ELLÉBORE NOIR
ment sèches ; le corps de cette dernière racine n'est ni coniqile ni compacte, comme celui de la racine d'ellébore blanc.
rniAiémowM Moxa.
L'ellébore noir [helkhorus niger) est une plante de la famille des Renonculacées, qui croit sur les hautes montagnes de l'Europe méridionale. La racine d'ellébore noir est brune noirâtre à l'intérieur, blanche intérieurement, charnue, rameuse et comme articulée. Elle se compose de tronçons gros et longs comme le petit doigt, très-irréguliers et couverts de radicelles longues et entremêlées. Son odeur est presque nulle, sa saveur est légèrement styptique, puis acre et brûlante.
La racine d'ellébore noir contient, d'après MM. Feneulk et Capron : hui/e volatile^ huile grasse^ acide volatil, matière résineuse (elléborine)y cire, principe amer, muqueuXy albumine, gallate de potasse, gallate acide de chaux j sel à base d'ammoniaque.
Usages. — L'ellébore noir est employé comme drastique. Sa décoction a été administrée avec succès contre la teigne et la gale. Les pilules hydragogues et toniques de Bâcher sont à peu près la seule préparation d'ellébore noir encore usitée aujourd'hui : on les emploie comme purgatives dans Thydropisie, la manie et la mélancolie.
Falsuigations. — Dans le commerce, on vend quelquefois, sous le nom d'ellébore noir, Yellébore vert, plante beaucoup plus commune, offrant une racine d'une odeur plus prononcée que Tellébore noir, et dont la saveur est acre et amère.
On falsifie aussi Tellébore noir avec les racines de Castrant' tia, d'aconit napel, d'adonis vemalis, d'ellébore blanc, d'elle^ bore fétide, de Yactée en épis, du trolle d'Europe et d'arnica.
La racine d'astrantia est articulée, fusiforme et garnie de tout côté de ramifications noires, brunes, d'une odeur etdune saveur un peu analogues à celles du contrayerva.
L'aconit napel, racine extrêmement vénéneuse, a une saveur acre et amère; elle se reconnaît à son collet rond et fusiforme, d'où partent de nombreux filaments à trois divisions, de 0»,08 à 0",13de longueur, et de la grosseur d'une plume
ÉXBRIL. 301
à écrire ; lorsqu'ils sont secs, ces filaments sont gris-noiràtres, non ligneux, cassants et friables.
Les racines de l'adonis printanier se distinguent à leurs filaments, qui partent immédiatement du collet; ceux-ci sont plus nombreux, pluscbamus, d'une couleur plus noire à Textérieur et plus blanche à l'intérieur ; leur saveur est plus sucrée et leur odeur beaucoup plus désagréable.
La racine d'ellébore fétide porte beaucoup moins de filaments; ceux-ci sont courts, ligneux et renferment de la moelle.
La racine de Factée en épis est fusiforme, articulée, noire à Pextérieur, d'un jaune de buis à l'intérieur, et a son extrémité qui se divise en un grand nombre de filaments ligneux.
La racine du troUe d'Europe a im collet beaucoup plus court, d'où partent im grand nombre de fibres ; cette racine sèche est inodore.
ÉMB&ZXi.
Uémeril ou corindon granuleux ferrifire^ corindon émeril, est de Yalumine cristallisée, mêlée à de l'oxyde de fer. Cest un minéral pierreux, extrêmement dur^ infusible, inattaquable par les acides; il est brun, gris-bleufttre ou rougeâtre. Sa densité est 4. Il raye la topaze.
L'émeril renferme des proportions variables d^alumine (70 à 86 «/o) et d'oxyde de fer (3 à 8 •/o), plus une petite quantité de silice.
Les principaux gisements d'émeril se trouvent en Saxe, dans les îles de Jersey et de Guemesey, dans le Levant, à Naxos (archipel grec) .
Usages. — La poudre d'émeril, d'une dureté supérieure à celle du quartz, est très-employée, dans les arts, pour polir las métaux, les glaces, les verres d'optique et les pierres fines; pour préparer les papiers émerisés.
Sous le nom d'émeril de Belgique, on livre une matière vitrifiée, mêlée de grains ferrugineux, paraissant provenir de laitiers obtenus dans le traitement du fer, et teints çà et là en rouge par ime certaine quantité d'oxyde de fer. Cet émeril est vendu seul, ou mélangé avec les émerils d'Allemagne (Saxe, Bohême). lia une dureté bien inférieure*
sot ÉMÈnWK.
ÉMÉTIÇUB.
L'émétique (ou tartre stibié, tartre émétique, tartraie de po* tasse antimonié, tartrate de potasse etdantimoine^ tartraie af^tmonicO'potassique)y découvert en 1631 par Mynskht, est cris^ tallisé en tétraèdres ou en octaèdres transparents, incolores, inodores, qui s'effleurissent lentement à l'air; leur saveur est acre, désagréable et nauséabonde ; ils se dissolvent dans Teau, plus à chaud qu'à froid.
Usages. — L'émétique est employé à l'intérieur, comme vomitif, en potions, en tisanes; à l'extérieur, sous forme de pommade ou d'emplâtre.
Altérations. — L'émétique subit des altérations qui varient avec les procédés suivis pour sa préparation; il peut contenir de la crème de tartre^ de Voxyde d'antimoine, du tartrate de fer, du tartrate d'antimoine en excès, du fer, du cuivre, de Vétain, de Vacide ehlor hydrique, du tartrate de chaux, du chlorure de calcium ou de potassium.
La solution d'émétique qui renferme de la crème de tartre forme un précipité blanc avec l'acétate acide de plomb, réactif composé de 32 p. d'eau distillée, 8 p. d'acétate de plomb cris^ tallisé, et 15 p. d'acide acétique pur à 9 degrés (^enry).
