LAUDANUM
voulues d'opium et de safran. D'autres fois la fraude est pous^ sée plus loin ; le laudanum est préparé soit avec de Vopium d'Egypte ou de Constantinople, et un liquide coloré par les fleurs de carthame (carthamus tinctorius); soit avec un mélange ai eau y de sucre et A'alcooly soit avec du vin blanc ordinaire, édulcoré d'une suffisante quantité de sirop de sucre, ou avec des vins blancs du midi de la France; soit enfin avec des opiums extrêmement humides. Dans le laudanum de Rousseau, le miel doit être complètement détruit par la fermentalion, et comme il pourrait marquer le degré voulu, de 6^ à ?• (Faumé), à l'aide d'une addition de miel non fermenté ou de toute autre substance, il est indispensable d'essayer ce laudanum avec l'ammoniaque. Lorsque la fermentation est incomplète, ce laudanum peut marquer IP, IS"", et même plus, à Taréomètre de Baume.
M. Stanislas Martin a indiqué deux moyens pour reconnaître si le laudanum de Sydenham a été bien préparé. Le premier consiste à remplir du liquide suspect une fiole de forme allongée ; on en bouche l'orifice avec le pouce et on la plonge dans un verre d'eau. Si le laudanum est fait avec l'eau alcoolisée et le sucre, ou avec du vin blanc ordinaire sucré, il se fait, par le repos, une séparation entre la matière sucrée qui se précipite et l'alcool qui monte à la partie supérieure. Ce phénomène n'a pas lieu pour le laudanum préparé avec du malaga de bonne qualité.
Le second moyen consiste à faire évaporer le laudanum au bain-marie jusqu'à consistance de sirop épai», et à l'abandonner plusieurs jours à lui-même. S'il a été préparé avec de l'eau alcoolisée et du sucre ou avec du vin sucré, il se forme des cristaux de sucre candi ; tandis que le résidu de l'évaporation du laudanum préparé avec du vin de Malaga reste sous forme de magma souvent grumelé.
Le laudanum préparé avec des vins blancs du Midi non additionnés de sucre est comparé avec un autre laudanum parfaitement fait, et on voit qu'il est moins onctueux, plus limpide, moins coloré et plus fiuide que celui qui n'est pas falsifié.
à 100 francs (J'amende, à TafiScliage du jugcnieul dans la ville qui! bahite, ot à riuserlion du jiigemenl dans les journaux de la localilCs
LEYURB DE BIÈRE. 49
Un autre mode d'essai du laudanum consiste à comparer k précipité que forment 2 grammes de ce médicament dans de Peau ammoniacale, avec celui que donnent 2 grammes d'un laudanum serrant de type.
Matière organisée, qui se produit pendant la fermentation de la bière. Elle est formée de globules ou corpuscules légénment ovoïdes, de 1/100 de millimètres de diamètre. C'est ime espèce de végétal globuliforme, se développant et se reproduisant, comme par boutures^ au sein de la bière en fermentation (Voy. pi. I, fig. 7).
La levure de bonne qualité est d'un blanc jaunâtre, tirant sur le chamois; lorsqu'on la brise, elle doit se rompre nettement, sans exhaler d'odeur aigre.
La levure qui a la consistance de bouillie doit surnager dans l'eau chaude et s'y délayer parfaitement par agitation. Uq mélange composé de 1/2 litre de levure, 1/2 cuillerée de Anm, 3 à 4 grammes de sucre et une cuillerée de farine, entre promptement en fermentation.
La lie bai$$ière^ ou levure qui se dépose dans les vases où la bière a séjourné, est bien inférieure en qualité à celle que le dégagement de gaz amène à la surface ; cette mauvaise lo- Tûre est plus compacte, plus épaisse et môlée de corps étranges.
L'écume, nommée vulgairement rouffe, contient peu de fennent; les bulles de gaz qui y sont emprisonnées en augmentent considérablement le volume.
La levure ancienne se précipite au fond de Teau chaude ; ton la soumet à l'essai indiqué plus haut, on reconnaît son impuissance à provoquer la fermentation.
Usages. — La levure de bière est un ferment très-employé ^ Féconomie domestique, dans les arts, notamment dans 1^ boulangerie, où elle sert à faire lever la pâte. On s'en sert aussi en pharmacie; pour préparer, par exemple, le laudamun de Rousseau.
50 LIN D'tSLAIfDK.
FALsmcAtîoiw. —La lerûre de bière a été falsifiée avec la /ifcttfc, la craie [carbonate rfe chaux) et les farimê.
La falsification par la fécule, signalée par M. Payen {*), se reconnaît de la manière suivante : on délaye 20 grammes de levure dans un litre d'eau, on verse le tout dans un vase de forme conique et on laisse reposer pendant une demi-heure. La fécule se dépose, on lave le dépAt à plusieurs reprises avec 200 ou 300 grammes d'eau, et on laisse reposer chaque fois; lorsque Teau décantée est claire, on jette la fécule sur un filtre, on la fait bien égoutter et on en détermine le poids. La fécule est facile à reconnaître à ses caractères ordinaires : in- .solubilité dans Teau; conversion en empois par l'eau bouillante; coloration bleue au contact de Teau iodée.
