‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 71 sur 251 · ÉTHER SULFURIQUE · texte numérisé non relu

ÉTHER SULFURIQUE

0,7154 ù + 20OC. , et de 0,7237 à+ 12%5. Il est extrêmement volatil, bout à+ 35o«',6, sous la pression de 0'»,76. Il brûle avec beaucoup de facilité. Sa vapeur est très-dense, et pèse 2,565. Un mélange de vapeurs d'éther et d'air ou d^oxygène est explosif à un haut degré. L'éther se dissout dans 10 p. d'eau; il se mêle en toutes proportions avec Talcool; les huiles ûxes et volatiles.

Il est composé de : carbone^ 65,30; hydrogène y 13,32; oxygène^ 21,38.

L'éther marque 60<> à Paréomètre de Baume; mêlé avec parties égales d'alcool, il prend le nom de liqueur anodine d'Hoffmann^ et marque 46" Baume.

Usages. — L'éther sulfurique est très-employé en médecine, principalement comme antispasmodique; on l'administre contre les convulsions , Pépilepsie , l'hystérie , les douleurs nerveuses et rhumatismales. On le fait entrer dans un sirop dit sirop cFéther. Il est le véhicule des médicaments connus sous le nom de teintures éthérées. C'est aussi un dissolvant très-usité dans les arts et dans les laboratoires de chimie.

L'éther a été employé aussi, avant le chloroforme, en inhalations pour produire l'insensibilité pendant les opérations chirurgicales. Cette découverte remarquable a été faite, en 1846, par MM. les docteurs Jackson et Morton, de Boston (*).

Altérations. — La présence de l'air dans les flacons où l'on conserve l'éther le transforme, en partie, en eau et en acide acétique: ce dernier se combine avec une autre partie d'éther non décomposée, ou reste à l'état libre. En outre, l'éther peut contenir de Valcool, de V huile de vin pesante. Cette huile, en se décomposant, communique à l'éther une réaction acide occasionnée par l'acide sulfureux, qui passe peu à peu à l'état d'acide sulfurique.

Pour reconnaître l'eau et l'alcool dans l'éther, on le pèse à Taréomètre, ou on l'agite dans un tube gradué, avec une solution de chlorure de calcium. La diminution de volume indique le mélange.

('] Depuis celte époque, de nombreuses recherches ont fait reconnattre que les propriétés anesthésiqnes de Téther étaient manifestées à un degré plus élevé, par plusieurs autres substances, notamment par le cblo* reforme.

ttoms. 337

L'ëther agité avec Teau donne une liqueur trouble et hui* leuse, lorsqu^il contient de Thuile douce de vin. £n le distillant avec de Teau, des globules viennent à la surface de ce liquide. Enfin, Pimpureté peut se manifester par Todeur caractéristique de la substance huileuse qu'abandonnent quelques gouttes d'éther évaporées dans le creux de la main.

La présence de l'acide sulfurique se reconnaît par la réaction acide de Téther sur le papier bleu de tournesol, et par refleryescence quil produit avec un carbonate alcalin.

liTBXOPS MZVÉaAIi.

Uéthiops minéral, ou sulfure noir de mercure^ est un mélange de sulfure de mercure avec du soufre, et quelquefois avec du mercure métallique.

Usages. — L'éthiops minéral est principalement employé, en médecine, comme vermifuge ; on Tadministre aussi dans les maladies scrofuleuses.

FAusnncATioNS. — Quoique peu employé, Téthiops minéral est quelquefois falsifié par la plombagine^ le charbon en pou* drcj le noir divoire.

Ces fraudes sont faciles à reconnaître au moyen de la chaleur; quelques grammes d'éthiops projetés sur une pelle Tougie au feu se volatilisent complètement, et laissent pour résidu les matières étrangères fixes avec lesquelles on Ta mélangé.

Maequer, BerthoUet, M. CAevreu/ entendent, par étoffes, le chanvre, le lin, le coton, la soie, la laine, qu'ils soient à Fétat de filaments, de fils ou de tissus.

