‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 4)Chapitre 43 sur 190 · ACIDE · texte numérisé non relu

ACIDE

CaLOftHTOft.

pur, Ivgèrrineoi

hunaoï.

:i 25 ou 40**.

Coloration orangée

Dissolut, sans coloration.

Coloration en viotvt, puis dissoiuuoD de couleur améthyste.

^ papier est fabriqué avec des substances iilament(>usos provenant du règne végétal, notamment avec les fibres textes du chanvre , du lin, du coton, qui, après un long ^e, arrivent dans les papeteries sous forme de débris appc- ^^^hiff<ms{}). On se sert aussi de chiffons do laino et do soie,

('! On évalue que Paris seul fournit aux papeteries un produit gé- •^IdeWOO fr. de chiffons par jour, ou 1 75« ooo fp. par an.

pour fabriquer les papiers communs, les papiers d*emballage. On a cherché à remplacer, en partie, les chiffons, dans la fabrication des papiers, par diverses matières {maïs, varechSy tourbe, vieux cuirs, débris de corroirie) ; plusieurs essais ont été tentés pour utiliser la feuxlk de bananier^ les lianes d Amérique, les éeor.ces de mûrier, de tilleul ei de peu-plier, le phormium tenax.

Il est inutile d'insister sur les emplois bien connus des papiers^ dont la consommation annuelle, en France, est évaluée approximativement à 1 kilogramme et demi par tôte (•).

Le papier se fait, soit à la main (ou à la forme], soit à la mécanique.

Les principales espèces de papiers sont :

1® Les coquilles ou papiers à lettre : ce sont les papiers les plus fins ; on en fait de toutes les nuances et de plusieurs degrés de finesse ; le papier coquille très-mince prend le nom de pelure ;

2« Le papier écolier ;

3° Les rouleaux pour t impression de tenture ;

V* Les papiers d'impression (sans colle) ;

5° Las papiers d'emballage ;

6® Les papiers pour affiches : ce sont les papiers les plus minces ; ils se colorent de diverses nuances (bleu, rose, jaune, nankin, vert, aurore, violet, etc.), à Taide de matières colorantes minérales ou organiques, interposées dans la pâte.

Il y a encore les papiers à filtre [sans colle) ; les papiers pour dessins et lavis^ et les papiers à registrCy fabriqués à la forme avec le chanvre et le lin ; le papier à calquer ou tramlucide, dit végétal, obtenu avec la filasse do chanvre ou de lin écrus, sans pourrissago ni blanchiment préalable (2).

Les papiers destinés à recevoir récriture sont collés ( Voy, t. I", p. 454, note 1). Les papiers mécaniques sont collés à la fécule; aussi bleuissent-ils sur-le-champ lorsqu'on les

(') Le produit des deux cents papeteries de lu France est d^environ 700 000 kilogrammes par jour, soit 42 millions de kilogrammes par ao.

(*) Les pectates interposés entre les libres constituent une sorte de colle nalurelie qui donne la transparence requise.

touche avec l'eau iodée, réaction que ne présentent jamais les papiers à la forme, collés à la gélatine.

Les papiers blancs pour écriture sont presque toujours aztirér, c*est-à-<iire que, pour enlever la légère teinte jaunâtre que conserve toujours le chifiTon, même bien blanchi, on ajoute au papier une petite quantité d'une matière colorante Ueue ou violette, complémentaire du jaune.

L'azurage se fait avec Tazur proprement dit, ou bleu de cobalt, avec l'outremer artificiel^ avec le bleu do Prusse ou les sels de ctûvre (sulfate, cendres bleues).

L'azurage au cobalt se reconnaît en ce que, généralement, la feuille est plus colorée d'un côté que de l'autre, la grande densité du bleu d'azur l'ayant amené en plus grande proportion dans la partie inférieure de la fouille, pendant la fabrication. Ces papiers ne sont décolorés ni par les acides, ni par les alcalis, ni par l'eau. La cendre de ces papiers, fondue au ckalumeau avec un peu de borax calciné, donne un verre (Tnn beau bleu.

Les papiers azurés à l'outremer se décolorent subitement, arec dégagement d'hydrogène sulfuré, quand on les plonge dansFacide sidfurique faible.

Les papiers azurés au bleu de Prusse résistent aux acides faibles ; mais une dissolution de potasse les décolore tout à coup, et la liqueur filtrée, concentrée et neutralisée, régénère du bleu de Prusse, par l'addition d'un sol do peroxyde de fer.

