II
530 TËRÈÉRI<TltlNËS.
et amère ; elle est {burnie paf les pinus HmrittfAd tot iyti^M tris. Elle est sdluble dans Talcoôl ton.
La térébenthine qui coUle pendant rhitël' est solide c moins riche en huile essentielle : b'est lé (itôduit app^li galipot,
La térébenthine de Strasbourg, ou de SuiièS, est la seule qui soit employée eil pharmacie : ou la tire surtout de Suisse. Elle est fournie par Yabies pectinata ; elle est odôratite, Hsqueuse, jaune, presque de couleur de miel , transparéâté oo laiteuse; d'une saveur très-amère; on la filtre, car elle oe dépose ^s par Id repos. Elle devient, aVec le temps, comme vitreuse, sans se durcir complétômetit; on la distingue alofcl du baume ou térébenthine dite de la MèCque , dont elle a iin peu l'aspect, en cîe qu'une goutte dé Ce baume. Jetée à la surface de Teati, S'y étend, tandis quMlie goutte de térébôUthiue, jetée sur le môme liquide, tombe au fond. Conservé ddUS tiîl bocal, le bauttie forme une croûte à là surface., ce que ne M pas la térébenthine.
La térébenthine de VeÀxéè, qtti eât là plUs belle et W plusôàtimée, est fournie par le pinus tarit [tarix éUf-bpdèa) ; elle est assez liquide, d'un jaune verdâtre, d'une odeur plus supportable que les autres sortes; sa saveur est amère et chaude. Elle est connue aussi sous les noms de térébenthine au citro^t d'Alsace, des Vosges, de Briançon. Elle vient de la Slyrie, i^ la Hongrie, du Tyrol et de la Suisse. Elle est liquide presque comme de l'eau ; son ptit est pldS éleVé. L'alcool la dissout sans laisser de résidu.
Pour obtenir ce suc résineux , on crève les cicatricules de récorce où elle est contenue, et Ton n'incise pas Tarbre jusqu'au cœur comme polir retirer la térébenthine de TûiW pectinata.
On connaît, outre ces trois espèces : 1° la térébenthine * Chypre ou de Chio, qui provient du pistacea ierebinthus (W' rébinlhacées). Cette térébenthine, qu'on ne trouve plus gu^ dans le commeirce, est presque solide, inodore, d'une coulée jaune verdâtre, non transparent^, nébuleuse, parfois opaque; sa saveur est peu marquée.
La térébenthine de Boston, qui est usitée en Angleterre» paraît provenir du pinus aust^alis.
TÊRBBBNTHINES.
n y a aussi la térfffenthinecf Amérique , tirée dApinui àîrohu; celle de Hongrie^ tirée du pinu^ tnughos; celle des numts Carpathes, tirée du pinus cimbra .
EDfln, quelques auteurs considërent comme des térébenthines le baume du Canada , fourni par Vabies baisamea^ les kUmeÈ de copahu et de la Mecque (Voy, 1. 1, p. 112 et 117).
L'analyse des térébenthines â été faite par MM. Vnverdorhen ^Cailliot. Voici les résultats obtenus par ce dernier chidiiste :
Huile volatile
Adde soccinique et matière extraclife.
Acide pinique
— sjlviqae
itètine intoinble daim l*alfool
AWéiine i
^erte, portâiii pârticutièremenl sur rbulle folalild
VsAGXS. — La térébenthine entre dans la composition des ternis, des mastics, etc. En pharmacie, on la fait entrer dans 'eyjtt térébenthinéey dans V alcoolat de térébenthine composé ^mne de Fioraventi), dans diverses piluleS; dans les digos-
**a, etc., etc.
Altérations. — Les térébenthines de Bordeaux et de Ve- M^, e&posées à Tair, perdent rapidement une grande partie ^^ leur huile essentielle ; elles deviennent alors presque so- "^des, et leur valeur est considérablement diminuée.
la plupart des impuretés qui les salissent sont appréciées ^ Taide de Talcool, qui ne dissout que la térébenthine et '^îsse les matières étrangères P9ur résidu.
Falsifications. — On a substitué à la térébenthine de Bordeaux un produit fabriqué avec la colophane^ une huité ^*^i«e et un peu de térébenthine. Cette matière falsifiée se re-
l}3t THÊ.
connaît à son aspect particulier ; soumise à Taçtion de la chaleur, elle ne laisse pas un résidu sec et cassant comme la bonne térébenthine.
La térébenthine de Venise, mêlée ù des térébenthines communes, est plus consistante, et a perdu sa transparence.
La térébenthine de Venise, additionnée d'ituilei gram communes, pour lui conserver sa fluidité, est reconnaissaUe lorsqu'on la chauffe pour éliminer Thuile essentielle : lé résidu refroidi a une consistance solide, si la térébenthine est pure ; il est poisseux et gras, lorsqu'elle contient une huile grasse.
TBRaB FOUÉB MnréRAU. — V. Acétatb ob mvm. TBaRB FOXtl^B VBaBTJklA. — V. AcftrAn vm rwâm.
