‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 4)Chapitre 141 sur 190 · VIN · texte numérisé non relu

VIN

manière tellement franche et tellement pareille à Taddification artificielle, qu'il e^t difficile au dégustateur et au chimiste de se prononcer d'une manière rigoureuse.

La présence de l'acide tartrique libre dans les vins est on fait exceptionnel ; aussi n'y existe-t-il que quand il a été ajouté (^). M. Laisaigne a constaté qu'en ajoutant au vin additionné d'acide tartrique deux fois son volume d*une solation do chlorure de potassium saturée à la température de + 15o<^, et en agitant pendant quelque temps le mélange à l'aide d'une baguette de verre qu'on frotte vivement contre les parois du vase de verre où la réaction doit se produire, le vin laisse précipiter, dans l'espace de huit à dix minutes, nne poudre blanche cristalline de bitartrate de potasse, qu'on peot séparer par décantation.

En agissant de la môme manière avec du vin naturel non additionné d'acide tartrique, le vin ne fournit aucun précipité, du moins dans k même laps de temps; car la même solution de chlorure de potassium peut aussi précipiter, on M de plusieurs heures, le bitartrate de potasse dissous naturellement dans le vin.

Pour s'assurer que le précipité obtenu dans le premier cas est bien formé par du bitartrate de potasse, on le dissout à chaud, dans la moindre quantité possible d'eau distillée, pois on le précipite par Teau de chaux. Le précipité formé de tartrate de chaux se redissoul par l'addition d'une petite quantité de solution aqueuse de chlorhydrate d'ammoniacpe. Or, le tartrate calcaire est le seul sel qui, dans des circonstances semblables, puisse être redissous par le chlorhydrate d'ammoniaque.

Ce procédé permet de constater la présence de 1/600 d'acide tartrique ajouté au vin.

Le tannin du raisin, qui réside dans les pépins, la grappe

(1) Cependant M. Uebig assure qu*iiD grand nombre d*espèces de viDsdu Rhin contiennent de Paciile tartrique libre, surtout lorsqo^iis sont conservés depuis longtemps en tonneau; et il propose mèiue de délruire leur acidilê en ajoutant du tartrate de potasse neutre, qui forme de la crème de tartre avec Pacide tartrii|ue libre, et en masquer ainsi 0,8. Suivant le célèbre chimiste de Gicssen, les vins qo*un léger excès diacide a privés de leurs qualités reprennent alors leur bon

Tins. 6^

et les priJinilm, se rglToaTe dans les Tins ea plus ou moins grande qiuntilé. D est strptiqae, d'une âpreté pm prononcée; fleolore en noir les sds de fer, forme arec la gélatine et Talbomine des précipités Tolaminenx, se dissout dans Talcool faible, et a nne si grande affinité pour la matière colorante da râiy qu'on aérait tenté de le croire de même nature : car eette affinilé n'est pas la même ponr les principes colorants des anires firnits. La présence du tannin dans le Tin est certainement très-ntile, non-seulement comme principe conser* Tateur et tonifiant, mais encore comme élément propre à la elarificaticm dn Tin, en le dépouillant de Texcès de tartre, de matiàre colorante, de mucilage, etc., qu'il contient. Un Tin entièrement dépounru de tannin est beaucoup plus susceptible d'altération que celui qui en est pourra, il peut facilement contracter la maladie connue sous le nom de^raùse, ou poMmge au gras.

ToiUi pourquoi Ton ajoute souTent du tannin au nn, lorsque ce liquide n'en renferme pas assez \^). Aussi est>il important de pouToir connaître la proportion de ce principe contenue dans le Tin.

Pour arrirer à ce but, M. Fauré a conseillé Temploi d'une solution de gélatine préparée dans des proportions telles, que 100 grammes de cette solution puissent précipiter exactement 1 graomie de tannin pur dissous dans 100 grammes d'eau dis^ée. On opère sur 100 grammes de chaque vin, et Ton apprécie la quantité de solution de gélatine employée pour la précipitation complète du tannin, par la différence de poids que présente le flacon renfermant cette solution avant et après Texpérience.

