FULMINATE DE MERCURE
tamment des mouches (*)• Le décoctam aqueux d'un semMable fromage, ou mieux, du charbon résultant de son traitement par Tacide sulfurique, introduit dans un appareil de Marsh fonctionnant à blanc, donne un anneau ou des taches sur lesquelles on constate les propriétés physiques et chimiques qui caractérisent Tarsenic.
Ces manœuvres, peu usitées, pourraient rendre le fromage très-insalubre; mais leurs inconvénients sont considérablement diminués par l'habitude que Pon a partout d'enlever la croûte du fromage.
munir ATB bb xaRouRB.
Le fulminate de mercure , fulminate mercureux (vulgairement appelé poudre fulminante), fut découvert, en L799, par Howard; de là le nom de mercure fulminant de Howard^ sous lequel il a été longtemps connu. C'est une poudre très-détonante, d'un gris jaunâtre ; chauffée à 186oc, ou soumise à une forte percussion, elle produit ime explosion très-violente. L'étincelle électrique, les étincelles d'un briquet d'acier, le simple contact des acides sulfurique et nitrique, la font également détoner.
Le fulminate de mercure est soluble dans l'eau bouillante et peut cristalliser sous forme de petits cristaux dendritiquas, blancs, à éclat soyeux et doux au toucher. Ce fulminate cristallisé détone plus aisément par la friction que le fulminate pulvérulent.
Humecté avec 5 ^o d'eau, le fulminate perd beaucoup de son inflammabilité par le frottement; avec 10 Vo d'eau, il
('} En 1840 ou ISil, des marchands de fromages mêlèrent, dans ce but, de la mortr<MX-niouch€5 à leurs fromages, sans se douter des conséquences de cette manipulation. Eux-mêmes, et plusieurs habitants de Ch&lillon, qui en avaient acheté, furent pris de vomissements et de violentes douleurs d*enlraillcs.
Le même fait s*est reproduit en 1854 : une famille parisienne, qn! avait mangé du fromage, présenta tous les syijnptômes de Tempoisoniiement. Il fut conslalé que ce fromage, vendu par une personne de la banlieue, avait été couvert iVarsenicbUinc ou adâê ar^émeux {mori^ anx-rals), afin de le débarrasser des veisqui le mangeaient.
FULMINATE DE MKRGUEE. 437
s'eoifiwime plus difGcilement encore ; avec 30 %y il ne ckoine plus que des détonations très-rares.
Ce fuloûnate, résultant de Paction du nitrate de mercure sur Ualcool, est composé de : carbone j azote ^ oxygène eimer" cure. Il sert de base aux amorces fulminantes dont la fatHÎcation, en France, date de 1816. Les amorces les plus ordinaires sont celles qui sont connues sous le nom d'amorces à capsules: depuis 1819, elles sont contenues dans des capsules en cuivre rouge. Cette fabrication, maintenant, se pratique sur une très-grande échelle. Déjà, pendant l'année 1837, les fabricants livrèrent 800 millions de capsules, dont 300 millions furent exportés à l'étranger. Cette industrie , depuis cette époque, n'a pu que s'accroître.
Le fulminate est employé tantôt pur, tantôt mêlé de pou^ êier de poudre onpulvérin, tantôt mêlé simplement de nitrate, et même de chlorate dépotasse (■). En Allemagne, on ajoute à 7 p. de fulminate 9 p. d'un mélange de nitrate de potasse (117 p,) et de soufre (23 p.).
Ces additions ont pour objet d^affaiblir Texplosion et de rendre ainsi l'amorce propre à propager l'inflammation. L'addition de nitrate de potasse a aussi pour but de brûler le charbon laissé pour résidu dans la détonation du fulminate pur. Ces mélanges, au reste, sont tellement en usage, que les fabricants vendent à des prix différents quatre qualités de fulminate mélangé de chlorate ou de nitrate de potasse (^).
Néanmoins, comme l'addition de ces sels pourrait être faite dans une proportion trop forte (^), il est bon de connaî-
{}) Nous avpos eu à examîaer du fulminate destiné à être mis au foad des cartouches dont on se aeti avec les fusils du système Lefathcheu». Ce fulminate était mêlé do nitrate et de chlorate de potasse; il y avait, en outre ^ une quantité très-minime d^une matière organique qui semblait èlré de la gélatine.
(*) Avec le fulminate mêlé de chlorate, qualité la plus ordinaire, les capsules se vendent 0 fr. 90 c. à 1 fr. le mille
— qualité au-dessus 1 ao ^- qualité au-dessus 1 40
— qualité supérieure 1 60
(') On a colporté, en Allemagne^ des poudres de fulminate de mercure qui contenaient de 40 à 60 «/» de nilre. Nous avons entendu demander des capsules dont la composition était
411 rounntE de ttsacURis.
Ire leB moyens piropres à déceler leur présence et à les deser. On traite le fulminate par Teau froide, qui ne le dissout pas et dissout le nitrate et le chlorate de potasse ; le liquide filtré, et concentré par évaporation, précipite en jaune-serin par le chlorure de platine, en blanc par Facide tartrique. Une portiea traitée par le cuivre en limaille et l'acide sulfurique concentré donne des vapeurs rutilantes, dues à la séparation de Tacide nitrique du nitrate; cet acide, se combinant avec le cuivre, forme du nitrate de cuivre qui colore la liqueur en bleu. S'il y a du chlorate mêlé au nitrate, racido sulfurique s'empare de la potasse, décompose Tacide chloriqueet se colore eu rouge, par suite de la formation diacide hypochlorique. D'ailleurs, en traitant séparément une autre portion de liqueur par Tacide chlorhydrique concentré, celui-ci décompose le chlorate, et le liquide est coloré en jaune.