Le thé est la feuille desséchée d'un arbrisseau {ihea sme^r siè) de la famille des camelliées, qui croît en Chine, au Japon, en Cochinchine, et dans quelques contrées de TAsie orientale et méridionale. Cet arbrisseau est rameux, toujours yert» communément de 1*^,60 à l'^^OB d'élévation; à feuilles alternes, elliptiques, aiguës, dentées et assez fermes, glabres» luisantes, d'un vert assez intense, longues communément (te 0'",05 ou 0",08, et larges de 0'",03. Les fleurs sont blanches, assez grandes, courtement pédonculées^ solitaires ou réunie en petit nombre à Paisselle des feuilles supérieures.
On divise le thé en deux grandes catégories : les thà w0 et les t/tés verts (*), qui, eux-mêmes, sont subdivisés en on
(1) L*opinion la plus généralemeat admise mainlenant estqnllB) a plus à douter de Pideniiié de l'arbusle à thé vert et à thé noir.
Il résulte d*une enquëie faite à Londres par une coiuinissioD piriO' menlaire, qui a entendu le président de la Société commerciale ^ tudes Orientales pour le commerce du thé^ que les différentes unaece^ de thé envoyé en Europe sont le résultat d*un procédé de teintoK^a^ les Chinois font subir à cette feuille pour se conformer au désir (^ marchands européens; si bien qu*il ne leur en coûterait pasdaviatta^ de nous envoyer du thé jaune, rouge ou bleu, si telle était la mode.
Il paraît que cette manipulation consiste à ajouter, à la derai^
THÈ. 533
certain nombre d'espèces et même de variétés, provenant du climat sous lequel l'arbrisseau a végété^ de Tâge des feuilles, de l'époque de leur récolte et des préparations diverses qu'on leara fait subir.
l*THis ifOiRS. — Thépehoëy ou pak-ho, ou pekao, ou pekm. — (Test le plus fin, le plus aromatique et le plus cher des thés noirs. Ses feuilles sont très-allongées, d'un noir argenté, et couvertes d'un léger duvet blanc et soyeux ; ses extrémités sont tachetées de noir, de gris et de blanc. Odenr douce, aro* matiqae^ que les Chinois augmentent encore eu y mêlant quelcjues fleurs de Volea flagrans, dont on trouve fréquemment des graines dans le pekoê (^). Son infusion est d'un beau jaune doré; son goût ressemble un peu à celui de la noisette fraîche.
Thé pekoë (tAssam. — Feuille plus large et moins allongée. Son infusion a une saveur, un parfum, un goût bien inférieurs à ceux de Tinfusion du pekoê chinois, désigné généralement sous le nom de pekoè à teintes blanches.
Thé pekoè orangé, — Très-menu, d'un noir foncé, mêlé de jaune orange ; odeur agréable, quoiqu'elle ne paraisse pas iiaturelle. Ce thé, mélangé avec du congo, se vend à Londres Hms la dénomination assez connue de howqua mixture.
iViiioo, pour 80 livres de leuilles, une cuilKTéc de gypse, une cuiilerre lecvrcimia et deux ou trois cuillerées ^yindigo passé à iravers une inuus- ■^ae irès-line. Le thé est roulé pendant une iieure an moins avec celle Mstioo, qui n'ôte ni n*ajouie rien :i son atonie : rimligo donne la cou- Mr, et le sulfate de chaux la fixe et donne au ihé un aspect effloroseat, analogue à celui du duvet des jeunes feuilles. Los Chinois appelai UWMQlin la première de ces substances, et la seconde arco. Celte addition d*indii;oei de gypse ne constitue pas une faUificatlon; *cttQn usage du t^ays qui rcnioiilei)euiêhvà la fabricaiion première. ^ ibé reçoit aiusi une l>elle coloration verte. Dans qucl>|nes cas, •latine Ta ol>servé M. Robert Warrington, les Chinois substituent du fctt de Prusse à Tindigo; c'est alors que la coloration peut oOrir des •ager». Il (>aralt d'ailleurs que les Chinois ne l'ignorent pas, et n"'»^» ^CODsomnieot pas chez eu\ ces espèces de thés verts, destinés cxcluvemeot k Texportatiou.
P) Les Chinois parfument aussi le thé avec les fleurs d'orangef* ^* ■«life, Vaglaia, etc., qui sont laissés quel(|n« temps en contact aV*îC Ve *. et séparés ensuite au moyen de vannages et de criblage^ ^èv^^^* ^^l Fortune).
Thé cangOi ou koong-foOf ou camphou. — Feuille» minces, courtes, d'un noir grisAtre. Infusion assez claire, d'un goA) assez agréable.
Thé pouchong, ou paou-chung, ou padrea. -r- Feuilles larges, longues et bien roulées, mélangées d'une asses griode quantité de pétioles. Odeur très-suave. Infusiou verte, un peu ambrée.
Thé souchong ou seaou-srAtfn^.— Feuilles un peu plus larges que celles du congo, minces et tant soit peu conca^ées. (Test le plus fort des tbés noirs. Infusion claire^ dorée, d'une saveur douce (*).
Thé bohea^ ou woo-€^ ou boui-bou ('). — Peut se classer en deux espèces différentes :
Le bohea de Fokien et le bohea de Canton. — Mélange de feuilles de toutes sortes, larges, plates, inégales, d'une couleur brun clair et verdàtre^ toujours mêlées de poussière et de petits fragments de pétioles. Infusion rougeAtre, petisapide, ayant parfois un goût de fun^e; elle laisse déposer une espèce de sédiment noir.
