TABLETTES D'ACIDE CITRIQUE
Nous avons tiré un grand parti, dans Texameu des tabacs falsifiés, de la manière dont ils se comportent avec Teau , de remploi du microscope, de la calcination.
TABIiBTTBS B'AOIBB OZTRIQUB,
Les tablettes d'acide citrique ou pastilles de citron se préparent avec 12 grammes à' acide citrique^ 500 grammes de tuert très-blanc, 16 gouttes à'^essence de citron, et suffisante <IUantité de mucilage de gomme adragante.
Usages. — Ces tablettes sont données comme rafraîchis- 'ttQtes; Tacide qui en fait partie jouit de la propriété, d'après Valley de diminuer la sueur fébrile, tandis que l'acide acélique l'augmente.
Altérations. — Préparées avec du sucre impur, elles sont susceptibles d'attirer Fhumidité de l'air, de se piquer. On doit 1^ rejeter lorsqu'elles présentent ces caractères.
Falsifications. — Les tablettes d'acide citrique sont fal- ^ées, suivant Mérat et Delens, avec Vacide tarttnquej ou *vec Pacide oxalique. Cette fraude est facile à reconnaître : on *^*^ dissoudre les tablettes dans l'eau (iistillée , on filtre pour ^Parer le mucilage, on concentre la liqueur filtrée, puis on y ^erse une solution saturée de chlorure de potassium ; si les blettes ont été préparées avec Tacid^ citrique , elles ne don- ^®nt pas lieu, par l'agitation, à la formation d'un précipité ^^istallin; si, au contraire, elles ont été préparées avec l'a- ^*de tarlrique ou avec l'acide oxalique, on obtient des préci- P>iés de tartrate ou d'oxalate acidulé de potasse {crème de ^^ire ou sel d'oseille).
-L'oxalatc acidulé de potasse jouit de la propriété de don-
^*'> avec Teau de chaux, un précipité d'oxalate de chaux,
^*Uble dans un excès lî'acidc nitrique ; avec le chlorure de
^*^tine, un précipité jaune-serin ; le résidu de Tévaporation
^^iTiit, par la calcination, du carbonate de potasse.
Qn peut reconnaître, à l'aide de l'eau de chaux, si on a ob-
^*^U soit du tartrate de potasse^ soit de l'oxalate de potasse, effet, le tartrate de potasse donne, avec l'eau do chaux,
Hn
529 TABLETTES Q^ GUIMAUVR,
un précipité soluble dans un excès d'acide UirtriquQ; il n'en est pas de même de Toxalate de chaux, qui est insoluble daos Tacide oxalique. ^
TABI.BTTB8 BB OOMMB ARABIQUB.
Ces tablettes se préparent avec : poudre de gomme arabique 500 grammes; sucre très- blanc en poudre» 1500 grammess eau de fleurs d'oranger, 64 grammes ; on fait un mucilage av»^ -^ei une partie de la gomme et avec l'eau de fleurs d*oranger, c^ ob divise ensuite en pastilles du poids de Osr.S, qui doife^^aenl contenir Os^S de gomme.
Usages. — Les tablettes de gomme sont émollientes, mantes, adoucissantes et restaurantes : elles conviennent d les inflammations, les irritations^ les épuisements ; on les ministre dans les maladies de poitrine^ de Pestomac, des v urinaires, etc.
Falsifications. — Le prix de la gomme blanche étant as élevé, on a substitué aux tablettes de gomme, préparéas ^Ê. 'âprès la formule du Codex, des tablettes dites de gomme, où ce médicament n'entre que pour former le mucilage née ^ssaire à lier le sucre et à le convertir on tablettes. On peut xeconnaître cette fraude en faisant dissoudre dansTeauLxne quantité donnée do ces tablettes ; lorsque la dissolution ^^^ complète, on précipite la gomme par une quantité convei^^" ble d'alcool ; on la recueille sur un filtre, on la lave à T ^^^^ cool ; puis, lorsqu'elle est bien séparée de la matière suer on la traite à 100*^ par l'eau distillée; on fait ensuite évapo au bain-marie la solution gommeuse qui fournit la gom qu'elle tenait en solution, et on en détermine le poids.
et e
TABLETTBS BB GUZMAUVB.
