‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 79 sur 251 · VAUX · texte numérisé non relu

VAUX

est bien imbibée, on laisse agir pendant une beure, et au bout de ce temps on examine l'acte ; on le mouille une seconde fois à Taide du pinceau, pour examiner le lendemain les ré* saltats de ce mouillage, que Ton répète plusieurs fois, s^il est nécessaire, car souvent les traces d'écriture.ne reparaissent qu'après un laps de temps plus ou moins considérable.

Empki de la vapeur iiade. — Nous avons entrepris, avec M. Lassaigne, des expériences sur l'effet que produit la vapeur d'iode à la surface des papiers ou actes dont l'écriture est suspectée d'altération. On prend un flacon à laige ouverture^ deO^lOt à O"*,!! de hauteur, et de 5 à 6 centim. d'ouverture; cette dernière est obturée par un disque en verre dépoli. Au fond du vase, on introduit 20 à 30 gr. d'iode en paillettes.

La portion du papier sur laquelle on veut faire agir la vapeur iodée est maintenue appliquée sur Touverture du flacon, en la couvrant de l'obturateur de verre dépoli, sur lequel on pose un poids quelconque pour exercer une légère pression et obtenir une fermeture plus hermétique (^]. On laisse agir la vapeur d'iode sur le papier sec, pendant trois ou quatre minutes, à la température de 15 à 16^^, puis on l'examine attentivement. Lorsque sa surface n'a été tachée par aucun liquide (eau, akool^ eau êalée, vinaigre, salive, larmes, urine, addes, sels acides ou alcalins) ', une coloration jaunfttre ou jaune brunâtre, Êdble et uniforme, se remarque sur toutes les parties qui ont été exposées à la vapeur iodée; dans le cas contraire, on distingue par une teinte différente et bien circon* scrite la surface qui a été mouillée et séchée ensuite à Tair libre.

Les papiers à la mécanique, à pAte amidonnée et résinifère, présentent des réactions tellement sensibles, qu'on peut par leur couleur distinguer quelquefois la portion de papier qui a été mouillée par l'alcool, de celle qui a reçu le contact de gouttes d'eau. La tache produite par l'alcool prend une teinte

(*) L'emploi (fane petite cave carrée en cristal ou en poicelaloe^'i»* conrerte d*ane lame de verre, comme obtaraienr, permet d*expoaer k Taction de la vapeur dMode une plus grande surfoce de papier ; ditu le même but, on peut faire usage de la botte en bols, fermée par un couvercle à coulisse, dont on se sert dans le daguerréotype, pour iodurer les plaques argentées.

é\ê FAOK.

jauM Uitri; celle qui-est formée par l'eau est colorée, en Mm niùhtéy plos ou moins foncé, la deaaiccatioa ayant été ùûte à la température ordinaine. Quant aux taches pecaûonnées par d'autres liquides aqueux, la teinte, à part rintensité, se rap«> proche de celle des taches (HPoduites par l'eau pure, les acides faibles ou étendus d'eau agissent comme l'eau ; mais les aei^ des minéranx concentrés, en altérant plus ou moins les substances qui composent le collage de la pâte, donnent lieu à des taches qui présentent des différences.

La pftte, plus uniforme, et le mode de collage (à la géU* tine) des papiers timbriSy rend ceux-ci peu ou point suscepti*» blés d'être tachés par l'eau, l'alcool, les solutions salées et les acides. faibles; les taches que femme la vapeur d'iode sont dues à des egents chimiques dont l'énergie a altéré ^t les fibrilles de la pftte, soit la colle qui les unissait. Sous ces rap* ports, les papiers timbrés, dont le gouvernement surveille la préparation et la vente, présentent toujoura plus de garantie contre la falsification que les papiers ordinaires à la miea* uique.

En résumé, l'essai d'un papier par la vapeur iodé^ présente le double avantage d'indiquer la place oti l'on peut supposer une altération quelconque, et d'opérer ensuite avec les réacti& appropriés pour faire réapparaître les traces d'encre ; toutefois, c'est la réapparition de lettres ou de chiffires anciennement écrits et efiiicés qui doit seule faire conclure k une falsification.