Ces diverses matières textQes, ou fils, peuvent se diviser en deux groupes principaux :

Fils végétaux : chanvre, coton^ lin, phormtum /enax (appelé aussi iin de la Nouvelle-Zélande) , et autres fibres ligneuses fournies par des végétaux exotiques, monocotylédonés et di-

J3 éroFFKS.

eotylédonés, savoir : Vagave amerteana (Martinique), mgûve fœiidûj hibiscus eannabinus (Séiïégdl)y bœhmeria (lies Sandwich), otut'Ouké (lies Sandwioh), lageito (Saint-Domingue), crQtalaria juneea (Inde), abaca (Manille), <oreAortM capiubi^ râ (Inde), oêehptas gigantea (Inde).

Fils animaux : /mnf , soie.

Le chanvre provient du cannabii sativa^ plante' de la famiJlB des Urticées. Les fila sont fournis par les individus mâles, que Ton soumet à un rouissage dans Peau, afin de détruire tout le parenchyme et do ne laisser que la substance ligneuse pure, ou chènevotte^ sur laquelle est la filasscy ou le 01 de chanvre. Le chanvre est cultivé dans presque toutes les contrées de la France ; on préfère cependant les chanvres d'Alsace et d'Italie.

Le coton est le duvet blanc, jaunâtre ou roussâtre, qui entoure les semences du cotonnier {gossypium), arbuste de la famille des Malvacécs, dans la capsule ovoïde ou sphérique à 3 ou 5 valves, où elles sont renfermées. Le cotonnier croît dans les climats chauds de l'Ancien et du Nouveau-Monde.

Il y a une immense variété de cotons, distingués entre eui, non-seulement par les noms des pays d^où ils proviennent, mais encore classés par qualité, par longueur, finesse, cou» leur et force de soie.

La laine est fournie par la toison des moutons. Les uns, parmi lesquels on distingue les moutons mérinos^ donnent une laine courte, fine et frisée ; les autres, eomme eeun de Saxe et de quelques eontrées de TAngleteive, donnent une laine longue et droite.

La soie est le fil très-long et très-fin qui forme le cocon du ver à soie ou chenille du bombyx du mûrier (Lépidoptères).

Avec ces diverses matières textiles, seules, ou mélangées deux )t deui, trois à trois, on fabrique un grand nonU)re de tissus qui se distinguent par une multitude de noma diffdrents que suggère le caprice de la mode.

Quelles que soient les matières qui les forment, les étoffes tissées sont composées de deux systj^mas da 41s parallàles» formant la chaîne (dans le sens de le longueur), la êvame (dans le sGùSk de la largeur), et dirigés perpendiottlairemeal TunàPautra.

Afofnss. 3S8

Noire seul but idasl de taire connaître les moyens de difié* rencier les uns des autres, dans une étoffe donnée, les fils des matières textiles indiquées ci-dessus, afln de pouvoir s assur rer si, dans un tissu dit de chanvre et /in, il n^ entre pas de co* ton ; aï, dans une étoffe de cachemire^ il n'entre pas de lainoi et ainsi de suite.

Le oonuneree des étoffes, en eflbt, a été sujet à bien d^ tromperies sur la nature des marchandises i de même que Ton Fend du sel, du chocolat, du cafié, du vin, etc., frelatés, de même on vend des lêtoffes qui ne contiennent pas, ou du moins eontiennent à Tétai de mélanges les matières textiloi qniauraient d& servir exclusivement à leur fabricatiiH), comme sembleraient le faire croire les noms pompeux et mansongtn dont on s'est plu à les décorer, dans le but de tromper Tachi^ teur. C'est ainsi qu'on a vendu pour tout laim des ebâles où se trouvait une grande quantité de âo/on; ^urflianellespursÊ, des flanelles contenant beaucoup de coton ; pour toHâ$ de Hoir îandêy des toiles de coton ou calicots; pour tisim demehemre, de la lame: pour châlee de cachemire y des «hâles mielanges de laine ou tout kiine^ ou des méUnges de laine ot da bqurre de $oie, de laitie et de eoton^ ou tout coton. Or, h vérita'* ble cachemire e^t un ti^su tr^s^fia fait avec le duvet çoehe-r mre, i^'est-à-cUre avec la poil provenani de chèvres, do mou- Umê élofés au Tbibet, ou de r^tMf ^son)blabli^s importée #t élovétds en France (^),

