HUILE DE COLZA
d'une couleur jaune p&le^ se congèle à — G^^. Elle s'obtient principalement dans le nord de la France.
Usages. — L'huile de colza, la plus estimée des huiles à brûler, sert à Péclairage, à la fabrication des savons verts, dans le foulage de^ étoffes de laine et la préparation des cuirs.
Falsifications. -— On introduit souvent dans Phuile de colza des huiles d'ceiUette, de cameline^ de lin, de f^avison, et particulièrement de Vkuile de baleine (*).
Ces différents mélanges se reconnaissent à Faide des colorations diverses produites par Tacide sulfurique concentré ; au moyen de Fammoniaque, du chlore, de Pacide hyponitrique préparé;. au moyen de l'oléomètre de Lefebvre (F. aft. Huiles).
Si, par exemple, Phuile de colza a été additionnée de 1/4 d'huile de lin, comme il y a 20 millièmes de différence entre la densité de ces deux huiles, Toléomètre plongé dans ce mélange s'arrête à 9,200 ; s'il n'y a que 1/10 d'huile de lin, Toléomètre indique 9,170, et ainsi de suite.
Lefebvre a remarqué, en outre, que Fhuile de baleine, mélangée aux huiles de colza, même aux colzas épurés, se dépose ai huit jours. Ainsi, lorsqu'un épicier met un baril au détail, et y place un robinet, en supposant que le baril soit on mois à être débité, il aura vendu dans la première quinzaine toute rhuile de baleine, moins celle placée au-dessous du robinet, et, dans la seconde quinzaine, Phuile de colza à peu près pure.
3 p. d'acide hyponitrique préparé, mêlées par agitation avec 100 p. d'huile de colza pure, la solidifient en 5 heures 45 minutes \ la présence de 1/20 d'huile de cameline retarde cette sohdification de 39 minutes; celle de 1/10, de 2 heures 27 minutes; celle de 1/5, de 3 heures 52 minutes; celle de moitié d'huile de camehne, de 5 heures 47 minutes (Fauré).
Dans le but de reconnaître si une huile de colza est pure ou additionnée d'autres huiles, M. Laurot a imaginé un instrument appelé olêomèire, et qui est fondé sur l'observation '
(*) Un colporteur, traduit devant la 7« Chambre pour vente d'huile à brûler mUée tTeau, a été condamné à 15 jours de prison et h 50 francs d*amende.
r. I. Si
49S HUILË IHC COLZA.
que les huiles, à 100o<^*, nont pas la même de&âité, et ptésentent des différences très-appréciables.
L'oléomètre de M. Laurot se compose d'une burette en ler-blanc, faisant fonction de bain-mahe. On j plaça un cy^ lindre creux, en fer-blanc, dans lequel on introduit Thuile^à essayer ; on chauffe l'appareil , et quand Feau du bain-marie est entrée en ébullition, et que Fhuile a pris la température de 100® ( ce qu'indique un thermomètre qu'on a soin d'y plonger), on y immerge un petit aréomètre, à tige extrêmement fine, et permettant d'apprécier les plus légères différences dans le poids spécifique de Phuile. Le zéro sur cette tige est le point auquel il s'enfonce dans Thuile de colza pure, portée à lOO^^. Il y a 200 p. égales au-dessous du zéro, et 20 à S5 au-dessus.
Dans rhuile de lin, à lOOoc-, roléomètre de M. laurot s'arrête à SlQo
— rhuile d*œilleue 184
— — de poisson S3
— — dechènevis. 186
Dès que Ton ajoute dans Phuile de colza une huiie étrangère plusdense, l'ascension de Tinstrument indique la frauéft.
M . Laurot a dressé une table qui indique les degrés que4ait marquer son oléomètre, quand Thuile de colza eimtiept 5, là, 15, 20 °/q, etc., d'huile de poisson, ou d'une autre huile.
Il faut remarquer seulement que V huile de 9uifj oxkoade oléique du commerce (*), est plus légère que Thuile de colza, ei que la tige de Toléomètre s'y arrête à 25"» au-dessus du zéro; or, cette huile peut permettre l'introduction dans l'huile de colza d'une certaine quantité d'huiles communes plus denses, et la fabrication d'un mélange dans lequel Toléomètce marquerait O""; l'instrument, dans ce cas seul, est en défaut. Mais l'acide oléique dans une huile se reconnaît toujours facilement par Todeur repoussante qu'il Uii communique, et par la propriété exclusive qu'il possède, relativement aux autres huiles, de rougir le papier bleu de tournesol humide. De plus, rhuile mélangée d'acide oléique^ mêlée avec de Falcool à 36*^ B^, le cède presque entièrement à ce dernier; et,
(>) R(''Si4hi (le la fabrication des l>ougies stéarlqnes.
HUILB M POm DK MORUK. 499
pat révaporation de Talcool, T'acide oléiqûe appafatt avec unis des en^ctères distinctift. La seule précaution à prendre, avant de se servir de l'oléomètre à chaud de M. Laurotf est donc de s'assurer que Thuile soumise à Pexamen ne renferme pas d^huile de suif.
Cette huile se retire du foie de la morue {gadus caUario», gadus morrkua^ gadu$ viren$,^adu$ meriucius, etc.); en Hollande et dans le Nord, à Anvers, on emploie le foie de la raja .paitmaea, La couleur de cette huile varie du jaune au brup noirâtre; son odeur fprte rappelle celle de Tanchois préparé, sa saveur fade laisse dans la bouche un goût désagréable 4^ poisson; sa d^isité est 0,930 environ.
D'après l'analyse deJU.de Jongh^ Thuile de foie de morue contiant : oléine^ margarine, acides butyrique et acétique, un^ partie des produits de la bile, matière colorante {gaduine), iode^ brame, phosphore {*) , chlore.
M. Gohley j a trouvé, en o^tre, des quantités très-appréciables de soufre.
D'après M. Riegel, Fhuile de foie de morue renferme, en mayeime .soufre, 6,180; phosphore, 0,145; ioâey 6,361; èrôme^ 0,043 ; chlore, 1 ,091 ; adde sulfurique, 0,602 ; aeiêe phosphorique, 0,692.
L'iode, dont la présence a été constatée par les analyses de Z. Gmdin, peut s'obtenir sèus forme d'iodure de potassium, d'après le procédé de MM. Stirardin et Preisser, en saponifiant l'huile avec la potasse caustique ou la soude caustique à S6^, et évapof ant à siccité ; la masse est calcinée, puis on en retire Piodure au moyen de Talcool à 0,96 bouillant (*).
L'acide sulfurique concentré à 66^ B^ donne, avec l'huile de foie de morue, aine coloration violette qui ne tarde pas
0) Suivant M. /. Personne^ toutes les huiles de foie de morue ne ren- Termeut pas de phosphore; et ce métalloïde, dans celles qui en con- Ifeabent, se trouve à Tétat de phosphate alcaline- terreux (?].
(*) ^n dosaitt Tiode au moyen du chtorure de palladimn , MH . Che* wiiitr et 6o6^ ont trouvé, pour quatre échantillona d*hnile de foie d« morue, Of^-jlO, 0'>'*;0S, Otr-,04 et Qr-,03 diodure de potassium par litrç d'hutte.