L'action différente de la vapeur iodée^ sur la surface d'im papier qui n'est pas homogène, permet de reconnaître si os dernier a reçu, en certains points, une couche mince limitée d^«n ccNrps agglutinatif (gomme, gélatine, ou colle de farine), pour y faire adhérer d'autres feuilles de papier ; ce mode d'esaaî puMit servir concurremment avec celui qui consiste à s'assurer de cette addition soit par la réflexion de la lumière incidente sur le papier incliné sous un certain angle, soit par la transmission de la lumière du jour pu d'une lumière artificielle à travers le même papier.

Les papiers à la mécanique et les papiers timbrés, dans les parties recouvertes de colle d'aj^idpPi se poLorent, a^ boi^de quelques minutes, en blm violacé: mais, avec liés pnuai^ie»

vàxm. 411

Mlonttion plus iotense se manifeste sur les endroits reecniTerts d'une eouche minée de gomme arabique, de colle de poisson ou de gélatine, tandis que ces mCmes substances, étendues en quelques points sur la surface des papiers timbrés, ne se colorent pas ou ne jMuùssent pas d'une manière plus sensible q»e les parties qui n'en sont pas reeouirerles. Si l'on regarde aloie la lumièreineidente sur la surfece du papier tenu un peu obliquement, on distingue nettement, à leur aspect différent, les parties sur lesquelles on a appliqué ces diverses sobstanees (t).

liais s'il est utile de savonr reconnaître les falsiflcatioBs des écritures, il serait bien préférable de pouvoir les prévenir {% Dès 1SB5, le ministre de la justice consulta l'Académie des sciences sur les mojrens que l'administration peunraH employer en vue de prévenir les nombreux désordres résultant de la falsification des écritures publiques ou privées, et de préserver le Trésor public du dommage que lui causait le Uanehiment frauduleux du papier timbré. La ComBéssion chargée d'examiner cette question proposa deux moyens : l'em^i éi entrée ùuUUbilet et celui de papUn dits de eàreté^ susceptibles de signaler le travail des faussaires.

A. Ehcm» mniLiBiLBi. — On donne ce nom aux encres inaltérables par les agents diimiques tels que le chlore, les acides, les alcalis, et qui ne disparaissent pas par un lavage à Teau prolongé, pourvu qu'elles aient convenablement pénétré le papier. On fait des encres indélébiles avec l'encre de Chine (') ou le noir de fumée délayé dans l'eau gommée ad"

P) Ces essais par la vapeur dMode ont été appliqués par nous avec succès, à l'deeasion d'ans albire i|ui a été portée, en less* denol la «aiar d'ÉMlsas da ruérauli.

(•} A es pvopss, on aa saimit (rop regretter qani y ait des persooaas assez imprudentes pour anaonear baulement, par voie de léelame, la veuie de subttanoes propres à enlever snr-le-ciîafli»p les tachas d'eaere, iSBs ipni eo ffesie tiaees. 9k osa sabataaces peuvent être uliles dans i|MÉ|w<^f CM, 4aB8 une fouie 4'aa«rea etie peuvent aider à comaetlre des fanx ; dès lais l'aramage laiii^ d'âne pareille découverte se troavs plus que compensé par TiDConvénient qu*elle présente de seconder le tessaiie dans an erisalnellas nanoMivres.

(«) OeelfaeteateBi» pensent qae l'encre de Cblae se tù%k Talde de laUquenr des ièckn des mars es Chine» desaèebée et gonmée. Meo

diiionnée d'un peu d'acide chlorhydrique. On a proposé un grand nombre d'encres indélébiles (^). En 1831, la Commission de rinstitut donna les deux recettes suivantes d'encre indélébile :

1"* Encre de Chine délayée dans du vinaigre ou dans de Tacide chlorhydiique à l^'yb Baume (densité, 1,010]; pour les papiers minces ou peu collés, on doit employer de Tacide chlorhydrique à l"" Baume (densité, 1,007).

2o Encre de Chine délayée dans de l'acétate de manganèse marquant 10® Baume (densité, 1,074), auquel on ajoute 1/9 de son volume d'acide acétique. Lorsque l'écriture est tracée avec cette encre, on doit, pour la fixer sur le papier et pour lui donner toute Tindélébilité désirable, Texposer au-^iessus d'un vase contenant du carbonate d'ammoniaque ou de l'ammoniaque liquide, et placé dans un tiroir ou dans une ai^ moire (*).