h» fils anirnavii^ «et les fil# fég^lm^ f^y^ m 4^tiiigu#r fettiWB^t par le procédé mfwt ; las fila tissés au i^oo, mtiod^its d^b^^un daos m tube formé» aout abauffiés mu viQy0/^ d'^vi^a laïupe à alcool. Les Gh miinuum fournissent des var pe^rs |u)^mopiacaleSj nanaenwt au bku le papi^ de twra^ ^ rougi ^^'0ïi pU^e à r^atisémté ouverte du iute, ÏH^m 1^ i^ïïm ck^\»\^mt§i^ 1^ âl« végét^m rmgitêeni Jjb papier Ideu do tow^esolf

Um mésim^ 4§^^n a prâ^Mé, pomr distùigittr, àm§

(*) ee fol remmia; q«1 importa de f étranger la matière même du cachemire. En |S19, ce célèJsrç ^lanufaciurie^ tit venir ^ j|pra»(Js f;*ai^ 4*^ chèvre:» du Thibel, diles d^ Cachemire^ qui jCoMJrniSi&eni cc^ré(ûeAl* duvet. La France lui tint coin^ l^ de^ fïp^ft» (et ^eft $ai&rifiç^ d^ jyc^ut ae^a

un tissu, les fils végétaux et les fils animaux, un moyen à la portée de tout le monde, et qui est le plus ordinairement employé dans le commerce des étoffes. Il consiste à découper, dans le tissu à essayer, un morceau carré de 3 à 4 centimètres environ, à en tirer tous les fils en travers (ceux de la trame), et tous les fils en long (ceux de la chaîne), à les prendre l'un après l'autre et à les brûler à la chandelle. Les fils d'origine végétale (coton, chanvre ou lin) brûlent avec une flamme vive, sans laisser de résidu, et donnent ime odeur franche de linge brûlé; les fils d'origine animale (laine ou soie) brûlent mal, un charbon spongieux se forme à leur extrémité et en arrête la combustion ; il se dégage en même temps une odeur forte et caractéristique de corne brûlée. Il est facile, par suite, de compter les fils de Tune et de l'autre origine.

Les fils animaux, chauffés avec une solution de potasse oa de soude (5 p. d'alcali pour 100 p. d'eau), s'y dissolvent; les fils végétaux, au contraire, ne s'y dissolvent pas.

MM. Lebaillifei Lassaigne ont aussi proposé le deuto-nitrate de mercure liquide, comme propre à distinguer les fils de soie et de laine des fils blancs de coton et de lin ; par une ébuUition de 15 à 20 minutes avec ce réactif, les premiers seuls prennent une couleur rouge amarante.

D'après les expériences de M. Peltier fils, de Doué-la-Fontaine, les fils d'origine végétale et animale peuvent également se reconnaître par l'immersion à froid, pendant \ikiO minutes, dans un mélange, à parties égales en volume^ d'acide nitrique monohydraté et d'acide sulfurique à 66®; on lave ensuite & grande eau, jusqu'à ce que la saveur n'indique plus de traces d'acide. Après ce lavage, on remarque déjà que les fils de soie ou de poil de chèvre sont complètement dissous, les fils de laine sont de couleur citrine ou d'un brim très-foncé, tandis que les fils végétaux sont blancs. Dans le premier cas^ le poids du résidu indique la proportion dans laquelle le mélange a été fait; dans le second cas, la combustion donne la preuve irrécusable du mélange avec la laine. En effet, si on dessèche à une douce chaleur, les fils végétaux du tissu ont

qiiMl Btpoar accrottre et améliorer Tindustrie deschliles, et la reconnaissance publique donna aux ch&les de cachemire français le nom de ChdUS" Temaux, sous lequel ils ont été longtemps connus.

acquis les propriétés du fulmi-coton; le lissa brûle avec vivacité et laisse pour résidu le charbon produit par les fils de laine, qui simule parfaitement un réseau de toile métallique. Le procédé de M. Peltier est surtout avantageux pour un tissu coloré ou teint.

Les fils animaux, notamment ceux de laine, bouillis peu* dant quelque temps avec Tacide nitrique, se colcxrent en yaune d'une manière durable ; les fils végétaux, au contraire^ soumis à la même influence^ restent blancs.