2« Thés verts. — Thi hyson ou he-chun. — Feuilles longues, étroites, charnues, bien tournées en spirale, d un vert gris&tre, fortement roulées lopgitudinalement sur eUe^-m^ mes. Cette sorte est ordinairement très-lourde, quoique trèssèche et facile à briser. Odeur su^ve et aromatique. Infusion limpide, d'une nuance jaune-citron. C'est, de tous les thés verts, le plus généralement estimé.
Thé poudre à canon, ou gun-potvder ou choo^ha. — Celt« sorte n'est autre que le hyson soigneusement trié, et forint des feuilles les mieux roulées en petites boules très-serrées. Elle est très-lourde, d'un vert un peu noir&tre. Infusion to* pide, d'un vert doré.
(1) li esi arrivé, il y a peu de temps, par la vole du commerce holUn* dais, un nouveau produit, le thé de Java, offrant dans ses premi*«* sortes (les qualités au moins corres|)ondantes à celles des thés souchong (C^k»/tn).
{*) Autrefois tous les thés noirs étaient désignés sous ce nom, qui dérive de celui d'un canton de la province de Fokien, d*où on leliï* |)rincipalement. Aujourd'hui, celle sorte seule a conservé celte dé>ignalion.
TBfi. 535
Tié impérial ou thiperU (*). — Formé, comme le précédent, du triage de Thjrson; seulement il est en grains beauco-up plus gros. Feuilles roulées en boules serrées et dures, ' de manière à présenter l'apparence de perles. Elles sont 4'un rert argenté et d'une saveur agréable.
jFké hysonrschoulang ou téhulan. — Présente les mêmes cairactères que le thé hyson ; son odeur suave est due, sui- TCint quelques autours, à ce que Ton y mêle des fleurs de Volea tigrons.
Thé hyson junior ou yu-tseen. — Feuilles très-petites, délicates, bien crispées, d'un vert jaun&tre, d'un parfum trèsdoux, ressemblant un peu à la violette.
Thé tonkay ou tun-ke, ou songlo. — Fouilles larges, jaui^Atres, mal roulées; odeur assez forte. Infusion jaune foncé, claire, d'une saveur âpre.
Thé hyson $kin. — Feuilles d'un jaune brunâtre, à peine rotilées, mâlées souvent de graines de thé. Odeur presque ^xille, goût un peu ferrugineux. Infusion jaune foncé, un peu trouble. C'est le bohea des thés verts.
D'après M. Mulder, 100 p. de thé renferment :
THft DB chiue. tbb db JATÂ.
HysoD. Congo. Hyson. Congo.
Huile essentielle 0,79 0,60 0.98 0,65
Chlorophylle S,33 1,84 3,3i 1,S8
Cire 0,28 » 0,38 »
Résine M* 3,64 1,64 8,44
Gomme 8,56 7,88 18,80 11.08
Tannin 17,80 18,88 17,56 14,80
Théine {ou caféine) 0,43 (•) 0,46 0,60 0,65
Matière eitractlve 88,80 20.60 81,68 18,64
(') Celte sorte de thé est toute différente du véritable thé Impérial clestinéà la cour de Pékin, et que Ton ne trouve pas dans le commerce.
0) M. y. Sterihouse a trouvé une propottiou double de théine ; ainsi H a obtenu pour 100 parties de thé :
Hyson 1,05
Tonkay 0,98
Congo 1,08
Assam 1,87
A Taide d*un procédé d*extraction de la théine, qui parait plus avan-
THÉ DB cmna. th» P«^*ATi
HyMD. Congo. HjMD. Coag4
Matière coloranleparliculière. S3,60 10,li 90,36 19,U
Albumine 0) 3,00 i,80 3,64 i;U
Fibres (cellulose) tlftS 28,82 18.80 S7,0C
Gendres 5,56 5,8i 4,76 5,3€
Suivant M. Péligot, auquel on doit d'intéressantes reci ches sur la composition chimique du thé, les thés noirs ( tiennent, en moyenne, 10 y^, et les thés verts 8 •/• d'eau a trouvé que 100 parties des thés dont les noms suivent c tiennent en parties solubles dans Teau bouillante :
Thé prii i rétil sec. Thé prit à l'éMl ordin.
SoiicboDg (In 45,7 40,8
Soucbong ordinaire. . 41,8 37,3
^ — iO.3 36,0
g \ Pekoë 3i,6 31,3
Pekoë orange .... 48,7 44,5
— 46,8 48,8 ^ I Pouchong 48,8 30,0
Congo 40,9 36,8
Bobea 44,4 39,8
\ Assani 45,4 41,7
Poudre à canon. . . . 51,9 48,5
- 50,8 46,9 Impérial 43,! 39,6
Qd ) Hyson 47,7 43.8
Hyson fln 46,9 43,1
Schoulang 45,9 48,3
H I Hyson junior .... 51,5 47,4
I Hyson skin 43,5 U9,8
\ Tonkay 4i,8 38.4
lagcux, M. Péiigot a obtenu des nombres doubles di: ceu\ do M. S house; savoir, pour 100 parties de thé :
Foudre à canon 8,3i
Hvson 8,79
Mélange à parties égales de soucbong, iK)udre
à ranon, byson, impérial, pckoc 8,93
(*) I/aibnmine. suivant M. Péiigot, serait de la caséinef et la prop tien (le celle nialière, jointe à celle de la caféine, sérail telle que le rt-nfcrniciaii jusqu'à 6%.^ d'azole.
incinérant 100 parties de thé, le même chimiste a obleuu. les quantités suivantes de cendres :
Soucboug 5,5 .
