‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 80 sur 251 · PÉCUU: DE POMMES DE TERRE · texte numérisé non relu

PÉCUU: DE POMMES DE TERRE

Chauffée peu à peu do 160 à 210^-, elle se transforme •B une matièfe jaunâtre, soluble dans Peau, qu'on appelait ulMfeis amidon griUê, amidon torréfié^ et aujourdliui léio^ ammê : c'est de la fécule désagrégée. En portant brusqu&ment la fécule à la même température, on la cônrertit en doxtiino.

La féeale absoAe de? quantités d'eau très-yariables, suivant les circonstances dans lesquelles on la place. La fécule aBmmerciale, ou féeuie sèdhe, contient 18 ^/o d'eau. La fécule dite verte contient 45 Vo d'eau, et représente les 2/3 de son poids de fécule sèche commerciale : 150 de fécule verte représetitent donc 100 40 fécule sèche.

La fécule de pommes de terre pure donne, par Tincinératioif, 1 yo?4 de cendres très-fines, denses, mobiles et sèches {louyeê)s

La féeuie de pommes de terre se distingue de l'amidon de blé par le procédé suivant : l'Amidon de Mé, broyé avec Peau, donne un liquide qui, après avoir été filtré, se colore en jaune «m en rouge pâle, par Taddition de quelques gouttes de teinlore d'iode ; le liquide provenant de la trituration avec la féoole de pommes de,terre prend une couleur bleue.

UsASEs. — En médecine, la fécide de pommes de terre est employée à l'inlérieur comme analeptique ; on en fait aussi des gelées, des tisanes, ou des cataplasmes mucilagineux. Dons les arts, elle a reçu un très-grand nombre d'applica* tMxns : elle sert à la fabrication de la dextrine, de la gomme- Une^ du léiocomme, des sirops et sucres de fécule, de l'acide oxalique; elle sert à confectionner les produits alimentaires connus sous les noms de semovle, tapioka factice, etc. ; on l'emploie pour l'enoollage des toiles, le collage du papier^ répaississement des mordants, etc.

FAumçànoHa. — On falsifie la fécule de pommes de terre avec la craie ou carbonate de chaux j le plâtre, la poudre ou sciure iatbâtre gyp$$ux (^)^ une urgUe blanohàêre { tanre de pipe?).

(*) Wm ISU, la trtbanal coneetionBal (S* Chambra) condtmin à shi jours de prison efc à ^ fr. d^anende le sieer B^.., mtrciiaod d'anidott «t de fiécaloi à Paris, acamé d'amir vendu de la fécule mêlée de poudre

424 FÉGUJ^ DE POMMES DE TERAE.

Plusieurs moyens peuvent être employés pour reconnaître ces fraudes, signalées en premier lieu par M. Pa/gen. On peut chauffer, pendant une demi-heure environ, à la température de 72 à 75<><^* au bain-marie, 25 gr. de la fécule à essayer, dans une solution de diastase brute ; elle se convertit en dextrine, sans résidu bien sensible si elle est pure ; dans le cas contraire^ on a une partie insoluble qui,- recueillie sur un filtre, lavée, séchée et pesée, donne approximativement la proportion des corps étrangers introduits. Ce résidu est eor* suite examiné à part, afin d'en connaître- la nature. Traité par Tacide chlorhydrique ou nitrique étendu d'eau, il fait une vive effervescence s'il contient de la cvaie, et laisse un résidu terreux indissous. La solution acide, évaporée à siccité et reprise par Teau chaude, donne une solution qui précipite en blanc par Poxalate d'anunoniaque. Le résidu insoluble, séché et chauffé au rouge dans un creuset, donne ime masse fortement agglomérée, qui ne se délaye pas dans Feau et ne tait pas effervescence au contact des acides.