La recherche de la quantité d'acide carbonique libre que renferment les vins de Champagne, ou le dosage de la mousse^ est de la plus haute importance pour les fabricants do vin mousseux, qui ne doivent pas perdre de vue, ainsi que nous nous en sommes assuré, que le même vin arrivant dans le même pays, à des saisons différentas, s'y comporte différeni-

(i) Souvent même cette addilion se fait d^uoc manicl'rc déplorable. Ccst ainsi qu'en I8i7 un Tabricant de vin d'Epcrnay acbela au sîour B..., sous le nom de tannin blanc distillé^ une soin lion d*alun ronTcrmaut 90 grammes de ce sel |>ar liirc ( Voy, L l", |>. &3).

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meut sous 10 rappoH de la mousse, el par tant souft «ehû de

la casse.

Voici comment on détermine la quantité d^adde carboniipie renfermée dans les Tins.

Après aroir choisi line botlteille stir le tas qoe l'on se propose d'analyser, on la fait communiquer au moyen d'un siphon à robinet avec un grand flacon vide disposé de telle sorte que ce flacon puisse être rempli d'eau à la fin de rexpérimee, pour pouvoir en déplacer tout l'air. A ce flacon est adapté un tube renfermant du chlorure de calcium, et destiné k dessécher le gaz carbonique. Enfin, ce tube dessioeatenr estsaivi d'Un appareil & cinq boules, de Liebig, rempHi à la manlàra ordinaire, d'une Solution de potasse caustique pesée très-eIa^ temdnt, et servant à absorber et à flter le gaz carbonique qui se dégage du vin essayé. Tontes les pièces de Tappareil doivent être unies entre elles à Taide de tubes en caoutcheoe, pottr lui donner plus d'élasticité. Cela fait, on ouvre le robinet du siphon qui plonge dans la bouteille^ et Ton place oeUM dans lin bain d'eau froide, dont on élève gradaellemant li température jusqu'à l'ébullition. Lorsqu'il ne se dégage pto de gaz, on fait arriver de Peau dans le flacon qui communique directement avec la bouteille en etpérience, et l'on en déplace ainsi très-lentement le gaz, qui va lui-m^me barboter k travers la solution de potasse et y laisser l'acide carbonique qu'il contient. On démonte alors l'appareil, et on pèse l'appareil i boules. L'augmentation de poids indique la proportion d'adde carbonique que renfermait le volume de vin soumis à cet essai.

Souvent le vin est rendu gazeux ou mousseux artificiellement, et le gaz carbonique ne s'y trouve en dissolution que par suite de sa compression dans le hquide. On remarque généralement qu un pareil vin abandonne son gaz presque aussitôt qu*il est mis en contact avec Tair; tandis que le rin qui est gazeux par suite de la fermentation, placé dans les mêmes circonstances, continue pendant longtemps à travaH- 1er, c'est-à-Hire à laisser dégager des bulles de gaz, dégagement que l'on rend plus sensible par Tagitation. La constatation d'une petite quantité d'acide sulfurique (''

(>) En 1854, le sieur B...^ reconnu coupable de falsilicatioo de vie,

j amer. M. LMmptu ^sB^^b* i czi'» i*:c-:^ c^il^?cr à«n fragments •>& F^;>=7- î'^^ u:î1t i-e t^ zzs: 1 i^irre. i< additioBoé d^nz»? j-Kite -rxia-'^* •iKii-» *al:ûr?;» : î* j; mier papier ne; ;»:i2l tlî«4 : I* SK-r'-i rcTisâ: a^izî qiie I* papier Uane se coî-jce. H u-=Ti>fnt cassost. in&ik. pv uz léger froiMeineBt ectr? îe» àoiçis.