On peut apprécier la quantité de potasse contenue dans le liquide au moyen d'une solution titrée de chlorure de platine, contenant par litre 368'',003 de ce sel. Chaque centimètre cute de la liqueur correspond à Osr,01 de potasse.
Un autre moyen consiste à prendre le liquide provenant du traitement du fulminate par l'eau, à le décomposer par l'hydrogène sulfuré pour séparer le mercure à Tétat de sulfure; le liquide filtré et évaporé à siccité donne un résidu qui est composé du nitrate et du chlorate de potasse ajoutés au fulminate; le poids de ce résidu indique celui du mélange. Si ensuite on le chauffe fortement avec du charbon, et qu'on traite la solution aqueuse du résidu par l'azotate d'argent, on a un précipité de chlorure et de carbonate d'argent, qui, traité par l'acide nitrique afin de dissoudre ce dernier sel, recueilli sur un filtre, lavé, séché et pesé, donne le poids du chlorure d'argent, et par suite celui du chlorure de potassium ou du chlorate de potasse contenu dans le mélange. Le nitrate de potasse est connu par la quantité de potasse restant après que l'on a défalqué la proportion d'alcali nécessaire pour former le chlorate, sachant que le chlorate de potasse renferme 38 %de potasse et le nitrate 46 '^/o, 6.
laissée au bon plaisir du fabricant, pourvu qu'elles fusseni livrées à bon marché.
«AtAMà. '491
Il y a plusieurs sortes de galanga. Le galanga officinal ou petit galanga {galanga minor) de la Chine, produit par le maran4a galanga, de la lamille des Amomées, est en racines petites» ramifiées, rougeâtres ou plus souvent d'un brun noirâtre terne à la surface, et marquées de nombreuses franges circulaires. Sa texture est fibreuse, compacte, uniforme^ d'un fauve rougeâtre; son odeur est forte et aromatique, agréable; sa saveur, piquante, très-âcre, brûlante et aromatique; sa poudre est rougeâtre, elle donne, avec Teau et l^alcool, une teinture de même couleur.
Le grand galanga (galanga major) ne diffère du petit galanga que parce qu'il est en morceaux longs de Ô^jOS à 0"»,ÔS et de 0",013 à 0"»,054 de diamètre, cylindriques, souvent bifurques. Son odeur est moins forte, son aspect extérieur le fait ressembler à la racine à'acorus calamus.
La racine de galanga contient, d'après M. Morin : huile volatile, résine acre, amidon, gomme^ matière colorante brune, matière extractive, ligneux, soufre, oxalate de chaux, acétate de potasse.
tJsAGES. — La racine de galanga est excitante et stomachique. Op l'emploie, dans Téconomie rurale, pour exciter les vaches à aller au taureau.
Falsifications, r— La racine de galanga est quelquefois mêlée avec celle du souche t long (cyperus longus), plante indigène des marais de PEurope, et avec la racine du faux galanga.
La racine du souchet long se distingue par sa couleur noire, l'absence de franges circulaires blanches , et par sa saveur amère, astringente et peu aromatique..
Le faux galanga, désigné par M. Guibourt sous le nom de galanga léger, est de grosseur moyenne, marqué d'anneaux circulaires blanchâtres ; son écorce est luisante et jaunâtre ; sa texture intérieure est très-lâche ; son odeur nulle. Cette racine est d'une densité moitié moindre que celle du vr«û galai^;a. .
44P GAMSàNVM'
Le galbanum est une gomme-résine fournie par le buôon galbanum et par le bubon gummiferum, arbrisseaux de la famille des ombellifères, qui croissent en Afrique.
On distingue, dans le commerce, trois sortes de galbanum : le galbanum en larmes on en crains , en.masses, en sorte.
Le galbanum en larmes est en petits morceaux arrondis, de la grossemr d'im pois jusqu'à celle d'une noisette, d'un jaune luisant, blanchâtre ou verdâtfe, demi-transparents, se ramollissant facilement par la pression des doigts, d'une cassure grenue, d'un aspect huileux. Son odeur est forte, particulière ; sa saveur, acre et amère. C'est le plus estimé.
Le galbanum en masses se compose de larmes d'une couleur jaune ou verdâtre , agglutinées entre elle par Thuile volatile qu'elles contiennent; mais elles sont encore visibles, et donnent à la masse un aspect amygdaloïde. Ce galbanum est plus ou moins souillé de matières étrangères.
Ces deux premières sortes sont distinguées, par M. Ludewig^ sous le nom de galbanum levantique.
Le galbanum en sorte ne contient pas de larmes, et n*est souvent qu'un mélange de diverses gommes-résines, de sable et d'impuretés.
La troisième sorte de galbanum, appelée par M. Ludewigy galbanum persique, est d'une couleur roàge brunâtre, avec des lignes blanches; elle est très-impure, d'une consistance très-molle. Son odeur rappelle celle d^ Tasa-fœtida. Sa sar veur est désagréable, amère, résineuse.
Le galbanum mis en contact avec un corps en combustion prend feu et brûle avec flanoime. Sa densité est 1,212.
