FOUGÈRE MALE
FoiB D'Aiimiozva.
Le foie d'antimoine^ ou foie de soufre antimoniéy oxyde fan^ timoine sulfuré demi-vitreux, sulfure f antimoine et de potasse, est une substance d'un brun -noir, presque opaque, à éclat semi-vitreux. Sa poudre, d'un brun foncé, prend les noms de crocus metallorum^ safran des métaux, safran d'antimoine» C'est un mélange d'oxyde et de sulfure d'antimoine.
Usages. — Le foie d'antimoine, surtout en poudre, est trèsemployé, comme vermifuge et purgatif, dans l'art vétérinaire.
Falsifications. — On le vend ordinairement en poudre ; et, comme la plupart des substances livrées au commerce dans cet état, il est sujet à être falsifié avec la terre d'ombrCy ou avec la brique pilée et tamisée.
Cette fraude se rec(Hmait de la manière suivante : on mêle la poudre avec un peu de nitrate et de tartrate de potasse, puis on la calcine. Si elle est pure, la surface du culot restant après le refroidissement de la matière n^est recouverte que de scories et d'un peu de cendres ; dans le cas contraire, la matière étrangère ajoutée reste à la surface avec la couleur rouge plus ou moins pâle qu'elle avait primitivement.
Un autre moyen consiste à traiter le foie d'antimoine par Tacide chlorhydrique : si le produit est pur, il se dissout sans résidu ; s'il est impur, la poudre étrangère reste sans se dissoudre.
vouoÉaa maxa.
La fougère mâle {aspidium filix mas) a un rhizome souterrain, ou souche de la grosseur du poing, noueuse, d'une couleur brun verdâtre à l'extérieur , et blanc jaunâtre à l'intérieur, lorsqu'elle est fraîche. Sa saveur est astringente et un peu amère, elle a une odeur particulière désagréable. La racine de fougère mâle est recouverte extérieurement d'écaillés foliacées; sa poudre est jaune verdâtre.
La racine de fougère mâle, vieille, est sèche, brune ou
FOHttftAOSS. 433
noire rougefttre à rertérieur^ et jaune bniiittpe à TiaMeur.
Elle contient, d'après les cmalyses de M. Jforih ; huile V(h latik; matière grasse; acide» gaUique ei acétique ; sucre mcristallisable; tannin; amidon; matière gélatini forme, insoluble dmu F eau et ialcMl ; ligneux.
La racine de fougère oftâle est facilement attaquée par les insectes. Il faut avoir soin de la tenir à Pabri de Tair et de PhuBÛdité, dans des vases parfaitement bouchés.
UsAGCS. — La racine dé fougère mâle a des propriétés vermifuges qui semblent être dues surtout à l'huile grasse, chargée d'huile essentielle, qu'elle renferme ; on remploie contre le ténia. On Tadministre en décoction, en poudre, sous fonne d'extrait aloooUque et éthéré.
Falsifications. — La racine de fougère mâle a été fraudée avec la racine de fougère femelle {aspidium filix femina). Celleci est plus grosse, noire^ à écailles minces, et mimque à l'intérieur de cette matière charnue qui distingue la racine de fou* gère ài&le. Elle a aussi une saveur plus amère.
Cette substitution doit engager les pharmaciens à préparer eux-mêmes la poudre de fougère. mêle.
Les fourrages \foin, paille f^avoine) sont aussi le sujet de fraudes scandalefUses, dont les détails ont été révélés plusieurs fois devant les tribunaux. C'est ainsi que, sur une livraison de 265 bottes de p&ille, il a été constaté qu'il en manquait environ une centaine ; de plus, les Bottes en livraison pesaient moins que l^poids voulu.
Dans un procès, jugé en 1846 par le tribunal correctionnel de Versailles, et intenté aux sieurs P..., H... et T..., fournisseurs de fourrages à la cavalerie^ aux sieurs L.. . , agent comptable^ et y..., chef ouvrier, il a été acquis aux débats que las fourrages avaient été soumis à des manipulations frauduleuses, en vue d'assurer aux entrepreneurs des bonis xlRcites (*).
(<) Le cominerce des fourrages a beaucoup d'importance. A Paris, on vend annuellemenl plus de 8 millions de boues de fbin, près de 13 mllliiNis de bottes de paille^ et environ 1 100000 hectolitres d*avoine.
(*) A la suite d'une longue Instruction et de débats anio)és, le tribuuafr'fibBdamna les trois (ourniâseurs , savoir : D. . • à cinq ans d'empri-
434 noMAM.