Cette seconde encre est d'une application moins facile que la première^ à laquelle on a reproché d'altérer les plumes métalliques (si usitées aujourd'hui), et de ne pas pénétrer complètement le papier à la mécanique, collé avec la fécule et un savon de résine. Dès lors les caractères qu'elle fournit peuvent être effacés par le lavage ou par des agents mécaniques, tout en demeurant toujours inaltérables par les réactifs chimiques ; tandis qu'elle pénètre, au contraire, profondément et trace des caractères vraiment indélébiles sur le papier fait à la main et collé à la gélatine, le seul que l'on trouvait dans le commerce, en 1831. La Commission de l'Institut proposa de remplacer la liqueur acide par une liqueur alcaline com-

d'aotres, elle est composée de noir de fumée d*Dne quaUté 8apérieiire« bien broyé, et de gkt ou d*uDe COU0 préparée (gélatine bouiUie, précipitée par la noix de galle, le précipité redissous par rammoniaque) ; on y mêle ensuite du musc ou un autre aromate.

(i) Parmi les encres Indélébiles présentées à la Commission de rinstitut, on remarqua les encres liquides de Bo«c, Disiez PaUuj Da (Mmi ; les encres solides de Dixé, de Ltuteyrie^ Tarry. Nous citerons aussi les eneies indélébiles de MM. Derhmm, DmimUn, Dekmd, BaudrimoiU, J. I#vrouil.

(*) Les vapeurs ammoniacales précipitent le manganèse de sa dissolution acétique et s^emparent de Tacide ; le manganèse oxydé sert k oonaolider la teinte noire de Tencre de Chine.)

posée de 1 p. de lessive des savonniers et de 25 à 40 p. d*eau; et, pour faciliter la pénétration de Fencre, elle conseiUa de mouilla trè^-légèrement la feuille de papier sur laquelle on veut écrire, puis de la faire sécher, lorsqu'elle est revêtue de récriture indélébile. Mais l'emploi de ces deux encres, tenté dans les bureaux de Tadministration des finances, ne tarda pas à prouver qu'on ne pouvait leur accorder une confiance supérieure à celle que mérite Tencre ordinaire elle-même.

Par le fait du changement opéré dans la fabrication du papier, et h cause de la difficulté de faire adopter^ par la généralité des personnes qui ont à se servir de papier timbré, remploi d^une encre déterminée, on a été conduit à renoncer à Fusage de l'encre indélébile (}).

B. Papiers de sûreté. — Les papiers de sûreté sont fabriqués de telle manière qu'on ne puisse enlever l'écriture sans que cela paraisse aussitôt, par suite d'un changement opéré dans la couleur du papier. Un grand nombre de personnes (^) ont proposé de ces sortes de papiers : pa^ners revêtus d'une gravure fine et compliquée ^ produite par l'impression, à l'aide de l'encre d'imprimerie ou d'une encre très-délébile, d'une planche d'acier damassé passé à l'eau-forte; papiers à pftte colorée par le tournesol, le curcuma, l'indigo soluble, le bleu de Prusse, etc., etc. {^) ; papiers à la pftte desquels

(1) On a aussi présenté une encre grasse, dite chim4c(hipécimutf pour imprégner des vignettes de billets de commerce. Cette encre peut changer de couleur, lorsqu'on essaye de toucher avec un agent chimique la partie qui supporte la somme, dams le but de lui faire subir un changeinent.

Dans ces derniers temps, M. le professeur TraiU, d'Edimbourg, a fait connaître un procédé pour prépai^er une encre indâébile, consistant en une dissolution de 8 p. de gluten pur dans 90 p. d'acide pyrollgneui ; 9 à 3 gr. de beau noir de fumée sont mêlés avec 150 gr. de cette dissolution. Cette encre exclusivement adoptée aujourd'hui dans plusieurs gnades taaàaooB de banque et de «x>mmeroe, notamment à la Banque nationale d'Rooase, est, dit-on, inaltérable par Teau, les alcalis, les acides (même Tadde pyroligneux ) et le chlore.