La Tin pur Bon aô'iktioaiié U:*^. par l'eTaponbon «pont»- ■ée, ime taeke bbm Tioiacé : ucais qae i^ tId auquel on a qoalé 2 à 3 mOùèfnes -l'acide «uiiuhqoe ionne. par îa de^ ÛBemtàùaf wtt tache roi«i^hor.cfk$ia '

Od qoate quelquefois de l'alun aiii nit5 ^ . dans )e but : 1* de rehausser leur couleur: i «ie clanûer .donner du ni/^ et de imirOT assurer la cvu^erratioD des Tîn^ d'eiportâtion : 3* de leur donner one saTeor stjpuqne. analogue à ceiie

eliTattciBle porter.- a ï ^ale putAïqu-. (al conôiiBiiv a u : oîo.» «ie pri=4M par k irbo^al d: rrvmicre Iciianc*: de Lyot'. Sur un ii|Vl a irfiiiii intefi^é n^ 'e fuînisf^re pr;N •:. Ij Coor impériale de b m^me ville a atadiBiie B. . . à ao an ëe prifon.

1... aTaii an iietier compiei oe so( hl^ticatioa ; soa uMgisin ixfafermait de rocidf nuuhque, le la lie dé rin t.t <ie t'ray. q^ii senait de base aox iiiéUDgr«. D'^pn» Irs eip^rts. 1 be.tcl:tivde vtu J«: B. .. renfermait on dix mitliime d'aci ?e ÇLifari {'^tr i Irïa: libre.

En lasa, le Iribnaal de Lotis- 'e-Santoier i coodainnê le >ieur G. . . à iroif mois de prison et MO fr. d'am':^Dd--. (cur uT.>ir feu- lu d;i fin fal- •lié par addition y'ean ei J'ariie sulf»riqije. Cci a<[ide aTjîi eiè :û^a(o dans le bol de dis^iniuler l'addiiion d'e;«u i>î de supplet>r au defaui d*alcool en donnant au\ fins faUilîes uuo saveur factice analogue i celle des vins purs du paj^^.

(1) Le papier blanc le plus convenable |»oiir cet essai est le i^pier lissé ordinairCj oaus la |»ile duquel existe de I amidon ou do la fi'cule. Il est trës-ri'paiMU aujourd'hui dans le commerce; il se voloro en bleu foiieé lorsqu'on le mouille avv.'c de Peau io<ii e.

(*) Cette addition «e fait parfois en a<sei forte prof'ortion : 150 ou SOO urammes par hectolitre.

Dans ï'alumage des vins, la proportion d'alun ne sVlève pas à plus de 0tr,86 par Mire. Mais (crtaiiis marchands de \in n'ont pas craint dVlcver cette proportion à i, 3 et 5 grammes par iitiv: cVsi ce qui o>t arrivé pour les marchands de vîn que le tribunal correctionnel de Ciastros (Tarn) condamna, en 1856 et en 1857, pour ce fait, à la prison iquatro à buil jours), Cl à l'amende (10 à 100 fr.], aux dépens, à la confiscation

qu'offre le vin de Bordeaux, ou de leur rendre celle qn'uDe addition d'eau leur avait enlevée. Mais cette saveur styptiqae» qui est sans danger lorsqu'elle est due à une cause naturelle, est très-nuisible lorsqu'elle est obtenue par des moyens factices.

Pour reconnaître cette falsification , on peut avoir recours à Tun ou à Vautre des procédés suivants :

1® Lorsqu'on ajoute, suivant M. Béraud, une petite quantité d'eau de chaux à un vin naturel, le mélange, abandonné qaarante-huit heures à lui-môme, donne des cristaux de tartrate de chaux : l'addition de Talun s'opposant entièrement à cette cristallisation, si elle ne se forme pas, on peut en conclure que le vin contient de lalun, surtout si l'on joint à cette donnée celle qui résulte de la saveur, de la réaction avec le chlorure de baryum, etc.

