de Técorce de racine de grenadier serait son mélange avec Vécorce de mûrier noir {monts nigra — Urticées). Celle-ci est jaune fauve, à reflet rougefttre prononcé, fortement ridée, tuberculeuse ; sa texture est tenace et très-fibreuse; elle a une odeur jiauséeuse, une saveur d'abord sucrée, puis fade et mucilagineuse, sans astringence et sans amertume, et se réduit ensuite en une matière fila* menteuse qui ne colore pas la salive.
Le macéré aqueux de cette racine est rougeàtre, rougit le papier de tournesol, n'est pas précipité par les solutions de gélatine et de persulfate de fer, est troublé par Tiodure de potassium, donne un précipité jaunâtre avec le bichlorure de mercure , est décoloré par Taeétate de plomb, avec formation d'un dépôt grisâtre {Rigoui''Verbert).
AoOaOB BB ^riMTBR.
L'écorce de Winter est produite par le Drymis Winieri^ arbre de la famille des Magnoliacées. Son nom lui vient de celui du capitaine de vaisseau Wtntery qui, le premier, l'a rapportée, en 1567, du détroit de Magellan.
L'écoTce de Winter se présente en morceaux roulés de 0-,30 k 0«,35 de long, épais de 0»,006 à 0-,007, lisses, d'une couleur gris-rougeâtre. Elle est raclée extérieurement et parsemée de taches rouges elliptiques. Intérieurement, elle est quelquefois noirâtre. Son odeur ressemble à celle du basilic et du poivre mêlés. Sa saveur est acre et brûlante. Sa cassure est compacte, grise à la circonférence, rouge à Tintérieur. Sa poudre a la couleur du quinquina , elle a une odeur qui ne peut se comparer qu'à celle de Tessence de térébenthine.
L'écorce de Winter a la composition suivante, d'après Henry : Résine, huile volatile, matière colorante j tannin, acétaie et sulfate de potasse^ chlorure de potassium j malate de chaux, oxyde de fer.
L'infusum aqueux préparé avec 4 gr. d'écorce de Winter, laissés en macération pendant 24 heures avec 30 gr. d'eau distillée, a une couleur rouge brun, une odeur pipéracée, une saveur amère, astringente, très-âcre à la gorge. Il précipite
avec le mtfate de baryte, donne un prédpiié mtr avec le persulfate de fer.
Usages. — L'Acorce de Winter employée, en médecine, eomme stimnlant, fait partie de quelques préparations pharmaceutiques.
FALSincATioNS. — L'écorcc de Winter a été remplacée, dans le commerce, par laiCanneUe blanche (^)^ quelquefois par la fausse angusture. Cette dernière subetitution est grave, et peut se reconnaître à Taide des caractères physique^ et chimiques qui différencient les doux écorces.
La cannelle blanche se présente en rouleaux de longueur indéterminée, épaisse de 0"',005 environ, à surface externe lisse, d'une couleur jaune*»orangé cendré. Sa cassure est grenue, blanchâtre, marbrée, et présente quelquefois différentes nuances colorées. Sa saveur est amère, chaude et aromatique; elle possède une odetir d'oeillet. Sa poudre est jaune, bien différente de celle de Fécorce de Winter.
Son infusum aqueux a une couleur jauno-paiUe, Todeur de récorce, et ne donne aucune réaction avec le nitrate de baryte et le persulfate do fer.
On a substitué à Véeorce de Winter la grande écorcede cas* cariUê ; de manière à rendre la fraude très«difQoile à reconnaître à la simple vue.
éx.B0TVAI&ll8.
Les électuaires comprennent tous les médicaments officinaux formés de substances organiques, quelquefois de substances minérales, délayées dans un sirop simple ou composé, préparé soit avec le sucre, soit avec le miel.
On a divisé les électuaires en deux grandes classes : les électuaires solides {tablettes, pastilles), et les électuaires mous^ qui se divisent eux-mêmes en électuaires mous simples (conserves, pâtes), et en électuaires mous composés {confections, optais).
Les électuaires doivent être conservés dans des vases bien * couverts, à Tabri de la chaleur qui les ferait fermenter, de
(*) Oiialqiies aiiia«rf la ooiMeiit WMtrêm CmitUa.
ELLlbORE BLANC. 299
Pair qui les dessécherait, et de rhumidité qui les ferait moisir.
Les électuaircs composés sont très-susceptibles d'être falsifiés. Dans le commerce de la droguerie, on les trouve rarement purs; aussi, engageons-nous les pharmaciens à ne pas faire usage des électuaires des droguistes, et à les préparer eux-mêmes, afin de mettre leur responsabilité à couvert.
Il faudrait comparer les électuaires que l'on soupçonne à d'autres dont la préparation aurait été faite avec soin, et tenir compte de Pépoque depuis laquelle ils auraient été préparés.
Dans Tétat actuel de nos connaissances, 6n ne connaît pas encore les moyens de reconnaître les sophistications nombreuses dont les électuaires sont Tobjet ; c'est un travail à faire.
9ZXÉ80&8 BLAVG.
L'ellébore blanc, ou varaire, est la souche radicale du veratrum albumj plante de la famille desGolchicacées, qui croît principalement sur les Alpes, les Pyrénées, et sur les montagnes du Jura et de TAuvergne.
Cette racine nous arrive sèche des contrées alpines ; elle a la forme d'un cône tronqué de 0'^,0i à 0*,08 de long, et de O*,03 environ de diamètre. Elle est blanche à l'intérieur, noirâtre et ridée à l'extérieur. Les radicelles, quand il en existe, sont jaunâtres à la partie extérieure, et blanches intérieurement. Elle est sans odeur; sa saveur est d'abord douceâtre, puis un peu amère, acre et corrosive.
L'ellébore blanc contient de làvératrine et une autre base, IWLjerviMj découverte par M. Simm,
UsAGKS. — • L'ellébore blanc a été employé, en médecine, contre certaines aflections cutanées, contre le prurigo, la tdgne, et pour détruire la vermine.
Falsifications. — La racine d'ellébore blanc est quelquefois mélangée avec la racine d*a$perge, qui s'en rapproche beaucoup par ses caractères physiques ; mais elle s'en distingue par sa saveur. En outre, la racine d'asperge est toujours gunie de radieelles plus longues^ plus flasques, et rare-