(S) Pahngr, Moiard, de HaUUU, Uvrier, DdUleei Qtiim, CouUtr, MS^

C) Depuis longtemps Pakner avait proposé de teindre le papier des-

414 WAV%.

OB i^ovtcM dés Mmamts de laine^ de coton et de chauffe, teinte €A dÎTerses couleurs, altéTables les uns par les addes, les autres par les alcalis (*). Teus ces papiemi furent jugés instttBsanls parla Cosimi8sion de Tlnstitut de 1831, qui pensa que l'administration parviendrait à empêcher le blanchiment frauduleux des vieux papiers timbrés :

1* En faisant imprimer aux cylindres, sur tous les papiers seumis «a timbre, une vignette gravée au tour à guillocher, qui serait placée à droite du tisibre, au miUeu et eur tMie la IcHigueur de chaque feuille (') ;

8» En employant, pour cette impression, «m eouleor qti aurait pour base le précipité noir qui se forme dass lesohavdiàras k teinture des chapeliers, ou l'encre elle^méoie, «onvenablement épaissie, à la manière des fabriques deloiles peintes;

3* En donnant aux papiers timbrés une date légale, que Ton obtiendrait soit en rimprimant dans la pâte, soit^n la gravtfit sur la vignette ou sur les timbres, et phis simplement, en faisant tourner, chaque araiée^ sur lui-même le timbre sec dont toutes les feuilles de papier timbré doivent porter Fem* preinte.

On préseiUa ensuite des papiers dont la pAte contenait des réacti& invisibles, mais sensihlies aux agmts qui décolorent Fencre, et capables de se teini ire énergiquement sous leur influence. La plupart de ces pa piers renferment des cyanoferrures, ils sont sensibles aux réactifs ordinairement employés pour le blanchiment et les falsifications d^écritures;

Une pour les billeU de bsnqud avec u ai méItOBe de maUéns eoiomnlsft prises dans une roue de fortuDe. Dan js ce cas, la proportion de cyali» a*éiant ooiuiae de persome, ViaOUâà m sAl élë pi m dtfMIe»

(*) MM. Dtbraim et Km-sêekiers ont «nisi fabriqué un papier dit <«n»« sjfi/; devenant bleu si Ton cherche fc enlever récrflure au nojen 4m acides; brun, si on fait usage du cU4>reeides chloium; BMrrou. par racUon des alcalis. Ils avaient incorpe téé la plte du papier un sel de ilr insoluble (borate» Urtrate» arséniaie),, un ael de «Miiè«ièae tnaetaMe (carbonate, sulfate, borate, arséeteie, , antimoiiiMe), «a eyaMNw -Imm- 1 uble et incolore ( cyanure de zinc eu € te plomb )» du earbonle de ehaax (ou toui autre carbonate îaaeluble^ et . du aalfate dHndIgo.

(') Un procédé analogue a été pro posé , en^iaSO, àsdeocM^ par MM. Cftmttto- al^flftel.^

PAux* 418

maie k OmasttàMtQn de rinsltal de 4M7 eoaclttl au N)et dé ces papiers par les motifs suivants :

« Lorsque les oyenofemures souk insolubles, il ti^est pas impossiMe de trouver des agents qui effacent Fenere sans modifier la couleur de la substance chimique cachée dans le papier^ Lorsque les cyanoferrures sont sokibles, on paf« vient toiqours à enlever la matière sensible avant d*effaoer récriture» et à l'introduire de nouveau dans la pAte du pa^^ pieri après avoir pratiqué le lavage ou le faui. Sn outre, les oTanofenrures augmentent tous, même k faiblea doses, la combustibilité du papier» au point qu'en rallumant à une extrémité^ la combustion se propage à la manière dé rama«> dou? » *

L*ttn de ces papiers» dit fmpier Mi^utrà^ contenait, dans sa pAte, du cyanoferrure de manganèse. Suivant le rapport de la même Commission» il empêche bien les faux généraitt, mais il n'exclut pas les faux partiels» et on reconnut que des faussaires habiles pourraient enlever quelques lignes d'écri-ture» sêBs que cette altéieitioii fût trahie par le changement de couleur du papier (?).

