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A Tarticle Iris de Florence {V. 1. 1, p. 615), nous avons indiqué les falsifications que Ton fait subir à cette racine.
Quant à son emploi pour la préparation des pois à cautères, M. Caventou a signalé, il y a longtemps, leur adultération au moyen des marrons d'Inde,
Cette fraude se reconnaîtrait en projetant dans une solution de sulfate de fer (^} les pois suspectés, réduits en poudre : s'ils sont faits avec la racine d'iris, ils acquièrent une couleur rose plus ou moins foncée ; dans le cas contraire, ils restent incolores.
POIVRB.
Le poivre est le fruit du poivrier commun, piper nigf*um (pipéracées), récolté un peu avant sa maturité. Cette baie, noire, ridée, en grains sphériques de la grosseur d'un petit pois, est recouverte d'une enveloppe brune qui cache une graine blanchâtre et dure, d'une saveur acre, aromatique et brûlante ; desséchée et non dépouillée de son enveloppe (épicarpe)y elle constitue le poivre noir.
Dans le commerce, on connaît trois variétés de poivre :
1® Le poivre lourd, le plus estimé, en grains sphériques, réguliers, peu ridés, peUiculés ; il a une couleur brun marron à Textérieur, une amande bien nourrie, une cassure farineuse et jaunâtre. Il nous arrive surtout du Malabar.
2® Le poivre demi-lourd^ en grains moins gros et moins réguliers, plus profondément ridés. Son écorce est d'un brun
(i) Des expériences, dues à M. E. Poulency ont fait reconnatlre que ce n'est pas, comme on Pavait dil, le sulfate de zinc, mais le sulfate de fer, qui jouit de la propriété de colorer en ruse la racine dMris; le sulfate de zinc pur ne donne aucune coloration ; Terreur provenait de ce qu'on avait fait usage de sulfate de zinc impur, contenant du sulfate de fer.
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grisâtre ; son amande esl moins nourrie et moins dure, sa cassure est d'an jaime plus pâle.
3^ Le poivre légers en grains inégaux, à écorce profondé* wm\ ridée, d'an noir cendré. Les grains sont creux au centre, il s en trouYO qui s'écrasent sous le doigt; il est souvent ehargéde peUicoles^ de grains brisés. Le poivre léger nous vriTe surtout de Sumatra.
D'après l'analyse de Pelletier y le poivre noir est composé de : i^périn ou pipérinej huile concrète âçre^ huile volatile Utamique, matière gommeuscy nuitière extractice^ acide malipe^ acide tartriqucy amidon, bassorine.
U poivre pur bleuit au contact de l'eau iodée. (Picard.)
Us granules de la fécule du poivre sont parfaitement sphénqoes, d'une dimension uniforme, mais très-ténus, formés don hile central transparent et d'une enveloppe opaque. [Ckouktte.)
Le poivre blanc est le poivre noir de Sumatra, décortiqué ou dépouillé artificiellement de son enveloppe, en faistoit gOQiler la baie dans Teau et la séchant au soleil. Il est moins actif que le poivre noir. On le blanchit par des macérations duis des bains de chlorure de chaux^ d'alun à 2®, ou d'acide SttUurique à !• B® ; il est ensuite lavé-, séché,i et paré ou en- ^ au blutoir avec une petite quantité de gomme, d'amidon, de talc, de sulfate et de carbonate de chaux. Cet enro- ^augmente le poids du poivre de 1 % environ (Chevallier ^t Lamtigne). Pour avoir 100 kilogrammes de poivre blanc, il faut prendre 112 à 120 kilogrammes de poivre noir.
Sur la quantité de poivre blanc que l'on consomme en Pwttïce, la moitié se fabrique à Paris ; l'autre moitié arrive de l'Inde par Londres, Hambourg, Amsterdam. Le poivre blanc vaut, suivant sa grosseur, de 210 à 260 francs les lOOkilo- Rfammes.
l'SAGEs. — Le poivre est principalement employé comme condiment ; il fait Tobjet d'un commerce considérable. On le vend surtout réduit en poudre, ou en petits grains auxquels ou donne le nom de mignonnette.