L'azurage par les sels de cuivre se reconnaît à la teinte pourprée que prennent les papiers, au contact d'une dissolution de cyanure jaune. Leur cendre, dissoute dans Tacide nitrique et additionnée d'un excès d'ammoniaque, donne la l>elle couleur bleue caractéristique du cuivre.

Il est très-difficile, sinon impossible, de distinguer au mi- ^ïoscope la nature des fibres v(»j^étales qui ont s(irvi à la ^cation du papier.

Les additions de matières animales, telles que les vieux <îttirs, à la pâte des papiers, sont faciles à reconnaître à la proportion d'ammoniaque qu'ils dégagent par la distillation, «nsi qu'à leur solubilité partielle dans la potasse ou la soude caustique.

Quelques papiers peuvent contenir du cuivre, du phmb^ de XarseniCj provenant de ce que l'on fait entrer dans la p&te des rognures et des débris de papiers, colorés par le mînînfp ou la mine orange, par des composés de cuivre et d^arsenic ; enfin, des débris de cartes dites porcelaine^ préparées, comme on le sait, avec la céruse et le sulfate de plomb (^). Les quantités de métaux qu'on trouve ainsi dans les papiers livrés au commerce, pour envelopper diverses marchandises, sont, à la vérité^ très-minimes ; mais il est utile que le pharmacien sache que ces substances toxiques peuvent exister dans les papiers qu'il serait appelé à examiner (*)•

Le cuivre peut se reconnaître par le moyen indiqué cidessus pour constater Tazurage du papier par les sels de cuivre.

(1) On en prépare aussi muintenlanl avec le blanc de zinc.

(*) Il y a six ou sept ans, on a vendu à Bruxelles un papier arsmieai, propre à faire mourir les mouches. Il était préparé à Taide d'une forte dissolution d'arséniale de |>otasse uni à un peu de gomme el de sucre. Ce papier^ dont la vente a été interdite par le gouvernement belge, se prépare et se vend maintenant, en France, dans diverses localités.

L'usage des papiers coloriés avec des substances minérales, cuivreuses, arsenicales, etc., est formellement interdit pour envelopper des boubous, sucrerifs^ matières alimentaires, pour faire des sacs, des manciiotles, des boites ou des étiquettes^ à tous les marchands ou débitants de denrées ou substances alimentaires quelconques, comme les bouchers, les charcutiers, les marchands de comestibles, de beurre et de fruaiages, les p'Atissicrs, les confiseurs, les chocolatiers» les épiciers, les fruitiers^ etc.

Une ordonnance de police leur défend d*envelopper directement ou de couler des sucreries dans des papiers blancs lissés ou dorés faux oa dans des papiers coloriés avec des substances minérales, le bien de Prusse et l'uutremer exceptés; de placer des bonbons dans des l)oties garnies à l'intérieur de papier colorié par des substances minérales ; de les recouvrir de découpures faites avec ces mêmes papiers; de filre entrer aucune préparation fulminante dans la composition de lears enveloppes.

Cette même ordonnance défend l'emploi de fils métalliques comme support de Iruils artiticiels. Ces supports doivent être en baleioe, en paille, en jonc, ou en bois. (Voy. à la Un de ce volume les $SS 1 et S de V Instruction du Conseil d'hygiène publique et de salubrité du département de la Seine, en date du 4 février 1853; et la Circulaire de M. le préfel de police, en date du 3 octobre et du S8 novembre 1855.

Chaque année, des visites sont faites, el des contraventions sont coa*

Le plomb est décelé par un procédé analogue : les cendres du papier sont reprises à chaud par Tacide nitrique faible ; le liquide est filtré, évaporé à siccité ; et le résidu, traité par Feaa distillée, doit, si le papier est plombeux, fournir une solution qui présente toutes les réactions caractéristiques des sels de plomb, avec les réactifs appropriés (sulfate alcalin solublo ouaddesalfurique, iodure de potassium^ chromate de potasse, solfhydrate d'anmioniaque) (^).

Pour rechercher Farsenic^ on traite le papier par Tacide solhriqae pour le convertir en charbon sulfurique ; on traite ce charbon par Teau, et on verse le liquide dans un appareil de Marsh, ayant préalablement fonctionné à blanc.

n 7 a quelques années, M. Gmelin a appelé l'attention publique sur les dangers auxquels exposent les papiers verts contenant des composés d^arsenic et de cuivre.

