‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 4)Chapitre 116 sur 190 · TAB4C · texte numérisé non relu

TAB4C

Usages. — L'mage du tabac est devenu presque général^ consommation n'a fait que s'accroître chaque année (*)•

< •) En France, la consomma lion du labac esl libre au profit de rstat, c|iiâ en relire annuellemeol un impOi Ue 90 à 100 millions de francs, sur SO âi 25 millions de kilogrammes de labac.

ttn 1799, d'après Necker^ il se consommait en FrauceS38 grammes de

laliac par tète, dont l/lt seulement se fumait, les 11/19 étaient pris

en p4>Qdre. Depuis, les habitudes ont bien changé. Ainsi, en 1995, la

coosommaiion moyenne a été de 118 grammes par individu. Bn liy(i«

la coQsommatiou iudividuelle eu France a été de 511 grammes, sur le»«

quels il y a 198 grammes de tabac à priser et 313 grammes de tainc 4

fumer; ce qui montre que Phubiiude de fumer est à celle de priser

comoMlSgest à 100.

Ko 1960, la consommation moyenne par Individu B*esi élevée à &37 gnmmes, sur lesquels il y a seulement 189 grammes de tabac ea poudre et 3i8 grammes de tabac à fumer; dans quatre départements «Ile dépasse 1 kilogramme, savoir :

Nord ^ 1865 grammes par tète.

Pas-de-Calais 1636 —

Seine 1994 —

Boucbes-du-Rbône. .1160 -*

C'est dans le département de TAveyron que Ton consomme le moins ^'e taboïc; la moyenne est de 157 grammes par tète. ^Q évalue la consommation du tabac :

£n Aiiglelerie, à 500 grammes par individu. En Sardaigne, à 850 —

En Autriche, à 1000 —

Eu Belgique, à 1000 —

En Suisse, à 1500 —

^^ F*raQçais consomme autant de labac qu'un Auglais ou un Russe, ueux fois plus qu*un Italien, mais trois [ois inuins qu'un Allemand ou ""^ hollandais, el quatre fois moins qu'un Belge.

^^ v^iii tes données statistiques ôeM. de Reden, il se consomme ac- ***.**"** Oieni en Euroi)e 3 millions de quintaux de labac, dont une moi- ^ *&€. importée d'Amérique, et l'autre moitié est recollée en Europe, ^ K^roduction est ainsi répartie :

^^ friche 490 000 quinianx (environ l/6delaconsom-

matiou totale en Europe).

j^^ ^estede l'Allemagne . 400 000 —

5^*"^Dce 260000 —

^^^assie 200000 —

^^^llande 60000 —

^^ ^ gique, roy. de Naples, ^lats pontificaux, Po- ^ogne, Valachie.. . .5410000 ^ ^^aigne, Danemark^ Puisse, un peu plus de 1000 —

Coupé en lanières irès-fînes ou façonné en cigares, il ait employé à fumer ; réduit en poudre y il constitue le tabac à priser (*) ; roulé en espèce de boudins, connus sous le nom de role$^ il constitue le tabac à chiquer.

£n médecine, on emploie le tabac qui a subi une fermea^ tation. En poudre, on s'en sert comme stemutatoire, onTo^ donne en fumigations dans le rectum chez les noyés et 2^ phyxiés; on l'administre en lavements à la dose de 2.^ 4 grammes dans la paralysie , la léthargie ; à Textérieur, ^ en fait usage contre la vermine; c'est un remède popul^^ contre la gale'et les dartres.

Altérations. — Le tabac enveloppé, pour sa consern. tion, dans des feuilles de plomb, au lieu de feuilles ù'éXain, peut contenir une petite quantité de ce métal.

(M Les tabacs à priser, ceux de Virginie, du Lot, de Lot-el Garonne, renrermeiii le plus de uicoiine, comme le monlreut lescipàrjencesde M. Schloesing, qui a déterminé la nicotine de différentes espèces de tabac, el est arrivé aux résultats snivants :

Taliacdu Lot, séché à lOOoc. . 1%»^^ de nicotine.

— du Loi et-Garonnr. . . 7,31 —

— de Virginie. ...... 6,87 —

— du Nord 6,58 —

— d'Ille-el-Vilaine .... 6,ï9 —

— du Kenlucky. 6,09 —

— du Fas-ile-Calais. . . . i,9* —

— d'Alsace 3,81 —

— du Maryland. .... S,S9 —

— de la Uavane moins de 2%

Cigares à 15 centimes i,07 )Q«""»*« obiaoM» mIjjJJ

„, ^ ' i ratoire do la ■awtociii»

labac eu poudre S,04 ) d« Parit.

Les tabacs du Paraguay, qui se divisent en quatre classes, sont forts comme ceux de Virginie et de Lot-et-Garonne, ou faibles comme oeoi de la Havane et de Maryland; ils contiennent, d*après M. Unotlft^ Montevideo, les proportions de nicotine suivantes :

lr« classe, tabac Overo 6% de nicotine.

2« classe, — Canela. . . . b^/o,bO —

3« classe, — Colorado. . . 2% —

*• classe, — Villa-Rica.. . 1^/0,80 —

La supériorité des tabacs de la Havane provient, suivant M. U^^ de la non-iîxls(ence d'un principe amer qui se trouve dans les aoinp? tabacs.

U a été recounu que le tabac à priser, légèremeot humide, peut oxyder le plomb et le convertir en sel soluble ; le tabac se recouvre, dans ce cas, d'un produit lamelleux qui a été trouvé être un mélange d'acétate, de carbonate, de chlorure et de sulfate de plomb, dont la quantité varie, pour 250 grarn* mes de tabao; de Ob',30 à Uf,hO (V.

