‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 4)Chapitre 111 sur 190 · SUL^ATÈ DE QUININE · texte numérisé non relu

SUL^ATÈ DE QUININE

doirait siir le malade. La salicine est plus soluble que le solfatè de quinine ; on peut la reconnaître par Faddition de quelques gouttes d'acide sulfurique au sulfate suspecté. Cette addition suffit pour produire dans un mélange à 1/100 une belle teinte rouge coquelicot {rutiline de Braconnot (^). On peut, à titre de contrôle, dnlployer le mélange de bichromate de potasse et d'acide sulfurique proposé par M. Aug, Creuse: on prend 1 gramme do sulfate de quinine, 1 gramme de bichromate de potasse et 5 gramtnes d'eau ; on chauffe JQjsqu'à dissolution dtl bichromate et on ajoute 2 grammes diacide sulfurique, en continuant de chauiTer jusqu'à effervescence; si le sulfate contient de la salicine, colle-ci s'oxyde &t foribe de Tacide salicyleùx qui répand une forte odeur de reine des prés. Cette réaction permet, suivant M. Creuse^ de reconnaître jusqu'à 1/200 de salicine dans le sulfate de quinine. La phloridzine, que l'on ajoute quelquefois au sulfate de <Iiûiine, est dans le même cas, et produit une réaction analogue arec l'acide sulfurique.

Si l'on ajoute 2 ou 3 gouttes d'acide sulfurique à 66® * O8r,01 ou 08'',02 de sulfate de quinine contenant 10 Vo de salicine, on obtient une masse fluide, trouble, rouge-groseille clair, devenant rouge-groseille vif après une heure de réac- ÛOB, et formant, au bout de vingt-quatre heures, un précipité grenu, rouge violacé dans un liquide opalin.

En essayant do la même manière un sulfate de quinine retifermànt 10 %de phloridzine^ on obtient une masse fluide,

\}) D*après M. PeltkTy de Doué, Pacidc sulfarique ne donne un résuU ^t concluant que lorsque le sulfate de quinine ne contient pas moins de lO^/, ijc salicine; en dessous de cette quaniilô, on nVihtiendrait pas ^lUj coloraiion assez nette pour s'assurer de sa présence ; et pour pro- '^cer hardiment, il faudrait isoler la salicine rn se fondaui sur son ^'ksolttMllté dans la solution acide de sulfate de quinine.

Ce fait D*a pas été confirmé par les expériences de M. Verberi et de ^* Acar. Suivant ces chimistes, ou peut facilement recounattre dans le ^Ifate de quinine 1/100 de salicine par la coloration rou(;e que donne '*^ide sulfuriqde versé sur le sulfate adultéré. Toutefois, pour que

'^^^Hit réussisse, il faut placer la matière dans nti verre de montre, de '^■^uîère qu'elle présente dans son centre une légère concavité; on y

'^H tomber 3 ou i gouttes d'acide cc^icentré et on lai se reposer. Suivant M. A. Poirier^ l'acide sulfurique permet de reconnaître jus-

^U'*a un I/IOOO de salicine.

>fd6 SULFATE DK QUININE.

jaune brunâtre, trouble, devenant jaune orangé foncé après une heure de contact, et formant, au bout de vingt-quatre heures, un précipité brun clair avec cristaux aiguillés, rayonnants, dans un liquide opalin.

Si, comme cela nous est arrivé dans une expertise, on demande de déterminer la quantité de salicine mêlée au sulfate de quinine, on fait dissoudre un certain poids de sulfate dans Feau pure, additionnée d'un peu d'alcool, puis on traite par l'eau de baryte ; le précipité estrecueiUi sur un filtre et lavé, et dans la liqueur filtrée on fait passer un courant d'adde carbonique qui précipite Texcès de baryle ; la liqueur est bouillie, puis filtrée ; on lave le précipité sur le filtre, et on verse un excès de tannin pur dans celte liqueur môtéo aux eaux de lavage ; le précipité de tannate de quinine estrecueiUi sur un filtre et lavé ; dans le liquide filtré réuni aux eaux d lavage, on verse de Teau de chaux pour précipiter l'excès d^^ tannin, et on filtre ; la liqueur filtrée est traversée par u^t^ courant d'acide carbonique, puis on fait bouillir, on filtre, (k lave le précipité sur le filtre, et le liquide qui a passé est joi aux eaux de lavage, et enfin évaporé à Fétuve pour en retir la salicine par cristallisation.