Suivant ce chimiste, les tapisseries de papier yanne, quoique contenant de l'orpiment, n'ont pas donné lieu jusqu'aujourd'hui à des accidents, ji moins que ces papiers n'aient été grattés et que des ouvriers n'en aient respiré la poussière ; il n'en est pas de même des papiers vertSj de couleur émeraude brillante, dans la fabrication desquels on emploie, depuis quelque temps, de l'acétate et de l'arsénite de cuivre (']. Les

tUtées. En 1854, une marchande de papiers, la nommée G..., et un confiseur, le sieur D... J..., ont été condamnés à Tamende par le tribanal de simple police pour avoir vendu ou employé des papiers colo- ^ par des substances minérales.

Il serait aussi à désirer que la défense s'élendlt aux jouets d*enfants. Eb Algérie, il y a deux ans, on a cilé un accident qui eût pu avoir des Mites fort graves et dont la cause première était un jouet peint et verni. Un enfant fut pris de coliques et de vomissements après avoir enlevé Pttone sorte de succion la matière colorante qui avait servi à Tenlu- Biinore d'un pantin de carton. Heureusement, on découvrit à temps le principe du mal, et quelques lénitifs administrés rétablirent le pauvre c&lant.

0) (Test ainsi que, sur trente échantillons de papiers diversement ttloriés, qne nous avons eu à examiner et qui étaient destinés à faire (^étiquettes pour la chicorée torréfiée, nous avons reconnu que vingt ^IttDtillons étaient mauvais et contenaient du plomb.

0) La même observation s*appIii|uo aussi aux vernis à Thuile des appartements et aux visières des casquelles. Ain.<i M. Liehig (Annal, der Pharm, und CAtm., 1836, t XVII, p. 137) rapporte robservalion d'un

2U PAPIKIîS.

anciens papiers, moins beaux, étaient préparés avec du carbonate do cuivre.

A Fappui de son opinion^ M. Gmelin cite, dans un journal (^), plusieurs faits (^), et pense que, sans défendre complètement la tapisserie do papier vert et les vernis de couleur verto, il est prudent de ne les employer que dans les chambres exposées au midi, bien aérées, et régulièrement chauffées, et de s'en éloigner aussitôt qu'on y sent une odeur de souris, caractéristique, produite par la fermentation de Tarsenip humide avec les matières organiques qui ont ^efyi 4 faire la couleur (^).

On a essayé l'introduction, dans le^ pâte du papier, de quelques substances minérales à bon marché, propres à aug-

bomme qui, pendant des années, eut au front une éruptipn causée par une visit>re de casquetto. LVruption disparut avec le changement de coiffure.

(1) Annalen der StaaiS'ArMneikunde.

(*) Voici ces Taiu, dont nous pouvons garantir l'exactitude :

1. Le cocher Unbolz couchait avec sa* femme dans un appartement tapissé de papier vert depuis trois ans. Pendant Pautomne de 1839, bne odeur désagréable très-forle se fit sentir dans la chambre; le miri se réveillait tous les matins avec une céphalalgie, des malaises, use w^ eberesse dans la bouche. Ces sjmpiômes se dissipaient d^ns la jo||fq^ Quant à la femme, elle se plaignait d'une (eux opiniâtre. Les époux se rétablirent aussitôt qu'on leur lit changer de chambre.

i. Faulh, grand bailli à Mosbach, s'était déjà proposé de faire oufrir le plancher d'une chambre, à cause d'une odeur qu'il attribuait à la présence de souris au-dessous de ce plancher : lorsqu'il eut connaissance des ob.'servations de M. Gmelin, il Ut changer la tapli»serie verte de sa chambre, et l'odeur disparut.

3. Dans la maison du bailli d'Kl>erbarh, il n'y avait d'odeur repous* santé que dans deux pièces tapissées eu vert, situées à une grande distance l'une de l'autre dans l'étage su|)érieur, tandis que les autres appartements, mi^meceux du rez-de-chaussée, certainement plus humides, n'exhalaient aucune odeur. Suivant M. Gmelin^ cette odeur obserrée seulement dans la chambre ta|)issée de papier vert ne |>eut être attribuée qu'aux émanations de l'arsenic, probablement combiné à une matière organique, et non vaporisé à l'état d'hydrogène arséniqué, qui, malgré ses propriétés délétères, est inodore.

i. Un léger empoisonnement fut observé chez une servante qui avait frotté avec un balai une tapisserie verte.