D'après les analyses de Pelletier et de Meissner, le galbanum renferme : résine, gomme, mucilage végétal ou adragan^ tine, huile volatile j malate acide de chaux, eau, débris /igneux et impuretés.
Le galbanum doit être choisi bien sec et contenant beaucoup de larmes.
Usages. — Le galbanum est employé , en pharmacie , comme stimulant et tonique ; il fait partie du diachylon
gommé, du btume de Fioraventi, 4u diascoidium, de la thériaque, etc., etc.
Falsifigations. — On mêle quelquefois le galbamun rnoii et en masses avec d'autres substances résineuses d'un prix inférieur. Ce mélange ne peut être reconnu que par l'habitude et par un exameiwcomparatif avec un échantillon de galbanum de boime qualité.
Souvent on y ajoute des substances terreuses^ dans . le but d'en augmenter le poids. Ces substances restent comme résidu lorsqu'on traite le galbauum par l'eau et Talcool. I^'incinération sert aussi à constater leur présence.
GARAIVOB.
La racine de garance ou alizari (rubia tinctona ou Hnctorum), de la famille des Rubiacées, est cultivée à Chypre, en Barbarie, à Smyme, à Andrinople, en Hollande, en Saxe, en Silésie, dans la Provence (aux environs d'Avignon), en Alsace, et, depuis l'année 1JS39, en Auvergne.
Ualizari du commerce est la racine de la garance séchée, battue, dépouillée de terre et d'impuretés; c'est la garance dite entière ou en branches. On distingue plusieurs sortes commerciales d'alizaris : les alizaris de Chypre, de Smyriie, de Barbarie, d^Andrinopk* d^ Avignon, piûs les alizaris de Hollande, de Silésie^ de Saxe et d'Alsace.
La racine de garance est cylindrique, striée, de la grosseur d'une plume ou de celle du petit doigt ; son odeur *est faible, particulière ; sa saveur est amère et styptique. Elle se compose de trois parties bien distinctes : d'une partie ligneuse centrale jaunâtre^ d'une partie corticale ro^ge, d'une pellicule légère et rougeâtre. La partie corticale est la seule qui fournisse de la matière colorante.
La garance proprement dite est Talizari, ou racine de garance entière, moulue et réduite en poudre. Celle-ci a une couleur qui veifie du rouge jaunâtre au rouge foncé.
La garance moulue se divise en trois sortes :
l*» La garance de Hollande, grasse au toucher, d'une odeur forte et nauséabonde, d'une saveur sucrée mêlée d'amertume, d'une couleur qui varie du rouge brun au rouge orangé.
44% GARAKGB.
llle attile rhiimidilé de'^raif . Sa couleuv pMse du rottgè orangé au rouge vif, lorsqu'on l'expose pendant queHfUe temps à l'air humide d'une cave. La garance de Hollande est dite robée ou non robée, suivant qu'elle a été privée ou non de sa pellicule corticale, au moyen du blutoir.
S* La garance d'Alsace a une odeur plus^ pénétrante que la précédente, une saveur amère^ mais moins sucrée; une couleur qui varie du jaun^ vif jusqu'au brun. Elle absorbe assez focilement Phumidité de Pair, et acquiert une couleur rouge foncé, quand on Texpose à Pair humide d'une cave. La garance d'Alsace à remplacé, dans nos fabriques, la garance de Hollande; ou la prépare principalement à Strasbourg, Haguenau et Geisselbrunn.
3^ La garance d* Avignon est en poudre très-fine, sèche au toucher; son odeur est agréable et peu pénétrante; sa saveur légèrement sucrée et amère ; sa couleur varie du rose au rouge clair, et môme au rouge brun. Elle absorbe plus difficilement Thumidité de l'air que les deux précédentes.
D'après les analyses de MM. Bucholz, John et Kuhlmann, la racine de garance renferme : matières colorantes rouge (alizarine de Hobiquet et Colin) et rose [purpurine) ; matière colorante jaune (xanthine à^ M. Kuhlmann) ; ligneux ; matières mucilagineuses ; gomme; sucre de raisin; pectine; acide pectique; acide malique; acide tar trique; matières extractives amères; résine odorante ; résine rouge; matière bruine soluble dans la ])otas8e ; matières albuminoïdes végétales; carbonate, sulfate, phosphate et tartrate de potasse ; chlorure de potassium ; carbonate^ phosphate et tartrate de chaux; phosphate de magnésie; silice.
Le docteur Range admet, dans la garance, cinq matières colorantes, qu'il nomme le pourpre, le rouge, Vorange, le jaune, et le brun de garance, et, de plus, un acide particulier, incolore, qui bleuit sous Tinlluence de l'acide chlorhydrique, et qu'il appelle acide rubiacéique.
La garance pure, bien desséchée à lOOo^- ^ dépouillée de matière terreuse et do son épiderme, donne en moyetine 5 y© de cendres ; Falizari de Provence, pourvu de sa pellicule, en fournit 8 V«>80 (Girardin et Labillardière),
L'alizari d'Alsace^ lavé k l'eau distillée et séché à lOQoc-^
'émÈà ÏA/o,02 de oMidriBs, tandiis que l'alizAM d* Avignon, pié|itré de la même manière , en fournit 8 %j1l1^) (ffenri Sehkmberger).
L'alitari du Lerant/'séché à lOO^c- , doiîne 9 '^/ojSO de coudra (Chevreul).