2° Le procédé suivant mérite cependant la préférence: lorsque le vin fournit par le nitrate de baryte ou le chlorure de baryum un précipité instantané, et notablement abondant, insoluble dans l'acide nitrique et dans Tacide chlorhydrique, on peut considérer comme probable la présence de Talun, et l'on doit procéder à la recherche de l'alumine, ce que M. Za^ saigne conseille de faire de la manière suivante : on précipite par racétate de plomb neutre la matière colorante, plus le tartrate, los sulfates, les chlorures, le phosphate, dont les bases se trouvent ainsi transformées en acétates. On filtre et ou soumet le liquide à Taclion d'un courant de gaz acide sulfhydrique, pour éliminer l'excès de plomb ajouté. On chauffe ensuite pour chasser le gaz excédant, on filtre et on ajoute de l'ammoniaque, qui précipite Talumine.

3° M. Hngounenq, de Lodève, a proposé, pour doser rapidement et facilement l'alumine, d'additionner de chlorure de baryum 500 à 1000 grammes de vin suspect, jusqu'à cessation de précipité; on filtre, et dans le liquide filtré on verse un léger excès d'oxalate d'ammoniaque ; on filtre de nouveau, et dans le liquide clair on introduit une quantité suf-

(les boissons saisies, el à la publication du jugement dans les journaux «le Castres. Le jugement fut conlirmc le 21 juillet 1856 par la Cour ira- {)éi iale de Toulouse.

fisante de noir animal bien lavé (^) ; en agitant, on décolore le liquide en peu d'instants^ puis on précipite par un léger excès d^ammoniaque : Talumine renfermée dans le vin» qu'elle soit normale ou qu'elle provienne d'un sel soluble d'alumine frauduleusement ajouté, se sépare avec sa forme gélatineuse ; on la recueille sur un filtre et Ton procède à son dosage.

L'addition de sulfate de fer au vin, faite dans le même but que celle de Falun, se constate avec facilité; car, indépendamment du précipité blanc instantané que fournit le vin avec le chlorure de baryum ou le nitrate de baryte, on peut aisément reconnaître que le liquide jouit des propriétés des sels de fer.

Les vins aigris, dont Tacidité a été saturée en partie par les carbonates de potasse, de soude ou de chaux, contiennent une certaine quantité d'acétates de ces bases.

On reconnaît le vin dont on a saturé Tacide par du carbonate calcaire, à ce qu'il donne constamment un précipité d'oxàlate de chaux, lorsqu'on y verse un excès d'oxalate d'ammoniaque. A la vérité, le vin naturel, contenant aussi une petite quantité de tartrate de chaux, donne également lieu à un précipité; mais dans ce dernier cas le dépôt est à peine sensible, tandis que dans le premier il est très-abondant.

On peut aussi, pour reconnaître la môme fraude, faire usage d'un moyen qui est employé également pour constater si l'acidité du vin a été neutralisée par le carbonate de potasse ou de soude : on décolore le vin par le charbon animal purifié; on filtre et Ton évapore à siccité. On verse sur le résidu deux ou trois fois son volume d'alcool; qui dissout les acétates de potasse, de soude ou de chaux, et qui les sépare des sels contenus naturellement dans les vins.

L'alcool évaporé laisse pour résidu l'acétate qui existait. On en reconnaît alors facilement l'espèce; car P si la chaux

(*) Le Doir le mieux lavé pouvant contenir et céder alors du phosphate de cliaux que Tanalyste prendrait pour de Talumine, il semble préférable, pour décolorer le vin^ de l'évaporer à consistance sirupeuse^ d^élendre le résidu de son volume d'acide cblorliydrique, de porter le liquide à réb^Uilion et d*y ajouter peu à peu du chlorate de potasse en excès {BarrêtuAU).

a été employée à la saturation , Toxalate d^ammoiiia^tté donne un précipité blanc a? ec la solution aqueuse de os résidu ;

i^ Si le carbonate de potasse a été employé , le même résidu cristallise en lamelles blanches trte-légères, d'une saveur très-piqudnte, déliquescentes^ solubles dans l'eau et l'alcool. Ce résidu, dissous dans Teau distillée, domie Ufi précipité blanc avec Tacide tartrique, et un précipité jauneserin avec le bichlorure de platine ;

30 Enfin» si Ton a fait usage de carbonate de soude, Faeétate obtenu peut cristalliser en prismes rhomboîdaux transparents^ d'une saveur amère et piquante, effloresce&ls, moins solubles dans Teau et Talcool que Tacétate de potasse. Si dissolution aqueuse n'exerce aucune action sur les réacti& précités, et fournit^ au contraire^ un précipité blanc aVK une dissolution concentrée d'antimoniate de potasse.