(') Nous avons pris des informations et fait des recherches dans le but de reconuattre : l^si diverses personnes habitant des pièces tapissées en papier vert arsenical s'étaient aperçues d'émanations particu-

mentcr son poids et à lui donner une ])lancheur mate et opaqae. A cet effet, on a employé le sulfate de chaux pur, naturel ou artificiel, le sulfate de plomb , le sulfate de baryte. C'est un usage à proscrire; de tels papiers sont toujours cassants (*).

Mais les papiers blancs ou colorés, qui servent à envelopper les produits commerciaux, sont rendus pesants en introduisant dans la pi\te, outre les sulfates de baryte et de plomb, d'autres matières, comme le kaolin^ la terre de pipe, le plâtre crUylescAle^ le grès, des argiles , des ocres ou teintures.

Ces additions constituent une double fraude : elles rendent plus lourd, à surface égale, le papier qui se vend au poids, et diminuent beaucoup sa ténacité; elles tournent encore au détriment de Fachcteur, en ce que le poids de ce papier Tient s'ajouter à celui des marchandises auxquelles il sert d'enveloppe (*).

lières ; S* si ces mêmes personnes avaient été indisposâmes. Les réponses ont été négatives.

Nous avons habité noas-mêmc ane pièce exposée an vent d*ouest, enlièroiDeiit tendue en papier vert arsenical, sans avoir jamais rien res- KDii de particulier.

D'accord avec M. Gmelin^ M. Louyet, de Bruxelles, pense que Todeur de la combinaison gazeuse qui se dégage dans les chambres tapissées de papier vert est due à un arséniure d'bydrogène particulier, gazeux et odorant.

M. Louyet \vkse son opinion sur ce qu'ayant laissé séjourner dans Teau de l'arsenic distillé, il a trouvé qu'au bout de quelques jours il s'en e\lialaUnne odeur alliacée repoussante, tout à fait analogue à celle qui f^oe dans les saUcs humides tapissées de papier vert. L'eau, selon ce tbimisle, est décomposée ; il se forme trôs-probablementdc Tacido arséoieux^et Thydrogène naissant produit une combinaison gazeuse avec l'arsenic.

QboI qu'il en soit, la régence de Cologne a interdit, en 1848, sous Peîoe d'une amende de 5 h 50 thalers (20 à âOO fr.), la vente et l'emploi ''e l'arsenic pour la peinture des papiers et des murs.

(') Il paraît qu'on n'introduit plus de substances minérales dans les Papiers de première qualité. Seulement, dans certaines compositions d« Pitetrop chargées de parties mucilagiueuses, on incorpore, en proportions très-minimes, certaines substances minérales pour ôteraux papiers une transparence nuisible, et leur donner une douceur favorable * l'impression en taille-douce et à l'impression typographique.

n Bon nombre d'épiciers sont dans l'habitude, lorsqu'ils vendent du s^cre en détail, de mettre dans le plateau de la balance un morceau de

Certains papiers pèsent 36, 41, 46 grammes la feuille; à une époque, on fabriquait, pour envelopper la chandelle et le sucre, des papiers qui pesaient jusqu'à 525 grammes la feuille.

Des sacs de papier,' pour la vente du sucre et du café, pèsent jusqu'à 32 grammes.

En 1846, nous avons fait, avec M. Payen^ des essais sur certains papiers vendus dans le commerce, dont Tadministration avait fait opérer la saisie et demandé Texamen. Nous avons reconnu que le papier saisi renfermait 4 ^/o,5 de sulfate de plomb provenant des fabriques d'indiennes , et non 35 Vo? comme cela avait été annoncé. Ce papier contenait, pour 100 parties :

Matières organiques destruclibles par la chaleur. . . 45,40 Geodrcs (stdfaU de plomb, matières ccUcaires), . . . &8,50 Eau 1,10

La présence des substances minérales dans le papier blanc peut se reconnaître par une simple incinération : en effet, le

gros papier plus ou moins lourd, sous prétexte que les pains de sucre leur sont pesés et vendus avec Penveloppe par les fabricants. Des procèsverbaux ayant été dressés, en 1847, contre quelques épiciers qui avaient usé de ce moyen, Tun d'eux a été traduit devant le tribunal de simple police de Tours, présidé par un juge de paix, qui l'a condamné à 11 fr. d*amende, comme ayant contrevenu à l'article 479 du Ck)de pénal. La principale considération sur laquelle s'est basé M. le juge de simple police^ c'est que le sucre est toujours vendu par les fabricants, défalcation faite du papier qui enveloppe les pains, et que dès lors il y a déloyauté et fraude de la part du détaillant qui fait Ggurer ce papier par portions dans le poids du sucre qu'il vend au consommateur, auquel Il donne ainsi du papier pour du sucre.