Ubagri. — La garance est une matière colorante très-employée dans la teinture, dans la fabrication des indiennes et celle de laques pour la peinture.
Falsifications. — La gatance est falsifiée par l'addition de substances minémtes {brique pilée, ocre rouge on Jaune, sable Jaunâtre, argik Jaunâtre), ou végétales (sàiure de bois, coques à^ùmânâeSf Son, écorce de pin, bois d'acajou, bois de campêche^ bois de santal^ bois de sapan, garance déjà épuisée par la ifem-
La garance contenant des substances terreuses croque !9ous la dent, quand on la mâche. La sophistication par les substances minérales se reconnaît, soit en délayant la pou-
(I) Composition des cendres de garance :
d'Aliice, de Béelande,
d'après «. 0. JComA/in. d'après M. Moy.
Potasse 19,S5 3,ii
Sonde 15,S9 i5,7«
.Chaiil 54,54 ie,19
Magnésie 3,7S 3,17
Peroxyde de fer. . . . 1,18 9,67
Chlortre de sodlmn . . » li,56
Acide phosphorique . . 5,i6 16,84
Chlore 4,71 »
Acide sulfurique. . . . 3,68 9,86
Silice ; 1,64 16,41
(*) En 1844, le tribanal de police correctionnelle de Rouen condamna le sieor D***, moalinier, h trois mois de prison, pour àlms dé confiance, en tâtérant, par tin mélange de matières étrangères, les alizaris qui Itd avaieni été confiés pour être triturés. Les essais analytiques de M. (v<rardin, rlnstroction et les débats, prouvèrent que le sieur D*** vendait en secret des alizaris, et recevait dans ses ateliers des résidas de teinture et surtout des alizaris épuisés. Le sieur D*** ayant appelé de ce jugement devant la Cour royale, celle-ci non-seulement couflrma le jugement du tribunal de première instance, mais, de plus, éleva la peine à six mois de prison.
444 GiJUNCE.
dre de garance avec 100 ou 150 fois son poids d'eau, la ga- * rance reste suspendue dans le liquide, tandis que les substances terreuses se déposent; soit par rincinération. La quantité de c-endres fournie^ comparativement à celle que donnent les garances*naturelles, ainsi que nous Tavons indiqué ci-dessus^ permet de reconnaître si la garance soumise à l'essai a été additionnée ou non de substances minérales. Toutefois on admet une tolérance de 0,03 à 0,04 sur le poids des cendres.
La fraude de la garance par les substances organiques, plus préjudiciable au teinturier que la première^ est très-difficile à reconnaître, du moins quant à la nature des substances qui ont servi à falsifier; le plus souvent on ne peut que reconnaître qu^il y a mélange : aussi faut-il toujours déterminer la valeur tinctoriale de la garance. Trois moyens, ou essais principaux, sont employés, à cet effet, par M. Girardin :
Le premier essai consiste à déterminer le pouvoir colorant à*raide du colonmètre de Houton-Labillardière (*) ; le seoondi
{}) Gel appareil ( Voy, PI. V, flg. S5] se compose de deux tubes de verre biea cylindriques, de 0»,01i à 0",015 de diamètre, de 0»,33 de lougueur cnviroD, bouchés à une extrémité, égaux en diamètre et en épaisseur de verre, divisés dans les 5/6 de leur longueur, à partir de l'extrémité bouchée, en deu« parties égales en capacité ; la seconde moitié porte une échelle ascendante, divisée en 100 parties. Ces deux tubes se placent dans la partie supérieure d*une petite boUe de bois, où ils {^fissent par deux ouvertures pratiquées Tune à c6lé de Tatilre , et près d'une des extrémités sur laquelle se trouvent deux ouvertures carrées, d*une largeur égale au diamètre des tubes, pratiqvées en regard de la partie inférieure de ces derniers ; Tautre extrémité correspond k des trous ^mr lesquels on peut voir la couleur des tubes, en plaçant la boite entre rœil et la lumière. Par cette disposition, on juge très-facilement de la différence ou de ridentilé de nuance des deux liquides colorés que Ton a introduits dans les tubes. L*appréciatioii, au moyen du colorimëtre, de la qualité relative des matières tinctoriales , est fondée sur ce que deux dissolutions faites comparativement, avec des quantités égales de la même matière colorante, dans des quantités égales d*un dissolvant, paraissent d'une nuance identique dans des tubes de même longueur. L.es dissolutions faites avec des proportions différentes présentent des nuances dont l'intensité est proportionnelle aux quantités de matière colorante employée. Ainsi on introduit les deux décoctions de garance dans les tubes colorimétriques, jusqu'au 0^ de réchelle, ce qui équivaut à 100 p. de réchelle supérieure; on compare la nuance, et si on trouve unis différence^ on ajoute de Teau au liquide le plus foncé, et on agile eusuite le tube, après avoir bouché Texlrémité avec le doigt; ou contini^e
GA&Aim:. 445
à reconnaître la faculté tinctoriale, par une opération do teinture; le troisième a pour but de trouver la quantité absolue du principe colorant.
Ces différents essais se font toujours comparativement, en prenant comme type une garance préparée avec soii^et ayant les mêmes marques commerciales que celle qull s'agît d'expérimenter, n est indispensabley pour arriver à des résultats satisfaisants, de contrôler un essai par Un autre.