La solution aqueuse d'émétique laisse déposer, par un repos suffisamment prolongé^ Toxyde d'antimoine, dont ce sel retient un excès ou un peu de tartrate de fer ; ou bien un précipité blanc léger, de tartrate d'antimoine, qui, lavé et séché, répand, par la calcination, des vapeurs empyreumatiques, et forme du kermès minéral, lorsqu'on le traite par l'acide sulfhydrique.
Le fer communique une couleur jaunâtre, sale, à l'émétique dont la solution aqueuse laisse un résidu jaune ou verdâtre, et, en outre, précipite en bleu avec le cyanure jaune; en noir^ avec la teinture de noix de galle. Une solution d'é- * métique qui contient du cuivre donne un précipité ou une coloration brun-marron avec le cyanure jaune ; une lame de fer qu'on y plonge se recouvre d'un enduit rouge. Le résidu de sa calcination, traité par l'ammoniaque, à une trèsdouce chaleur, prend une coloration bleue caractéristique.
EMnATEtt. 3M
La solotîon d*éméiiquô altéré par Fétain des vaaea dans lescpiels on le prépare quelquefois, donne un précipité pourpre arec un sel d'or. L'acide sulfhydrique y produit, surtout à chaud» un précipité jaune-brunfttre de sulfure d'étain, soluble dans les alcalis purs.
Lorsque Témétique est altéré par la présence de Tacide chlorbydnque, du chlorure de calcium ou de potassium, ce qui peut arriver quand on le prépare avec la poudre d'algaroth (oxychlorure d'antimoine), sa solution donne avec le ni^ trate d'argent un précipité blanc, caillebotté, soluble dans l'ammoniaqpie
Chauffé avec un peu d'acide sulfurique* Témétique laissa dégager des vapeurs d'acide chlorhydrique, qui deviennent blanches et épaisses au contact d'un corps mouillé d'ammo-* Iliaque liquide.
Lorsque le résidu blanc ou jaunâtre que laisse déposer une solution aqueuse d'émétique a été traité par l'acide chlorhjr* diique étendui et qu'il reste un précipité blanc et léger, on le lave et on le calcine; le dégagement d'une odeur empyreu** matique, la production d'un résidu charbonneux qui fait effervescence avec un acide, et donne les réactions d'un sel de chauxy indiquent que l'émétique contient du tartrate de chaux*
Falsifications. — On falsifie l'émétique avec le sulfate de potasse. Quelquefois on vend, pour émétique, du sulfate de potasse arrosé avec une solution d'émétique^ puispesséché. Le sulfate de potasse est manifesté par le précipité blanc, insoluble dans Tacide nitrique^ que le chlorure de baryum ou le nitrate de baryte produit avec la solution d*émétique. Un moyen plus exact de constater sa présence consiste à calciner ce sel avec un peu de charbon ; le résidu de la calcination laisse dégager de Thydrogàne sulfuré au contact d'un acide.
Les emplâtres sont des médicaments externes, d^une consistance assez grande pour pouvoir adhérer à la peau sans se fondre, et qui ont pour base les corps gras. Les uns doivent
3M EMPLATRES.
cette consistance à la cire ou aux résines, les autres aux oxydes métalliques.
Lorsque les emplâtres sont préparés depuis longtemps, ils changent de couleur, se durcissent ; quelquefois ils deviennent friables ; c'est pourquoi il faut les conserver à Tabri du contact de Fair.
Les emplâtres étant faciles à sophistiquer, il serait convenable que les pharmaciens les préparassent eux-mêmes, au lieu de les acheter chez les droguistes.
Ainsi on trouve fréquemment, dans le conmierce, de Vem' plâtre de ciguë j dont la couleur verte est communiquée artificiellement par un sel de cuivre ou par un mélange d'indigo et de curcuma. Le cuivre est décelé par la couleur verte de la flamme avec laquelle Templâtre brûle, ou par l'incinération d'ime portion de Templâtre ; les cendres, traitées par l'ammoniaque, donnent ime liqueur bleue s'il y a du cuivre, incolore s'il n'y en a pas.
Le mélange d'indigo et de curcuma est reconnu par la couleur bleue, due à llndigo, que prend l'eau tiède dans laquelle on a malaxé l'emplâtre.
On falsifie égalemeniV emplâtre diackt/hn gommé au moyen de la croie, pour y remplacer l'emplâtre simple. Un pareil emplâtre, trituré avec un peu de vinaigre, produit une effervescence due au dégagement d'acide carbonique.
L'emplâtre mercuriel ou emplâtre de Vigo, appliqué comme résolutif sur les tumeurs d'origine syphilitique ou scrofuleuse, ne contient pas toujours la quantité de mercure voulue. Pour s'en assurer, on plonge l'emplâtre suspect dans un mélange d'acide sulfurique et d'eau d'ime densité de 1,426 ou marquant 43® au pèse-acide ; s'il ne s'enfonce pas, c'est que le mercure n'est pas en quantité suffisante ; s'Q s'enfonce bien, c'est qu'il renferme la quantité de mercure prescrite par le €odex.
L'emplâtre mercuriel est d'une couleur gris ardoisé ; son odeur est forte et offre assez d'analogie avec celle de l'essence de lavande, qui entre d'ailleurs dans sa composition.
Quelquefois les emplâtres mercuriels, préparés en dehors de la formule légale, sont colorés avec Vindigo et la pbmbagine ou graphite.
BNGENS. . 305
Pour essayer TempUtre de Vigo, on le soumet à un traitement à chaud par ralcool, puLs par une solution concentrée de potasse caustique^ qui met à nu le mercure, Tindigo et la plombagine ; on pèse le mercure,' préalablement lavé et séché.