Poudre à canon. . . 5^ |- Moyenne 5 %. Pekoë 5,3 )
Ces cendres ont une couleur un peu rougeâtre, due à une petite quantité d'oxyde de fer, qui provient sans doute^ en P^tie, des vases de fer employés à la torréfaction de la feuille. ^es renferment, en outre, des sulfates, phosphates et chlorures alcalinSj et un peu de silice. Elles ne contiennent pas la moindre quantité de cuivre, contrairement à Topinion émise P^ quelques auteurs sur la présence d'un sel de cuivre aufl^«l le thé vert devrait sa couleur (*).
L'infusion de thé est d'une couleur qui varie entre le jaune clair et le brun foncé, selon qu'elle a été faite avec du thé ^ert ou avec du thé noir. Concentrée et chaude, elle est limpide; mais en se refroidissant elle se trouble, et elle tient *lors en suspension une poudre grise très-divisée qui la rend ^^^^^me laiteuse, et qui consiste en une combinaison de tannin ®^ <le théine, soluble dans Teau chaude mais insoluble dans * eau froide ; elle est insipide^ quoique formée de deux meL- ^^Pes très-sapides : Tune astringente , le tannin ; l'autre, ^^^re; la théine.
L'infusion^ séparée par la filtratiou de ce composé insolu- ^^^9 donne, avec le sous-acétate de plomb^ un précipité jaune "Hin abondant, qui renferme, en combinaison avec l'oxyde ^ plomb, toute la matière colorante , tout le tannin et un *^*de particulier.
L'infusion de thé vert contient moins de matière colorante
'^^ le thé noir, mais fournit plus de substances précipitables
jp^ lo sous-acétate de plomb; le thé vert, quoique provenant
^ ^éme arbuiste, est préparé avec une feuille plus jeune et
^^ conséquent moins ligneuse; il est plus compacte, plus
^^se et en môme temps plus sec que le thé noir.
^U résumé, les principes que contiennent les infusions de
^ ' ) I^ (ioclenr Gunther dit avoir trouvé beancou|) de manganèse et w * traces de cuivre dans le tbé noir el dans le Ibé ver!, où il admet la existence de ce inéial, comme cela a lieu dans plu.^ieurs végêlaus;.
ri38 TUft.
CÇ9 deux sortes 4$ thés sont 1^ mémo»; imis ils %'j ttçm^i
dans des proportions on peu difTéreples , ^t cofwn^ c^ proportions sont moins fortes dans le thé noir que dans le thé vert, celui-ci est plus actif.
Tous les thés fins, destinés à l'exportation, sont mis dans des caisses vernissées, doublées de lames d'étain, de plomb, de feuilles sèches ou de papier peint, afin d'en clore tous les interstices et de les rendre imperméables à Tair extérieur; ces caisses sont, en outre, revêtues de nattes de bambou, tràs*-^ ^ serrées, ou recouvertes en peau; mais ce dernier emballag^^^^ ne se pratique que pour les thés fins envoyés en Russie e' qu'on désigne sous le nom de thés de caravane.
Usages. — L'emploi du thé , comme boisson alimentai] est tellement grand, surtout en Angleterre (■)» qu'il doni lieu à un mouvement d'affaires considérable. Il n'y a
(<] L'usage du tlié ne sVst intruduit en Europe que Tera le mHlea dii-seplième siècle (t6S6), à la faveur des spéenlalions de la Goai| goie dos Indes orientales.
Voicj un aperçM approximaiif de U pposomm^ljOD mniif^lf (tesdi férents États, en adoptant pour terme ipo;fen Tai^iiée 1838:
Tli'é copsooifDé.
Russie 7 505 564 tS7 kl ^ -^^
Angleterre li 871 UT
États-Unis 7 907 088
Hamljonr^, pour rinléri^nr flQ rAlleqfiagnç. 800 000
Hollande 450 000
Brème , Frise et baul Wesel 915 500
France 118 874
Brésil 100 080
Belgique 80 89^
Danemark , Suède et Norwé^e ..,,.. 85 000
Prusse (par Dantzik] 15 000
Naples 4 850
Autriche (par Trieste et Venise) 8 580
Étals sardes 9 808
États romains • ... 8 100
Toscane 9 pOO
Sicile 850
On ne fait pas entrer ici la consommation extrêmement minime (^ l*Espa;;ne, du Portugal, de la Suisse et do Plialie, tribif^ires, pour m ^ produit, de la France et de TAngleterre.
La consommation de l'Angleterre s'élève aujourd^Ni * 95 million ^oo»
th6. 539
QicagératioQ à porter à 200 millions le revenu ^nuel que ce 4irticle procure au Céleste Empire.
Administré à Tétat de poudre, le thé est un excitant trèsèuergique.
Palsifications. — Le thé est Tobjet de nombreuses falsifi-
<^AiioDS, qui consistent principalement dans des colorations
ftZ'lifîcieUes ou dans des substitutions dé feuilles étrangères à
celles du thé (*). Le thé vert est plus sujet que le thé noir à
(^s falsifications.