On remploie quelquefois comme excitant et stomachique puissant; sous forme de pommade, de cataplasmes, agissant ^ l'extérieur comme rubéfiant. On Ta prescrit avec succès
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Les sophistications précédentes seraient décolécs par Tabsence de goût et d'odeur, lorsqu'on place quelques grains dans l'eau : s'ils sont faux, ils se désagrègent et tombent en poussière; le véritable poivre, au contraire, conserve toujours sa forme sphérique et sa fermeté.
On a gommé le poivre demi^lourd pour lui donner l'aspect du poivre lourd. Cette dernière falsification pourrait se reconnaître en traitant pendant vingt minutes, par de i*eau tiède, le poivre soupçonné, décantant le liquide clair, auquel on 'mêle son volume d'alcool à 0,95^ pour s'assurer s'il y a formation d'un précipité de gomme. Le poivre non altéré ne donne qu'un trouble léger.
M. Stamsbu Martin a trouvé dans le commerce du poivre en poudre mélangé avec moitié de son volume de îourttaux
le poivre en poudre a été noiélangé aussi avec une denrée connue sous le nom d'épiée» d'Auvergne^ et composée soit de pourfre de pain de chèneuis, de tourteaux de faines, de fécule ^rtte et de pellicuks de poivre; soit de fécuk grise, de fleure de pommes de terre, de tourteaux de colza ou de navette, fitde /arifié de haricots. Cette fraude se reconnaît à Todeur ^oe, désagréable^ du mélange, surtout si on la compare ivec celle du poivre de bonne qualité (*).
En 1845, lors des visites faites chez les épiciers par les
^r L. .., à la Cbapelld^iiil-Deais ; its cousisiaicnl en une poudre composée de poivre (5 à 7 %)» tie lerre ocreuse, «le son, de femmes de i^ne et de mealhe poivrée.
GeigrabeaaK de poivre, destinés à ôtre mêlés au poivre en poudre et ^«aabaisscr le prix, valent de 40 à 70 fr. les iOO kilogrammes, tandis ^ le poivre pur se vend de 140 à 2iO Ir. les 100 kilogrammes.
U composition des grabeaui de poivre reculés est la suivante: yoivre f^* U kilogrammes; flmragêée ^pommes de terre, 100 kilogrammes; ^^tonifié en poMàre, 10 kilogrammes ; sel marin sec, tO kilogrammes ; f^'^ Ixmg moulu, 5 kilogrammes.
^Bq iodustriels fabriquent, à Paris, des grabeaux de poivre et des ^^^àiU!$ d'Auvergne.
^n l«55, h sieur M . . . , épicier, à Paris, a été condamné par le tribu- ■•1 correctionnel (7«Cliambfe) à un mois de prison et 500 fr. d'amende, ^^■"'▼oir vendu comme poivre un mélange de vermicelle en poudre ^' ^ poivre.
l') Une maison de Paris, qui a sur son enseigne : Maffosm d'éfkes
UO POIYRB.
professeurs de TEcole de pharmacie, il fut constaté que, sous le nom d'épices dAuvergne^ on vendait, non de la poudre de pain de chènevis comme autrefois, mais de la terre pourrie^ et que ces épices étaient achetées par des gargotiers, par des marchands de vin, pour mêler au poivre qu'ils servaient sur les tables de leurs consommateurs (^).