L'encens, ou oliban, est une gomme-résine fournie par un arbre de la famille des Térébinthacées. Il ne se dissout que partiellement dans Teau et Talcool ; sa saveur est un peu ftcre ; il fond difficilement par la chaleur, brûle avec une belle flamme blanche, et répand une fumée blanchâtre et abondante, dont Todeur, en général très-agréable, est pénétrante et fort diifusible.
L'encens renferme, sur 100 parties : résine^ 56 ; huik volatile de couleur jaune^ ayant Fodeur de citron, 5; gomme^ 30.
Sa cendre contient du carbonate^ du sulfate de potasse, du chlorure de potassium^ du carbonate et du phosphate de chaux.
Dans le conmierce, on distingue l'encens en larmes ou encens mâle^ et Yencens en sorte ou encens femelle: le premier, plus estimé que le second, est en belles larmes oblongues ou arrondies, quelquefois irrégulières; elles sont jaunâtres et demitransparentes, quelquefois grosses, blanchâtres et opaques » recouvertes d'une poussière blanche provenant du frottement des morceaux.
L'encens en sorte contient peu de larmes entières ; elles sont petites, mélangées aVec de la poussière, avec de petits morceaux rougeâtres désignés sous le nom de marrons^ avec des débris d'écorce et souvent du bdellium,
Uencens vient de TAfrique ou de Flnde.
L'encens d'Afrique est formé de larmes jaunâtres, la plupart d'un petit volume, oblongues ou arrondies, peu fragiles, à cassure terne et cireuse, et de marrons qui se ramollissent facilement sous les doigts et sont doués d'une odeur et d'une saveur plus fortes que les larmes.
L'encens de Tlnde, plus estimé que le précédent, est rapporté directement de Calcutta. Il découle du Boswellia serrata, arbre de la famille des Térébinthacées, qui croit dans les montagnes de l'Inde. Il est presque entièrement formé de
3ft6 ÂPOMoeg.
larmes jaunes, demi-opaques, arrondies « plus grosses que
celles de Tencens d' Afrique, d'uno odeur et d'une saveur plus
fortes et analogues à celles de la résine tacamaque; les plus
grosses larmes de cet encens offrent à peine une nuance
rouge.
Usages. — L'encens a été employé, en médecine, comme fumigatoire, contre les rhumatismes. Il fait partie d'un grand nombre de préparations pharmaceutiques, telles que les pilules de cynoglosse, les baumes de Fioraventi et du Conunandeur, la thériaque, etc.; il entre dans la composition des pastilles d'encens que Ton brûle dans les églises (*).
Altérations. — tei^ marrons d'encens contiennent une quantité iiotable de petits cristaux de carbamte (h chaux ii«turel, dont Tintroduction provient d'un défaut de soin ou d^una manœuvre frauduleuse. Ces cristaux sont surtout abondants dans les menus des ballots ou caisses, au fond desquels leur pesanteur spécifique les précipite toujours.
D'aprfes une opinion qui repose sur des données physiologiques, chimiques, et sur des caractères zoologiques, les éponges sont aujourd'hui classées dans le règne animal, dont elles occupent le dernier échelon [zoophyhs).
Ce sont des masses sans forme déterminée, creusées de canaux, qui vivent dans la mer, fixées aux rochers, et qui n'offrent aucun signe ni de sensibilité, ni de contractilité.
Elles sont soutenues par une charpente solide , composée tantôt d'aiguilles (spicules), calcaires oi; siliceuses, tantôt de filaments cornés, plus ou moins élastiques, toujours très-ténus, et revêtus d'une espèce de tissu mou, dont rintérieur présente une multitude de lacunes qui communiquent entre elles de façon à constituer im système compliqué de canaux ramifiés, s'imbibant d'eau avec facilité dans l'état sec, et enduits, à l'état vivant, d'une matière gélatineuse.
L'éponge (spimgia offlcinalis) est composée d'une matière
(^> En général, TeBcens livré ponr le rerviro du ciiUc eni un méliingfl denMwo0iimiM«fflld'aiieyeUleqtta»|iié ée tavotn.
aeiauile qos Tob a comparée à Talbumine et au mucus. Elle esi soluble dana la potasse et dans les acides sulfurique, chlor-t hydrique et nitrique ; ces dissolutions sont précipitées par la Doix de galle. L'éponge chauffée en vases clos donne 34''/o,38 de charbon.
D'après les recherdies analytiques de M. Croackewit^ Pé« ponge renferme du carbone, de Yhydrogme^ de l'oxygène, de Vêxote, do Viode, du soufre et du phosphore.
SUe contient une huile grasse et cède à l'eau une petite
quantité d'iode, qui est, sans doute, à Tétat d'iodure alcalin.
On a trouvé encore dans Téponge beaucoup de carbonate el
de pkmpkaie de chaua, du sulfate de chau^:, du sel marin, de
la n/tœ, de la magnésie, de Valumine et de Yoxyde de fer.
Dans le commerce, on distingue les éponges^ d'après leur fanm etl^ finesse de leur lissu, en plusieurs sortes plus ou BUNDs estimées :
V Les éponges fines, qui viennent principalement des tlag da rarchipel grec ; elles sont divisées en éponges fines régu" litres, et en éponges fines irrégulières, ou éponges fines en sorte. Leur mélange est dit éponges fines en sorte première. Les éponges fines choisies sont coupéeS; lavées une seconde fois, privées des petites pierres que Ton y rencontre toujours, blanchies à Tacide sulfureux, et quelquefois parfumées. 2^* Les éponges demi-fines ou éponges de Venise, percées de grands trous et contenant des parties brunes. 3^ Les éponges gélines. kf" Les éponges brunes ou communes, qui se trouvent eq graada aboadance dans la Méditerrai^e ; eULes affectent particulière^ ndeat h forme ronde, soat quelquefois d'un très-gros volume, et ont ordinairement une coulepr rouge brune tirant un peu sur le noir; elles contiennent beaucoup de terre, de sable, de pierres et de coquilles, et elles nous arrivent en chapelets pesant 5 à 7 kilog. , la première éponge est toujours la plus grosse, et le chapelet va en diminuant jusqu'à la dernière ^pox^Cy qui est quelquefois moins grosse que le poiog.