Les farines sont de même reconnues par le procédé em<* ployé pour la fécule.
La levure contenant de la craie et préalablement délayée dans cinq fois son poids d'eau distillée fait, avec l'acide chlorhydrique, une effervescence d'autant plus vive que la proportion de craie est plus forte. La liqueur filtrée donne un précipité blanc d'oxalate de chaux avec l'oxalate d'ammoniaque.
XiXIV (*).— V. l6n>mi.
Le lin d'Islande étant vendu au poids et eu paquets, on a eu quelquefois recours au mouillage pour augmenter son poids. Il est alors exposé à s'échauffer.
(1) M. Paym a (rouvé 35 % ^^ Técuto Oads des écbanlilloas pfl^ sur des levures (fui devaient êire livrées aux dislUlaleurs.
M. Coste, distillateur aux Mouliaeaux, a reçu des levures qui cootenaieni environ 6T •/o de fécule.
Nous avons vu, dans «ne fabrique de levûro, des barils de fietJde dei» tiués à la falsifier.
(*) Il y a quelques années, le gouverneur de Riga donna des ordres aux agents du port, pour qu'ils procédassent désormais très -sévèrement à rinspeciion des tils de lin destinés à Texporlalion. Il invitait les négo-
LITflAHOB. 5t
DiBs le même bai, rmtériiur dos paquets est ganii de mSkux^ de êoèle.
. Ces fraudes ont été nuisibles au commerto des lins d'b* kod» ei ont été la cattii de leur dépréciation. On leur a prétM las antres lins étrangers, eipédiés arec plus de proprelé etdeiégolarité.
L'examen attentif des paqoets et la desueeaiion sont iei mies recbflrches à faire pour s'assurer de ces fraudes.
Uliiharge ou, protoxyéh dç plomb a re(u plusieurs noms, soirant son état d'agrégation. Uoxyde provenant de la calcination du plomb à Tair est le moisicot^ pulvérulent, d'un jaune sale, facilement fusible au rouge brun, en une masse cristalline rouge&tre. Exposé à Tair, il en attire lentement Ta- Ôde carbonique.
Le protoxyde de plomb, provenant des usines où Ton coupelle les minerais de plomb argentifère, est fondu et cristallisé; il porte le nom de litharge,
La litharge est tantôt en petites écailles brillantes^ micacées, d'une couleur rougeâtre assez vive ; on l'appelle alors litharge d*or ou litharge rouge; celle qui est plus pâle, se rapprochant de la couleur du massicot, porte le nom de litharge d'argent ou litharge jaune.
Ces deux litharges possèdent la môme composition chimi- V^e [F. Leblanc)^ mais elles sont dans un état moléculaire différent.
Dans le commerce, on rencontre trois sortes de litharge : h litharge d Allemagne ou de Hambourg, la litharge de France ¥> la litharge anglaise. Cette dernière est la plus recherchée.
Le protoxyde de plomb renferme : plomb^ 92,83 ; oxygène, 7,17.
ciaols ou filaleurs frauçais, qui auraient à se plaindre de la mauvaise qualilé des envois, à lui envoyer des cchanlillons de lins mai assuriis ou 0)1 oeUoyés, avec IMndicaiion des commerçants russes dont ils aunient reçu les marchandises.
5S LiTHABGB.
UsJUHKS. — La lilharge a de nombreiises applicatioiis dans les arts ; elle entre dans la composition du onstal, elle sert à rendre llraile de lin plus siccative, etc.
En pharmacie, elle sert à faire xm grand nombre de préparations, telles que les emplAtres, les acétates de plomb, etc.
On emploie le massicot dans la confection du mastic de Dihl, dans la fabrication des poteries.
Altératioivs. — La litharge du commerce, comme celle de Hambourg, n'est pas de Foxyde de plomb pur ; elle contient souvent des oxydes de fer^ decuivrty ctantimome; de la sUieet du carbonate de pbnnà{*]; ces substances étrangères proviennent de la fabrication même de la litharge.
n est important, pour le fabricant de cristal et le pharmacien, de pouvoir connaître leur présence et en purifier la litharge. Ces oxydes métalliques peuvent en effet donner, au premier, des cristaux colorés; au second, des emplâtres grenus et colorés, un extrait de Saturne également coloré.
La litharge anglaise, préférée pour la préparation des emplâtres, et qui ne contient que peu ou point d'oxydes de fer et de cuivre, donne un emplâtre bien blanc, ayant la consistance et le liant que Ton recherche.
La litharge de Hambourg donne un emplâtre grenu coloré, dépourvu du liant et de la consistance du précédent ; les oxydes étrangers et la silice se combinent mal et restent interposés au milieu de la masse.
Pour constater la pureté de la litharge destinée à la préparation de l'emplâtre simple, le procédé le plus direct est de préparer une petite dose de ce dernier ; s'il est blanc et de bonne consistance, la litharge peut être considérée comme suffisamment pure.
Le procédé chimique consiste à traiter la litharge par Taddo nitrique étendu de sept à huit fois son poids d'eau ; OD évapore la liqueur à siccité, afin de chasser l'excès d'acide ; on reprend par l'eau ; tout se dissout, sauf la silice qui est en résidu ; on filtre la liqueur et on y verse de Tacide suUurique ou du sulfate de soude, qui précipite le plomb à l'éUt de
0) M. Berzog a consuté que la lilharge reoferine quelquefois jusqu'à M % de carbon:iie de plomb.