Enfin on trouve quelquefois du sulfate de quinine falskC^ au moyen de l'acide borique. En calcinant fortement àPw Os^Ol ou 0«^02 do sel de quinine renfermant 10 7o ^® ^^' acide, il reste une matière vitreuse, peu soluble à froid Jans Teau, plus soluble à chaud ; par le refroidissement, la dissolution laisse déposer quelques paillettes brillantes. Le résidu de Tévaporation de ce soluté communique à la flamme de Talcool une coloration verte bien sensible.

Lorsqu'on traite par 2 ou 3 gouttes d'acide sulfuriqueà 66* Or'",01 ou 0f?^02 du mtimo sulfate de quinine contenant 10 •/, d'acide borique, on obtient une liqueur jaunâtre au sein de laquelle nagent quelques paillettes. Au bout de vingt-quatre heures de contact, cette masse n'a pas changé d'aspect, et donne avec l'alcool un liquide opalin, sans précipité.

En résumé, on peut très-rapidement constater si un sulfate de quinine est fraudé, et déterminer la nature de la substance qui a servi à la sophistication. Il suffit, comme l'a conseilié M. Legrip^ de brûler sur une lame de platine 0-',01 ouO«^02

SULFATE DR QUIlftNE. 497

da sulfate à examiner^ puis de former une bouillie (rès-claire

a?ec la même quantité de sulfate et 2 ou 3 gouttes d'acide

salfurique concentré, sur une petite capsule de porcelaine

ou sur un yerre de montre, garni en dessous de papier blanc.

SoÎTant la nature de la substance, la chaleur et Tacide sulfu-

rique produisent des effets divers, tels qu'ils ont été énoncés

ci-dessus.

Pour constater la pureté du sulfate de quinine, un chimiste ^uiglais a fait cx>nnaltre Tessai suivant, basé sur la solubilité do ce sel dans Teau : on met Osr,80 de sulfate pur dans un flacon bouché à Témeri, de la capacité d'environ ^l^de litre; ^^ y verse 2278^,80 d'eau distillée, on bouche légèrement, et on marque le flacon : épreuve; dans un autre flacon, marqué ^hantiUon, on met 08<',80 du sulfate à analyser et la même quantité d'eau que ci-dessus -, les flacons étant ainsi préparés, ^n les place, pendant quelques minutes, dans un bain d'eau chaude, jusqu'à ce que les sels soient dissous ; on les retire du ^Q et on laisse refroidir. Si, au bout de vingt-quatre heures, ^11 observe des cristaux dans les deux flacons, c'est im signe ^e la substance mise dans le flacon marqué échantillon est ^Qsai pure que celle du flacon marqué épreuve. Si, au con- ^'^^ûre, la solution de l'échantillon ne donne pas do cristaux, et ^'on désire connaître le degré d'altération du sel, on ajoute ^ cet échantillon 0Kr,10 de sulfate de quinine, et on replace ^Os flacons dans les mêmes conditions que ci-dessus; si, après ^0 refroidissement, il se forme dans les deux flacons la même ^^ntité de cristaux, on peut en conclure que Tadultération ^^ de */,. Si, pour produire dans les deux solutions la même ^^^ntité de cristaux, il était nécessaire d'ajouter encore O?»", 1 0 ^ l'échantillon, la fraude serait de «/,^j, etc.

Tous les faits que nous venons de rapporter montrent com- ^"^ il est nécessaire que les pharmaciens apportent une ex- ^*Oae prudence dans l'achat des médicaments qu'ils puisent d^Us le commerce.

ï-es médecins ou les pharmaciens doivent vérifier ou faire ^'ifier la pureté des sulfates de quinine qui leur sont livrés, '^^ire justice d'une fraude nuisible au rétablissement du **^ade (*).

(*) Nons ne cesserons de le répéter : règle générale, un pharmacien f . n. S2

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