1*' essai. — On fait sécher à lOO^" la garance, type et la garance à examiner, et on tient compte des proportions respectives d'eau hygrométrique qu'elles renferment. On prend ensuite 25 gr. de chaque échantillon dont on évalue les proportions de matières solubles, sucrées et mucilagineuses, au moyen de deux lavages préliminaires faits chacun avec 250 gr. d'eau à 20'', qu'on laisse en macération pendant trois heures. On compare ensuite, au colorimètre, les liquides provenant de trois décoctions de ^5 gr. de chacune des deux garances avec 40 p. d'eau et 6 p. d'alup qu'on fait bouilUr pendant 4/4 d'heure. Après chaque décoction, on a soin de laver le marc avec 2 p. d'eau ch^de.
2* essai. — On prend pour type une garance de qualité supérieure aveo laquelle on teint à Tavance des écheveaux ou des calicots mordancés, en agissant sur des proporébns déterminées de poudre, de tissu et d'eau. On choisit des calicots imprimés en mordant de rouge et de noir, bien dégorgés dans un bain de bouse. On les divise en morceaux de 5 centim. carrés chacun, et on les teint avec des portions successivement croissantes de garance, depuis 1 gr. jusqu'à 10 gr., de manière à avoir une gamme de dix nuances, dont les gradations représentent chacune un poids connu de garance. On procède ensuite au garançage ; on partage chaque coupon
TaddUion d'eau jasqu'à ce que les tubes pacaisseat de la même nuance. On lit ensuite le nombre de parties de liqueur sur le tube .dans lequel on a ajonté Teau ; ce nombre comparé au volume de la liqueur contenue dans Tautre tube, qui est égal^lOO, Indique le rapport entre le pouvoir colorant ou la qualité des deux matières tinctoriales. Si, par eiempie, il a fallu ajouter au liquide le plus intense SO parties d*eau pour ramener à la même nuance que Tautre^ le rapport 190 : 100 représen* tera la richesse tinctoriale de la garance soumise à Vessai.
teint pmr la moitié : l'une est constnrée iella qn^Ue^ Tavira est soumise à Taction des avivages, qui. sont surtout nécessaires pour faire connaître la solidité et la vivacité des nuances obtenues, attendu que les couleurs fournies par les substances étrangères (tinctoriales ou inertes) ne peuvent résister, comme la matière colorante rouge de la garance^ à Taction des avivages ; elles lâchent , comme on dit, dans les bains de savon et de sel d'étain^ et il ne reste, en déûnitive, sur les tisçus que la couleur due à la garance. Ayant ainsi préparé une série de nuances à deux états différents, c est-à-dire une teioture san^ et avec avivage, on peut facilement trouver la valeur comparative d'une garance donnée. En effet, on en prend 10 gr. au sortir d'une barrique, on fait toutes les opérations précédentes sur 5 centim. carrés de calicot mordancé convenablement, et on compare la teinture, obtenue avant et après ravivage, aux dix nuances de la garance. Si cette t^ture équivaut à la nuance n<* 5, on en conclut que la garance essayée est inférieure de moitié à la garance type.
S^ essai, — On délaye 50 gr. de garance avec 50 gr, d'acide sulfurique concentré; on laisse en contact pendant quelques heures, en évitant que la température ne s'élève trop; le charbon obtenu est délayé avec l'eau, jeté sur un filtre^ lavé jusqu'à parfaite insipidité de Teau de lavage, puis séohé à 100*^. Ce charbon est ensuite réduit en poudre fine, et mis en macération pendant deux heures avec de Talcool froid un peu éthéré, pour le dépouiller d'une matière grasse qu'il retient. On fait bouillir à trois reprises différentes dansTaloonl à 36<^ Baume, en employant chaque fois £50 gr. de ce liquide. Quand il ne se colore plus par son ébulhtion avec la poudre de charbon, on réunit les liqueurs alcooliques, on les distille et on achève d'évaporer en consistance d'extrait sec dans une capsule tarée d'avance. Le poids de l'extrait sec représente, avec une approximation suffisante, la proportion de matière rouge tinctoriale renfermée dans la garance.
Le bois de gayac (guaiacum officinale) provient d'un grand arbre de la famille des Zygophyllées, qui croît dans les An-
UUm^ «t iBVMiipftkliieni à SaintrDooakigiie. al à la Jtmrfique. Ce bois se trouve, dans le conuneroe, en bûohes assez droites, recouvertes d'une ésorce grise, épaisse. Il est très-dur, diffi** cilement pénétrable par l'eau, très-pesant et résineux; sa saveur est àcrQ^et amère. Il a le cœur brun verdâtre et Taubier jaune. La poudre de bc^ç de gayao est jaune, et passe au vert par reflet de la lumière. ' ^
Le bois de gayac color^ralcool en brun rougeâtre $ cette (iôilure devient d'un blanc laiteux par Taddition de leau > et en ajoutant au liquide quelques gouttes d'une solution da gomme arabique, il passe au bleu clair.
Le bois de gayac est composé de :
Gayacme^ résine particulière, acide gaymdque, matière d*0' deur de vanille, matière extractivey extractifmuqueux^ gomme, alumine.
Usages. — -La râpure de bois de gayac est employée, en pharmacie, comme stimulant, contre la syphilis, les scrofuies, quelques maladies de la peau , la goutte , les rhumatismes chroniques. Dn l'administre sous forme de tisane, d'extrait, de sirop, de teinture alcoolique. Le bois de gayac est employé dans l'ébénisterie et dans la confection de galets pour les lits^ de pilons de mortier pour les pharmaciens, etc.