Ainsi, pout la paille» on trompait sur le poids ; on faisait det bottes de 4 kilog. et demi, tandis qu'elles devaient en peler cinq, ou de 3 kilog. et demi, lorsque le poids devait être da 4 kilogrammes.
Le foin était momllé abondamment. On arrosait de la graine de foin ou de la poussière qu'on répandait toute humide sur la fanée. On obtenait ainsi un rendement en poids plus considérable, au détriment de la qualité du foin* On faifait aussi des fanées de 200 bottes fle ^ kilog. Chaciuie; on y introduisait 40 bottes de bon foin, 60 de qualité" inférieure ; la reste se composait de foin de mauvaise qualité, de graines, de eriblures» de poussière, de déchets, de balayures de maga* sins, et ce mélange était arrosé d'une quantité d'eau plus ou moins considérable, suivant que le temps était plus ou moins humide (*).
L'avoine était mouillée dans la proportion de 25 ou 30 seaux d'eau par 100 quintaux métriques (10000 kilog.), et on ne la criblait jamais (*).
Ces fraudes, pratiquées dans le bottelage et au moyen du mouillage, furent regardées comme une des causes principales de la mortalité croissante des chevaux de troupe, et éveillèrent à juste titre la sollicitude de l'administration de la guerre. Car la bonne qualité des fourrages est une qualité indispensable à Tamélioration, si désirable, des chevaux de notre cavalerie.
FaOBKA«8.
Quoique cet aliment (*)^ soit ordinairement préparé par les habitants de la campagne, généralement moinst habitués aux ruses conunerciales que ceux de la ville, on Ta trouvé néan-
soDncment, H... et T... à deux années de la même peine. Quanl à leurs employés, ils furent condamnés :L... à deux ans et V... à un an de prison. Ils interjetèrent tous appel de ce Jugement, quia été coalirmé» le i5 avril 1846, par ia Cour royale do Paris, Cbambre des appels de police correctionnelle.
(*) D'après M. Payen, le foin contient, en moyenne, 13 Vo d*eau, et donne S «/o de cendres. La paille renferme 10 Vo d'eaif, et fournit près de i Vo de cendres.
(*) Le poids moyen d*un hectolitre d^avoine de bonne qualité varie de «3 à 45 kilog.
(*) La fobrieation des fromages constitue , dans quelques contrées»
FROHAOE. 4S5
IMips Q^tliiiigé ayee des p$mme$ de terre mondées de leur p^llicple) et Hième avee de la fécule.
Cette sophistication est décriée en faisant bcndUii? dans l'eau une certaine quantité de fromage, et traitant la solution par la teinture d'iode. La présence ou Tabsenee de coloration bleue indique si le fromage soumis à Tessai contenait ou non de la pomme de terre ou de la fécule. On peut aussi, pour plus de implicite, triturer danS'^un mortier un mélange de fromage, d'eau 0t diode : suivant que le fromage est ou non additionné de fécule, il prend avec Piode ime couleur bleue ou une couleur de tabac d'Espagne.
On a aussi mêlé au fromage de la mie de pairij dans le but d'y faire naître des moisissures, qui donnent à ce comestible une couleur marbrée.
Certains auteurs ont prétendu que quelques marchands de fromage; à Paris, arrosaient le fromage de Brie avec de \ urines pour lui faire acquérir plus promptement une saveur ammoniacale et lui donner Taspect de fromage avancé, jusqu'à plus ample informé, nous nous plairons à douter de cette dégoûtante et honteuse manipulation (^).
On a auifôi lavé des fromages avec une eau arsénieuse, aQu de les soustraire aux attaques des vers, des insectes, et no*
une industrie très-importanle. A Paris , on consomme anDue}lem<3iit près de 1 500 000 lillog. de fromages secs.
Voici, d*après M. Payen, les quantités d*eatt et de cendres fournies par divers fromages :
Eaa poar loo. Cendres pour ioql •
Fromage de Brie
'— de NeuFcbatel. .
— de MaroUes. . .
iO,OT
— de Roquefort . .
— de Hoilande. . .
41, il
6,ai
— de Gruyères. . .
— de Chesler. . . .
^ Parmesan. . . .
Les fromages sont ordinairement préparés avec le lait de vache ; cependant celai de Moquefàrt est fabriqué avec un mélange de lait de chèvre et de lait de breljfs.
(^) Bb 1054, le sieur G..., laitier à Bercy, a été condamné, par le tribonal de police correctionnelle, à 50 fr. d'amende, pour avoir mis en vente, au roaiebé Betnveau, des fromages entièrement gâtés.