Selon rinventeur» lorsque Pécriture était enlevée k Palde d'agents chimiques» la couleur de ce papier changeait ii^tantanémmit; avec Tacide chlorhydrique» il devenait bleu par suite de la formation du bleu de Prusse ; avec les alcalis, il se colorait en jaune ocracé; avec le chlcnre, ou les chlorures d'oxydes» il devenait biun par suite de la formation de sesquioxyde de manganèse. Hais, plus tard, on vit que ces ai* verses colorations pouvaient disparaître au contact de l'am» moniaque et de l'acide oxalique affaiblis (*), sans que pour cela l'écriture £ftt altérée. De plus» ce papier présentmt Tinconvénîent grave de se colorer également en brun au contact de liquides usuels» tels que le eafé^ le vinaigre, etc., ou de liqueurs animales» comme Ttcrtnc*

Une étude plus attentive fit reconnaître que le papier coloré avec un mélaoge de décoction de bois de campéche et de solution de cyanure jaune résistait à toute altération par

(*! L*ackle sulfureux, Tacide urtrique, pieduise&t ie wéio efei*

suite du changement tris-sensible qui s'opère dans sa couleur {*).

En 1837, une Commission nommée pat le ministre des finances conclut à Tadoption d'un nouveau papier timbré sur lequel on devrait imprimer, au moyen de deux encres, Fune délébile conmie Tencre usuelle» l'autre indélébile conmie Tencre typographique, une vignette composée en partie d'un dessin représentant une figure susceptible de donner au papier un caractère public et légal, et en partie de figures microscopiques (telles que de petits hexagones) formées de lignes se coupant sous des angles déterminés, parfaitement identiques entre elles. Ces deux sortes de dessins devaient être unis, et, pour Unsi dire, mariés ensemble par un procédé mécanique, de manière à ofbir des points de vérification aussi certains que faciles à reconnaître. Le papier devait, en outre, porter dans Tintérieur de la pâte im filigrane trèsdéliéy indestructible, propre à le faire distinguer ; mais les papiers produits à un concours ouvert, à ce sujet, par le ministre des finances, furent jugés par la Commission incapables de résoudre le problème.

Des compagnies, des maisons de commerce, adoptèrent un papier à vignettes intérieures, fabriqué en feuilles très-minces et faiblement collées, pour être mieux pénétré par Tencre, et formé de deux feuilles superposées, munies d'une vignette délébile cachée dans leur épaisseur.

Dans une note lue à l'Institut, en 1848, M. A. Séguier émit Popinion qu'on ferait un billet de banque ou papier-monnaie impossible à contrefaire, si Ton mettait en pratique l'idée suivante, due à M. Em. Grimpé : a Si on confectionne deux types « d'acier, portant l'un un dessin microscopique régulier, com- « posé de figures à angles égaux, symétriquement espacées; « l'autre, un dessin artistique, direct ou produit par un type « que l'on pourrait altérer au hasard. Si, à l'aide de ces deux « types, on en confectionne un troisième sur lequel on opé- « rerait la réunion des deux dessins, et que, pendant l'opéra-

(M Ce papier esi employé dans beancoop de maisons de banque é'Ajtgleterre. Dans quelques-unes, on se borne à colorer la partie de la lettre de cbange sur laquelle on écrit les vaJeurs,

FAUX. m

tiaUf on vtnt an hasard, par un frottement accidentel non calculé ni dans sa durée, ni dans son intensité, à faire éprouver au type artistique un retard dans l'application de sa surface sur le troisième déjà empreint du dessin du premier^ il résultera de ce retard une déformation du dessin artistique, qui changera son rapport de position avec le dessin régulier^ symétriquement espacé, formant le canevas, sur lequel le premier serait jeté : dès lors, le type produit par la superposition des deux autres se trouverait dans les conditions d'un canevas de tapisserie sur lequel on aurait placé, au hasard, une découpure; à chaque superposition nouvelle, ses contours changeraient de rapport avec les mailles du canevas; et, pour distinguer l'imitation de l'original, il suffirait de rechercher si l'un des points quelconques du dessin artistique de Tun et de Tautre est précisément en même rapport de position avec la figure symétriquement répétée du canevas. »

La même année, et peu de temps après, M. Dumas déclara, au nom de la Commission des papiers et encres de sûreté, que les papiers présentés par M. Grimpé étaient éminemment propres à prévenir le lavage du papier timbré, les faux généraux en écriture publique ou privée, et les faux partiels eux-mêmes, dans Vimmense majorité des cas. Le système de M. Grimpé consiste à couvrir le recto et le verso d'une feuille de papier d'une vignette générale, composée de linéaments trop déliés pour être reproduits à la main, imprimée au moyen d'un cylindre avec l'encre délébile ordinaire, susceptible d^étre attaquée par tous les agents qui altèrent récriture, de manière à ne pouvoir être restaurée, ni par la main la plus habile, ni par aucun procédé d'impression.