Depuis quelques années, les Anglais ont introduit, dans lo commerce, des éponges dites de Bahama, qui sont d'une qualité très-inférieure. Ce sont des masses arrondies, mamelonnées, d'un brun foncé, d'un tissu fin, mais mou et cassant| et.percé de trou$ nombreux.
308 SSSEffCES.
Usages. — On fait un grand usage des éponges dans Péoonomie domestique. En pharmacie, les éponges fines sont employées comme médicament : les éponges préparées et dites à la cire, à la ficelle, servent à dilater les plaies ; les éponges brûlées ou calcinées en vases clos sont employées avec avantage pour la guérison des goitres. L'éponge calcinée fait partie de la poudre de Sancy.
Falsifications. — Les éponges sont le plus ordinairement fraudées par Tintroduction de cailloux^ de sable, dans leurs mailles (*), ce qu'un examen attentif permet de reconnaître aisément.
Le blanchiment par le chlùre les altère et les rend faciles à déchirer.
n faut les choisir bien sèches.
Les éponges calcinées sont additionnées quelquefois de terre, de pierres, afin d'en augmenter le poids. Cette fraude grossière est bientôt reconnue.
Le pharmacien doit préparer lui-même les éponges calcinées.
BBPIIXT-BE-SBIL. — V. Aews ea&omBTD«t«om.
EBPRXT-DB- VUI. — V. Alcoou.
BSSBirCBB.
Les essences, ou huiles volatiles, huiles essentielles, sont des corps volatils contenus dans les plantes, le plus souvent dans la fleur, le fruit ou la feuille, rarement dans la tige ou la racine, et que Ton peut extraire par distillation, ou, pour quelques-unes (essence de citron), par expression.
(t) Voici, à ce sujct^ Textrait d'une leUre insérée dans la RetwdêVEsî: c Les pécheurs d'épongés sont tenus de les laver, sur le rivage, à i ou c 5 pouces d*eau, el Pacbeleur a la facullé de les tenir au grand air pen- « dant 4 ou 5 jours, puis de les faire baUre et de ne procéder à leur c pesée qu'après celle double opération ; s'il reste encore des substances c étrangères, du moins le sable est presque entièrement eitrait. Bb t bien, voici le commerce qu|on se permet : on se procure un sable trèsc fin et on rintrodiiit dansTéponge, de manière à la rendre plus lourde, c Ainsi Ton vend le sable du pays au prix de Téponge, en disant à Ta-
< cbeteur que Téponge de Venise est ordinairement chargée du sable
< de TAdriatique. Voici maintenant quel peut être le bénéfice réalisé :
Ce sont des substances qui ont une odeur forte (celle des plantes qui les ont fournies), une saveur acre et brûlante. Elles sont solides, ou liquides ; on appelle stéaroptènes les e^ sences solides, et élœoptênes celles qui sont liquides. Le plus grand nombre des essences, dans Tétat où on les retire des plantes, sont un mélange de plusieurs essences différentes, soit d'éleeoptènes ou de stéaroptènes eiitre eux, soit d'élœop • l^es et de stéaroptènes.
Les essences sont tantôt plus légères, tantôt plus pesantes que Teau; leur densité varie de 0,759 à 1,096; leur point d'ébullition, de ISO"" ou UO^e. jusqu'à iOO^^. On remarque que leur volatilité est en raison inverse de leur pesanteur, de telle sorte que les plus denses sont les moins volatiles. Les huiles denses sont ordinairement celles des plantes venues dans des climats très-chauds, exemple : les essences de cannelle, de girofle, de sassafras, etc. Les essences indigènes sont, en général, plus légères que Feau.
La couleur des essences est variée, mais elle ne leur est pas propre; elle parait tenir aux matières qu'elles tiennent en dissolution. Elles sont tantôt incolores, tantôt jaunes, rouges ou brunes ; quelques-unes sont vertes, d'autres bleues. Elles sont très-inflammables, plus que les huiles grasses, et brûlent avec une flanune fuligineuse. A la température ordinaire, elles absorbent Toxygène ; il se forme souvent un peu d'acide carbonique. Cette oxydation produit une sorte de matière résineuse qui épaissit l'huile et la colore.
L'action de la lumière donne également de la couleur aux essences, les altère et hâte leur épaississement. Il faut donc les conserver dans des flacons bien bouchés, couverts de pa-
« deux époDges sortant dn magasin avaient été vendues 90 fr. le kîlog., c et ces éponges pesaient 1 kilog. 1/2; on en a extrait l/Sliilog. de sa- € ble, dont la valeur réelle peut être portée à 0 fr. 05 c; or, comme ce c sable avait été vendu pour 1/i kilog. d'épongés, il avait reçu une vac leur de 10 fr., et il en résultait que le marchand avait réalisé un béc néfice de 9 fr. 95 c. sur une mise de fonds de 0 fr. 05 c; donc ce com" € merce multiplie deux cbnts fois lb capital placé ! ! à ce taux, c nneacquisition de 100 fr. de sable produirait 20^000 l'r. d'épongés! On c arrive, de cette manière^ à transformer une carrière de sable en une c mine d^or. t
pier mity 6t mett^ Oèil3i-0i dttm dm lietbt obscttrs ot aérés. Il paraîtrait mémo qud^ lorsque les vases sont mal bouehés, Pftbsorptiôn d'oxjrgèàe petit vicier Pair et le rendre dangereux 1 i^espitcr.
