‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 81 sur 251 · FEUILLES DE NOYEE · texte numérisé non relu

FEUILLES DE NOYEE

excès d'ammoniaque, en redissolvant le bioxyde de cuivre, à l'exclusion de Foxyde de fer, produit une solution bleue d'ammoniure de cuivre.

La limaille d'acier se reconnaît, d'après le procédé de M. Berthier, en traitant la limaille par Tiode et Teau; le fer disparaît, sans résidu, à Tétat d'iodure incolore, tandis que la limaille d'acier laisse pour résidu le carbone et le silicium. Après qu'on a lavé la matière avec de Teau de potasse pour enlever l'excès d'iode, on peut également suivre le procédé de M. BoîusingauU, traiter la limaille par l'adde sulfurique étendu de 6 fois son poids d'eau ; le fer se dissout, Tacier laisse indissous le carbone et le silicium.

U faut rejeter la limaille atteinte de la rouille ; on s'en aperçoit facilement à sa couleur ocreuse.

Le barreau aimanté n'est aussi qu'un moyen de séparation incomplet, lorsque la limaille de fer est salie par delà limaille de zinc, surtout si elle provient de travaux à la lime exécutés sur du fer zingué ou galvanisé.

La présence du zinc dans la limaille de fer se reconnaît en traitant celle-ci par l'acide sulfurique ; le sulfate est soumis à l'action d'un courant d'hydrogène sulfuré, qui précipite le zinc à l'état de sulfure, et^ne précipite pas le fer si la liqueur n'est pas acide. On doit aussi verser dans le sulfate un peu de chlore pour amener le fer au maximum, puis un excès d'ammoniaque qui précipite l'oxyde de fer et redissout l'oxyde de zinc ; celui-ci se précipite ensuite lorsqu'on fait bouillir le liquide pour chasser l'excès d'ammoniaque.

Dans tous les cas, il est préférable que les pharmaciens préparent chez eux la limaille destinée à servir comme médicament, n suffit de soumettre à l'action d'une grosse lime un barreau de fer doux, solidement fixé. On peut obtenir ainsi 62 gr. de limaille par heure ; tandis qu'on consacre plus de temps à passer cinq fois au barreau aimanté une égale quantité de limaille.

Les feuilles du noyer {juglans regia)y arbre de la famille des Juglandées, sont ovales, presque sessiles, plus ou moins

FÈVE PICHmUM. . 429

dentées en scie. Bien séchées, elles possèdent nneodenr particulière, et font voir sur leur face postérieure, dans les angles formés par les nervures primaires avec le nerf, des corps glanduleux ou petites verrues. L'infusion de feuilles de noyer présente une couleur brun verdâtre, comme le vert de vessie, et colore le papier en brun jaunAtre; traitée par une solution de sulfate de peroxyde de fer, elle se colore en brun noirâtre foncé.

Usages. — Les feuilles de noyer sont employées, en médecine, contre les affections scrofuleuses. A Textérieur, elles servent pour faire des injections; à l'intérieur, on les emploie sous forme de tisane, d'extrait, de sirop. Elles ont été aussi consi* dérées par quelques personnes comme im spécifique contre l'ictère.

Falsificatioiis. — M. Vrydag-Zynenj de La Haye, a signalé une falsification des feuilles de noyer par des feuilles étrangères dont il n'a pas fait connaître le nom.

Ces feuilles étaient oblongues, acuminées, la plupart pétiolées, irrégulièrement incisées et dentées en scie. Bien séchées, elles n'exhalaient aucune odeur, même quand on les frottait dans les mains. Leur infusion était jaune sale et colorait le papier en jaune de soufre ; traitée par une solution de sulfate de peroxyde de fer, elle prenait une couleur plus sombre.

FJfeVll PZOBURXK on VZCUU&ZXB.

Les fèves pichurim ou pichurines sentie firuit d'une espèce de laurier (ocotea pichurim^ laurus peckurini) qui croît au Brésil. Ce fruit a aussi été désigné, dans le commerce, sous les noms de pichonirif pichohj et pkhora, noix de sassafraSy fève muscade.

Il a été employé pour remplacer la muscade.

