HUILES D'OLIVE
DEGRÉS à
L'ÉLAlOMienB.
Huile d*olive
pure •
contenant 6 % d'buile d*œi1lette
- 40 oL -
On doit toujours opérer, autant que possible, à la température de 12o«,5 (ou 10° Réaumur); dans le cas où la température serait supérieure à ce degré, on ramène l'opération à 12'',5, sachant, d'après les recherches de M. Gobley, que les huiles d'olive et d'oeillette se dilatent de 3",6 de Tinstrument pour chaque degré du thermomètre centigrade : ainsi l'huile d'olive marquant 40* à Télaiomètre , à la température de 140c, son véritable degré à 12oc,5 est : 40— (3,6 x 1,5) = 34®, 6. En d'autres termes, il faut déduire du degré que Ton trouve à Télaïomètre le nombre 3,6 autant de fois qu'il y a de degrés compris entre 12«c,5 et la température supérieure à laquelle on opère. Si cette dernière est inférieure à 12oc,5, il faut, au contraire, ajouter, au degré trouvé, autant de fois 3,6 qu'il y a de degrés de température en moins.
Afin de se prémunir contre deux causes d'erreur, on a soin de goûter l'huile d'olive avant de l'essayer à l'élaïomètre, et on la rejette si elle présente un arrière- goût de moisi, d'huile chauffée, ou si elle laisse à la gorge un sentiment d'âcreté ; car les huiles d'olive , obtenues par fermentation , marquent de 54 à 56® à l'élaïomètre, ainsi que M. Gobley l'a observé, et on peut leur ajouter de l'huile d'œillette, de manière à amener leur densité à celle des huiles d'olive de bonne qualité. En outre, la rancidité augmente la densité de Thuile d'olive , et l'huile rance serait considérée par l'essai à l'élaïomètre comme renfermant de l'huile blanche.
La différence de chaleur dégagée par on mélange d'acide
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sulfurique et d'huile d'olive , suivant que celle-ci est purf ou mélaugée d'huile d'œillette, constitue un moyen de s'assurer de la pureté de cette huile (Maummê).
Si on mélange 10 centimètres cubes d'acide sulfurique^ à 66'' B^ bouilli, avec 50 gr. d'huile d'olive pure, on observe constamment, au bout de 3 ou 4 minutes, une élévation de température de 42*^; avec l'huile d'œillette, dans les mêmes circonstances, l'augmentation est do 86^,4; il se produit, ea outre, un boursouflement considérable du liquide et un dégagement notable d'acide sulfureux. Les autres huiles, excepté celles de ben et de suif, produisent, avec l'acide sulfurique à 66 B^, un dégagement de chaleur plus considérable que l'huile d'olive (•). Mais l'huile de ben et l'huile de suif ne peuvent être mêlées à l'huile d'olive; par conséquent, toutes les fois que l'huile donne plus de 42'» d'augmentation de température, dans son mélange avec 10 centim. cubes d'acide sulfurique bouilli, cette huile n'est pas pure.
L'huile d'arachide (aracfiis hypogea) ayant la même densité que l'huile d'olive , il n'est pas possible de déceler son mélange avec cette dernière, au moyen de f oléomètre de Lefebvre. L'acide sulfurique, la saveur, la congélation, sont employés pour distinguer la fraude. L'huile d'arachide a une saveur particulière très-prononcée de haricots verts.
L'huile d'olive, mélangée d'huile d'arachide, laisse déposer, à + 8<><^, des grumeaux, ayant l'aspect du sable, qui gagnent le fond du vase, et laissent le liquide supérieur parfaitement clair, tandis que l'huile d'olive pure se concrète à -f- 4<> et les grumeaux restent suspendus dans le liquide.
La falsification de l'huile d'olive par le miel se pratique particulièrement en Provence. Pour la dénoter, on traite l'huile suspecte par l'eau, On évapore, et on sépare la partie aqueuse de la partie oléagineuse. La première a une saveur sucrée que ne possède jamais l'eau qui a été en contact avec l'huile d'olive pure ou mélangée d'autres huiles.
(•) Avec Tacide sulfurique , les huiles siccatives développent beaucoup plus de chaleur que les huiles non siccatives, et peavent être ainsi facilement reconnues.
AIILV Of PAUtt. SU
Cette huile, appelée aussi beurre de palme ^ s'extrait du friut des palmiers [coco^ nudferaj cocos butyracea^ elaîs gniûnensù^ etc.). Elle est butyreuse,d*un jaune orangé, et répand une odeur de violette. Elle rancit facilement, et prend , en vieillissant, une couleur blanch&tre. Elle est plus légère que Teau. Elle est un peu soluble à froid dans Falcool à 36° Baume, soluble en toutes proportions dans Péther, Téther acétique. Elle donne des savons colorés; son point.de fusion varie de 27 à 370c.
L'huile de palme est composée, d*après M. Fremy^ A^acide palmitigue, de palmiiine^ d'acide oUique^ de glt^érine, d'iiiM matière cohraniey d'une matière aromatique.
Usages. — Elle est employée à la préparation des savoni, surtout en Angleterre, où elle fait partie des savons de f^ sine' jaune, dits anglais. Elle est Tobjet d'un commerce important sur les cfttes de l'Afrique. En 1836, T Angleterre en reçut 17 500 OOOkilog. En France, la consommation de cette huile est bien moins considérable : en 1839, elle ne s'est [las élevée à 200 000 kilog. (').
Falsvigâtions. -r- L'huile de palme a été mêlée ou faite de toutes pièces avec de la cire jaune ^ de Vaxonge et du suif de numkm, coloré avec du curcuma, et aroniatisé par la poudre d*iriSj afin de lui donner l'odeur balsamique de l'huile véritable.
En traitant l'huile suspecte par l'éther acétique, les suli- .stances étrangères seules ne sont pas dissoutes. Par la saponification, elle ne change pas de couleur si elle est pure, tandis que l'huile mélangée ou fausse prend une teinte rougeâlve, due à Taction de l'alcali sur le curcuma.
On a, dit-on, mêlé aussi à Thuile de palme une certaine quantité de résine en poudre. Cette fraude se reconnaît en traitant l'huile suspectée par l'alcool, qui dissout la résine et laisse Thuile sans la dissoudre.
M. Braconnât y de Nancy, a soumis à l'analyse une matière évL poids de 1000 kil., expédiée de Paris sous le nom d'huik
[*) l/hnîle de palme vaut 1 fr. le kikigr.