Falsifications. •— La râpure de bois de gayac est salie par la poussière j par des matières étrangères ('); elle est mélangée quelquefois à la râpure de plusieurs bois, tels que le bui$. Mais la poudre de buis ne change pas da couleur à la lumière, elle est insipide et ne présente pas les autres c^aractères propres au bois de gayac. L'examen à la loupe et Pessai comparatif de la substance suspecte et de la râpure de gayac permettent de reconnaître si cette dernière est mélangée.
Pour essayer le gayac, H. Huraut a recommandé le pn>cédé suivant, qui n'est qu'une application prompte, instânta-
(M Les pharmaciens doivent s'assurer que la poudre de gayac qui leur est fournie par cetii qui travaillent ce bols a été recueillie dans des poches placées devant i*ou?rier, et qu*elle n^est point tombée sur Je soi de l'atelier « où elle se trouve en contact avec des matières étrangères de naUure très-diverse.
M. Th. Huraut a trouvé des gayacsqui renfermaient plus de moitié de lenr poids de maUères étrangères.
44^ GENTIAME.
née, de Teffet que Mi lumière produit à la longue sur ce bois : on délaye 15 à 20 gr. du gayac à examiner dans une quantité suffisante d'hypochlorite alcalin liquide (chlorure de chaux, de potasse ou de soude). Après quelques secondes de contact, le gayac a pris une teinte verdâtre,^ t^pdis que les bois étrangers (buis ou autre) ont ponservé leur couleur propre. En faisant écouler le liquide en excès, et, en étendant le gayac tout humide sur une feuille de papier, il est facile de déterminer approximativement la proportion de matières étrangères.
CMkTAO. - V. WLéêtmm nm •Awâ GSMXÉVIiB. — V. AMOOLt.
La racine de gentiane est fournie par le gentiana lutea, plante de la* famille des Gentianées, qui croît en grande abondance en France, dans le Jura, les Vosges, les Cévennes, les Alpes, les Pyrénées, dans les montagnes de FAuvergne et de la Bourgogne.
Cette. racine est sèche, longue, ramifiée, d^une grosseur médiocre, très-rugueuse ou ridée transversalement, jaune intérieurement, d'une texture spongieuse; d'une odeur non aromatique, et d'une saveiu* excessivement amère. "
Il faut choisir celle qm est de grosseur moyenne et qui n est point cariée par les larves des insectes; accident auquel elle est très-sujette.
La racine de gentiane contient, d après les observations de MM. Henry f Caveniou, Leconte^ Tromnudorf : principe odoranf fugace, principe amer^ gluj huik vdatiU^ matière hui-leuse verdâtrcj sucre incristaliimbk, gomme, acide pectique, matière colorante jaïine {gentianin ou gentiiin), ligneux.
Usages. — La racine de gentiane est très-employée, en pharmacie, conune \m tonique excitant, comme fébrifuge et anthelmintique. On Padministre sous forme de poudre, de tisane, d'extrait, de sirop, etc.
Falsifications. — La racine de gentiane est souvent mêlée
GIKSENG. 449
areo les racines df aconit^ de beUadme^ d'ellébore blanc, de patience.
La simple vne strffit pour déceler ces mélanges.
La n^e d'aconit est napiibrme ; celle de belladone est d'un brau noir; celle d'ellébore blanc^ en forme de cône tronqué, est noire à Fetlérieur, ridée , blanche intérieurement. La racine de patience a ime cotdeur jaune sale^ et est dépourvue de saveur amère.
La poudre de genCane a été falsifiée par l'ocre Jatme. H: PelticTy de Deué^ en a trouvé <iui contenait 25 à 50 Vo d'ocre jaune, et M. DavaUm, de Lyon, 50 ^o*
Par rindnération, le poids et la nature chimique des cen^ dres, on reconnaît aisément cette fraude. Les cendres, traitées par l'acide chlorhydrique , donnent une dissolution qui forme, avec le cyanure jaxme, un précipité de bleu de Prusse très-abondant.
H. ffoudbine, pharmacien à Niort, a trouvé de la poudre de gentiane falsifiée par 60 à 70 ^fo environ de pondre de gayac.
Cette poudre, épuisée à froid à l'aide d'un appareil à déplacement (Voy, tome II, planche n, ûg. 14), fournit un extrait qui ne fut que le dixième au lieu d'être le quart du poids de la poudre employée. 1 p. de cette poudre, mise à macérer, pendant quelques jours, dans 6 p. d'alcool à 40^, donnait une teinture alcoolique présentant toutes les propriétés de celle de gayac.
Cette poudre contenait aussi toutes )es impuretés que l'on rencontre dans le gayac râpé ; et, entre autres, de la limaille de cuivre^ qui y existe presque toujours en plus ou moins grande quantité.
Le ginseng est la racine du panax quinquefolium, de la famille des Âraliacées, qui croît en Chine et au Cajiada. Celte racine est longue et grosse comme le petit doigt, fusiforme ou cylindrique ; elle est renflée à la partie supérieure, marquée, de ce côté, de nombreuses impressions circulaires; souvent elle se bifurque à la partie inférieure. L'extérieur est jau-
450 GmOFEH.
nâtre, Fintérieur blanc et fanneux, on jàtiTie 9î «oifié. Eirf masse, elle est un peu odorante. Sa saveur est amère, â<^ ot sucrée à la fois.