En 1845, nous fûmes chargé avec M. Bussy d'examiner dix-huit échantillons de poivre saisis chez divers épiciers on droguistes de Paris. Les conclusions des analyses auxquelles noas nous sommes livrés furent les suivantes : l"" quelquesuns de ces échantillons n'étaient qu'un composé de peUiculet et de pédoncules de poivre réduits en poudre, n'ayant ni la môme action ni la môme valeur que le véritable poivre pulvérisé; par conséquent, cette substitution constituait une tromperie sur la nature de la marchandise ; 2** les poudres brunes, grises et jaunes, saisies, n'étaient que des matières amylacées, n'ayant ni les propriétés ni la valeur du poivre ;
d' Auvergne, vend annuellement IS 000 ài 15 000 kilogrammes de c<* mélange, qui sert à allonger le poivre.
Déjà un grand nombre d^épiciers ont été poursuivis correetionneUement pour avoir vendu du poivre en poudre mêlé de grabeaux el d*('>pices d'Auvergne. Ce dernier produit se vend de 13 à S5 fr. les 100 kilogrammes.
En 1S53, nous fûmes chargés, M. Lassaigne et mol, d'examiner das échantillons de poivre saisis chez plusieurs épiciers de Cbâieau-Thierrj; quelques-uns de ces écliantillons étaient allongés de grabeaui de poivre et d*épices d'Auvergne.
(1) En 1854, la dame B. . ., prévenue d'avoir vendu ou mis en vente des grabeaux de poivre, ou poudre composée iïépluchures depolor», de fécule grise, de poivre en poudre (9%) et de table ; inculpée aussi de vi'nte de café-chicorée falsifié, fut traduite devant la 7* Chambre, qui la condamna, pour les deux délits, à 150 fr. d'amende.
L'avocat de la dame B. . . a fait connaître au tribunal l'usage auqoel e>t destinée la poudre dite grabeaux de poivre, « Elle n'est pas, dit-il, <( vendue pour la consommation ; c'est ce qu'on appelle du poivre jn»- « liche. Les traiteurs des barrières l'achètent pour Ogurer, comme or- «i nement, sur los tables de leurs établissements; il trompe les yeux, « mais non pas le nez. Le dimanche et le lundi, les poivrières sont gé- 4 néralement renversées par messieurs les consommateurs; or, comme 1 te poivre ordinaire est fort cher, le bénéUce du resiaurateor dispartU « voilà pourquoi on met sur les tables du poivre postiche, qu'on livr « d'avance aux inconvenances de ces messieurs. »
F0LT6ALA DE YrKGlflIE. «41
3* d'aotres échantillons étaient allongés de substances étrangères; 4* les grabeaux saisis et trouvés dans certains échantillons ne pouvaient être assimilés au poivre par leur action et leur valeur; le mélange avec ce dernier constituait donc une Eraude.
Cet examen se fait comparativement avec du poivre pur ; onredierchela quantité de cendres fournies par l'incinération, ainsi que la quantité d'extrait alcoolique. Le poivre pur fournit, par Tinduération, 4%,50 de cendres et donne 14<>/o d'extrait alcoolique.
Le poivre de Sumatra fournit T^U^h de cendres. En Algérie, on falsifie le poivre avec de la semoule^ des péemtx de riz et d*autres débris de pâtes féculentes, dans 1a proportion de 20®/o environ. Pour constater ces mélanges, OD passe au tamis de crin une petite quantité du poivre suspect, et on examine le résidu à la loupe. La couleur de la ^e et du riz décèle immédiatement la fraude. {Chouktte.) I^ poivre blanc a été aussi falsifié : il paratt que dans la ^eoe de Paris, une fabrique avait été établie pour prépaie avec le gluten altéré et Vamidon une imitation de poivre bUnc, qui, après dessiccation, était livrée au commerce au pnxde 30 francs les 100 kilogrammes.
Cette fraude se reconnaîtrait par les moyens indiqués cidessQs.
Quel(iues auteurs ont prétendu qu'en Hollande on avait cherché à donner du poids au poivre blanc en recouvrant sa swface d'un mucilage contenant de la céruse. Cette falsifica- ^on, à laquelle nous avions peine à croire, nous est maintenant démontrée : elle est très-facilement décelée au moyen do l'acide sulfhydrique ou des sulfhydrates alcalins; le grain ^ adultéré prend immédiatement une couleur noire.