De plus, la fécule contenant de la craie fait une vive effervescence avec les acides. Celle qui contient du sulfate de chaux, chauffée au rouge dans un creuset, laisse une masse charbonneuse qui, délayée dans l'eau et additionnée de quelques gouttes d'acide, dégage une forte odeur d'œufs pourris (hydrogène sulfuré}. L'examen microscopique, l'incinération peuvent aussi servir à découvrir ces fraudes. Une petite pincée de fécule suspecte, placée en couche très-mince sur une lame de verre, et vue au microscope, n'offre que des grains arrondis, diaphanes, blancs, si elle est exempte de mélange; dans le cas contraire, on voit distinctement, interposés entre ses grains, des corps opaques, bruns ou nuageux, anguleux, irréguUers.

La proportion de cendres fournie par l'incinération de 5 gr.

d^albâuie. Sur un appel à ihMumI, inteijeté par le mimstère public^ la peine fût élevée à quatre mois de prison.

Celte poudre d*atb&tre provenait du travail de pendules, vases, et de divers obJeU d'art. On en a mêlé 6 à 7 «/e à de la fécule de pommes de terre, qui était mise dans de petits sacs étiquetés : Frfcuie ùb pommes d0 têrredépurée powr Vtuage aUmgnUàreêtptmriesmkfimU.

( Voy. Ordoimnc9dspoUeedn 98 février ia58, à la fin dut4mie II.)

FÉCULE 0E POMinS DE TERRE. 425

de féeule, et Pexamen chimique de ces cendres, servent également à constater sil y a eu ou non adultération de la fécule. Ces cendres sont composées de chaux, de sulfate de chaux ou d'argile.

D*un autre côté, en délayant dans beaucoup d'eau une petite quantité de fécule su^ecte, les substances minérales ajoutées, étant beaucoup plus denses, se précipitent les premières, et peuvent être examinées séparément.

La fécule de pommes de terre a été quelquefois mélangée à d'autres fécules exotiques. M. Gobky a indiqué, comme moyen de reconnaître ces fraudes , les colorations diverses qu'éprouvent quelques fécules pures, ou mélangées, lorsqu'on les expose à la vapeur. d'iode.

On met les fécules dans des verres de montre, sous une cloche qui renferme de l'iode, et on les y laisse exposées pendant 24 heures (^).

Voici les colorations que Ton obtient :

Amidon j couleur violacée.

Fécule de pommes de terre, gris-tourterelle.

Arroio-root vrai, café au lait clair.

Arrow-poot avec 1/4 d'amû&m, lilas-gris.

Arrow-root factice^ gris-tourterelle.

Tapioka vrai entier , tous les grains jaunâtres.

Tajdoka vrai piUtfériséj couleur chamois.

Tapioka vrai pulvérisé et mêlé avec 1/4 d'amidon^ couleur violacée.

Tapioka factice entier^ quelques grains gns violacé, les autres jaunâtres.

Tapioka factice pulvérisé^ couleur chamois.

Tapioka factice pulvérisé et mêlé avec 1/4 d'amidonj couleur violacée.

Sagou blanc entier, quelques grains gris violacé, les autres jaunes.

Sagou blanc pulvérisé^ couleur chamois.

Sagou blanc pulvérisé et môle avec 1/4 i'amidon, couleur violacée.

C) L*expérience prouve que les fécules ne sont colorées par Tiode qa*anunt qu^elles sont humides.

Sapou factice entier, quelques grains grâ violacé, Ie& «aires jaunâtres.

Sagou factice puhérisé, couleur ekamois.

Sagou factice pulvérisé et mêlé avec 1/4 d*amidùny eoulettf violaeée.

Ikatrinê, pfts de coloration.

Suivant M< Mayeê^ on peut distinguer la fitoule de pommes de terre, rarrow-root et Tamidon de blé, par la consistance et la transparence de la gelée qu'ils forment avec une solution au 4/4 de potasse à la chaux (85 p. de potasse et 75 p. d^eau ), et reconnaître 1/10 de fécule ajouté à Tamidon ou à Tanowroot; on prend 5 gr. de la fécule à essayer, 60 gr. d'eau et 5 gr. de solution alcaline au quart.