LITHARGB. 53
sol&te ; une partie de la liqueur filtrée, traitée par un exces d'ammoniaque, donne un précipité brun jaunâtre, indiquant la présence du fer, et prend une coloration bleue, s'il existe du cuivre. Le cyanure jaune, versé dans Tautre portion de liqueur, donne un précipité de bleu de Prusse s'il existe du fer, et une coloration ou un précipité brun chocolat s'il y a du cuivre ; dans le cas de la présence simultanée de ces deux oxydes métalliques^ le précipité est d'un vert bleuâtre, mais d'une teinte très-variable, suivant leurs proportions respectives. Le cuivre peut aussi être précipité à l'état métal- Uqae, à l'aide d'une lame de fer bien décapée, que l'on plonge duis la liqueur, préalablement acidulée.
En recueillant et pesant le sulfate de plomb, on en déduit le poids de Toxyde; on pèse l'oxyde de fer après l'avoir calcillé. La couleur bleue plus ou moins foncée des liqueurs peraiet d'apprécier la quantité de cuivre.
H. Ledoyen a proposé de triturer tout simplement 2 grammes de litharge, en poudre très-fme, avec 32 grammes d'acide solfurique étendu de onze à douze fois son poids d'eau; on laisse déposer, on décante et on soumet la liqueur à l'action des réactifs. L'inconvénient de ce procédé est de donner lieu à du sulfate de plomb, dont la formation peut empêcher le contact de l'acide avec les oxydes de fer et de cuivre, surtout s'ils sont contenus en très-faible proportion dans la litharge à essayer.
Pour déceler la présence de l'antimoine dans la litharge, signalée par ^ucAner, on fait bouillir avec de l'acide nitrique une certaine quantité de litharge réduite en poudre fine, jusqu'à ce que cet acide cesse de dissoudre ; le résidu bien lavé est porté à l'ébullition, pendant quelques instants, avec de Tadde chlorhydrique faible, et dans la liqueur filtrée on diï^ un courant d'hydrogène sulfuré : la présence de l'antimoine est accusée par un précipité rouge-orangé de sulfure d'antimoine.
Pour apprécier la quantité d'acide carbonique et, par suite, celle du carbonate de plomb que renferme une litharge, le procédé de M. Herzog consiste à placer 15 grammes de la litharge à analyser dans une fiole munie d un tube à chlorure de calcium et pesée à l'avance; on y verse 30 grammes d'à-
54 LUZRRNB (Graine de].
ctde iiitriqqe éUnoidu de son poids d'eau, pois on remet le tnbe à ohlorure destiné à la condensation de Teau qui, sans cette précaution, s'échapperait avec Tacide carbonique; quand la saturation est terminée, on pàse de nouveau : la diffé* renée de poids exprime celui de Facide carbonique dégagé, et par suite celui du oarbimate de plomb contenu dans la btharge.
FiLSiFiCATioifS« — La litharge est quelquefois falsifiée avec UB iùèh raugeâtre micacé, de la brique piUe, du sulfate de baryte.
En dissolvant un peu de cet ox jde dans Taoide nitrique ou dans l'acide acétique faible^ tout se dissout, sauf les substances étrangères qui restent en résidu; ce résidu est ensuite examiné sépar^ent, afin d'en connattre la nature.
IêVMMBMW (mtukxtn mn).
Les graines de luzerne vieilles ont été quelquefois soumises à des manipulations particulières, pour leur donner Tapparence de graines de bonne qualité.
Les graines de luaeme blanche ont été légèrement humectées et passées à la vapeur de soufre; elles étaient très-acides ; et leur eau de lavage accusait, avec Peau do baiyte et le chlorure de baryum, la présence d'une certaine quantité d'acide sulfurique, en donnant avec ces réactifs un précipité blanc, insoluble dans l'acide nitrique.
Les graines de luzerne rouge ont été enfermées dans de» sacs avec une petite quantité d'indigo en poudre, ou trempées dans une préparation liquide de campêche, additionnée d'un peu de couperose bleue (sulfate de cuivre), ou de vert-de-gri» (sous>acétate de cuivre).
Les graines traitées par l'indigo, frottées sur du papier blanc, lui communiquaient une couleur bleue.
Les graines traitées par le campêche étaient rouges, pa»salent au violet par les alcalis, au jaune par les acides; elles précipitaient en bleu avec le cyanure jaune.
Ces graines, ainsi travailléest ayant été semées, levèrent
diDS la |m>p<MrUoii de 5 à 10 V«> tandis que les graines de bouM qualité lèYent dax» la proportîoQ de 80 à 90 Vo (Gi^
mêntj.
LTCOVOUa.
Le lycopode est une poudre jaunâtre, impalpable, fournie pv le lycapodium clavatum^ plante cryptogame do la famille des lycopodiacées. Il est insipide, inodore, très-léger, inalténble à Tair sec ou humide; il prend feu avec la rapidité de It poudre, lorsqu'on le projette à travers une flamme. Jeté dansTeau £roide> il n'est pas mouillé par elle, et remonte im* médiatement à la surface'; dans Veau bouillante, au contraire, les granules du lycopode se laissent pénétrer et tombent bientôt au fond du liquide, tandis que l'eau acquiert une légère teinte jaun&tre et une saveur fade.