13'après Accufn, on a fait à Londres , il y a une trentaine d^i^nné^Sy un commerce considérable dp tbé3 falsifiés. Les ^Arcbands y mélangent les feuilles àix prunier sauvage (pru- ^Ut mpirma), du frêne, du sureau^ de Vaubépinier , du saule, ^^ f^euplier, du marronnier d'Inde, du mahaleb , de Véglan- '•^'•^ du laurier, de divers arbres du genre orme (•), d'autres
"^ kilogrammes, el (Mille de TAnomque de 17 à 18 millioas de kilo-
^n ireote aos (18S3 à |853), laponsommation a moDlé, en France, de ^ OOO kilogrammes à 16S 000 kilogrammes.
^*) En 18i7, k'S agents de Texcise ou des cobtribulions indirectes ont
^^*«i,iGnild-hall, chez le sieur James St..., treize livres de thé sophisti-
'^^^j préparé avec un mélange de différentes herbes ou d'arbustes el de
^y^ qqi arait déjà servi; le tout, gommé et manipulé artistement, offrait
^ aspect du thé byson, très-recherché des amateurs.
L'alderman compta pour huit livres au lieu de treize le thé falsiQé, et «Infligea à St... 40 livres sterling [1000 fr.) d'amende. Les larmes et les Supplications deSt... déterminèrent ensuite l'aiderman à réçjuire Ta- ^^ende à 10 livres sterling (350 fr.); mais ce fraudeur, se trouvant hors ^i*étal de payer la somme, fut envoyé en prison.
Diaprés sir John F, Davis, le thé noir, et principalement les variétés fxmgo et iouchong, sont les plus pures, tandis que les qualités odorantes, telles que le pekoe, le cager, le chulan ou hlack gunpowder et le thé Yen, sont presque toujours frelatées. La sophistication consiste à teindre le9 feailles soit avec du graphite ou du micaschiste en |)Oudre, soit avec <Ie Vindigo et du xmrcuma.
1^ Commission sanitaire de Londres a constaté que de {grandes imporlatioDs de faux thés préparés en Chine ^.ont destinées à fatsitier les tbéf verts chez les marchands en Angleterre. Elle a résumé les conclusions de ses nom)>reuses recherches en émettant le vœu : 1° que le droit spit diminué sur les thés noirs, afin de restreindre la consommation des Ibos vertt^, sujets aux falsiQcations les plus nombreuses et les plus insalubres ; %^ que tou$ les thés faux ou entachés de fraude soient saisis à la douane et détruits on brûlés.
(*) M. Mafarette fit connaître, il y a quelques années, à TAcadémie
biO THE.
plantes astringentes , et les colorent, soit en vert, avec les sels de cuivre^ soit en noir, avec le bois de campéche,
La coloration en vert par les sels de cuivTe se reconnaît au moyen de Tammoniaque liquide, étendue de son poids d'eau, qui se colore en bleu, ou par l'eau chargée d'acide sulfhydrique, qui noircit les feuilles ; ou bien on calcine 1 p. de thé avec 3 p. de nitrate de potasse : on obtient un résidu, que l'on dissout dans Tcaû acidulée; la solution filtrée est éprouvée par les réactifs des sels de cuivre (cyanure jaune, ammoniaque, potasse, acide sulfhydrique).
Les thés colorés par le bois de campéche, étant rendus hn mides et frottés sur du papier blanc, y laissent des tache-d*un noir bleuâtre, qui rougissent au contact d'un acide. L'î
(les BCiences^ que les feuilles de Vormede Clwiê {pianêra crm$ta) éui^ Irès-propres à n-mplacer le ihé, et qu*on uvall livré au commerce pi sienrs kilogrammes de ce Taux ibé, qui avait éic trouvé de bonne qoali ^K.ê.
Il paraît que pour donner de la force et de la saveur au ibé oi^ y ajoute les feuilles du veno-beno, plante indigène de Parcbiiiel indi^^^u. tÀndley dit qu'elle produit une e<|)èce d'enivremeul, stimule pui>sk kbb^ ment les glandes salivuires et l 'S organes digestifs, et diminue la ii spiralion. Dans Tlnde, on remploie comme tonique et stomachique. feuilles ont une odeur pi(|uantc et une saveur slimulante.
Au Chili, au Paraguay, au BnVsil^ on vend, sous le nom de ik^ o» herbe du Paraguay^ herbe de Para, de Caa^ une poudre préparée les feuilles ei les petites branches lorrélices d*une i*8|ièce de Vilexparaguensis, qui renferme. d*après M. Stenhouse, O^/t.70 detbéii*^* LMisage de ce thé est très-répandu dans TAmérique dn Sud, où on l« préfère au thé de la Chine.
Aux Anlilles, on se sert, dans le même but, d'une planie connue sou» le nom ô^aya pana, qui croit à Plie Bourl)on et à Plie de France.
Les Mexicains et les Guatimalieiis font ^ôiioralemeut du tbé avec l<^ feuilles du p5aro/ia ^/amii4/o5a. Dans la Nouvelle-Grenade, on sest^rl de Valstonia thexfonnis. IMus au nord^ sur le même continent, ooprc^ pare un thé, nommé thé de Labrador, avec les ft^uilles du gauUheria pr^' cwnbens et du ledum laUfoLium. Dans la Nouvelle-Hollande, on fail '*^ tlié avec le corrœaalba. Les habitants de Parchipel des Kourils, eotre 1^ Japon et le Kamischatka, font le thé avec une espèce de pédicabirc^ {pedicularis tauata). LesTartares Thchary prennent, en guise de tlH?t une infusion de racine de tornientille (tormentiUa erecla).