Les essences sont peu solubles dans l'ean ; toutefois, elles lui communiquent leur odeur; elles sont très«solubles dans Talcool^ d^atitant mieux que ce dernier est plus concentré; elles se dissolvent aussi très-bien dans Taoide acétique et dans quelques autres acides végétaux.
Toutes les essences dissolvent le phosphore^ le soufre, les huiles fixes^ les résines, le caoutchouc, la cire, etc.
Pilr rapport à leur composition, on les divise en essences éxémpte9 iT oxygène ou hydrocarbonée» ( essences de tétébe^ îhiney de «?i/rwi, de /f?<i« ctoranffar^ de geni^re^ etc., etc.) } en essences oxygénées (essences d'amandes amèresi d'anti, û'aspid, de bergamote^ de éojeput^ de eamomiliej de eannelky de girofle, de lavande^ de romarin, de sassafras^ etc. y etc.); en essences ^«//îtifëtf» (essences de mùutarde noire, û^aii, etc.).
Usages. -^ Les essences sont très^employées dans Tart du parfumeur; dans Tindustrie, ou en emploie quelques-unes pour dissoudre les résines et former des vernis. En médecine^ on les prescrit rarement seules ; on les applique pures sur les dents cariées ; quelquefois on s'en sert en frictions excitantes^ On les emploie plutdt sous forme de pastilles et de tablettes, de sirops^ d^émulsfons^ d*électuaires, de solutions aqueuses (eaux distillées) et de Solutions alcooliques (alcoolats, esprits).
¥Ah9ïtncA.riaHBi — Dans le commerce, les essences sont souvent falsifiées: Les falsifications les pltis orditiaires consistetlt dàUS Faddition de Vafcool^ d%tie huile gra^^ dé n^ sines ; dans le mélange avec d'autres essences de moindre vakwr^ telles que Yessence de térébenthine.
Pour reconnaître la présence de Talcool^ M. Béral a, le premier, indiqué remploi du potassium : on met dftns l'es* setîce Un fragment de ce métal, de la grosseur d'une tête d^épingle ; si elle contient environ 25 °/u d'alcool, le potas- ^um s'agite, pétille, s'oxyde et disparaît prompteraent. Si l'essence ne contient que 16 7^ d'alcool, ces phénomènes sont moins marqués et se manifestent plus lentement. Plusieurs essences peuvent être essayées par ce procédé, excepté
embMceb. 911
cependant é^lle de térébeilthiiie^ qui m ooiiiporte avec U potassium eofnttie ai elle cdnienait un peu d*alcodl (^). .
Vn autre moyen consiste à agiter avee de Feau^ dans un tube de verre gradué, tine quantité déterminée d'eseeuce* Si elle contient une proportion d*alcool un peu forte, Veau s eu empare, prend une apparence laiteuse, et Vessence diminue de volume.
M. BomartUi a proposé l'emploi du chlorure de ealciumi et H. Wîiêttein celui de Facétate de potasse, pour reconnaître la présence de Falcool dans les essences. On prend un tube de rerre gradué, et fermé à l'une de ses extrémités ; on le remplit aux 3/3 avec Vessenoe suspecte , et on y ajoute peu èpeu» et à plusieurs reprises, des fragments de chlorure de caleiuoi sec ou Facétate de potasse en poudre, on bouche et Fon chauffé au bain-marie, pendant 4 à 5 minutes, en agitant de temps en temps ; puis on laisse refroidir lentement. Si l'essence est pure, la surface du chlorure ne change point; aif au contraire, Fesseilce contient de Fakodl, il se forme une couche inférieure liquide, qui est une solution de chlorure de calcium ou d'acétate de potasse; et, quand le sel cesse de se dissoudre, le volume d'essence restant indique la proportion d'alcool qui se trouvait dans le mélange ) s'il n'y a que trèspeu d'alcool, le chlorure [irend seulement Faspeoi d'une masse blanche et adhérente.
Diaprés M. Silva, un moyen préférable consiste à soih mettre Fessence à Faction du bain*marie dans un appareil dietillatoire, Falcool passe avec une faible quantité d'essencof et Fessai par Facétate donne des résultats plus positif. On agit« ensuite Fessence soupçonnée avec un peu d'acétate, oi on y ajoute de Facide sulfurique ; il se développe immédiatement une odeur d'éther acétique.
Dans ces derniers temps, M. Obefdnrffer a recommandé le procédé suivant, pour reconnattre la prâsence de petites quantités d'alcool dans les essences :
On verse 8 à 16 gr* de Fessence k examiner, dans une assiette plate, au milieu de laquelle on place un petit support
(>) Certaines essences agissent sur le potassium, lorsqu'elles sont pures ; telles sont les essences d'anis, de camomille, de cannelle, de girofle, de lavande, de romarin, de roses, de sassafras.
en verre, destiné à recevoir un verre de montre renfermant de 0«',25 à 0«',50 de noir de platine. On dépose sur ce dernier un papier de tournesol bleu, puis on recouvre l'assiette d'une cloche en verre, ouverte à sa partie supérieure. Si Tessence examinée renferme de l'alcool, le papier de tournesol
commence à rougir au bout de quelques minutes, et le changement devient très -manifeste après ime demi-heuro. En même temps l'odeur de l'acide acétique commence à se manifester, pourvu que la quantité d'alcool ne soit pas trop petite. Pour dissiper tous les doutes, on épuise, au bout d'une heure, le noir de platine avec un peu d'eau, on sature la liqueur avec précaution par la potasse, et on ajoute du perchlorure de fer. La présence de l'acide acétique se manifeste aussitôt par la coloration rouge caractéristique.