On connaît plusieurs procédés pour distinguer la mati^ colorante naturelle des vins, des matières colorantes qu'M peut y ajouter (^) ; nous allons indiquer les données qui pa-

(*) Dans une partie de la Champagne» on pr6paH» âteb les teies d'bièble, (le sureau, ei Talun (SO grammes par litre), une liqnear fermeiitée désiguée bous le nom de vin de Fismes, vin de twitêf desiioée i augmeuier la couleur des vïds, et pour la préparation de laquelle uo brevel a élé délivré en 1781.

Celte addition est une véritable frande; elle doit être punie coflllbe telle devant les iribuhant.

Elle a, en ellél, donné lieu à des poursuites et à des condamnation. Eu 1854, le sieur R... a été coudaniné par le tribunal de police correciioiinelle de la Seine à cinq jours de prison et à tO fr. d^ameode i:our avoir vendu, comme vin dt; Bordeaux^ un composi^ de vin rouge e«immun du Midi et d'eau colorée et préparée avec un liquide nomné vin de teinte de Fismes consistant en jus de baies de emreau^ (TAMteelefl jus de mûres.

En décembre 185i, un marchand de vin de Paris a été condamné à li prison pour débit de vin coloré avec le vin dit de Fismes; et un nè^ociuni en vin, le sieur D..., a été condamné par le tribunal de polies correctionnelle de Joigny (Yonne) à trt)is mois d*emprisonnemenl, à 50 Tr. d^amende et aux Trais, pour aveir été trouvé détenteur d*ooe grande quantité de vins rouges, reconnus pour être falsiOés et contenir uu mélange de cidre^ de vin blanCy colorés par une petite quantité de vins de teinte, diide Fismes»

Appel de ce jugement eut lieu devant le tribunal d*AuTerre qnit ^

raisseiit lêk plus positirés pour la solution de cette f|uestioh , toutefois nous croyons devoir ajouter que les recherches sur la coloration des vins et sur les réactions que présentent ceé liquides naturels avec les réactifs laissent encore beaucoup à désirer.

soa tottr^ condamna D* . . à sik m^iâ de (kison et à 50 IV. d*Ameilde. Ùi juKcmeol fal ensuite cassé, et D. . .^ pamn autre arrêt, oefÉl contlAoïaé qu*à ramende.

Plusieurs pièces de vin, saisies dans la cave du sieur G..., propriétaire à Batignollcs, furent técônâues n*èlre aiilre chose 4ue de i*eau cotOrM [têt ÛMjHséB haiei de nfeau ; dit autNs pièces ti^étaJent qU*uki mélaBge de fin eommun et d^nne Torie quantité d'eau { traduit comine prévenu de falsiiication de boissons devant le tribunal eorreclionnei, le sieur G. . . a éié condamné à un mois de prison et à 100 fr. d*amende; le tribunal a, en outre, ordonné la contiscation des pièces saisies.

Dans te département de la Loi^^ on a saisi utte TabHqde de Vin, orgtinlséesuf Une assez vaste écliellé, où do le prét>arait avec Vdirdk, le raMn d€$ bois. Les prévenus, au nombre de cinq> pouvaient ainsi livrer i raison de SO ou 90 fr. des pièces d'un vin qui nu leur revenait pas à plus de 10 fr. rbecloliirc. Traduits pour ces faits devant le tribunal correctionnel de Saint-Elienne, Tun d*eijx Tut condamné à trois mois de pHsoti, Un second à û^at \uoh, vi nti troisième à un nmls^ et tous trois à 50 fr. d'amende ; les deux aulres furent acquittés. Le tribunal ordouna^en outre, reffusion des liquides sur la voie publique, la confiscation des substatices et ustensiles qui avaient servi à la fabrication de ces vins falsifiés.