POXiYGAX.A DB VIRGINIE.
^ Moine du polygala de Virginie (polygala senega), de la ^^Biilledespolygalées, est petite, tortueuse, à rugosités annuaires rapprochées : épiderme gris ; parenchyme blan-
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ch&tre, devenant fragile par la dessiccation ; odeur faible; s yeur d'abord fade^ puis acre et nauséeuse.
D'après l'analyse de Quevenne, elle contient :
Acide polygalique (sénéguine de Gehlen), acide tirginiiq% acide pectique, acide tannigtiCy matière colorante jaune amèrCf gomme f albumine, cérine, huile fixe, quelques seb.
L'acide polygalique est la matière la plus importante et plus active de cette racine.
Usages. — La racine de polygala s^emploie sous forme ( tisane, potion, sirop, extrait, teinture.
Falsifications. — M. Ostvald, pbarmacien à Eisenach, signalé une falsification du polygala par 1 7o environ de r cine d'ellébore blanc (*).
Ces deux racines sont pourtant très-distinctes par leurs e ractères(F. t. I, p. 338).
• M. Oswald a fait seulement observer que les racines dV lébore blanc qu'il a trouvées dans le polygala différaient ( celles que Ton trouve ordinairement dans le commerce en ' qu elles étaient plus petites et pourvues encore de leurs loi gués fibrilles blanches.
POMMUkBBS MSaCURIBLUBS. — V. Owoonrrt
POTASSES.
Sous le nom de potasse {^), on comprend généralement dei sortes de produits très-différents quant à leur compositioi savoir : les potasses du commerce et les potasses caustiques la chaux ou à l'alcool.
l* POTASSES DU COMMERCE.
Les potasses du commerce sont des produits complexe des carbonates de potasse plus ou moins impurs, contenant d sels étrangers (sulfate de potasse, chlorure de potassiuc
('] CoUn riilsitication, qui pouvait avoir les suites les plat; fonesU prouve (lo nouveau combien il est nécessaire d'exainiDer avecsoio I drogues que r<»n achôlc dans le commerce.
(*) Dérivé des mois angbîs pot (pot, ereuseï) et ashes (ccnilres).
POTASSCS.
carbonate et phosphate de cham), delà silico. de ralnmino, des oxydes de fer et de manganèse.
Le carbonate de potasse a été appelé autrefois alcali fixe végétal, alcali fixe aéréj sous-carbonate de potasse^ sel dahmthe^ sel de tartre, afeali duîcifié, nitre fixé par le charbon, nitre fixé par le tartre. Pur, îl est blanc, déliquescent, inodore, d'une saveur acre ; il verdit le sirop de violettes, rougit le curcuma. Chauffé, il fond sans décomposition ; il est très^luhle dans l'eau et cristallise en tables rhomboïdales.
La potasse se retire du lessivage des cendres des divers végétaux!*); le résidu d*évaporation des lessives, appelé salin,
{*) Voici, d*aprèâ les expériences failes cl publiée^, l'n 1797, par Ptrkù, un Ublean indiquant les quanti (<'*s i!o cendres et de potasse coMaaoes danft 100 p. de divers vi^gétanx :
TtGÉTAL.
ÏPia....
SiDie
Orme
Jonci planM«8«an
MordoD commun
»Jo«èrf dt-s bon
^î'SKljoncde livièn». . ..
GUleul a laritpf ri>uillf s. . .
Uileulà fouilles ètroilrs.
"'«neh"! de vigne
T'gwdc mal<«
^irajid soleil
(^tw commune
Akîimh*;
f'wn-lerre
• >wi de pommes de lerre.
axTODS dinde
îrèlle
£r»ble
J^ltcdeblé
ff*»*. etécorce de ch^ne Uo
JaiOe d'orge.*.. '!.'!!.*
Î^Tcedebêire
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