Void les résultats que M. May et a obtenus : avec la fécule de pommes de terre, gelée tré^paisse, d'une tronsparaKO opaliue, solide au bout d'une demi-minute.

Avec l'amidon de blé, le mélange n'est pas solide au bout d'une demi-*4ieure ; de plus, il est laiteux, complètement opaque, mais il ne laisse pas déposer l'amidon.

Avec l'arrow-root, le mélange est totalement liquide et laisse déposer cette féculo malgré plusieurs agitations. Le liquide surnageant est d'une transparence parfake.

Avec la fécule de bryone, le mélange ae pvend an gelée transparente immédiatement, mais cette gelée est trè^-Uquide et d'une teinte légèrement citrine.

Avec la farine de haricots (prise comme type des fiurines de légumineuses), mucilage peu épais, jaune verdAtre, non transparent.

Avec la farine de manioc, mucilage un peu plus épais que le précédent 9 incomplètement opaque, laissant voir un gnmd nombre de grumeaux gonflés, mais non dissous.

La limaille de fer est employée, en médecine, comme tonique et fortifiante; on la recommande dans les cas de débilité, et surtout contre la chlorose, la leucorrhée, le rachitisme, le scorbut, etc. Suivant qu'elle est à l'état de poudre groaai^

FKlt (limaille de). 4iT

en de pondre trè»-flne, elle porte le nom de Hmailkde fer préparée, ou de limaiHe de fer porphyrhée.

Altérations. — La limaille de fer contient souvent du cnù we, de Vaûier^ du zinc, des terres, de la ««tire de buis, du sa- Ue, de Vexyde de fer. Il est important de s'assurer de la pureté de la limaille, surtout lorsqu'elle est destinée aux mages ialer&es (*). A cet effet, le meilleur moyen est la séparation mécanique à Taide du barreau aimanté ; la limaille est répandue en couches minces, et Topération ii^pétée plusieurs fois de suite. Le résidu de chaque opération renferme les impuretés (cuirre, sciure de bois, etc.) ; maïs la séparation complète est très-difficile : le cuivre, le sable, le bois, Toxyde de fer, peuvent être entraînés mécaniquement par le fer. Ainsi M. Goàley a observé que,- même après cinq opérations successives, la limaille de fer contenait encore quelques parcelles dé cuivre. De plus, si l'oui a affaire à des brasures, Senckel a établi qu'un alliage de 66 cuivre et 33 fer était encore attirable à Taimant. La séparation devient même impossible, si on opère sur de la limaille de fer porphyrîsée.

On constate la présence du cuivre en traitant la limaille par l'ammoniaque. Celle-ci, au bout de quelque temps, se colore en bleu, et cette couleur est d'autant plus foncée que la limaille contient une plus grande quantité de cuivre. On peut auM employer l'acide chlorhydrique pur et bouillant^ ou mieux, l'eau régale, pour dissoudre la limaille ; une lame de fer bien décapée, plongée dans la dissolution acide, se recouvre d'une couche légère de cuivre métallique. Sil'on sur* sature la dissolution par l'ammoniaque, il s'y forme un précipité roi^fttre de peroxyde de fer hydraté, complètement insoluble dans l'ammoniaque, et ne la colorant pas, au cas où la limaille est pure ; un précipité de couleur sale, mélangé de peroxyde de fer et d'hydrate de bioxyde de cuivre verdft- Ire, au cas où la limaille contient du cuivre. L'addition d'un

(*) Dans des expériences faites sur des limailles de fer prises dans onze maisons de drogaerie on de pradnits chimiques et dans vingtcinq ptiarmacies, M. Gobley en a trouvé trois, seulement, exemptes de cuivre; dans les autres, la quantité de cuivre était très- variable, et s'élevait, depuis Quelques parcelles, jusqu'à a Vo ; la quantité de substances éCmacèr^ vaHait aiusi depais ^/o^bê Jusqu'à 18 Vo.

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