Le lycopode est un corps azoté y formé d'une matière orga* nisée parti(^ère [lycopùdine), et qui est comme imprégné d'une petite quantité de substance oléth-résineuse (Z>ucom).
Le lycopode nous vient principalement de la Suisse et de l'ÂUemagne.
Usages. — Le lycopode est employé en pharmacie pour rouler les pilules ; on s'en sert pour prévenir les excoriations qui se forment sur les diverses parties du corps des enfants oa des personnes chargées d'embonpoint. On l'emploie aussi dans la pyrotechnie.
Falsifications. — Le lycopode est souvent altéré par le tak ou craie de Briançon; la fécule; la sciure de bois; la fleur de soufre; le cRromate de plomb; les poudres de bryone et de buis; les pollens des conifères, du noyer, du typha latifolia («).
La falsification par le talc (*) se reconnaît en triturant une
(*) On a aussi falsifié le lycopode avec la chaux et le carbonate de ckoux; mais les fraudeurs ont renoncé à .l'emploi de ces substances, qai allèrent la coulcui* du lycopode.
(^ Ce mélange se fait ordinairement dans la proportion de Cà 10 %; on a iroQTé des Ijcopodes qui renfermaient jusqu'à 2â % de talc.
56 LYGOPODB.
partie de la poudre suspecte avec de Teau froide ; le lycopode surnage et le talc gagne le fond ; il peut être recueilli par décantation, lavé, séché et pesé. Le même moyen est employé pour déceler la présence de la poudre de bryone, du chromate de plomb. On a recoiurs aussi à la calcination pour reconnaître les substances minérales qui restent seules en résidu, après la destruction de la matière organique.
La présence de la fécule, signalée par M. Lebourdaiêy qui en trouva jusqu'à 30 et 40 Vo» est rendue sensible en mettant dans un linge blanc (*) 8 ou 10 grammes du lycopode suspect, de manière à en former un nouet que Ton fait bouillir^ pendant dix minutes, avec de Teau distillée, dans une capsule de porcelaine ; on le malaxe à plusieurs reprises sous l'eau bouillante. Le liquide filtré se colore, par la teinture d'iode, en bleu ou bleu noirâtre, selon la quantité de fécule qui s'y trouve : rien de pareil ne se manifeste avec le lycopode pur (Legrip).
La poudre ou sciure de bois est décelée par un tamisage au tamis de soie le plus fin ; le lycopode passe en raison de son extrême ténuité, et le bois reste sur le tamis; tel est le moyen indiqué par M. Mouchon, de Lyon, qui a, le premier, mentionné ce mélange frauduleux.
M. J. Ruspini, de Bergame, a proposé un autre procédé pour découvrir cette falsification : on applique la poudre suspecte sur le côté plat d'un microscope à lentille continue, tel que le microscope de Stanhope (*) ou celui de M. Gaudin ('); on voit que chaque molécule de la poudre est opaque et d'une forme parfaitement ronde ; on fait tomber ensuite sur cette poudre, avec la pointe d'une épingle, une goutte d'acide sulfurique; les petits granules de lycopode, qui se trouvent peu à peu en contact avec l'acide, se rompent en éclatant, il en
(<) Il raut s'assurer, par une épreuve préalable, que ce linge est exempt d*ainidon.
(*) Ce microàcope consiste en une seule lentille cylindrique, qui a une amplification de 80 diamètres ou 6i00 fols en surface [Vay, pi. I, fig. tO).
(>) (Test une petite lentille en cristal de roche ou en crown-gltis fondu, ayant un grossissement variable depuis 50 jusqu*à iOO diamètres (8500 jusqn*à 160000 fois en surface [Voy. pi. I^ fig. il).
LYCX)POO£. 57
wii une humeur visqueuse ; le tégument qui reste et consenre encore sa forme sphérique^devient transparent. Par contre, aucun des grains de la poudre de bois^ vu au microscope, n'a la forme sphérique et n'est rendu transparent par l'action de l'acide sulfurique.
La falsification du lycopode par Ja fleur de soufre, signalée d'abord par MM. Caventou et Rappeler^ est aujourd'hui trèsrare (■) : elle se reconnaîtrait à Todeur d'acide sulfureux eihalée par le lycopode projeté sur des charbons incandescents. Ce dernier, en outre, traité par une lessive de potasse ou de soude caustique, donnerait un liquide possédant Todeur d'œufs pourris^ et qui dégagerait de l'hydrogène sulfuré au contact des acides.
L'adultération du lycopode par le pollen d'autres plantes est contestée par M. Wichmann^ d'abord à cause de la difficulté de se procurer le pollen des autres végétaux à aussi bon compte que le lycopode. En outre, ce pharmacien a constaté que s'il se rencontre dans le commerce du lycopode qui se laisse mouiller par l'eau et se précipite au fond de ce liquide, on devait attribuer cette particularité à ce que le lycopode avait été récolté avant le degré de maturité convenable. Il a reproduit, en effets cette différence en essayant par l'eau du lycopode ainsi récolté et partagé en deux portions : Tune sechée lentement à l'air, et l'autre desséchée rapidement à Tétave. Cette dernière se comportait comme le lycopode sophistiqué, tandis que la première, qui avait acquis le degré de maturité convenable pendant la dessiccation lente, offrait toutes les qualités du lycopode pur (7).