Enfin, M. Maumené a recommandé l'emploi du bichlorure d'étain pour reconnaître, dans les tissus blancs ou de couleur claire, le mélange de coton ou de lin avec la laine et la soie ; les premiers fils, sous l'influence du bichlorure et de la chaleur, deviennent entièrement noirs, tandis que les autres con« servent leur couleur.

Ces moyens généraux permettent de constater , dans une étofle donnée, la nature des fils qui la composent. Ainsi, un morceau d'étoffe, de 7 centimètres carrés environ, étant soumis à l'un des essais précédents, puis lavé et séché, on peut, à l'aide d'un compte-fib ou loupe montée (Voy. planche Ul, fig. 11), savoh- le nombre des fils de nature animale ou végétale qui composent TétofTe.

L'inspection microscopique sert aussi à distinguer les diverses matières textiles. Ainsi, d'après les recherches de H. Raspail (Voy. planche U, fig. 10), les fils de laine, vus au microscope, sont cylindroïdes, entortillés, très-gros, granulés dans leur intérieur, un peu coniques vers le sommet, marqués de lignes transversales ;

Les fils de soie présentent la forme de cylindres tortillés, d'un égal diamètre sur toute leur longueur, striés longitudinalement et transparents ;

Les fils de lin et de chanvre représentent des cylindroïdes souvent séparés par des nœuds (comme dans la canne à sucre);

Les fils de coton ont la forme de longs rubans aplatis, ondulés, tordus en spirales, granulés sur leur surface (^).

{}) Les mélanges de lin cl de coton, el ceux de laine cl de soie, qui, dans certains tissus, ne sauraient être facilement reconnus ni à rœil nu, ni aa loacher, peuvent être presque toujours constatés, en soumettant les

841 ÈtofrËê.

Les moymiÉ de reconnattre entre eoi les fils d'origine nmmaie et ceux d'origine régétale ont été l'objet de nombfeuMS recherches.

Pour distiligaer la ioiê de la kine, M. Lassaigne a proposé le pbmbate de soude (^); la laine seule donne lien à une coloration de la liqueur en brun noirAtre^ que lui communique le sulfure de plomb formé par le soufre contenu dans la laine.

Pour déceler le coton dans la flanelle ^ on prend 10 p. de cette dernière, on les met en contact avec une lessive de potasse à 18^ Baume, on fait bouillir et on agite à diverses reprises pendant Tébullition; bientôt la laine se dissout et se convertit en savon, tandis que le coton n'est que faiblement altéré ; on arrête Topération^ on lave le résidu insoluble (coton), qui est ensuite séché et pesé. Cette réaction permet aussi de reconnaître la quantité de coton que les fabricants mêlent aux étoffes de laine, dans l'opération du cardage. La simple inspection du tissu, même pour les personnes les plus eipé-* rimcntées, serait insuffisante pour constater le mélange^

Pour distinguer le Un et le coton dans un tissu, le procédé consiste à imbiber celui-ci d'une solution très-saturée de sucre et de chlorure de sodium, à laisser sécher, puis à mettre le

lilaments pour lusqucls il s'élève des doutes à un grossbsemeot suf- Ûsant du microscope.

Le lin et le coton différent ent^c étlt en ce. que les filaments du lin, Mus nn gros8l98em0ni de 3 ou iOO foi», ^c présentent comme des lames oa tubes lisseii coupées de distance en disiance par des lignes trausver*salas simples ou doubles, assos semblables à des noBuda do roseaai; tandis que les tilamenls de colon, dépourvus de ces nœuds, sont disposés en lamelles marquées de points ou petites taches et contournées sur élleâ-mômek ôh hélice:^ aplaties, plus ou moins allongées.

Loi fllaménta delà laine» obsenrôs sous le même grosalsaornent» oflVcnt une forme cylindrique irrégulière et une surfaoe marquée de stries qui, par leurs positions variées, simulent en quelque sorte Técorce de certains arbres.

Enfin les Sis de soie rtianiués de quelques ligii6» transversales, que i*on potlr^ait eonfbndré avec ceux du lin, si l'observation nVtalt pas assez approfondie, se distinguent des (rois matières texilleft précédentes par des cannelures longitudinales, que Ton parvient, à Taide d'un examen attentif, à reconnaître sur presque tous les filaments {Clerget et LenSours).