Od a également saisi des vins colorés avec des vinasses.

Il serait à désirer qu'on suivit partout Texcmpld donné par M. Ch, AHtlmm, procuredr impérial au paniuet de Cti&ieau-tbierry, qui fit Insérer, en 1S94, la note suivanie dans VBcho dé VÂisne :

« Un grand nombre de propriélaireà et de Vignerons de l'arrondisse- « tneni de Cbftleau -Thierry ont Thabitude de falsifier et de déklatu^er « le vin qnMIs fabriquent^ en ajoutant au raisin diverses substances, uo- « tammeht de la graine de sureau,

« Ces mélanges, qui ont pour efi'et de tromper les acheteurs sur la « couleuir réelle du vfn ci sur sa qualité, sont aussi nuisibles à la santé « publique.

« A l'avenir, les personnes qui conilnueraient à pratiquer ces falsi- « flcalions et à vendre les produits seront poursuivies conformément m aux dispositions de rarticlc 31S du Code pénal. »

En 1B57, le sieur L. . . H. . .^ négociant en vins à Bercy, dans les magasiiis duquel on avait saisi 431 hectolitres 15 litres d'un liquide composé de vins rouges communs du Midi et de 33 % d'eau préparée avec du Jus de baies de sureau et d*bièble^ avec addition d'alun, a été condamné par le tribunal correctionnel i six mois de prison, à 500 fr. d'à-

Des expériences que nous avons faites, en 1827, sur les vins des départements de la Côte-d'Or, de la Haute-Marne, de l'Hérault, de la Gironde, des Vosges, de la Hearthe, de la Meuse et de la Seine, il résulte : 1^ que la potasse en solution peut être employée comme réactif pour faire connaître la couleur des vins naturels, qu'elle fait virer du rouge au vertbouteille ou au vert brunâtre ; 2^ que le changement de coloration produit par ce réactif est différent lorsque les vins sont vieux ; 3* qu'il n'y a pas de précipitation de la matière colorante par l'addition de cet alcali, et que celle-ci reste en solution ; A^ que la solution d'acétate de plomb^ indiquée par Vogel, ne peut être employée comme réactif pour reconnaître si un vin est coloré artificiellement , ce sel étant susceptible de donner, avec ces liquides colorés naturellement^ des précipités de couleurs variées ; 5^ qu'il en est do môme de l'eau de chaux, du chlorure d'étain avec addition d'ammoniaque, et du sous-acétate de plomb ; 6^ que l'ammoniaque peut être employée à reconnaître les vins naturels, les changements de couleur qu'elle détermine dans ces liquides no variant pas d'une manière bien sensible ; 1^ qu'il en est de même de la

inende, à la confiscation des vins saisis, à leur effusion devant le domicile de L..., à rinseriion du jugement dans deux journaux e( à raOicbe à*clnquanle exemplaires, dont un à la porte du domicile même de !.. . ., le tout aux frais de celui-ci.

Toutes ces condamnations n'ont pas empêché de répandre^ la mène année, à Bercy et chez des marchands de vins^ Tannouce suivanle:

« Tuiiile conservatrice des vins. Procédé L. W., de F..., autorisée « breveté.— Un lilre de celle leinte, ajouté à chaque hectolitre deTio, « suffit pour Taméliorer, assurer sa conservation, le préserver des ma* « ladies qui peuvent Taitérer, lui rendre la couleur qu'il a perdae, le a déi^raissor et le clariiier sans le secours de la colle. Son efficacité i a éié reconnue i)ar la Société de médecine de Paris, sur le rapport de M la(iuellc a été délivré à M. L. W. . . le brevet de fabrication. »

il y a là une anomalie singulière : ou laisse annoncer des liquides brevetés pour colorer les vins, et si, on emploie ces li((uides,on est condamné. Il serait urgent de Faire étudier la question de savoir s'il ji nécessité d'interdire, dans rintérél do Thygiéne publique, la coiontiofl des vins par des substances étrangères, ou bien d'exiger que le via coloré artiOciellement soit signalé comme tel. En donnant au produit son tC' ritable nom, on peut sans crainte autoriser la vente de vins méoie factices.