Récemment, le sieur G..., épicier^ à Paris, a été traduit devant le tribunal de police correctionnelle comme faisant un usage immodéré d'un papier (ont spécial pour peser les sucres; il en était arrivé au point de faire supporter à ses pratiques un déGcit de 20 grammes sur une assez minime pesée de 125 grammes de cette denrée. Le tribunal lui a fait observer que cette supercherie est d'autant plus coupable, qu^elle devait retomber plus particulièrement sur les classes pauvres, qui ne peuvent acheter le sucre qu'en petite quantité à la fois. Le sieur 6..- < élô condamné à 100 fr. d'amende.

Voici plusieurs exemples qui montrent clairement les conséquences de

PAPIKRS. 217

papier laissant, en moyenno, de 2 à 3 % de cendres (^), une quantité plus considérable indique un mélange frauduleux, à moins que le papier n'ait été préparé avec des eaux trèschargées de sels calcaires.

Pour reconnaître les sulfates de baryte et de plomb, on fait bouillir les cendres du papier, pondant trois quarts d'heure^ avec du carbonate de soude, pour opérer une double décomposition (sulfate de soude et carbonate de baryte ou de plomb); on recueille le produit insoluble sur un filtre, on le lave à l'eau distillée ; on le traite par Pacide nitrique faible, et, lorsque le carbonate est dissous, on fait passer dans la liqueur, qui doit être légèrement acide, un courant d'hydrogène sulfuré qui précipite le plomb à Tétat de sulfure ; celui-ci est layé et converti par Tacide nitrique en sulfate de plomb dont on détermine le poids ; ou bien, si on s*est assuré préalablement que le papier ne contenait pas de plomb (^), on

remploi d*un papier trop pesant dans la vente de certaines denrées.

1*A Lille, un pain de sucre enveloppé et ficelé pesant 8kn,i50 fut pajé 15 fr. i8 c, à raison de 1 fr. 90 c. le kilogramme. Le papier avec b ficelle pesait 838 grammes ; ainsi l'enveloppe du sucre représenlail itiSVo du poids du sucre réellement livré. Ce papier donnait 33 Vo *Je eeadres.

t* ▲ Tulle, un pain de sucre enveloppé pesait 8kii,800. Sur ce poids^ tes cordes et le papier pesaient 680 grammes, ou 8 %•

^ Un pain brut pesait 10icU,700, le papier et la ficelle pesaient 926 S'unmesou 10 Vo environ ; le papier a Tourni 87 Vo*^ ^e cendres.

0) II n*a pas été posé jusqu'ici de règles bien exactes sur la quantité deeeodres que les papiers doivent laisser après leur combusiion ; cette quotité doit varier suivant la nature des eaux et la pureté des matières Premières employées. Sur quatorze échantillons de papier que nous ivoDs récemment examinés, nous avons obtenu les proportions de cen- ^ qui suivent :

Cendres p. 100.

^pierraiiin 0,80

*- sans colle des Vosges.. . i , t o

- tellière 1,20

- raisin i,40

— earré collé. 1,60

— raisin 1,80

"* coquille d'ADgool^me. i,so

Ces cendres contenaient du sulfate et du carbonate de chaux, du car- **n*lede magnésie, des chlorures, du sulfate de potasse, de Taluminc, ^ tnces de çilice et de fer.

' n On reconnaît qu*un papier contient du sulfate de plomb par Tacide

Cendres p. 100.

Papier raisîD du Haine 2,20

— Bretagne 3,80

— Jésus sans collo .. .. 8,00

— carré colic io,30

— lellière 16,40

— raisin I7,oo

— carré i»,90

traite la dissolution nitrique du carbonate insoluble par un petit excès d'acide sulfurique; le sulfate de baryte est recueilli^ lavé, séché et pesé.

Le papier à filtrer est aussi altéré par certaines substances, telles que Yoxyde de fer, le carbonate de chaux , de la présence desquelles le chimiste ou le pharmacien doit s'assurer par l'analyse avant d'en faire usage.