(*) Le plombaie de soude se prépare en chauffant une solaiioD de «oMlf ptir» (représoalant 16 p. d'aloali) aveo */m de Mteryt.

iiTorfES. M8

feu ûtOL flb, mis à tiU| do la tramô el d« la chaine t les fila de lin M «iharboim^t aVea une couleuif ^Hite; ceux de ootOQ prennant una couleur noirt.

M. êœtigtr préfère la moyen suivant) qui n'est applicable qu'à un tissu blanc : on plonge 7 centimètres carrés du tissu dans un mélange bouillant» de parties égales en poids» de potassa caustique et d'eau i on laisse tremper pendant deux minutes; on presse» on lave» pmson tire successivement^ sur le côté de la chaîne et sur celui de la trame» environ 6 à 10 fils : les fils de lin sont colorés en jaune foncé; ceux de coton sont èiancB ou d'mï Jaune clair. Ce procédé permet de rendre \m compte exact de chaque fil dans le tissu soumis à Fessai.

Pour découvrir le coton dans une toile de lin ou de chanvrei H. Kindt a proposé un procédé fondé sur ce que la cellulose du coton se dissout bien plus facilement dans Tacide sulfuri^ que concentré que la cellulose du chanvre et du lin. On eolère d'abord Tapprèt de la toile en la faisant bouillir pendant quelque temps dans Teau ; puis^ après Tavoir séchéa, on en plonge un morceau jusqu'à moitiéi pendant une ou deux mi* nutes, dans Tacide sulfurique concentré» la toile devient dia« phane, le coton est attaqué le premier, et déjà converti en gomme, quand les fils de lin sont encore blancs et opaquesi On enlève avec Feau la matière gommeuse> Texcès d'acide est neutralisé par une petite quantité d'alcali (carbonate de pousse, desoude ou d'ammoniaque)» puis on lave à Teau pure» ei on sèche de nouveau. Si la toile contient du coton» tous les fils de cette matière textile sont dissous» et Ton peut aisément s'assurer des proportions dans lesquelles le mélange avait été fait» en comptant les fils manquants, ou en comparant la partie immergée dans l'acide avec celle qui ne Test pas.

Pour reconnaître les fils de coton dans un tissu de lin» on plûDge, d'après M. Leykauf, le tissu sec dans de Thuile, et on Texprime ensuite fortement pour enlever Texcès de cette dernière. Les fils de lin sont devenus translucides» tandis que ceux de coton restent blancs. Il est facile, en débridant le Ussu, de compter les fils de lin et de coton. Il n'est pas indispensable d'enlever préalablement l'apprêt du tissu, mais il doit ôtre desséché avec le plus grand soin.

BI. Ad^ Vmentf pharmacien en chef de la marine» a pfor

posé 1* remploi de trois réactifs différents : l'adde nitrique concentré, Facide chlorhydrique et Tacide iodique ; 2** l'action combinée d'une solution aqueuse de chlore, puis d'ammonia* que, pour reconnaître les fils de phormium tenax dans les tissus de chanvre et de lin.

SousTinfluence de Tacide nitrique à 36<^, contenant un peu de gaz nitreux, le chanvre se colore en jaune pâle, à froid et à chaud ; celui dont le rouissage a été opéré dans une eau stagnante prend une légère nuance rose; le lin prend, àTaide de la chaleur, une légère teinte rose, qui bientôt passe au jaune; le phormium tenax se colore rapidement à froid en rouge de sang ; de plus, il conserve cette propriété, même après avoir été lessivé [Bomsingault),

Sous rinfluence de l'acide chlorhydrique, le chanvre et le lin ne sont colorés ni à froid ni à chaud ; à une température de 30 à40«, le phormium tenax est d'abord jauni faiblement, ensuite rougi, et ne tarde pas à brunir ou noircir.

L*acide iodique n'agit ni sur le chanvre ni sur le lin, et colore en rosele phormium tenax; l'action est accélérée par une élévation de température.