H. Boustem a vérifié le fait sur du tabac belge, en poudre, enveloppé dans des feuilles de plomb. Dans ce but , ou incinère une certaine quantité de tabac dans un petit creuset de porcelaine. Les cendres sont traitées par Tacide nitrique et évaporées à siccité pour chasser Texcès d'acide. Le résidu est repris à chaud par Teau distillée, et le liquide filtré est soumis aux réactifs appropriés (acide sulfurique , iodure de potassium, chromate de potasse, acide sulfhydriquo ou sul* fure alcalin, etc.).

Après vingt minutes de contact avec de Teau distillée, une feuille de plomb qui servait d'enveloppe au tabac a fourni un liquide qui a accusé la présence de ce métal. {Houstein.)

Falsifications. — Quoique le monopole du tabac existe en France, il n'en est pas moins sujet de temps à autre à des falsifications , provenant quelquefois du fait de débitants ou d'employés de la régie. Néanmoins ces coupables sophistications sont faites le plus souvent sur des tabacs que Ton vend ensuite sous le nom de tabacs de contrebande, que certains amateurs s'efforcent de regarder comme plus fins et plus purs que les qualités fournies par la régie {^).

(*) Eu France, depuis 1836, la régie no se S4.'rl plus que Uc feuilles d^ctaiia, mais cul exemple n'a pns clé iniiiô partout en Belgifpie.

£n 185i, le doclcur Maurice Meyer, ('e Berlin, a, le premier, reconnu, cbez certains priseurs, des paralysies saturnines pruvenant île Tusage iniinodéré du tabac en poudre et conservé dans des boUcs garnies de |)loinb. Il a observé ainsi cinq cas dans PesiKice de trois ans.

(*) En 1855, un négocianl de Taris acheta au prix de 25 fr. 200 ci l^ares dits de contrebande, qui avaient toute rapparence dt>s ci'^aros que la régie livre pour 25 centimes; un de ces cigares de contrel)ande, à lieinc allumé, donna un goût détestable. On l'oinrit alors, et Ton rectmnul que tous ces cigares justifiaient bien leur di-nomiuation, et se com* |ios;<ient uniquement de varech enveloppé {U'j)apier brouiUard et trempé dans ou jus de tabac.

La fraude la plus générale et la plus habituelle (*) consiste à maintenir le tabac dans un endroit humide, ou à le mouiller pour en augmenter le poids (*). Le simple examen suffit^ à cette appréciation.

On a vendu, en France , des tabacs frauduleusement mé^ langés avec la poudre de diver$es feuilles, ou avec ces mèm^ feuilles hachées (^)3 des tabacs mêlés avecdelapofossf, da^^^ marin, du sel ammoniac, du noir de fumée , du noir d'ivoim^

(•) D'après un travail du docieur W. Undèifée Berlio, lelah^^^ fumer csl celui qui éprouve le inoios de Irailcmeui chimique; 1/ ^ d*ailleurs difficile, depuis que les cigares sont trèsrrépandns, d*j méfer des substances nuisibles.

Il n*cn est pas de même du tabac à chiquer, auquel on donne sa cmleur sombre et son brillani par une ébuUltion dans une eau conceatrée où l'on fait macérer le iabac à fumer additionné (i*un mélange dem^ fal$ de cuivre et de mlfaie de fer.

Le la bac à priser subit encore des mélanges plus nombrens et des préparations plus nuisibles à la santé; on y ajoute les substances qni entrent dans la composition des sauces, comme le sel marin, le tffammonûic, la potasse, le salpêtre, la crème de tartre, le suc de teiiMfM, le miel, la mélasse ^ le marc de rcUsin^ le vinaiffret etc.; et dei kublasces très-nuisibles pour colorer diverses espèces.

(*) En I8i6, un entreposeur des tabacs fut cité devant les Iribiioaui comme prévenu de détournement et de soustraction do tabacs à l'aide du mouillage. Voici comment Popération était faite ; on retirait (i*uD colis que les employés de la régie venaient de mettre en vente une certaine quantité de tabac en pondre; on disposait dans le fond d*iin colis vide une première couche (jui était arrosée d'eau, puis une sctoode couche, une troisième qui étaient arrosées de la même façon, et ainsi de suite, jusqu*à ce que le quart, la moitié du colis, tantôt plu5, lanidt moins, eussent été ainsi préparés. Celte manipulation se renouvelait |)Ius ou moins selon le débit. Souvent elle avait lieu plusieurs fois dans le même jour, et, à chaque fois, l'entreposeur faisait enlever du colis et mettre de côte dans un sac une quantité de tabac égale à laqoaotiié d'eau employée. Celle-ci était ordinairement de 8 ou 10 kilogrammes P'jr chaque grand colis, et de 5 à 6 kilogrammes par chaque petit colis. ta môme manipulation s'est continuée pendant six ans environ; «tilemeni elle était suspendue pour quelques jours lors de la vi?iie des inspecteurs. I/enlreposenr vendait ou faisnit vendre, pour son compte personnel, sous le nom de tabac iVexcédant^ les tabacs retirés du coits soii aux débitants à raison de 6 fr., 0 fr. 50 c. le kilogramme, soit a»x consommateurs à raison de 7 fr.

(') D'après Ebermayer, on a remplacé quelquefois les fenillcsdo tabac par celles d'autres espèces, telles que les nicoiiana fructicosa, nutica.

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