Les cylindres sont en cuivre et recouverts d'étoiles microscopiques (^), absolument identiques, gravées en relief ; ce qui permet d'employer pour l'impression Tencre ordinaire. Ces étoiles sont le produit d'un poinçon d'acier unique qui n'en porte qu'une seule, ^gravée avec la plus grande exactitude. Ce poinçon, trempé dur, est enfoncé successivement sur les

(*] C*est!a figure qui a présenté à la reproilnclion manuelle les plus insormonlableB difficultés.

divers points de U drconférence d'un efVmàtB d'aeier mq trempé, et y répète sa propre image. Ge premier ejriisdre, trempé dur à son tour, et (imprimé fort^nent eonAre 4e nouveaux cylindres d'acier non tre^ipé, reproduit, aussi sou^ vent qu*on le veut, les dessins qu'il a reçus, et en recouvre toute leur surface. Ces derniers, trempés égalem^t, et pu^ ses contre les cylindres de cuivre , y multiplient à rinfini rimage du poinçon primitif, et les couvrent d'étoiles iden* tiques, d'une comparaison facile et sûre. M. Grivqjé est |»arv^u à imprimer ainsi le papier du timbre (*), tout aussi bien que le papier à la mécanique.

P'un autre c&té, la Commission de riostiiut a approuvé les vignettes de M. Lemercierj imprimées avec Tenere Ik écrâe ordinaire, à Taide de pierres lithograplûques gravées ea relief sur le papier des effets de conamerca^ des actions au porteur, etc. , comme susceptibles d'offrir à très-bas prix de très-grands avantages, dont le commerce et les compagnies pourront tirer parti pour prévenir les contrefaçons ou les falsifications d'écritures.

('] Le iMtpier du timbre est fabriqué à la main, feuille k feuille, coUé à ia gélatine , et toujours un peu inégal à cause des vergeures et <|a manque 4e division de la pftte.

Bn et qni concerne la fabrication de ce papier, la bommissiob de riMlUnt, adopUftt le système de M. Grimpé^ a pi-eposé : t* d'introduire dans ce papier un filigrane caraaéristique, répété a$aez souvent dain toute retendue de la feuille pour qu'il soit impossible, en effaçant les vignettes, de convertir un fragment de papier timbré en papier ordimripre;

$P De recouvrir les deux sarCaces de ce papier d*uu6 vignette raf^ croscopique, mariée, par une coiubiMi^n fortuite et noa susceptUsii d'être réalisée de nouveau, avec une vignette artistique très<appajwta et propre à caractériser le papier timbré;

8^ Do tirer au besoin, par te procédé des fbndus, sur chaque marge, à «aucbe de la feuille, un liséré en encre iudél^ile, toOt le reste dé la feuille étant tiré en eoere déléWle»

Au moyen de ces précautions, le papier timbré, eeractérisé pâr«ett litfgrane^ ne peut plus élrc confcDdu avec le papier ordinaire; il échuppe aoi contrefaçons au moyen du mariage de la vignette géométrique et delà vignette artistique; il garantit des faux partiels au moyen de la vignette géométrique: il évite le transport et les faux généraux, par r impossibilité de raccorder ou de reproduire le liséré en encre iadélébile.

BK%V9 BB SYMPATHIE. — Oq donne le nom d'encres de sj/mpatAie, ou d'encres sympathiquesy à des liquides employés à tracer sur le papier des écritures incolores, susceptibles d'être rendues lisibles^ et de laisser des traces (délébiles ou indélébiles] sous rinHuence de la chaleur ou d'agents chinûques convenablement choisis.