Du reste, dans presque tous les pays, les plantes de la famille d^^ labiées pourraient fournir des thés fort agréables. Il paraîtrait que l*^f Chinois eux-mêmes préfèrent au thé Pinfusion de souye, plante ci>" croit dans nos pays, et qu'ils donnent aux Hollandais trois caisses <^^ thé |)Our uue de sauge.
TBB. 641
faskmde feiiîUes de thé coloKe> par le mteie Ikhs est d'or noirUeuâtie, rougissaiit par Faddition de Tacide salAinqiie. Suirant M. Siamîsla* Martin, le thé fonne, arec une dissololkm de solCite de quinine, une combinaison insoluble* qui permet de distûigaer le thé mêlé de feuilles étrangères d'un tube sans mélange. L'infusion de thé de bonne qualité, conjoint heauoDop de tannin, dépose abondamment lorsqu'on y Teise quelques gouttes d'une solulion aqueuse de sulfate de quinine, tandis que ce dépôt est presque nul pour le thé falsifié.
M. Clarke a examiné plusieurs échantillons de thé souchong, qui contenaient 25 */« de plom^fagine. La Commi^on 'Sanitaire de Londres a trouvé chez des marchands de thé ^luelques échantillons de thé pekoê et de thé poudre à canon ^^lorés par la pbmbagine.
M. Sowerby a signalé le mélange des feuilles fraîches de ^é, et non encore roulées, avec ime espèce de mble ferru- ^Meiur^qui contenait des cristaux de fer magnétique en telle abondance, qu'un aimant fut capable de soulever et d'ouvrir les feuiUes du thé.
Dans les grandes villes, il n'est pas rare que l'on mélange au thé de bonne qualité du Ihé déjà épuisé par f infusion (*) , et soumis à une dessiccation préalable. Cette fraude se dé- ^I« par l'odorat, la saveur, la couleur , le défaut d'arôme.
(') En 1S43, il y avaii huit de ces fabriques à Londres seulement, sans
^^■■^Ptcr quelques-unes qui s'étaient éubllc:» dans d'autres parUesdu
^o^iime-Uni.
^ Londres, Edouard S... et sa femmo ont été surpris par les agents
** 'excise. Ils avaient établi une fabrique de ihé sophistiqué dans
■■^ salle basse d'une maison située dans le faulwurg de Clerken-
^«1|- Ils acIitUieut i vil prix (de s pence et demi à S pence la livre,
f ^t ^à-dire de iS à 30 cenlimes;, aux garçons de café de la capilafe. des
"■'^k-s de ibé qui avaieiii déjà serxi, les faisaient sécher ei les mélan-
[^*«iït de feuUles de laurier, de pruneUe et d'auires plantes. Un peu de
^^P^rmeUeue servait à donner au mélange la couleur convenable, et
V©»* • r„-: .1.. t.: 1^ ..Mniiisit dfi manière à lui
^o magistrais du tribunal de police v..»
[•^^tie, et déclarés... cl sa femme seulen.eul passibles de Pamendo pour ^«^le envers Texcise, ou régie des taxes indirectes.
5f2 Tll6.
Suivant M. Riegel^ on falsifie quelquefois le thé ârec 1< feuilles de Vepitobium angustifolium , plante qui ne pas dé théine. M. Riegeld^ proposé d'appliquer, dans ce le réactif que M. Stenhouse recommande comme caractéf%^: tique de la théine, et qui consiste à faire bouillir, pêndi quelques minutes, la substance à essayer avec deux ou tr^< fois son poids d'acide nitrique, à évaporer à sëc, et à cha.* fer lo résidu avec de Tammoniaque : s'il y a de la théii il se produit une matière rouge analogue à la murexide ( mi
Si la coloration du thé vert, pratiquée, comme nous I *^. vous dit plus haut; au moyen du gypse et de Tindigo, ne doit pas être considérée comme une falsification , il li'en est |>45 de même des colorations superficielles à Taide desquelles en convertit le thé noir en thé Vert. On a employé à cet effiet b bku de Prusse, le chromate de plomb, le ûûHuma. et Uhe espèce de talc (*).
En 1843, Tadminisiration fut inforiiiée que du thé at^Àrif provenant d'un navire anglais, the fielianee , qui tivait Ait naufrage sur les côtes de France, avait été repêché^ laré i Teau pour le priver du sel marin que lui avait communîcii^^ Teau de mer, puis coloré en vert par un mélange à'iniigo ou
(I) La murexide (aucien purpufalc d*immoniaque de /foMI) e«i ^^ subslancc qui se fornu? louies lus Tois qu'on traite un Ueft produits ^^ rivôs de Tacidc urlqtie par rammoniaqiic, à l'abri ou au contact ^^ l'air. Elle crisialliso en prismes à quatre pans d'un rou^çe grenat P^^ iransmission, dont deux faces prcsenlenl le reOet vert métallique ^^ élytres du scarabée doré.