Lorsque les essences contiennent des huiles grasses, elles sont moins fluides; par l'agitation, on voit des bulles d'air adhérer à la surface du liquide. Pour reconnaître la présence de ces huiles, on peut mêler Tessence avec 8 fois son volume d*alcool à 40<>; si elle est pure, elle se dissout entièrement; dans le cas contraire, on aperçoit deux couches. Ce moyen ne permettrait pas de reconnaître Thuile de ricin (*), qui se dissout également dans l'alcool; mais la fraude serait facilement dévoilée par répreuve au moyen de la chaleur, applicable au mélange des autres huiles grasses ou des résines avec les essences, et qui consiste à verser sur du papier Joseph quelques gouttes de l'essence à essayer et à chauffer. L'essence se volatilise, et l'huile fixe ou la résine tachent le papier. Si c'est de la résine, Talcool enlève la tache, qui persiste dans le cas contraire.
La falsification des essences par d'autres de moindre valeur ou de qualité inférieure est très-difficile à reconnaître : par cela même, on la pratique souvent ; ce n'est que par comparaison avec des essences reconnues pures qu'on parvient à constater des adultérations. On évapore doucement un peu d'essence et on compare fodeur à diverses époques; mais quand le mélange a été fait avec des essences d'odeur analo-
(^) Cette huile, O'ailleurs, est trop visqueuse pour pouvoir servir à ce genre de fraude.
goe, il faut la plus grande habitude pour découvrir la fraude.
Les essences des Labiées (essences d'absinthe, d'aspic, de hvande, de marjolaine, de menthe poivrée, de romarin^ de tauge^ etc.) sont ordinairement falsifiées avec Tessence de térébenthine; on distille les deux essences ensemble, en y ajoutant un peu d'essence de lavande, pour mieux masquer Todeur de térébenthine. Souvent on ajoute Tessence de térébenthine, au moment même de la distillation des plantes. Elle se reconnaît, en général, à son odeur, qui se manifeste lorsqu'on fait évaporer dans le creux de la main quelques gtmttes d'huile suspecte, ou en y trempant un papier et l'exposant à l'air. Mais ce moyen n'est plus applicable lorsque l'essence de térébenthine se trouve en faible proportion dans l'huile volatile, ou que celle-ci a une odeur capable de masquer celle de la térébenthine. Alors on distille dans un tube de verre à une douce chaleur, à l'aide d'une lampe à alcool, l'essence contenant l'huile de térébenthine : l'essence passe la première, et celle de térébenthine reste au fond.
En 1829, MM. Violet et Guenot, parfumeurs à Paris, ont inventé un pèse-essence ou aréomètre portant deux échelles, l'une ascendante, pour les essences plus légères que l'eau; l'autre descendante, pour les essences plus lourdes : dans ce dernier cas, on fixe à l'extrémité inférieure de l'instrument un petit poids qui lui sert de lest, et que l'on enlève après lexpérience. A l'aide de cet appareil, on peut apprécier la pureté relatives de quelques essences (essences de bergamote y de citron ^ de fleurs d'oranger, de girofle, de roses, etc.). MM. Violet et Guenot ont dressé une table indiquant la pesanteur spécifique d'un certain nombre d'entre elles à divers degrés de température (*).
En 1838, M. Méro a fait connaître un procédé propre à déceler le mélange de l'essence de térébenthine avec les essences des labiées. Ce procédé est basé sur la propriété que possède l'essence de térébenthine, de dissoudre les huiles fixes avec une grande facilité. On prend 3 grammes environ d'huile d'oeillette que Ton met dans un tube gradué ; ensuite on ajoute une quantité égale de l'essence à essayer. On agite le mélange, qui devient laiteux et ne s'éclaircit qu'après plusieurs jours de re-
(>) /ouffi. depharm*^ i. XV, p. 381^.
314 ESSENCE D'AMàmiê AXfÈRES.
poft, si Pesstnoe est pore ; tandis ()u'il reste transparent s'il y a de Tessence de térébenthine. M. Méro a pu de cette manière reconnaître les mélanges ne contenant que 5 O/o d'essence de térébentliine, et assigner très-approximativement les proportions de ces mélanges. Mais ce procédé n'estf pas propre à faire retrouver l'essence de térébenthine dans celles de thym et de romarin.
BSSEIfCB B'AMASIttBS AMÈBSS.
L'essence d'amandes amères se forme en distillant avec de Teau les amandes amères, les feuilles de laurier-cerise, les jeunes branches et les noyaux de persica vulgaris, Técorce et les feuilles de prunus padus, ainsi que d'autres variétés de prunus et d'amygdalus. Elle est produite, dans les amandes amères, par une sorte de fermentation {fermentation benzoîque), aux dépens de Tamygdaline, sous l'influence de l'eau et de la synaptase, qui agit comme ferment. L'essence brute, ainsi obtenue, est jaunâtre et marque 11** à Taréomètre de Baume j elle contient de Tacide cyanhydrique (8 à 10 o/o), dont on peut la débarrasser par la distillation, après y avoir ajouté de Peau, de l'hydrate de chaux et du chlorure de fer. C'est cet acide cyanhydrique qui donne à Tessence brute ses propriétés toxiques.
L'essence pure, ou hydrure de benzotte, est un liquide huileux, incolore; elle réfracte fortement la lumière, possède une odeur très-forte, analogue à celle de l'acide cyanhydrique ; sa saveur est brûlante et aromatique; elle bout à 180®. Sa densité est 1,043; elle marque 10" à l'aréomètre de Baume. Sa vapeur brûle avec une flamme blanche et fuligineuse; on peut la faire passer à travers un tube incandescent, sans la décomposer. Elle est soluble dans 30 p. d'eau, et, en toutes proportions, dans Talcool et l'éther.
L'essence d'amandes amères s'oxyde à l'air, en donnant de Pacide benzoïque. Mise en contact avec une dissolution faible de potasse, elle se change, au bout d'un mois environ, en une espèce decamphre isomérique, désigné sous le nomde benzoîne.