On emploie les encres de sympathie pour entretenir des correspondances secrètes, soit sur papier blanc» 9oit entre les lignes d'un écrit ou d'un imprimé quelconque.

Les substances employées pour faire des encres de synapa- %hie sont très-nombreuses, car on peut dire que Ton possède aujourd'hui plusieurs centaine;} de ces encres. Nous citerons les solutions aqueuses étendues de chlorure de cobalt {^)^ à! acétate ou de nitrate de cobalt , mêlées de 1/4 de sel marin; eUe9 donnent une encre sympathique avec laquelle l'écriture, invisible sur le papier, apparaît en bleu par une légère application de la chaleur, puis disparaît ensuite^ par degrés, à mesure que le chlorure de cobalt reprend de Teau» et reparaît de nouveau par la chaleur.

Avec une solution de chlorure de cobalt mêlée de chlorure <k fer^ les caractères, au lieu de paraître bleus par la chaleur, ont une couleur verte.

Les sels de nickel donnent aussi une encre sympathique, dont les caractères apparaissent verts par la chaleur.

Avec une dissolution d'acétate de plomba ou d^ nitrate de bismuth^ on trace des caractères invisiblesi qui noircissent au contaci de l'hydrogène sulfuré, ou des sulfures alcalins.

Avec une solution étendue de sulfate de fer^ Vécrituxe « une couleur bleue ou noire, suivant qu'on emploie, pour la faire reparaître, le cyanure jaune ou une infusion de noix de galle. Inversement, on peut tracer une écriture sans teinte sensible, qui, au contact d'une dissolution de sel de fer au maximum, apparaît noire ou bleue, suivant qu'on a employé, conmie encre, une décoction faible de noix de gaUçy d'écorce de chêne, de sumac, ou une .solution étendue de cyanure jaune.

(') Ge fiA li première enore sympathique connoe; elle % prêt de MAt cinquante ans de date. (Voir le Mémoire de HeUot; MénuAres ds VAca^ demie royale des sciences; t737.)

Les caractères tracés avec le sulfate de cuivre apparaissent avec une belle couleur bleue, au contact des vapeurs ammoniacales.

Avec Vacide sulfurique très-étendu, les caractères tracés sur le papier deviennent noirs et ineffaçables, par Tapplication de la chaleur : Feau s^évapore, et Fadde, en se concentrant, charbonne le papier.

Avec les sucs végétaux, tels que ceux d'ot^non, de navet, on peut tracer des écritures invisibles; mais, en présentant le papier au-dessus de charbons rouges, il arrive que la matière végétale se détruit avant ou après le papier. Si elle se décompose d'abord, les caractères sont noirs ou jaunes bruns; si le papier se décompose le premier, les caractères sont blancs sur fond noir.

En général, on peut dire que tout composé incolore, se colorant par Faction d'un réactif, peut servir d'encre de s}rmpathie. '

Ces sortes d'encres pouvant être employées, dans certains cas, pour atteindre un but coupable, il devient important de savoir reconnaître si un papier considéré comme blanc, ou si im papier écrit ne contiendrait pas, soit sur la feuille blanche, soit sur la feuille écrite, mais dans les interlignes, une écriture tracée avec une encre de sympathie.

Les essais pratiqués dans ce but étant souvent très-nombreux, nous signalerons les principaux.

On examine d'abord si, dans certaines parties du papier, il y a eu un tracé quelconque, qui se signale quelquefois par un aspect terne ou luisant.

On humecte avec soiç le papier placé sur une lame de verre, on le recouvre avec une autre lame, et on l'examine par transmission de la lumière ; de cette manière, on parvient quelquefois à lire avec assez de facilité tous les caractères qui auraient été tracés avec une poudre incolore, délayée dans l'eau seule, ou additionnée d'imé petite quantité de substance gommeuse ou mucilagineuse ; car ce tracé, en augmentant l'épaisseur du papier, laisse moins facilement passer la lumière, et produit une ombre occasionnée par l'assemblage deS' lettres.