Dans tous les cas , si on a Thabitude du microscope, une observation attentive permet de distinguer les grains de pollen de certains végétaux des granules de lycopode. Ceux-ci se présentent constamment sous forme de globules hérissés de Pupilles très-marquées , tandis que les grains de pollen du typhalatifolia, par exemple, affectent une forme sphéroïdale,
(M Noasavons examiné un échantillon Je lycopode qui contenait 30% <ic fleur de soufre; sa couleur était d*un jaune plus intense que celle do Ijcopode non falsîGé. Celte fraude peut produire des effets irritants, lorsqQ*on applique le lycopode sur la peau, à cause de Vacide sulfu^ *^que retient presque toujours la fleur de soufre du commerce.
58 MAGNB8IB CALCINÉE.
aree des bofds arrétéft et une surfaoe complètement lûm; let grains de pollen des conifères ont la forme d*im rein (Fey. pi. I, fig. 8 et 9).
MAOXSTArII bu bismuth. — V. BiJUlO DB rABo«
WUkWMViUM BB SQUFaB. — V. S#«his.
ItAOltABIB B&ASrOKB. — V. OAwmmHLtm •■ ■«•■éM*.
BtAowâsiii oai-ouvAb.
La magnésie calcinée on oxyde de magnésium^ magnésie eaustique, est une poudre blanche, très-légère, inodore, d'une saveur un peu alcaline ; sa densité est 2, 3. Elle est infùsible au feu de forge. Exposée à l'air, elle en attire peu à peu Teau et Tacide carbonique ; c'est pourquoi il faut la conserver dans des flacons bien fermés.
Elle est très-peu soluble dans l'eau , et verdit le sirop de violettes. Peu à peu elle se combine avec Teau, et se change en hydrate. Elle se dissout sans eflervescence dans les acides étendus.
Sous le nom de magnésie anglaise, magnésie de Henry ^ on vend, dans le commerce, une magnésie très-dense^ possédant une grande cohésion, qui la rend insoluble à froid dans les acides étendus.
Usages. — La magnésie est employée en médecine comme purgative, absorbante, et contre les aigreurs d'estomac. Elle fait la base de plusieurs préparations pharmaceutiques. Délayée dans Teau^ elle sert comme antidote de Tacide arsénieux (•).
(') Il faut, dans ce cas, que la magnésie soit faiblement calcina, soumise seulement à une chaleur suffisante pour débarrasser le carbonate de son eau et de son acide carbonique ; car la magnésie fortement calcinée, telle que la magnésie de Henry ^ n'absorbe Tacide arsénieux qu'avec une extrême lenteur {Bussy),
MAGNÉSIB GàLCINÊB. 59
ALlteATioiiS. •— La magnésie proTenant d^nn carbonate iémigiQeiix peut contenir un peu de /er, dont la présence se signale par le précipité blanc jaunâtre qu'une solution acide de cette magnésie donne avec TanHnoniaque.
la magnésie préparée dans, des vases de fer acquiert une belle couleur rose ; une dissolution de cette magnésie accuse la présence du fer lorsqu'on y verse du cyanure jaune.
La magnésie est quelquefois mélangée avec de la tiKcê^ de hbmim^ de la ehaux^ du iorèonàte et du sulfate de ma-
Sd diaMdrant la magnésie dans Taoide chlorbydrique, la silice se dépose sous forme de poudre blanche insoluble ; Falomine est précipitée, puis redissoute par un excès de potasse ; la liqueur filtrée et saturée par un acide donne un piécipîlé d'alumine. La solution acide forme, avec le chlo* mre de baryum, un précipité blanc de sulfate de baryte, insoluble dans l'acide nitrique, si la magnésie contient du salfate. Si elle est incomplètement décarbonatée, elle fait eSérrescenee au contaot des acides, et dégage de Pacide car"* bonique.
La chaux provenant de la calcination d'un carbonate de DMgnésie mélangé de carbonate de chaux est décelée par le précipité jaun&tre que le bichlorure de mercure forme, dans la dissolution de la magnésie à essayer ; Toxalate d'ammoniaque y produit un précipité blanc d'oxalate de chaux. On Ftotaimplement triturer la magnésie avec un peu de sublimé corrosif; si elle contient de la chaux, la masse prend une couleur jaunâtre ; en outre, la magnésie, mélangée de chaux, s'échauffe considérablement lorsqu'on la délaye avec de Veau, ce qui n'a jamais lieu avec la magnésie pure.