Cette racine coatient beaucoup ^amidon e(r de gomme. Usages. — £lle est employée comme tonique, analeptique et aphrodisiaque. On en fait des pastilles et un rin coixlki) tfès-yantè.
Falsifications. — La racine de ginseng est souvent remplacée par celle de ntnsm. Mais oelle^eî s'en (ttstingn^ paf sa forme, qui est moins régulière ; son oéeuv qui esk nulTe, et ss saveur moins prononcée.
aiaoFx.a.
Le girofle, ou gérofle^ ou clou de girofle^ est la fleur non épanouie, ou le bouton floral du giroflier des Moluqiies («aryophyllus aromaticus), arbre de la famille des Mjtztacées.
D'après Trommsdorff, il contient : kuik volatile; tannin particulier; gomme; résine; extractif; caryophyllina.
Dans le commerce, on connaît plusieurs sortes de girofla :
Le girofle anglais, le plus estimé, est gros, court, d'une couleur brune, quelquefois un peu grisâtre, d'une odeur forte, d'une saveur acre et très-aromatique.
Le girofle de Cayenne^ long, assez gros, de couleur brune^ d'une odeur moins forte que le précédent.
Le girofle de Bourbon et de Vile de France, petit, court, d'une couleur moins foncée, et d*une odeur moins forte que le girofle de Cayenue. Comme ce dernier, il est mêlé assez souvent avec des pédoncules brisés de girofle (5 à 6 '»/o au plus), connas sous le nom de griffes de girofle (^), sous forme de petites branches menues et grisâtres, d'une saveur et d'une odeur assez marquées, mais contenant beaucoup moins d*huile volatile que les clous de girofle.
Le girofle de Hollande est d-un brun foncé, i un aspect huileux, une odeur forte, une saveur acre et aromatique.
Le girofle de Batavia est très-sec, d'une couleur grise, et
(^) Oo.faîl, 6D. Hollande, beaucoup à'huHe de griffa âe ^hwfigi^ qui purall destinée à être mélangée avec Tesseace de giroflo*.
ooiiire ADiuaANtE. 451
piltlt Ayoif été roM dans éà plàtrè tMi de la chaux (pêut^éM dans du $ak?).
Lé §iroflê de Saintê-Lude est d'tme cotileur jatmé blén- (Mtfe^ et F0^semble au girofle de Cayemte, dans leqttei tMl Fîtiiroduit assez souvent.
Le gitoâë doit être choisi d'un brun foncée huileux, pesant^ dtine odeur très-aromatique^ d'une saveur ftcre et brûlante.
UsAOSS. — Le girofle est employé comme condiment, dans réconomie domestique. C'est «n excitant très-aetif que Totl administre, en médecine, sous forme de poudre ou de teinture, et qui entre dans la composition de placeurs préparations, telles que le laudanum de Sydenham. On remploie aussi dans la parfumerie.
FALsmcATiONS. -^ Le girofle est l'objet d'une falsification> pratiquée d'abord en Hollande, et qui consiste à le mêler do girofle épuisé de son huile essentielle par la distillation. Ce dernier est noir, ridé, peu huileux, se aoisit avec facilité) sa savetar et son odeur sont presque nulles ; il est presque toujours plat, a perdu environ moitié de sa grosseur ; il ne laisse plus ex^der dé Thmle par la compression de l'ongle, comme le fait le girofle do bonne qualité.
L'aspect huileux du girofle de Hollande paraît provenir d'un robage dans une huile grasse contenant de l'essence de girofle, opération qui a pour but de masquer le mélange fra«« duleux de girofle épuisé de son huile volatile.
GOMM8 ABHAGAHTJB.
La gomme adragante découle de Yastragahi gummifet^ astragalus verus^ astragalia iragacanthay arbrisseau de la famille des Légumineuses, qui croît en Egypte, dans l'Arabie, dans l'île de Crète.
Elle est jaune, rouge ou blanche, en morceaux d'une forme indéterminée, ou en larges plaques, en rubans, en filets al^* longés et contournés comme le vermicelle; elle est dite alors gomme vermiculée. Sa densité est 1,384.
Elle a une sorte d'élasticité qui la rend peu friable; aussi, sa pulvérisation est-elle longue et difficile. Chauffée entre 40
452 GOmOB ADRAGAMTB.
et 50*, elle se réduit plus facilement en poudre qa^à la température ordinaire.
D'après M. Buchoh, la gomme adragante est composée de deux espèces de principes gommeux. L'un^soluble dans Feau froide, a tous les caractères de la gomme arabique : c'est Torabine; Fautre, Vadragantine, est insoluble dans Teau^ mais il Tabsorbe ets^y gonfle beaucoup. Il y a, en outre, un peu de matière extractivey quelquefois des traces i^amidon (qui donnent à la gomme a(faragante la propriété de se colorer en violet par Piode), et des matières fixes.
Suivant Guérir^Varry, la gonmie adragante contint de la bassùrinef qui forme un mucilage très-épais avec Teau, et de la cérasine, insoluble dans Teau froide, soluble dans l'eau bouillante, et se transformant à la longue en arabine. La gomme adragante fournit environ 4 °/o de cendres.
Usages. — On l'emploie en pharmacie (*), dans l'art du confiseur, dans la fabrication des papiers marbrés. La gomme en plaques entre dans la composition des apprêts pour étoffes.
Falsifications. — La gomme adragante est quelquefois mélangée avec la gomme de Bassaraj la gomme de Sassaf dite psetido-adragante.