Ces tablettes sont préparées en prenant : poudre de rac de guimaurCy 60 grammes ; sucre très-blanc^ 420 gramm eau de fleurs d'oranger y 48 grammes; mucilage de gom
•fifi
TACAMAQUE OU TAGAMAHAGA. 523
^ragante^ suffisante quantité, et convertissant le tout, suivant les règles de Tart, en pastilles du poids de 1 gramme^ <^nt6Daiit environ un huitième de poudre.
Usages. — Ces pastilles, comme la guimauve elle-même, sont employées comme calmantes, émollientes, pectorales, <laiisles affections avec irritation et inflammation.
^TÉaATiONS. — Ces pastilles mal préparées et avec du sucre qui n'est pas très- pur, ou bien conservées dans un lieu liumide, s'altèrent et se piquent; on doit alors les rejeter.
Falsifications. — La saveur fade, douce et mucilagineuse de la guimauve, saveur qui, pour quelques personnes, n'a Heu d'agréable, a donné Fidée malheureuse de substituer aui[ tablettes de guimauve des tablettes préparées avec le 9ucre et la gomme arabique^ laissant de côté le principe médicamenteux ordonné par le médecin.
On reconnaît que les tablettes sont préparées sans guimauve en les faisant dissoudre dans Peau, jetant sur un filtre la solution, qui laisse sur le papier et la gomme adragante et la poudre de guimauve ; lorsque le sucre est séparé par un ou deux lavages, on recueille le dépôt, et on l'essaye par les alcalis; la poudre de guimauve, recueillie à part, mise en contact avec Tammoniaque liquide, avec la soude ou là po- **^e, acquiert une coloration jaune, caractéristique, que ne P^ond pas la gomme adragante.
D'iPàOACtIAIIHA .
ThÇhVU^qVn 90 TAOAMAHAOA.
^'est une résine qu'on tire d'un arbre d'Amérique ; on lui
^^tie aussi les noms de baume de Marie ou baume vert^ à
*^Use de sa couleur. Il y en a deux sortes : la première est
^^oçue ; l^autre est dite en grains ; c*est celle que Ton trouve
plus communément dans le commerce, mais la première
'^te e9t la meilleure qualité. La résine on coque est un peu
?^ ^sse, molle, pâle, jaune ou vcrdâtre, d'une odeur péné- ^^t«, mais très-agréable, ressemblant assez à cellQ de là
524 TAMAKIN.
lavande et de Tambre gris ; sa saveur est aromatique. Elle découle, dit-on, naturellement du fruit de Tarbre, tandis qae la seconde qualité, celle qui se trouve dans le connu ^^cc, découle du tronc, par suite d'incisions qui y sont pratiqix^^» par conséquent, elle est inférieure à la précédente ; ell^ ^^ en grains, demi-transparente, blanchâtre Jaunâtre, brur^ ^^® ou verdâtre ; mais son odeur et sa saveur sont bien inféri^ ^^^ à la saveur et à Todeur de la résine de bonne qualité.
Le vrai baume de Marie se dissout parfaitement dans ^ "' cool, Téther et les alcalis quand il est pur, et, par ce moj^^» on peut facilement reconnaître son mélange avec d'an. ^^ matières étrangères, telles que Ibl colophane ou des résine^ ^® qualités inférieures. Ces falsifications sont aussi décelées V^ Fodeur particulière qu'exhale le mélange lorsqu'on le p^^^ jette sur des charbons ardents.
TAMARXSf.
Le tamarin est le fruit du tamarinier {latnariscus iWiir*^^' arbre de la famille dos légumineuses, qui croît dansJes |.^^y^ intertropicaux, et jusqu'au 30* degré de latitude nord.
Le fruit, parvenu à maturité, renferme une pulpe suc:*"*^*^' aigrelette, filamenteuse, ayant un goût de raisiné, une c^o^'
leur brun rougeâtre, et agréable à manger quand elle *' fraîche. Cette pulpe est seule usitée.
La pulpe de tamarin présente des aspects divers selor"^ provenance.
Le tamarin d* Egypte est en pâte ou en gâteaux, assez s un peu gras.
Le tamarin de CInde est en pâte de couleur noire, mais^ ^ peu rougeâtre; il est moins estimé que le précédent.
La pulpe de tamarin a la composition suivante : acide cw ^^ que, 9,40; acide tartrique, 1,55; acide malique, 0,45; biC^^^ trate de potasse, 3,25: sucre, 12,50; gomme, 4,70; pecr -•^' 6,25 ; parenchyme, 34,35 ; eau, 27,55.