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solation d'alun à laquelle on ajoute une certaine'quantité de potasse en solution.

D'après M. yees d'Esenbeek^ la méthode la plus sûre pour essayer la couleur des vins consiste à faire deux solutions: l'une de 1 partie d'alun dans 11 parties d*eau distillée, Tautre de 1 partie de carbonate de potasse dans 8 parties d'eau distillée. On ajoute au vin un volume égal au sien de la solution d'alun ; puis on y verse peu à peu la solution de carbonate de potasse, en ayant la précaution de ne pas décomposer la totalité de l'alun. L'alumine, en se précipitant, s'unit à la matière colorante du vin, et fournit^ avec celui qui est naturel, une laque d'un gris saie^ virant plus ou moins au rouge (couleur de lie); un excès d*alcali redissout une portion du précipité et le rend gris cendré. Dans les vins nouveaux , le précipité formé dans les circonstances relatées ci-dessus se distingue par la couleur verte que lui communique un excès de potasse.

Tous les vins qui, traités par les solutions d*alun et de carbonate de pelasse, donnent des précipités bleus, violets ou roses, doivent être soupçonnés de colorigition artificielle avec une matière colorante étrangère à celle du vin. M. Nées dEsenbeck a constaté .que la matière colorante des baies du phytolacca decandra est la seule qui se comporte avec ces réactifs comme la matière coloraute des vius^ et qu'il est trèsdifficile alors de la découvrir dans ceux-ci.

M. Filhol, pharmacien à Toulouse, a publié le moyen suivant pour reconnaître si la matière colorante des vins est naturelle ou non. On verse dans une petite quantité de vin naturel quelconque assez d'ammoniaque pour que l'odeur s'en fasse légèrement sentir après le mélange, on y ajoute alors quelques gouttes d'une solution concentrée de sulfhydrate d'ammoniaque, et on jette le tout sur un filtre : le liquide qui passe présente une couleur verte sans mélange de bleu ni de rouge. Si le vin renfermait une matière colorante étrangère, le liquide filtré présenterait une nuance de bleu, de rouge ou de violet, bien caractérisée. ^

Mais cette méthode ne peut faire reconnaître la nature de la matière colorante employée. Les vins naturels essayés par M. Ft'Mo/ avaient été colorés par lui à dessein avec le suc de

act VINS.

mûres; «vec les b«ies (i'biàble> de sureau, de troène; tveelt teinture de tournesol ; avec les infusions de bois de CiBUpécbe, de bois de Brésil et de fleurs de coquelicot.

H. Jacoby pharmacien i^ Tonnerre, ^ ipdiqu^ un moyen d'essai pour rechercher si les vins ont été qolorés piur le beis d'Inde, le bois de Fernambouc> le^ pétales de ooqudicot; par les baies d'bièble, de sureau, de troène ; par U teinture de tournesol.

Voici comment pn opère : dî^s 2 grammes de vin 4 essayer, on verse 2 grammes d'une dissolution formée par 10 grammes de sulfate d'alumine et 100 grammes d'eau distillée; puis on ajoute à ce mélapge 12 à 16 gouttes d'un 9e* lutum alcalin préparé avec 8 grammes de carbonate d'aïamoniaque et 100 grammes d'eau distillée. On obtient alon, comme par le procédé de M. Ne^^i (tEsenbecky un abondant précipité d'alumine^ sous fprme de laque diversement colorée, suivant la nature de la substance colorante qui se trouve dans le vin soumis à l'essai, et cobrée en grisâtre, avec le vin naturel.

Comme plusieurs de ces précipités se ressemblent tellement^ qu'il serait assez difficile de prononcer sur leur nature, M. Jacob a proposé l'emploi simultané d'un autre réactif» le sous-acétate de plomb, qui donne, avec le vin naturel, un précipité gris bleuâtre.

Le tableau ci-contre indique la CQuleur des précipités preduits par les différents réactifs que nous venons de citer, dans les vins colorés artificiellement.

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