(^) 11 résulte d'expériencei laites par uu chimiste anglais sur un gr^ud nombre dVchaniillons de tlié vert, que ceui-ci cbangèrent du vert ^" jauno, en en plaçant quelc|uos cuillerées sur un tamis et les tenant ^^^^ un petit Glet d'e.ui froide pendant quatre ou cinq minutes ; le résidu 5<^'^' à une iéi;ère chaleur prit la couleur du thé noir ordinaire. La matière ^^ loraute, enlevée des feuilles par le lavage, s'étaut précipitée, ou r^**' mina au microscope. On y observa trois matières de couleur différcï»*^*^' bleu, jaune, blanc ; c'était du bleu de Pru se,du curcuma et du laïc- ^ jaune et le bleu coloreni le thé noir eu vert; ensuite les feuilles ^^" roulées dans le blanc, |K)ur leur donner l'aspect perlé que Ton re«'^**^* che dans le commerce.
Souvent, dans Ls vi>ites faites annuellement chez les épicier», »*^ avons trouvé des thés verts sensibîeniont colorés. En les mouillant ^ ^f la salive, et en lis masllquanl légèrement,, on les décolorait avec *'^*' lité et on acquérait la preuve de la fraude.
Tttfi. 543
d^ bku de Plrvas^y de M&, de chromate de plomb, et livré au commerce (•).
Dans le mothênt otl Totl s'occupait à Paris des thés colorés au ctitomate de plomb, M. Eug. Marchand, pharmacien à Fécamp, etamina 64 échantillons de thé qu^on s'était procutfechëz les épiders de cette ville, et qui étaient colorés par le même procédé. On fut aniené à cet examen par une indisposition grave que deut personnes de Fécamp éprouvèrent, et dotit elles attribuèrent la causé à Tutagé prolongé d'un thé qui leur dvalt été fourni paf un épicier de la ville.
Voici commeht on peut reconnaître cette fraude crimi-
(') Vo)H cotnméiU le fi\l fUt connu :
H- te docleur tÀhnKt, ayant été appelé à donner des aolns au sieur ft..., oonier ilsserand, reconnut ^uu la situation de cet homme (Hait •lar-* ■nante et qu'elle présentait des caractères extraordinain^s. Lu pi us singulier était une coloration de la peau en vert, ce qui lui fil penser que le (Qalade oe s'occupait pas uniquement de son métier de lisscrand. Après >^lr été prei»sé dé qitesiionâ, tt... finit par avouet* tiUMl travalllatt à la ^nl|>ulatlon dei Ibéa. et qn« ce travail atait pour but de convertir de« ^bés verts en thés noirs. «.Je ne sais^ ajouia-t-il, quelles Font les iub*
* stances employées; mais je crois que la poussière qui s'exhale des
* Ihès ainsi préparés en les tamisaui, en même temps qu'elle me co-
* tore la peau, comme vous voyez, me cause l'Indisposition dont je
* «Ottffre. »
'•^ médecin sdt de R... que le travail des thés lui était commandé par
^^ sieur U... P..., qu'il croyait un homme de paille, et travaillant lui-
^^^m^ pour le compte d'un négociant qui lui était inconnu. Le docteur
^''**l de son devoir d'instruire l'autorité de ce qui se passait; en Coosé-
'iQencc, il se rendit chez le commissaire de police et lit sn déclaration.
^'enquête apprit (|uc H... P... n'était que le préposé du sieur A...,
l'^ROciant à Paiis. Aussitôt une perqui5ition, faite chez ce dernier, amena
^ ^isie d'une assez grande quantité de tliés manipulés ou en manipu-
'•Os sieurs A... et II... P... furent renvoyés devantle tribunal correc-
l'^hëi, qui) faliiabt attpllcation dc«; articles 193, 59 M 6D du Code pénal,
^ Condamna chacun à hnit jours de prison et 60 francs d'amende.
^Q négociant A... interjeta appel do ce jugement et fut acquitté; la
'J** royale rendit un arrêt par lequel: Considérant que si A... a fait
f^^^ <»*w? thés avariés une préparation pour les rendre marchands^ U
^^ fMu êlnH{ qn*il ait trompé sur la qualité de ta fnarchafiélsè vendue,
**5àr8uitc de ce jugement, les thés falsitiés furent rendus au négociant }
^^UUci les flt laver )»our sé|>arer le chromate de plomb, et oolorer de
^\ eau avec de l'ocre et du bleu de Prusse, puis les livra à la coiisom-
^^îqu. L*acbeteur eut ainsi du thé qui avait subi trois lavages.
544 THRIDÀCR.
ne] le : on place dans un verre à expérience une certaine quantité des feuilles suspectes et on les recouvre diacide nitrique. Après trois ou quatre heures de contact, on décante le liquide, on presse les feuill&s pour en faire exsuder Tacide, que Ton évapore à siccité. Le résidu est repris par Fcao distillée^ et Ton essaye la solution par Fiodure de potassium, qui doit donner un précipité jaune, soluble dans un excès de réactif; par le chromate de potasse, qui donne également un précipité jaune , soluble dans la potasse ; par le sulfate de soude ou Facide sulfurique, qui fournit un précipité blanc, devenant noir au contact de l'acide sulfhydrique ou des sulfures alcalins ; par la potasse, qui donne un précipité blanc, soluble dans un excès de réactif. En calcinant ou niéaie en faisant bouillir d'autres feuilles avec une solution de potasse caustique, on décompose le chromate de plomb, et Ton obtient du chromate de potasse soluble, que Ton essaye par 1< réactifs du chrome.