Usages. — Le tamarin est assez fréquemment employ^=^ ^ médecine, à petite dose, sous forme de boisson acide et- ^ fraîchissante ; à haute dose, il agit comme purgatif.
TANNATE DR QUININE. 525
Altérations. — Souvent la pulpe de tamarin contient du ivre, provenant des bassines dans lesquelles on Ta préparée, présence de ce métal est importante à constater; pour y parvenir, on plonge dans la pulpe une lame de fer décapée, sur laquelle le cuivre, s'il y en a. vient se déposer.
IJq autre moyen consiste à incinérer une partie de tamarin, k traiter les cendres par Tacide nitrique, étendre et soumettre la liqueur aux réactifs propres à déceler la présenco du cuivre.
Falsifications. — Lorsque le tamarin fut à un prix élevé, on en fabriqua une sorte, formée de pulpe de pruneaux noirs, de mélasse, d'acide tartrique ou de bitartrnte dépotasse, et même d'acide sulfurique.
£o 1844, M. Giovanni Ruspini a signalé la falsiGcation du ^unarin par le charbon animal, ajouté sans doute dans le but de le colorer davantage. Ce tamarin avait une belle couleur noire, très-brillante ; sa pâte était onctueuse. Il fut dé- '*yé dans douze fois environ son volume d'eau, et, après * *voir agité, le liquide fut décanté et le résidu repris par de Nouvelle eau ; finalement, on put recueillir comme résidu 'lue poudre noire qui avait tous les caractères physiques du ^karbon animal, noircissait les mains, et qui, traitée par Ta- ^^o nitrique étendu, se dissolvait en partie avec efferves- ^ïïce. Cette solution donna un précipité blanc avec Toxalate ^ ^iHmoniaque.
TAMMATS BE QUZIfXWB.
Ce sel, qui est un bitannate (0. Henry), est blanc, pulvérulent, à peine soluble dans l'eau froide , soluble dans l'eau *^PUillante, dans Falcool à 30» bouillant. Cette solution rou- ^^ le tournesol ; elle a une saveur styptique et amère.
exposé à Faction de la chaleur, le tannate de quinine fond ^ Vme masse brune , résiniforme , flexible et nacrée lors- ^î^*elle est encore chaude, mais cassante et friable après son ^'i'oidissement.
Le tannate de quinine, proposé dans la pratique médicale
526 TAPIOKA
par M. Barreswil , se prépare maintenant snt une grande, échelle.
Pour constater sa pureté, on procède de la manière vante : 10 à 12 grammes de ce sel réduit en poudre sontm( lés très-eiactement avec 15 ou 16 grammes de chaux éteint^^, et un peu d'eau pour former une pâte molle; oif ajouté de 6^960 à 80 grammes d'alcool rectifié, on fait bouillii*, on filtre; T la liqueur est évaporée doucement, et , vers la fin, neutralis».^3ée avec un léger excès d'acide sulfurique , en y mêlant UBL^cune petite quantité de noir animal. On filtre bouillant, et on pi^Kr^Dré* cipite par Tammoniaque, ou mieux, par la potasse pu^r^Kire. L^alcaloïde, séparé en flocons blancs , est combiné avec F*" .nV cide sulfurique pour en obtenir le sulfate et le soumettre &«^b. aux épreuves indiquées à Tarticle Sulfate de quinine {Aug. tondre et 0. Henry).
TAtfMXH. ^ V. ACIOB TAKHIQIIB.
TAFIOXA.
Espèce de fécule préparée en faisant sécher sur des plaq^" "D« chaudes la moussache^ ou fécule exotique extraite de la rac^ûie dnjatropha manihot (euphorbiacées).
Le tapioka est en grumeaux irréguliers, blancs, et quei(t "«^^ fois rougeàlres, très-durs et un peu élastiques, composée *l^ grains agglomérés. Gonflé et délayé dans Teau, il donne uï-De dissolution qui bleuit fortement par l'iode. Il n'est pas en*^-*^' rement soluble dans l'eau, et fournit un empois visqu^^* demi-transparent, inodore et d'ime saveur fade.
Le tapioka factice est formé avec la fécule de pomme ^^ terre imbibée d'eau, que Ton projette sur des plaques ^^ cuivre rouge chaufl'ées à 100®. Ce tapioka est en morce^-'*^^ arrondis, presque réguliers, d'une structure homogène et t%^ granulée, plus blancs, moins opaques et plus faciles à rom
tt
sous la dent que ceux du précédent. Il donne avec Tbouillante un empois opaque d'une saveur fade; il bl^ *^ avec l'iode.