Avec 1 vol. d'essence brute, 2 vol. d'alcool et 1 vol. de dissolution très-étendue de potasse, agités ensemble, puis abandonnés au repos, la transformation en benzoîne se fait
UBMCE ifAms. ' 315
Éoutetli en fl4 ou 48 heures {Aug. Laurtnî )< Cette réaction {Mut être initie à profit comme moyen de s'assurer si i'essence d'amandes amètes eéi ou non falsifiée.
(JsAOÊs. — L*esftèAce brute d'amaildes amèi^es est un médicament très-énergique, dont les propriétés médicales sont analogues à celles de Facide cyanhydrique, et qui ne doit être employé qu'avec la plus grande circonspection.
Falsifications. — L'essence d'amandes amères est falsifiée par r«M0nce de inithann (')*
Le meilleur moyen de reconnaître cette fraude est de doser Taeide cyanhydrique dans Thuile suspectée, au moyen du nitrate d'argent; car l'essence de mlrbane ne contient pas d'adde cyanhydrique. Brute, elle marque 32® à l'aréomèlro de Baume, et W lorsqu'elle est rectifiée.
L'essence d'amandes amères est quelquefois allongée d'a/^ coo/, et perd par là de sa densité. Cette addition est reconnue, snirant M. Redufood^ par l'acide nitrique d'une densité 1,420; si on en mêle 2 p. en volumes avec 1 p. d'essence privée d'alcool^ il se forme, au bout de trois à quatre jours, des cristaux d'acide benzoïque^ et le tout finit par se prendre en une masse cristallisée, d'tme belle couleur vert-émeraude* Si Tessenc^ renferme 8 à 10 ^jo d'alcool, l'acide nitrique, après quelques minutes de contact, réagit sur l'alcool ; il se produit une forte effervescence, avec dégagement de vapeurs nitreuses.
MSBHOB 11' AMIS.
Cette huile s'extrait des semences de l'anis (pimpineUa ani- 8um) ; elle est incolore ou légèrement jaunâtre, d'une saveur arotnatiqpie, suave et douceâtre. Elle se concrète à'+'lO», et ne se liquéfie qu'à 17°. Sa densité est de 0,985. Elle estso* lubie en toutes proportions dans l'alcool anhydre ; l'alcool plus faible en dissout moins.
('] Cette essence est le produit du traitement de Tbuile de houille par un mélange d'acide nitriqoo fumant et d'acide sulfurique, elle :i une couleur jaune-rouge&lre, qu'on lui enlève par de nombreux lavages dans une eau alcaline, puis par la disiillatlon. Elle est soluble en toutes proporUons dans l'alcool et Téther; possède uue odeur d'amandes amères, qui diffère cependant un peu de celle de la véritable essence d'amandes amères.
316 ESSENGB d'aspic.
L'essence d'anis est composée de 2 huiles : Tune solide, et Tautre liquide. Le stéaroptène, qui forme environ le quart de poids de Tessence, est blanc, cristallise en lamelles trèséclatantes, friables surtout à 0°, fusibles vers 4 8^, et bouillant à 224*.
Les meilleures essences d'anis se tirent d'Espagne et d'Allemagne ; celles de France ne les égalent pas en qualité, leur odeur est plus faible.
Usages. — L'essence d'anis est surtout employée comme correctif et comme aromate.
FALSincATiONS. — L'esseucc d'anis étant d'un prix assez élevé, on a cherché à la fabriquer de toutes pièces.
M. Dubail a trouvé une essence composée avec 5 p. A'esr sence danis, 10 p. ^'essence de savon (*), et 85 p. d'alcool à 34 ou 35*"; le tout était recouvert par une couche d'essence pure, afin de mieux tromper l'acheteur. Nous-méme avons eu à examiner une essence d'anis composée avec 5 p. d'essence, 10 p. de savon animal à base de soude, et 83 p. d^akool à35«.
Pour reconnaître ces fraudes^ on n'a qu'à traiter l'essence suspecte par l'eau distillée; on a une solution de savon, mousseuse, qui donne un précipité blanc de savon insoluble avec un sel soluble de chaux ou de plomb; ou bien, la solution précipite avec la teinture de noix de galle, l'alcool : réactions qui indiquent la présence de la gélatine.
La solution de savon serait décomposée par les acides qui en isolent les matières grasses; celles-ci, par la chaleur, viennent se rassembler à la surface du liquide, sous forme d'huile.
L'alcool est décelé par les moyens déjà indiqués à l'article Essences.
B8SBIICB B'ASFXO
L'essence d'aspic, fournie par les fleurs du spica latifolia, est fluide, d'une couleur citrine ; son odeur rappelle beaucoup celle de la lavande.
(>) La proportion de savon a été portée à SO p. dans un autre échan-» lillon qui renfermait, en outre, do la gélalm en solution aqueuse.
EssENce Dfi cAJEPirr. 317
Usages. — L'essence d'aspic est très-employée dans l'art vétérinaire.
Falsifications. — On la rencontre souvent falsifiée avec Yessence de térébenthine ou de romarin ; fce qui se reconnaît d'abord par l'odeur de térébenthine qu'elle possède, puis par la comparaison avec une essence pure.
L'essence de térébenthine serait, en outre, décelée par les moyens déjà indiqués ci-dessus, par l'iode qui fait une explosion plus ou moins forte avec l'essence d'aspic ainsi falsifiée.
BSSBHCB BB BBRGABSOTB.
Cette huile s'extrait, par l'expression, du zeste des bergamotes [eitrus limetta Bergamium, ou citrus Bergamia risso). Elle est très-fluide, d'un jaune clair, quelquefois verdâtre ou brunâtre ; mais, rectifiée par la distillation avec de Feau, elle est parfaitement limpide et incolore. Son odeur est trèsagréable, et participe à la fois de celle des oranges et des citrons. Sa densité varie de 0,873 à 0,885. Son point d'ébullition est très-variable. Elle dépose à la longue un stéaroptène (bergaptène).