Falsifications. — Souvent la magnésie est hydratée, afin <l'en augmenter le poids ; la quantité d'eau qu on fait ainsi ^sorber par la magnésie peut s'élever de 12 à 20 et môme à ^0 •/•. Cette fraude, signalée d'abord par M. E. Dubail, se
I*) Cet flab$UDCi9& étrangère^ qui rendent h m^igiésie impropre à l'osage médical, proviennent d*nn manque de soins dans la préparation <iQ cartioDate de magnésie^ et dans le choix des matières qui servent à t'obienir.
eO MANNB.
constate par la perte que la calcination au rouge fait éprouver à un poids déterminé de magnésie (10 grammes, p/ur exemple) (*).
La manne est un produit solide, d^une saveur fade, douce et sucrée, qui découle par incision ou naturellement de plusieurs espèces de frênes, et principalement des fraxinus ornus et rotundifolia (jasminées), qui croissent surtout dans la partie méridionale de Fltalie et de la Sicile.
Le commerce fournit trois espèces différentes de manne :
La manne en larmes, la plus estimée, se présente en morceaux allongés^ légers, irréguliers, rugueux, firiables, souvent convexes d'un côté et concaves de Tautre, d'un blanc légèrement jaunâtre, d'une saveur douce, sucrée, un peu fade.
La manne en sorte est en petites larmes ou fragments ag-' glutinés, adhérents à des parties molles, visqueuses^ amorphes, d'une couleur rousse, qu'on appelle marrons.
La manne grasse^ nommée aussi manne capacy, est en masses molles, poisseuses, jaunâtres ou d'un brun rougeâtre, contenant beaucoup d'impuretés, telles que des débris végétaux, de la terre, du bois^ du sable^ etc. ; elle vient de la Calabre.
D'après les analyses de M. Leuchttveiss, les mannes du commerce ont la composition suivante :
Manne an Manne en Manne
larme». sorle. grasse.
Eau 11,6 13,0 11,1
Matières insolubles 0,4 0»0 9^3
Sucre 0,1 10,8 15,0
Maonite 49,6 37,6 3i^0
Substance mucilagineuse. . . ]
Résine, acide organique. . .> 40,0 40,8 48,1
Matières azotées ]
Cendres 1,3 1,0 1,9
Usages. — La manne est employée comme purgatif doux.
(*) Une fois, dit-on, on a trouvé de la magnésie calcinée, mélangée de farine. Une portion de cette magnésie, traitée par Tacide sulfùrique
MANNB. 6t
Elle tait partie de plusieurs préparations pharmaceutiques; elle sert à l'extraction de la mannite.
FALSincATioNS. — La manne est falsifiée avec la glucose ou suert de fécule ^ avec le sucre et Vamidon (*); on Ta fabriquée de toutes pièces. Ainsi, la manne en larmes a été imitée avec on pea de manm, de la farine ^ du miel et une poudre purga^ twe; le tout était bouilli, rapproché en consistance sirupeuse, et moulé en forme de larmes ; on en a fabriqué aussi avec de la marme de qualité inférieure, de Vamidon, du sulfate de Mide et de la moscouade. On Ta imitée quelquefois avec la fmne en sorte ^ chauffée et clarifiée par le charbon.
En 1842, Minier a signalé Temploi du sucre de fécule pour la préparation d'une fausse manne, qui avait quelque ressemblance physique avec les débris de la vraie manne en larmes.
On a fabriqué de la manne en sorte avec un mélange de tneille manne^ de miel on de sirop^ de cassonade^ de farine et de substances purgatives.
On a imité la manne grasse avec un mélange de sucre et de mte/, additionné d'une petite quantité de scammonée et de résine de jalap.
Ces mannes factices sont dépourvues des cristaux que l'on observe constamment dans la vraie manne ; elles peuvent se reconnaître au goût, à Tabsence totale ou à la proportion plus faible de mannite obtenue à Taide d'un traitement par Falcool à 36^ bouillant. Ce dernier dissout aussi les résines purgatives dont la présence se manifeste par la fumée noire plus ou moins forte, produite lorsqu'on fait brûler cet alcool. En traitant ces fausses mannes par Teau froide, le miel se dissout, Pamidon se dépose ; on le fait bouillir avec de Teau, et on y verse de Peau iodée qui développe la coloration bleue, caractéristique de la fécule.
éleoda, laissa un résidu indissous ; calciuée dans un creuset^ elle donna QDe matière charbonneuse. Une autre portion prit une couleur bleue itec l'eau iodée : formée en pftte avec Peau, et malaiée, elle fournit Qae petite quantité de gluten.
(^) Celte falsification n'est pas nouvelle. En etfet, dès Tannée liS6, Qn apothicaire espagnol fui condamné à une amende de 9,000 ducats ei i la prifation des droits civiques pendant une année, pour avoir xilUéré de la manne avec du sucre et de Tamldon.
6f MBLLITB DB ftOBlS ROUGBS.
La manne falsifiée, et quelquefois remplacée entièreoieiit par la glucose, est plus dure, et ne présente ni ia saveur, ni la cristallisation de la manne véritable; elle a une cassure grenue, une surface luisante, et craque sous la dent. Elle adhère légèrement aux doigts, possède ime odeur partidilière et une saveur de sucre caramélisé. Lersqu^on l'expose à la flamme d'une bougie, elle ne s*enflamme pas eomine le fait la manne pure, mais elle devient noire> et il en tombe des gouttelettes qui se solidifient promptement. Elle attire forte* ment Thumidité de Tair et donne une solution aqueuse très« claire, tandis que la solution de la manne en larmes a une teinte blanch&tre. En outre, la solution aqueuse de cette fausse manne précipite en blanc par Toxalate d'ammoniaque et par le chlorure de baryum, et accuse de cette manière la présence du sulfate de chaux, dont le sucre de fécule retient toujours une certaine proportion.