Dans le commerce, on distingue deux sortes de fèves pichurines : la première sorte, ou noix de sassafras de FOrénoque, dePara^ semence piehurine vraie , est la plus estimée; elle se compose de lobes conformés comme ceux des semences du laurier ordinaire, mais* beaucoup plus gros, isolés et entièrement nus. Ces lobes ont(H,027 à 0",045 de long, et 0-,013 à 0",020 de large. Leur forme est elliptique, oblongue, con-

430 FIGIISS.

y#x9 d^Ho câtéy ooQUve de l'autre, avec un sillon longitadi* nal ; ils sont branAtres^ unis ou légèremeot rugueux à Fetté» rieur, d'une couleur de chair et marbrés à Tintérieur, à p«« prè3 comme dans la noix muscade. Leur odeur et leiu* saveur sont analogues à celles de cette dernière et du sassafras, oe q^i probablement a fait croire qu'ils en étaient le fruit. On aperçoit presque toi^ours à leur surface une efiflorescenoe blanche, qui se répand môme sur les parois des vases où on les tient renfermés ; ce principe cristallin est dû à une huile volatile concrète {camphre des pichurines).

La seconde sorte, dite fève pichurim bâtarde^ est toujours plus courte que la précédente ; elle est oblongue, arrondidi quelquefois ronde , d'une longueur variable de 0",036 à 0«,034, et d'une largeur de 0°>,013 à 0»,020. Elle est souvetit entière et recouverte d'un épiderme rugueux d'un gris rougeAtre. Au-dessous de cet épiderme, la surface est presque noire. Son odeur est à peine sensible, à moins qu'on ne la r&pe; elle ne présente pas de cristaux, soit à sa superficie, soit sur les parois des vases où on la conserve.

Les fèves picburines renferment, suivant M. Bonastre, une huile essentielle particulière^ de la résine, de la gommCj de la fécukf du sucre, une graisse butyreusCy et une matière grasBç concrète^ qui, d'après les recherches de M. Sthamer^ est identique avec la graisse solide, ou laurostéariney trouvée par M. Marsson dans les baies de laurier.

Dans le commerce, la deuxième sorte est quelquefois donnée pour la première. Quelques auteurs prétendent, en outre, qu'on lui substitue une certaine fève^ provenant d'Amérique, moitié plus grosse que la véritable fève pichurim, plus ridée et plus pâle oxtérieiurement, tandis qu'à l'intérieur elle est plus amère et moins aromatique que la deuxième sorte de fève pichurine.

vxavBSp

La figue, ou fruit du figuier (ficttscarica}^ ^ la famille des Artocarpées, est formée de petits fruits secs réunis en grand nonxhre sur un réceptacle charnu et succulent. La figue est sucrée et muoilaginettae.

FIOUES. 431

Las Ggues sont employées comme aliment; en médecine, elles servfiiii mvam^ bédiiques ei «lAraeiflunles. 4iii en prépare des tisaBM «antre les rhuniM, des gargiitanes, des conserves. On les associé ordlfiairement aircic d'autres fruits béchiques, tels que les dattes, les jujubes et les raisins secs.

ta figue, desséchée et préparée, fait l'objet d'un commerce assez important pour l'Espagne, l'Italie et les départements mérîdionauî de la France.

La culture a fait naître un très-grand ndmbre de variétés de figues. Mais le commerce en distingue trois sortes : les figues blanches ou marseiltaises ou figues du Midi; les figues grasses on jaunâtres ; les figues violettes. La première sorte est destinée particulièrement à être servie sur nos tables; les deux autres sortes sont employées dans la pharmacie. , les figues blanches soiit divisées en figues fines, demi-fines^ ordinaires on communes^ pelloises, ai grosses.

Les figues fines, qui viennent principalement dé la ftrovence, doivent être rondes, plates, assez régulières, de la grosseuf d'une grosse prUne de reine-Claude, à chair jaunâtre. Leur peau est fine, l'ecouverte d'une efflorescenco blanchâtre ; leur goût est doux, sucré et délicat.

Les figues demi-fines et communes sont plus irrégulières; elles ont une peau plus dut'e et une saveur moins agréable.

Les figues pelloises ne sont ni rondes, ni plates ; elles ont conservé une partie de la forme naturelle du fruit.

Les figues grosses viennent d*Bspagne et de Provence; elles sont grosses, molles, sucrées ; leur peau est quelquefois assez fine, mais sans«consistance.

Les figues violettes diffèrent des blanches par la couleur et le goût. Elles sont globuleuses^ assez grosses, striées, d'un violet foncé à l'extérieur, et d'im rouge vineux à l'intérieur.

Les figues vi6ille9, rances, ou piquées des vers, soqveat trèsamères, doivent être rqetées. Ou ne doit choisir que les figuos récentes, un peu molles,^ visqueuses, et- d'wi goût agréable.

Page 1