L'essence de bergamote vient de Grèce, d'Italie, d'Espagne, de Portugal et du midi de la France.
Usages. — Cette essence est employée en pharmacie et dans la parfumerie. Elle entre dans la composition de l'eau de Cologne.
Falsoications. — Elle est quelquefois falsifiée avec Valcooi. M. Giovanni Righini, d'Oleggio, en a constaté la présence, à l'aide de l'huile d'olive pure ou de Fhuile d'amandes. On mélange 15 p. de l'essence à essayer avec 15 p. d'huile fixe : sMl y a de l'alcool, il se sépare immédiatement, comme le ferait l'eau ; si le mélange s'opère bien, on peut conclura que l'essence ne contient pas d'alcool.
BS8BXOB BB CAJrBFUT.
L'essence de cajeput (*) s'extrait des feuilles du melaleuca
0) Le mot cajeput signifie, dans la langue des habitanls des Molaqnes, Ftrbre blanc.
318 E66ENC2E DE G4JBPUT.
Isueodendron et du melakuca cajejputù Elld est ordmairement
crun vert pâle, très-fluide. Aspirée en masse, son odeur est désagréable ; très-divisée , elle est suave comme celle du camphre et du romarin ; sa saveur est fraîche comme celle de 1^ menthe. Sa densité est 0,978 ; elle se dissout entièrement dans Talcool. L'acide nitrique lui commuqique un^ couleur rpuge-brunâtre, accompagnée d'une réaction très-vive.
Falsifications. — La couleur verte de Tessenee de c^jeput, couleur qui, en partie, lui est propre, en partie provient d)^ cuivre des vases dans lesquels on la distille ou on Texpédie, a donné aux falsificateurs l idée de la fabriquer de toutes pièces, avec des huiles grasses ou des essences diverses, colorées avec des sels de cuivre ou une teinture alcoolique de mille' feuilles (^).
L^essence pure doit brûler sans résidu, elle ne doit sentir ni le camphre, ni la térébenthine, ni la rose, ni la menthe, ni la rue, ni le romarin, ni la lavande. SiTessence decajeput laisse un résidu, c'est signe qu'elle a été mélangée avec des huiles grasses, et colorée artificiellement. La distillation indique également si Tessence est pure ou impure ; si elle est pure, elle passe dans le récipient avec la couleur verte, qui lui est propre ; dans le cas contraire, elle passe incobre, et on reconnaît si le résidu contient du cuivre, soit en calcinant et traitant les cendres par Tacide nitrique étendu, puis par l'ammoniaque en excès, qui donne la coloration bleue caractéristique des sels de cuivTe ; soit en mêlant préalablemeot l'essence de cajeput suspecte avec une solution de potasse caustique; le mélange agité, chauffé modérément, puis filtré, donne un liquide presque clair, et le filtre retient le précipité d'hydrate de bioxyde de cuivre qui s'est formé. On sépare ensuite l'essence do la solution alcaline, au moyen de lavages à l'eau distillée.
(*) On a fabriqué de touiei» ^^f«s une esseace 4e oajepui avec 1 p. de camphre dis^-ous dans i p. û'acide acétique concentré et mêlé à 8 p. d'exsence de romarin^ 16 p. de vinaigre distiUé; le lout était aldilionné de 188 p. d'eau, de 8 p. de semences de petits cardamomes concassés ; la couleur verle était doutée par une teinture alcoolique de mUte-feuilles.
Quelques gouttes de cette essence factice furent mises sur un morceau de sucre, puis le sucre fut dissous dans l'eau, el le camphre vînt surnager ce liquide, sous forme de flocons.
BS6EiiCB m CAWBUM. 319
BSSBKOB BB OAiaOMIU.B.
Cette essence s'extrait des fleurs de la camomille des prés (matricaria camomilla) ; elle est d'un bleu foncé, opaque et souvent visqueuse. Sa saveur est aromatique et amère, sa densité est 0,924. Elle brunit et s'épaissit par Taction de Pair et de la lumière.
Falsifications. — Elle est souvent falsifiée avec l'essence de térébenthine ou Vessence de citron. On reconnaît ces fraudes au moyen de Tiode, qui s'échauffe fortement, et môme explosioime, avec dégagement de vapeurs violettes^ si l'addition d'essence de térébenthine est forte.
BSSBHCBS BB OAMHBIiZ.B.
n y a deux essences de cannelle ; l'une est extrait^ de l'écorce du laurus cinnamomum^ c'est Vessence de cannelle de Ceylan^ qui est la plu3 estimée ; l'autre s'extrait de l'écorce du laurus cassia, c'est Yesgence de cannelle de Chine, appelée aussi essence commune, essence de cassia.
L'essence de Ceylan est d'un jaune clair, son odeur est suave; sa saveur douceâtre, et très-aromatique.
L'essence de China est d'un jaune brun rougeâtre ; son odeur est désagréable et rappelle celle de la punaise.
Ces deux essences brunissent rapidement à Tair ; il se forme une matière résineuse qui colore Tessence en jaune et môme en rouge-brun; on a, en outre, un dépôt abondant d'acide cinnamique. Elles réfrjictent fortement la lumière. Leur densité varie entre 1,03 et 1,09. Elles sont très-solubles dans Talcool. Une petite quantité d'acide sulfurique les colore en rouge-pourpre. L'acide chlorhydrique leur communique une couleur violette (Queller),
Falsifications. — L'essence de Ceylan, ayant un prix trè^élevé (^], se trouve fraudée par Vessence de Chine, ou par une
(1) L'eaieaee de Geytao u vmul de M k 80 fr. les 90 f^r.; l'esseoce de Chine coûte 36 à 40 fr. les 400 gr.