M. Jacob a signalé du papier à filtre contenant 13 ^/o, 41 do carbonate de chaux. Ce papier produit une vive oiïervescence au contact des liqueurs acides; et souvent, au lieu d'obtenir un liquide clair^ on obtient un liquide trouble ou blanchâtre, lorsque l'acide forme un sel insoluble avec la

chaux (•).

Papier de terre. — On désigne ordinairement spus le nom do papier de verre du papier recoqvert do verre pulvérisé, fixé au moyen d'une couche de coUc forte ; qc papier sert à polir le bois, la corne, l'ivoire, et généralement toutes les matières susceptibles de prendre le poli.

On désigne aussi sous le nom de papier d'émeri, papier émeriséj un papier recouvert d'émeri pulvérisé , fixé de la

sulfhydrique, qui fournit une tache d'auiani plus sensible que le papier contient une plus grande quantité de ce sulfate.

On ne doit pas employer le sulfhydrjtc d*ammoniaquc, par la ralsoa que ce réactif tacbe en noir le papier renfermant des sels de fer, ou dans la fabrication duquel on a fait entrer du sulfate d*alumine, qui contient des sois de fer. On voit donc que cette coloration tromperait ropi'rateur.

(') Le papier à Gltre vendu en France laisse beaucoup trop de cendres; une feuille de ce papier donne, après incinération, 0»*',20 de résidu. Pour diminuer cette proportion de cendres, il est bon de laver le papier, feuille par feuille, avec de l'eau aiguisée d'acide cldorhydrique, qui enlève Toxyde de fer et la chaux faisyni partie de ces cendres; on le lave avec de l'eau filtrée, puis avec de Teau liistillée, jusqu'à ce que celle-ci ne précipite plus par le nitrate d'arf^ent.

En Suède, on a établi une fabrique de papier à filtre, dit papier BerzéUuSf papier suédois ; ce papier ne donne, par feuille, qu'une très-faible proportion de cendres, environ 0KS003. On peut se le procurer maintenant, en France, chez les principaux négociauis en produits chimiques et pharmaceutiques.

M. Malapert fabrique aussi un papier à Cltre qui paraît réunir les qualités indispensables pour être employé avec sécurité dans les manipulations chimiques.

même manière que la poudre de verre^ et qui sert à polir les métaoï.

On fixe également le verre ou rémeri sur de la toile préparée à cet effet. Ce mode est préférable dans certains cas, la toile ét^ot looins sasceptible de se déchirer que le papier.

Ces sortes de papier et de toile sont souvent Tobjet de deux genres de fi^Isificatioi).

La première consiste à remplacer le verre pilé par du grès oa du uMe gu^rtzeux, et la seconde à remplacer Témeri par un miUnge de scories de fer ou de grès cérame brun pulvérisés. Cette dernière falsification est préjudiciable aux consommateurs, parce que, dans aucun cas, elle no peut donner un résultat égal à celui que Ton obtient avec Témeri. Quant •Q remplacement du verre pilé par le grès pulvérisé et par le sable quartzeux^ il peut exister sans inconvénient lorsqu'on a besoin d'un agent polisseur qui n'ait pas beaucoup de mordant, comme^ par exemple, lorsqu'il s'agit de polir des pièces d'ébénisterie revôtues d'un placage mince, ayant souvent moins d'un millimètre d'épaisseur. On conçoit que le Terre, ayant plus de mordant^ pourrait ronger ce placage entièrement, au lieu d'en polir seulement la surface. Quoi qu'il en soit, il y a falsification lorsqu'on vend du papier sablé pour du papier verre, ou du papier revêtu de scories de fer pour du papier émerisé,

Aa reste^ la substitution du grès et du sablo au verre pilé est facile à reconnaître tant à l'aspect qu'au toucher, car chaque grain de verre pulvérisé a les facettes plus vitreuses, plus multipliées et les angles plus aigus, ce qui lui donne plus de ntordant que le grès ou le sable. La substitution du mélange <le scories de fer et do grès cérame pulvérisés à Témeri ost plus difficile à reconnaître ; mais comme il ost d'usage, dans Imdustrie des papiers de verre, que chaque fabricant marque ses produits, on peut s'en rapporter à la marque, ToxpWence ayant démontré que c'était encore le meilleur procédé (•).

D Une des maisons de Paris qui apportent le plus de soin, et dans le choix des matières, cl dans la confeciion des papiers préparés avec des POadres d*éineri et de verre, est la maison Fremy, qui a obtenu de la

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