Par Faction successive et très-peu prolongée d'une solution de chlore, puis d'ammoniaque (*], les fils de phormium tenax se colorent en rouge violacé^ qui disparaît par quelques gouttes d'acide nitrique. Les fils de chanvre prennent une teinte légèrement rosée, qui devient un peu plus vive avec les filasses provenant de chanvres déposés dans une eau stagnante. Quant au lin, il conserve sa couleur primitive.

M. Fincent a examiné aussi l'action des réactifs précédents sur les fils des végétaux exotiques précédemment cités ; il a obtenu les résultats suivants : l'acide nitrique est sans action sur Tasclepias gigantea ; il ne développe qu'une teinte à peine rosée dans le oua-ouké, et colore en rouge ou rose les agave» hibiscus, lagetto, crotalaria, abaca et corchorus.

Par l'action du chlore et de l'ammoniaque, les filaments des agave, hibiscus, lagetto, crotalaria, abaca et corchorus, prennent une couleur rouge violacée dont l'intensité s'éloigne

(*) L'ordre de ces réactifs est (rès-importanl à observer; car, si oo l'intervertit, aucune coloration ne se manifeste sur le phormium tenax.

ttams, 345

beaucoup de la coloration du phormium. Il ne se reproduit rien ayec le bœhmeria et Tasclepias. L'ammoniaque est sans action sur les agave fœtida et americana, bœhmeria, crotala* ria, corcborus, asclepias, et jaunit les fils de Thibiscus, du lagetto et de Tabaca.

La solution aqueuse d'iode colore en jaune pftle la plupart de ces végétaux ; le bœhmeria et le lagetto présentent seuls quelques parties légèrement bleuies. Les chanvres préparés dans les eaux courantes bleuissent très-sensiblement par la solution aqueuse d'iode ; ceux qui sont préparés dans les eaux stagnantes ne bleuissent pas.

L'acide chlorhydrique ne jaunit que le lagetto et le «rotalana juncea.

La potasse colore en jaune les filaments de toutes ces plan* tes, sauf ceux de l'asclepias gigantea.

Enfin, il peut être utile de savoir distinguer le coton cardé du coton-poudre (coton azotique , fulmi-coUm ou pyroxyliné)^ qui en ofire les caractères extérieurs lorsqu'il est bien préparé. n n'est peut-être pas tout à fait chimérique de penser que le coton-poudre pourrait être expédié sous forme de tissus, de dentelles ; voici quels seraient les moyens de s'en assurer (*) : le coton-poudre, aussi blanc que le coton ôardé, est rugueux au toucher ; frotté dans Tobscurité et dans un endroit sec, il est lumineux, phosphorescent; il est électrique, très-mauvais conducteur de Télectricité, et peut servir à charger un élec* trophore (*).

Le coton-poudre, mis sur le porte-objet d'un microscope simple ou composé avec im peu de solution d'iode et une

(1) Les moyens de disilnguer le coton-poudre du coton cardé ordinaire sont surtout utiles dans les pays comme la Russie, où son emploi est proliibé d'une manière absolue.

(*] M. MêynieTf professeur de chimie à l*école de médecine de Marseille, prépare un tissu dit idio-électrique, explosif comme le fulmi-colon, et qui fournit par le frottement beaucoup d'électricité résineuse. Un carré de cinq à six décimètres de côté communique au disque métallique d*un électrophore assez d'électricité pour donner une étincelle de plusieurs centimètres de long. U . MeynSer a proposé remploi de ce tissu en médecine, dans un grand nombre de névralgies ou de maladies ner» veuses.

Ce tissu ae prépare en plongeant, pendant une heore, 1 p, de tiasu de

goutte ou dmix d'ftdde sulftirique cditoèntréf JâMii soui^ tnetit, tandis qtie^ dfttid les mêmes circonstances} le coton ordinaire bleuiti

Quelques causes accessoires viennent altérer le résultat des opérations (impressions, teintures) auxquelles les divers tissus peuvent être soumis. Elles ont été signalées par M. Chet>reul et par Mi MùlaguH.

