‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 73 sur 251 · EXTRAIT DE CASSE · texte numérisé non relu

EXTRAIT DE CASSE

solue ou son mélange avec un autre extrait (^) ; car, dans ce dernier cas, Textrait impur ne perd pas l'odeur qtii lui est propre, elle présente seulement moins d'intensité. On ne parvient à découvrir le mélange que par comparaison avec un extrait pur. Mais ce genre d'opération exige une grande habitude.

La falsification de certains extraits {extrait de genièvre; extraits secs de quinquina, de reglisse, etc.) par la fêcuk, se découvre en traitant, à plusieurs reprises, l'extrait suspect par l'eau froide ; le dépôt obtenu est ensuite soumis à l'action de l'eau bouillante : s'il y a assez de fécule^ on a une espèce d'empois qui se colore en bleu par l'eau iodée. Mais, comme quelques extraits contiennent naturellement de la fécule, on juge de la falsification par la quantité de dépôt que donne Teau froide et par l'intensité de la coloration bleue qui se développe au contact de l'eau iodée.

Pour s'assurer si un extrait contient du cuivre métallique^ on en dissout une partie dans l'eau, que Ton décante ensuite, et Ton traite le résidu par l'acide nitrique, qui transforme le métal en sel, où sa présence est décelée soit par les réactifs, soit par une lame de fer, ou mieux, par des aiguilles ordinaires bien décapées; elles ne tardent pas à se couvrir de cuivre, si l'extrait en contient.

On a trouvé du cuivre métallique dans des extraits de belladone^ de ratanhiay dans des extraits secs de réglisse, etc.

Cet extrait, préparé avec la casse en noyaux, est employé comme laxatif. Mais, dans la droguerie, on lui substitue quelquefois la pulpe de pruneaux, dont les propriétés laxatives sont bien inférieures.

L'extrait de casse est noir foncé ; il a une saveur douce et sucrée, accompagnée d'une légère amertume.

La pulpe de pruneaux est rougeàtre, et ne laisse aucun goût amer dans la bouche.

(1) H. StanUlas Martin a trouvé de l*extrait de monésia fait avec les extraits de réglisse et de ratanhia; et de l'extrait de salsepareille qui conteDait de Veasirait de saponaire.

350 Exnurr de quassu.

I^' extrait de genièvre a une saveur douce, légèrement amère. On ra4ministre comme tonique stomachique et comma diaphorétique carminatif.

Cet extrait mal préparé a une saveur ftcre, désagréable, due à une ébullition trop prolongée ; il est grenu et possède une odeur empyreumatique très-prononcée, On a cherché a corriger ces défauts par une addition de mielei ie sucre ; mais cet extrait, mis dans la bouche, laisse bientôt r^urhèrd** goût acre et désagréable qui caractérise l'extrait mal préparé*

On le mélange aussi avec du suc de réglisse; la saveur de ce dernier permet de reconnaître facileuM^nt la fraude.

M. Recluz Ta trouvé falsifié avec de la fécule. En traitant un poids connu de l'extrait par Teau distillée froide, il se dissout, et la fécule mêlée de résine reste pour résidu. On traite par Talcool, qui dissout la résine ; on sèche et on pèsç la fécule.

On a aussi, par erreur, délivré de l'extrait de belladone pour extrait de genièvre. En 1846, nous avons été chargés, avec M. Bussy, d'examiner un extrait de genièvre qui avait mis les jours de trois personnes en danger. Il résulta d'oj^périences faites sur des chiens que l'extrait délivré contenait unp substance toxique, jouissant des propriétés de la belladope (dilatation des pupilles, cécité momentanée, vive anxiété, vomissements répétés).

^extrait de qu^ssia est brun jaune, gnuueleu^ et |fè$r amer ; cette saveur est plus forte et plus pçr^^tQj^ qu^^e^ de récorce du bois de quassia.

On le prescrit comme tonique et fébrifu^^

€omme la plupart des autres extraits, i} peut rez)f^rmer an cuivre métallique, par suite de sa préparation dans des v^&e^ de ce métal. On s'en assure par les moyens déjà indiqués (Voy. Extraits).

Souvent on y ajoute beaucoup de poudre^ ou râp^re^ dite

EXTBAIT DK RÀTAffHlA. S51

de guoÊsia^ et un grand nombre de racines de gentiane. Cette addition peut ôtre reconnue par Todeur et la saveur.

asTRASV »« qvntqvJMA.

L'extrait sec de quinquina, 6u sel essentiel de quinquina de Lagaraye , est tràs-déliquesceQt , d'une couleur hyacinthe claire, d'une saveur trèt^amàre, XI ne contient que fort peu de quinine, d'après l'analyse de MM. Pelletier et Caventou; aussi Temploie-t-on plutôt comme tonique que comme fébrifuge.