MA88XOOT. — V. XaTiuuuiB.
ttJUBTXO. — V, RàtiwB ujkanc,
MÉOBOAOAir.
Racine du convolvulus meckoacanf Elle nous arrive d'une province du Mexique, d'où elle tire son nom, et se trouve coupée en rouelles assez grosses ou en morceaux allongés, blancs et mondés de leur écorce.
Elle est inodore, farineuse à l'intérieur, d'une saymir légèrement âere.
Usages. — On l'emploie quelquefois en poudre, oomme purgative.
l^hUSXBiÇhJvms, — On falsifie quelquefois cette racine avec celle de bryone, qui est moins blanche, d'une odeur désagréable, d'une saveur amère, acre et môme caustique.
MBIiUTB BU &OSfl8 ROVaSS.
Le mellite de roses rouges, ou miel rasât ^ est un sirop préparé avec les pétales secs de roses rouges ou roses de Provins, du miel blanc et de Veau bouillante.
n à une odeor ««nblàble à celle des roees qui entiwt dans SI Composition.
lisiOES. -^ n ost usitÀ en médecine comme astringent; on rmaploie BQfloat «ona forme de gargarisme.
FiuufiCAVtmfft. — Le miel rosat est qaelqaefm préparé ifwde l'êaii de rOMv eoferé» ^tificieUement^ au lieu de Tétre i?ae l'inABBion de roses ronges. Cette fraude se reconnaît Don-seulement à l'odeur du mellite, mais encore en ce que l« ssii 4e perotyde de fer n^affectent pas sa couleur, tandis qos le contraire a lieu pour le mellite préparé suivant le Codex ; ce oiellite^ en outre, n'est pas altéré par le carbonate de potasse, qui modifie, au contraire, fortement le mollit^ préparé avec des matières colorantes.
atfi&ODHB.
Le mercure est le seul métal qui soit liquide à la tempfra^ tore ordinaire ; il est d'un blanc d'argent, à surface polie, possède on éclat très- vif ; de là son nom vulgaire de vif-argent. Le mercure se solidifie à — 40^; sa densité est de 13,53 à 13,61. n bout à 360^, puis se volatilise. La densité de sa vapeur est 6,976 (Dumas).
On connaît des gisements de mercure en Portugal, en Toscane, en Autriche, en Espagne, au Mexique, au Pérou, dans la Californie et en Chine; mais jusqu'en 1850 tout le mercore consommé a été tiré seulement de l'Espagne et de l'Au- Iriche. Les mines d'Almaden, en Andalousie, bien qu'exploi* tées depuis l'antiquité, sont les plus riches du monde entier; celles d*Idria, en Autriche^ sont exploitées depuis le quinaème siècle.
En 1850, on a découvert en Californie, à 27 kilomètres de San-Francisco, un riche gisement de mercure, qu'on a àp^ V^léNouvelle-Almaden: il a donné, en 1855, près de 1 OOO 000 de kilogrammes de mercure; on en a exporto en 1856 plus de 1 500 000 kilogrammes. Déjà le mercure californien est fort employé dans les mines d'argent du Mexique, du Pérou etduChiU.
64 MERCURB.
UsAffis. — Le mercure est très-employé en médecme : il fait la base d'un grand nombre de préparations pharmaceutiques; il est d'un usage très-général contre les maladies syphilitiques. Dans les arts, il sert à Textraction de Targent, à rétamage des glaces, à la confection de beaucoup d'appareils de physique, tels que baromètres, thermomètres, manomètres, etc. En chimie, il est d'un emploi très-fréquent pour recueillir et opérer sur les gaz solubles dans Teau.
Altérations. — Le mercure est quelquefois sali par des corps étrangers qui ne s'y trouvent qu'à l'état de suspension ; pour Ten débarrasser, il suffit de le passer au travers d'une peau de chamois.
S'il est sali par des matières grasses, on le met en contact, pendant quelques heures, avec une solution faible de potasse ou de soude caustique ; puis on le lave avec de l'eau, que l'on enlève en promenant à la surface du bain métallique quelques doubles de papier Joseph.
Falsifications. — Le mercure du commerce contient souvent des métaux étrangers avec lesquels il s'allie facilement, tels que lephmbyVétairif lezincy le bismuth. Le mercure perd alors son aspect brillant, il se recouvre d'une pellicule mince, terne et grisfttre, est plus adhérent au verre et aux doigts, et laisse à la surface des corps avec lesquels on le met en contact une couche mince métallique, noirâtre. Il fait la queue^ c'est-à-dire qu'au lieu de couler en gouttelettes rondes, chaque goutte de métal s'allonge en arrière en forme de poire, et se couvre d'une pellicule qui, après avoir été enlevée, se reforme avec rapidité. Ces caractères physiques ne suffisent pas, car ils sont reproduits par le mercure pur, mais humide, ou qui a subi à l'air un commencement d'oxydation, et par le mercure qu'on a laissé, pendant quelques instants, au contact des matières grasses. Le procédé ordinaire consiste à distiller avec précaution une quantité déterminée de mercure dans une cornue de verre, ou mieux de fer, au col de laquelle on adapte un nouet de linge plongeant dans l'eau (*). Les mé-
(') On peut opérer ceUe distillation dans une de ces bouteilles en fer épais qui ont servi à contenir et ù transporter le mercure. On la munit alors d'un tube de fer flleié entrant à vis dans Fembouebure taraudée
MBRCURR. *ft^ê5
taox étrangers restent dans la cornue. Le mercure distillé est agité, pendant deux ou trois jours, avec de l'eau acidulée par 1/20 d'acide nitrique^ puis il est séché.