La gomme de Bassora, outre ses caractères extérieurs, diffère de la gomme adragante, en ce qu'elle ne se colore pas en violet, comme cette dernière, par Teau iodée.
La gomme de Sassa est jaunâtre, et souvent mêlée de suIh stances étrangères. Elle donne, avec llode, une coloration bleue, très-foncée, presque comme la fécule.
On a vendu, à Marseille, une gomme adragante vermiculée, fabriquée de toutes pièces avec de la fécuk cuite, additionnée de farine^ et passée avec force à travers les mailles d'un tissu ou les trous d'un cylindre. Cette fausse gomme, mise en contact avec l'eau, se réduit en pâte, et se colore fortement en bleu par l'eau iodée.
La poudre de gomme adragante est quelquefois mélangée avec celle de gomme arabique, avec la fécule.
Pour s'assurer de la fraude par la gomme arabique, on dissout dans l'eau une petite quantité de poudre : on a un mu-
(1) Les phartnadens emploient de préférence la gomme vermîc^iiléf.
OOMME ARABIOUE. 463
eîlage d'une consistance moindre ; de plus, selon Planche^ l'addition de quelques gouttes de teinture de résine de gaïac communique à ce mucilage une teinte bleuâtre, s'il renferme de la gomme arabique; il reste incol(Mre dans le cas contraire (•).
L'alcool à 33 degrés Bé, versé dans une solution de gomme adragante pure, ne donne que quelques flocons blancs, qui nagent au sein de la liqueur, sans altérer sa transparence. Si dlle contient de la gomme arabique, elle prend une teinte opaline, et il s'y produit une masse blanchâtre filamenteuse qui s'attache aux parois du vase où se fait la précipitation.
On conçoit qu'en mettant ce procédé en usage, on peut séparer la gomme adragante de la gomme arabique qui y aura été mèlée^ puisqu'il suffit de traiter par l'eau, de filtrer la liqueur, et de précipiter par l'alcool la gomme arabique, qui seule est soluble dans l'eau.
La gomme adragante mêlée de fécule, traitée par l'eau, puis, par l'eau iodée, manifeste une belle coloration bleue.
La gomme arabique, ou gomme dP Arabie, est le suc gommeux qui découle de différentes espèces d'acacias (acacia vera, arabica j Sénégal, etc.), de la famille des Légumineuses.
Elle est formée, presque en totalité, d'une gomme soluble (arabine), de faibles quantités de débris de tissus, d'un acide et de phosphate de chaux. Sa surface est souvent souillée par une matière amère, qui ne pénètre pas dans son intérieur et que l'on peut enlever par un lavage superficiel. Elle laisse environ 3 «'/o de cendres.
Elle vient d'Egypte, de l'Arabie, du Sénégal, et porte des noms particuliers, suivant ces différentes provenances; on distingue : la gomme blanche ou arabique; la gomme routse ou gomme du Sénégal; la gomme rouge j dite de VInde.
D'après M. Herberger, la gomme du Sénégal contient im peu plus d'eau hygrométrique (27 •/•, au lieu de 21 °/p) ; sa
(*) Nous devons dire que ropération De réussit pas toujours.
454 GOMIIE ARABIQUE.
densité est on peu plus forte (1,56 à 1)65, au lieu de 1,41 à J,52). L'eau en dissout un peu moins; à quantité égale, la gomme du Sénégal donne une liqueur plus dense, les sels de peroxyde de fer forment instantanément un précipité ocraeé dans une solution au 1/20 de gomme du Sénégal ; la solution de gomme arabique, au même degré, prend seulemept une couleur rouge et donne un peu plus tard quelques flocons*
La gomme du Sénégal est ordinairement en morceaux oblongs, mais souvent irréguliers, peu volumineux, secs, durs, transparents à l'intérieur. La surface de ces morceaux est couverte de sillons plus ou moins profonds» et présente souvent des gerçures. La plus estimée est dite gomme du bas fleuve; puis vient la gomme dite Galam ou haut du fleuve, et la gonmie sallaàréda, en morceaux longs et vermiculés, que Ton confond souvent avec la gomme arabique, car elle en présente tous les caractères.
Lagopune arabique est en morceaux irréguliers^ secs, d'un aspect brillant, transparents; mais, vus en masse, ils paraissent opaques. Sa cassure est nette^ luisante et glacée à la surface.
Ces gommes sont enti^oment soli^)le9 dans Teau, préôpitables par Talcool, et ont une odeur et une saveur presque nulles.
Avec Teau iodée , elles ne donnent aucune coloration, comme la fécule, qui se colore en bleu, et la dextrine, en rouge vineux.
Usages. — La gomme arabique est employée en pharmacie, comme adoucissant, sous forme de sirop^ de tablettes, etc. On s'en sert pour préparer des émulsions arfificielles; comme intermédiaire, pour administrer des substances insolubles dans l'eau, telles que les huiles fixes, les huiles volatiles, le camphre, les résines, etc. Elle forme la base des pâtes médicamenteuses (pÂtes de jujubes, de dattes, de guimauve, de réglisse) (*).
La gomme arabique entre aussi dans la composition des apprêts sur étoffes ; on s*en sert dans l'art du confiseur.
Falsifications. — La gomme arabique est souvent fraudée
(<) On doit employer de préférence U gomme du Sénégal pour la préparaUon des émuUiona artificieUes et des pâtes [Herberger).