On l'a additionné d^un mucilage de gomme arabique, dans la proportion de 1/4, 1/3, et même de moitié de son poids ; dans ce cas, il reste longtemps sec et cassant, et donne avec l'alcool un précipité abondant, jaunâtre, visqueux, ayant beaucoup de cohésion.

On le fipaude aussi avec de la fécule. M. Pédroni fils a trouvé un extrait sec de quinquina qui renfermait près de 80 % de fécule.

Quelquefois on le remplace par des extraits différents, tels que les extraits de gentiane, décorée de sauky de marronnier (*) ; il a alors une couleur noire ou brune foncée, mais non hyacinthe; sa saveur a une amertume particulière.

L'extrait de ratanhia est souvent confondu avec la gomme kino. M. Wahlbergy ,dâ itockhiihn, a indiqué le moyen suivait, pour les distinguer. On humecte d'un peu d'eau ou de salive le produit à essayer ; l'extrait de ratanhia prend une belle teinte de bronze, tandis que le kino se colore en rouge brun foncé.

IT. Orman a signalé la présence du cuivre métallique dans

(*) Un pliarmMleii de Londres, M. Mtorson, i va vendre, en Angle* leire, de^qiMnVités roiV9ii>érabi^ d'up exim[4U du quJnquiqa, oompotié (le : extrait d'éoorçfi d« isarrofinter^ aoo p.; résine jaune, %Sp,C^\ eztniU brûlé sur une pelle rougio au Teu répandait une forte odeur de résine j iriiuré avec de ralcool à 30i>, il donnait une sotution deveoani laiteusn an contact de Pean. Rien do aernblable ne se préaeiiia avee Textrait dé qoliMpiiBa put.

352 PARINK DE BLÉ.

de Textrait de ratanhia, par suite de l'emploi d'une bassine et d'une spatule de cuivre pour sa préparation. Le métal fut aperçu au fond du mortier où Ton avait préparé l'extrait, et après avoir décanté la solution aqueuse d'une portion de ce dernier.

BZXaAXT nt Vm BJÉOXJtSSB. ^ V. Riousn (toc m).

L'extrait de rhubarbe a Fodeur et la saveur de la rhubarbe ; il est jaune bnm&tre. Il est quelquefois préparé avec de la rhubarbe de mauvaise quaUté ou des résidus de décoctions et de teintures diverses ^ auxquelles on ajoute un peu d'extrait de rhubarbe; on y môle aussi une certaine proportion à' alcali pour augmenter son poids. Cette dernière fraude se reconnaît à la couleur rouge-brun foncé de la solution aqueuse de l'extrait et à sa solution avec effervescence dans les acides. Lorsqu'on laisse vieillir l'extrait de rhubarbe, il se couvre de moisissures et prend une forte odeur de storax. Ce fait, observé depuis longtemps par M. Landerer, a été vérifié depuis par M. Reinscli^ qui s'est assuré que cette odeur exhalée par Texirait de rhubarbe moisi provenait de la formation d'une huile particulière.

BZTRAXT SB SATUaMB. — V. Acétatm v

La farine de blé ou de froment est le produit de la division ou mouture du blé {friticum sativum, hibemum)^ plante de la famille des Graminées.

La farine de bonne qualité est d^ blanc légèrement jaunâtre, d'une odeur sui generis, d'un éclat vif, sans points rougeàtres, gris ou noirâtres. Sa saveur peut être comparée à celle de la colle de pâte fraîche. Elle est exempte de parcelles de son, dont la présence est facile à constater en donnant à la farine, par la pression, une surface unie. Elle est douce au toucher, sèche, pesante , adhère aux doigts et forme une espèce de pelote lorsqu'on la comprime dans la main. Malaxée

FARINE DE Bti. 353

avec t'eau, dont elle prend plus du tiers de son poids, elle doit faire pâte longue, homogène, élastique, non collante , eitenâble en nappes minces, La farine est d'une qualité plus ou moins inférieure, selon que la pâte est plus ou moins courte.

La farine de moyenne qualité est d'un blanc matet contient généralement plus de son ; si on la serre dans la main, elle échappe entièrement, à moins qu'elle ne provienne de blés humides.

lOO gr. de farine pure laissent, après l'incinération, Qv- 80 à Osr. 90 de résidu (").

On compte plusieurs sortes de froment, suivant sa qualité, suivant le pays qui le produit : le plus beau, le plus dur, est celui d'Odessa (Russie méridionale).

La farine de blé a été analysée par Kbxhoff, Proust, Vogel, Vauquelin.

Voici quelques-uns des résultats obtenus par ce dernier chi-

trom.ol.

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FAIlttE

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FARINE

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10,00 IO.flfl ï»,00 7I.*B 4.Ti

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