Mais on ne l'obtient pas toujours ainsi parfaitement pur, car certains amalgames, comme^ceux de zinc, de bismuth, sont on peu volatils et peuvent passer à la distillation. 11 faut alors recourir à d'autres moyens de purification.
Soirant le procédé de Berzélius, on agite fortement, et à plusieurs reprises, le mercure chauffé à 40^, avec une solutioQ assez concentrée de nitrate acide de mercure. En quelques jours, les métaux étrangers sont oxydés et dissous; on décante la dissolution et on lave le mercure avec de Teau distillée, on le fait sécher, et on le passe dans un entonnoir à douille mince, afin de le débarrasser d'une petite quantité d'oxyde et de sous-nitrate non dissous, qui se trouvent à sa surface.
Le procédé de M. Millon consiste à agiter 100 p. de mercure avec 5 p. d'acide nitrique étendu du double de son volume d'eau, pour enlever d'abord peu à peu les métaux qui sont plus oxydables que le mercure ; on décante et on lave, puis on dissout le mercure à chaud dans Tacide nitrique pur, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que 1/10 du poids du mercure primitif, qui retient les métaux moins oxydables que lo mercure pouvait contenir. On évapore la dissolution àsicciié, on chauffe le sel sec jusqu'à ce qu'il ne reste plus que de Toxyde rouge, dont on extrait le mercui*e par la distillation : co dernier renfermant de Toxygène ne tarde pas à se recouvrir d'oxyde, dont on se débarrasse par une forte agitation du mé- ^ avec un peu d'acide sulfurique.
Pour séparer Tétain du mercure, M. Vackenroder a conseillé de traiter ce dernier à une douce chaleur par un mélange d'acide chlorhydrique et d'acide sulfureux ; on agite fréquemment jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'hydrogène sulfuré, on élève la température à 80^ pendant une couple d heures, puis on lave le mercure.
Le procédé proposé par M. UleXy de Hambourg, pour la
'^ U bouteille : uo peu de plaire gàcbé, qu'on eu^ai^c en vissant le inbe, reod la jonctiOQ hermétique.
e*"*'* MIEL»
purification du mercure, consiste dans remploi du perchlorure de fer : la solution de oe sel possède la propriété de pénétrer dans la masse du mercure, de diriser le métal à Finfini, et, par conséquent^ de pouvoir être mise en contact avec lui sur tous les points. Les métaux étrangers sont attaqués par le chlorure plus facilement que le mercure, et se dissolvent dans le liquide^ ou se séparent sous forme de poudre. L'opération s'effectue de la manière suivante : on broie pendant dix minutes, dans un mortier de porcelaine, 1000 p. de mercure avec 15 p. d'une solution de perchlorure de fer, d'une densité de 1,48, étendue de 15 p. d'eau; on lave avec de l'eau, on décante le liquide et on sèche le mercure à une douce chaleur ; il reste une poussière grise retenant encore du mercure, que l'on peut convertir en calomel; en la négligeant, on ne perd que 4 7o ^^ mercure environ. L'opération est répétée une seconde fois, si le mercure renferme plus de 1 ^Iq de métaux étrangers.
Le meilleur moyen d'avoir du mercure très-pur consiste à distiller dans une cornue de grès^ ou mieux dans une cornue de fer, un mélange de i p. de cinabre avec 1 p. de limaille de fer ou de chaux vive.
MBROURB DOUX.— V. Chlobubc (PbAto-) dc HCBcimB.
Le miel est produit dans nos contrées (^) par Tabeille {apis mellifica) (»), insecte de Tordre des hyménoptères, famille des mellifères, genre des apiaircs sociales.
(•) En France, on ne relire encore des 1 500 000 ruches qui 8*7 trouvent, que 7 millions de l^ilogrammes de miel, cl 1 500 000 kilogrammes de cire, représentant ensemble une valeur de 15 millions de francs. Ce sont les départements les plus pauvres (Morbihan, Landes, Gorrèie) qui possèdent le plus grand nombre de ruches.
(*) Les observations de Hûbêr, de Genève^ ont appris que l'espèce d*S« beille influe sur la nature mémo du miel. Ainsi c'est b Vapiê foickUa qu'on rapporte les miels estimés de Narbonne et du Gâtinais, et de quelques autres contrées, soit de rilalie, soit de TOrieni, de l'Egypte, et même de rAbyssinie. Celte espèce d*al)eille préfère les fleurs des laMôes odorantes aux fleurs composées.