Ml Chevreuly qui a observé ces causes d'altération pour des tissus de laine et des tissus de coton^ a reconnu qu'elles pro^ venaient du plomb contenu sott dens la colle employée pour l'encollage de la chaîne des étoffes de laine, soit dans Tapprèt appliqué sur les toiles de coton pour leur donner du corps, de la fermeté. En effet, des châles tissés en Picardie reçurent une teinte brune par le contact de la vapeur d'eau; la chaîne seule s'était colorée. Gelle-'ci avait été encollée avec une colle forte, préparée dans les environs de Lille et à laquelle on avait môle de la céruse (carbonate de plomb). L'eau dans la-* quelle on avait fait dissoudre cet encollage se colorait fortement en brun par Thydrogène sulfuréi M. Chevreul parvint à obtenir le plomb à l'état métallique de la matière inoinérée<

M. Chevrêul reconnut aussi que les taches brunes dont cer^ taines toiles de coton se recouvraient lors du passage à la lessive, étaient produites par la réaction des èulftireê akàiùiê contenus dans la matière alcaline (*) employée pour la les^ sive^ sur le sulfate de plomb renfehné dans l'apprêt, où il remplaçait le sulfate de chaux, dont l'emploi n'offre âtteun inconvénient.

Les toiles de chanvre que reçoit la marine sont composées de iils blanchis avec des alcalis et sans chlore ; elles doivent être collées à la gomme arabique et sans amidon; pour s'en assurer, on les essaye avec la teinture d'iode. Cependant, certaines toiles de chanvre, quoique collées à la gomme arabique, bleuissent par la teinture d'iode et donnent la réaction

coloD, de lin ou de chanfre^ dans 15 p. d*un mélange fait avec 5 p. en volume d*acide sulfurique, et 8 p. en volame d'acide nitrique monohydraté: on lave à grande eau, puis dans Une solutioa Taible d*ammoniaque, pour saturer les deux acides restants, pnis de nouveau dans Teau pure et ensuite dans une eau faiblement acidulée par Tacide nitrique par. (I) Mélanga de Mude^ de pouma et de chaax irèê^wlfurôa».

EXtRAUV. ttki

Am à là pfédenee de P«midoti« M. MakguH a t^cotinu que eetle propriété tenait à la p^édenoe de Vamidon nofinai qui pouTait exister, quelquefois en quantités teès^sensibles, dans certains fils de chanvre écrus(*). De nombreuses expériences lui ont, en outre, démontré : 1^ que les toiles natmfellement amjlacéee abandonnent à l'eau bouillante 1 milligramme environ d'amidon par centimètre carré, tandis que les toiles collées à Tamidon en abandonnent 3 millig.^ 60 ; 2** que les toiles naturellement amylacées pouvaient être distinguées des toiles collées à Tamidon par l'emploi successif du charbon animal (^) et de l'iode.

On coupe en petits morceaux 4 centimètres carrés d'une toile bleuissantpar l'iode^ et on les introduit dans un matras avec 30 gr. d'eau, puis on fait bouillir jusqu'à réduction de 1/3 ; alors on mêle au liquide 1 gr< de charbon atiimal ordi* nairO) on agite et on filtre. La liqueut ûltréoi dont le volume doit être de 10 centimètres cubes environ^ une fois refroidie^ est essayée par la teinture d'iode ! s'il se manifeste une colo^ ration bleue^ la toile essayée est collée à l'amidon ; s'il ne se manifeste aucune coloration, excepté celle qui est due à l'iode même, la toile est naturellement amylacée <

U résulte des expériences de M. Malaguti que les fils de ohanvie écrus peuvent se diviser en trois classes : 1'* c/oMe, fil écru sans matière amylacée ; i* eUtésêy fil écru avec matière amylacée, que peuvent* éliminer les lessives faites bien au* dessous de 100*; 3* ebase^ fil éoru avec matière amylacée, qui n'est éliminée que par des lessives et lavages à une tempéra* ture voisine de l'ébullition.

BXTHAXT8.

On appelle exttaUy en pharmacie, le produit obtenu d'une substance végétale ou animale, à Taide d'un véhicule approprié à sa nature, et amené ensuite, par Tévaporation, en consistance sèche ou en consistance pilulaire. L'extractîf est la

(i) La présience de Tamidon dans les fils de cbanvre écrus poraU tenir à des accidents de rouissage.

(<) t^ charbon animal du commerce peut, diaprés M. MalaguU, ab^ wibQf eatlrea fleaf millièmes de son poids dUmidon dimoiiët

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