Une sophistication du thé, pratiquée par les Chinois eux. — mêmes, consiste à agglomérer, sous forme de fragments, ave^ de la gomme, la poussière du thé. Ils appellent iie the (Ûxé faux ) cette sorte de thé et la mélangent ordinairement à d'autres qualit('*s inférieures.
On emploie aussi, dit- on, les excréments de vers à soie pour falsifier le thé et principalement la sorte dite gunpowier. Il faut espérer que cette fraude repoussante est rarement pratiquée.
tbrxhacb
Le docteur François a donné le nom de thridace au suc laiteux blanc qui découle des incisions faites aux tiges de la laitue montée; ce suc brunit et s'épaissit à l'air. Cet extrait de laitue, qui est le lactucarium des Anglais, a été obtenu en trèsgrande quantité par M. Aubergier, qui a fait bien connaîtra ses propriétés.
La thridace décrite au Codex n'est pas le produit désigné sous ce nom parle docteur François; ce n'ast pas non plus le
THRIDACR. 545
loctucarium des Anglais, mais bien un extrait que Ton prépaie en prenant la laitue montée prête à fleurir, rejetant les feuilles, pilant les tiges, exprimant le suc, le passant à travers on linge, et le faisant évaporer à Pétuve, en couches minces, dans des assiettes.
UsAOES. — La thridace est calmante et anodine; elle réussit dans les cas où Topium échoue ; elle n'accélère pas la circolalion , ne cause pas d'engorgement capillaire, n'irrite pas Testomac; elle ne convient pas cependant dans les affections fébriles ni pendant la digestion ; elle jouit de la double propriété de calmer les douleurs en provoquant le sommeil par I*acte de la sédation qu'elle opère sur les systèmes nerveux et vascolaire.
On en fait un sirop.
FAxsmcATioNS. — La thridace est allongée avec la gomme ; <%UG«ci est dissoute dans le suc de laitue, et le mélange, éva- AOfé à Tétuve, est introduit dans des flacons.
^ thridace mêlée de gomme attire Thumidité de Fair et ^ distingue de la thridace pure en ce qu'on peut précipi- ^fl^ gonune par l'alcool, la recueillir sur un filtre, la laver avec l'alcool, puis la dissoudre dans l'eau, et l'obtenir par évapc)ration.
^ thridace pure donne avec l'alcool un précipité dû à la Pf^^^nce de matières insolubles qui ne présentent aucune analogie avec la gomme.
^*^ a composé une thridace avec de la gomme arabique y de ^^^r^ait de chiendent Qi de Y opium,
^* Stanislas Martin a signalé l'adultération de la thridace ^ Vectrait de genièvre et la fécule.
^H général, Tessai d'une thridace se fait, par la dégusta- ^^^> comparativement avec une autre d'origine authentique; ^ examinant l'action de l'eau, de l'alcool, des réactifs (sul- ^^ de fer, cyanure jaune, potasse, nitrate d'argent, acétate ^^ Plomb, nitrate de mercure) : la solution de thridace pure ^^^ne avec l'alcool un précipité abondant; avec le sulfate de ®^> une coloration en brun olive ; avec le cyanure jaune, ^0 coloration brun rougeàlre ; avec la potasse, une colora- ^^^ brune ; avec le nitrate d'argent, un abondant précipité, ^ vire au noir au bout de douze heures ; avec l'acétate de
546 TRÈFLH (graine de).
plomb, un pri^cipité ^boncjftnt, aveq d(iiU»lor#tiQn presque ^ covnplèto du liquide ; avec le nitr^tQ da merotty», fm préd? ^ pité gris M^c.
JOVWTBAV:
En Belgique, on a fait entrer de la craie (carbonate mz5e chaux! dans les tourteaux qui servent à la nourriture bétail.
La fraude se reconnaît facilement en plongeant ces toaux dans de Tcau aiguisée d'acide chlorhydrique : les to teaux mêlés de craie donnent lieu à un bouillonnement. , à une effervescence qui ne se manifeste pas avec ceux quL en sont exempts.
La graine de trèfle incarnat (trifolium i^çar^oifuv^), loi^ qu'elle est de bonne qualité et d'une récolte récente, a "Ofle couleur blanc jaunâtre^ un aspect lisse et brillant ; si on '^ garde en magasin plus d'une année, elle se colore en rouge brun, et, sous cetto nuance, elle lèvp moins biep et dpnne une végétation moins fqurnie.
A Toulouse, on Ta mélangée avec du sable apprêté ao moyen d'un vernis d'une couleur pareille à celle de la graiae» que l'on tamise en même temps, ce qui en augmepte le vQlume et lo poids. On npv^^ a pfiéme assuré que beaucoiip d^ revendeurs s'étaient prêtés ^ cette fraude avpc coq^plaisancei dans le but d'attirer un plus grand nomhpq d'c^pheteurs paf l'appât du bon ma^-ché (»).
(1) Il faut bicp le dife lii) p9SS9ut, ce qqi epgenftre Itf plus MUfMt^ fr.iiide sur louics h;s sul)sla|nces, c'est Pcxjgence irrénéchîe ducon.*o("' iiiaieur, qui veut avoir de la bonne niarcliandisc à un prix qui Vit\i^ aucun bénelici^ au producteur ou au marchand.
Un sieur D..., de Casielnau-lfagnoac, a êié condamné, en IWT» P*' lo IribMnal de Baijn(^re.S; i) trois nu.is Ue prison, coromu cûupil*»**^