Le tapioka factice peut contenir du cuivre , provenant
TAhtRATE NEUTRE DR POTASSE. 527
plaques de cé métal servant, comme nous venons de le dire, à sa préparation. Si Ton n'a pas la précaution d*enlever les graios de fécule humide qui adhèrent à la' surface de ces plaques, ils s'imprègnent d'hydrate et de sous-carbonate de cuirre, et une faible quantité suffit* pour rendre vénéneuse une grande masse de tapioka ; ou bien, si la fécule employée eftt tant soit peu formentée , elle contient une certaine dose d^adde acétique ; la plaque de cuivre est légèrement attaquée, et le tapioka sMmprègne d'une petite quantité d'acétate de euivre. Il n'en faut pas davantage pour rendre cet aliment toxique, et, comme on en a eu l'exemple en 1843, des symptômes d'empoisonnement ne tarderaient pas à se manifester après ringcstion d'un potage qui aurait été préparé avec cette fécule ainsi altérée.
Pour déceler le cuivre dans le tapioka^ il suffît de faire avec cette substance une bouillie claire, d'y ajouter quelques gouttes de vinaigre , et de plonger dans ce mélange une lame de fer décapée ; s'il y a du cuivre, la lame se recouvre d'une couche de cuivre métallique; ou bien le liquide filtré P**6fld, par le cyanure jaune, une couleur brun marron.
On reconnaît aussi le cuivre dans le tapioka par Tincinéra- ^on d'une certaine quantité ; les cendres sont traitées à chaud P*r l'acide nitrique; le liquide, évaporé à siccité et repris par * oau pure, est soumis à Taction des réactifs qui caractérisent ®* Sels de cuivre (ammoniaque, cyanure jaune, acide sulf- •^ydrique, etc.).
^A&yilAYB (Et) Bis PMPABSe. — V. ObAi» oc tabt»c. TARTRATE NEUTRE BS POTASSE.
Ce sel, appelé aussi (artre tnrtarisé, sel végétal , est blanc, ^ ^Ue saveur amèrc, désagréable; il cristallise en prismes ''^t^ngulaires courts, terminés par un sommet dièdre, et qui î^^ Contiennent pas d'eau de cristallisation ; ces cristaux sont ^^Itérables à lair. Il est très-soluble dans l'eau, plus à chaud ^^'à .froidSa densité est de 1,557.
l^ SAGES. — Il est employé en médecine , à faible dose.
528 TARTRATR DK POTASSE ET DE SOUDE.
comme diurétique et fondant; à plus haute dose, comme purgatif. On s'en sert aussi pour améliorer les vins passés è
Taigre.
Altérations. — Le tartrate de potasse peut contenir d cuivre, du fer, provenant des bassines dans lesquelles il a et préparé; il peut contenir aussi des chlorures y dessulfatem^ notamment du sulfate de soude.
Sa dissolution est colorée en bleu par le cyanure jaune, ^^ jf contient du fer, et en beau bleu par Tammoniaque, s'il y^ ^ du cuivre; la présence de ce dernier métal ast également décelée à Taide d'une lame de fer décapée.
Les chlorures sont reconnus par le précipité blanc, caillebotté, que produit le nitrate d'argent dans une dissolution du sel, et les sulfates par le précipité que donne le chlorure de baryum.
Quelquefois le tartrate de potasse n'est qu'un mélange de crème de tartre et de potasse. Sa solution aqueuse laisse alo^^ un dépôt blanc, pulvérulent, qui donne, avec une nouTell* quantité d'eau, une liqueur acide au papier de tournesol.
Si ce dépôt se dissout dans l'acide acétique étendu, et àbàX^' donne, par le refroidissement, de petits cristaux aiguillé^ insipides, on peut en conclure la présence du tartrate chaux.
Si le résidu, insoluble dans l'eaij bouillante, donne, ar l'acide sulfurique concentré, une masse saline , soluble daJ*^ Teau chaude et précipitable en flocons volumineux ^^ Pammoniaquo, on peut être certain qu'il renferme de \^^' lumine.
Enfin, un résidu insoluble dans l'eau ou dans les acides ^^ rude au toucher dénote la silice.
TARTRATIS DIS POTASSE BT B'AlVTZMOIini.-