L'apptication de la chaleur donne lieu, comme nous l'avons

dit plus haut, à l'apparition d'un grand nombre de tracés incolores. On présmite avec précaution, au-dessus d'un brasier, la pièce à examiner, ou bien on la place dans un double de papier Joseph, et on applique dessus un fer chaud, qui détermine l'apparition de l'écriture. On a recours aussi à l'emploi de poudres de charbon, de noir d'ivoire, de cinabre, et d'autres poudres colorées, très-fines, dans le cas oii on soupçour nerait que des substances glutineuses, hygrométriques, auraient été mises en usage pour tracer im corps d'écriture. On place sur une table la feuille de papier suspecte ; et, à l'aide d'un tamis de soie très-fin, on y répand la poudre colorée ; on recouvre d'une feuille, et on presse ; on secoue ensuite la feuille]: la poudre restant ordinairement sur les tracés, qu'elle colore, permet de les apercevoir et de lire ce qui a été écrit. Lorsqu'on a lieu de supposer que le produit employé comme encre sympathique est susceptible de se ramollir par la chaleur, on place le papier couvert de poudre daas un double de papier Joseph, et on promène à sa surface un fer à repasser, chauffé convenablement.

L'hydrogène sulfuré, le gaz ammoniac, le chlore, peuvent quelquefois 6tre employés pour faire apparaître des écritures, d'abord invisibles. On introduit la feuille à explorer dans un grand flacon contenant Tun de ces gaz , avec lequel on la laisse en contact. Si elle était chargée d'écriture tracée avec l'encre ordinaire, et qu'on n'eût à examiner que les interlignes, on exposerait partiellement ceux-ci à l'action du chlore, en se servant d'un tube fermé par un bout, dans lequel on aurait mis un mélange destiné à la production de ce gaz.

Enfin, pour reconnaître les tracés invisibles, on peut employer séparément diverses solutions (acide sul f hydrique ^ suir fate de fer^ sulfate de cuivre^ teinture diode, chromate de potasse, cyanure jaune, ammoniaque, infusion de noix de gaUe^ bicAlorure de mercure). On en prend un peu à l'aide d'un pinceau, et on trace avec celui-ci une ligne sur les parties que l'on soupçonne avoir été écrites avec une encre sympathique.

Dans le cas où l'on ne réussit pas avec une solution, on change de pinceau, ou bien on lave avec beaucoup de soin

m FÉCULE DE POMMES DE TERRE.

celui qui a été employé, et on fait le même essai avec une autre solution. Mais il faut avoir la précaution de ne pas passer sur les lignes tracées une solution qui pourrait donner un précipité ou une coloration avec le liquide que Ton aurait d'abord employé.

FÉOUUB BB POmiBS BB TBaRB.

Cette fécule^ retirée des tubercules du solanum tuberosum, de la famille des Solanées^ se distingue des autres fécules par son apparence nacrée, par le cri qu'elle fait entendre lorsqu'on la presse entre les mains. Examinés au microscope, ses grains sont beaucoup plus gros et d'un volume plus constant que ceux de l'amidon de blé ( Votj. la note, p. 364) ; ils sont ovoïdes, étranglés, gibbeux, obscurément triangulaires. On y aperçoit très-manifestement le hile, ou trou par lequel s'introduit la matière féculente qui sert à l'accroissement du grain de fécule ; celui-ci se trouve composé de couches concentriques qui le font ressembler assez à une écaille d^uttre. On observe sur les grains vieux, ou très- volumineux, qui se rencontrent surtout dans les tubercules arrivés à leur maximum de développement, des déchirures anguleuses <^ partent généralement du hile.

Les grains de fécule les plus gros ont été observés jusquHei dans la variété de pommes de terre, dite de Rohetn; ibont OiBiinm.^155 (Je diamètre.

La fécule de pommes de terre est blanche, insipide, insoluble dans l'alcool et l'éther, inaltérable à Pair. Elle a une odeur peu agréable qui s'exalte par la cuisson; elle bleuit au contact de l'eau iodée;. sa densité est environ 1,5 à4-19»«-. L'eau, à la température ordinaire, n'a pas d'action sur la ter cule. Chauffée avec un peu d'eau, elle prend une consistance gélatiniforme, connue sous le nom d'empois; la fécule se gonfle, s'hydrate. Le phénomène analogue se passe à froid avec les alcalis.

La fécule est convertie en dextrine, puis en sucre ou glucose, sous l'influence de la diastase ou des acides.

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