ROCOU
Lesrocous du commerce renferment^ en moyenne, 68 '^/o à'emiChevreul).
Le rocou renferme, d'après M. John : matières colorantes et résineuses, 28 ; gluten végétal, 26,5 ; ligneux, 20 ; matière colorante extractive, 20 ; matières semblables au gluten, etextràctif, 4 ; matière ligneuse et acide, 1,5.
Il nous vient, en grande partie, de TAmérique espagnole, du Brésil et des Indes orientales.
Usages. — Le rocou est très-employé dans la teinture sur lin, laine, coton, et surtout sur la soie ; il sert à préparer <pelqïies couleurs à Veau et à Thuile, à colorer les vernis, les htiileà, le beurre, le fromage. En pharmacie, on remploie pour colorer certains onguents et emplâtres.
FALSffiCATioNS. — Le rocou (*) est souvent fraudé par ^ocre rouge, le colcothar, le bol d'Arménie, là brique pilée. ^ falsifications ont été constatées par M. Girardin, de Rouen, qui a indiqué en môme temps les procédés pour les reconnaître (^».
^conunence par calciner, après dessiccation, 5 grammes de rocou dans un creuset de platine ou de porcelaine, taré à 1 avance. La matière se décompose, répand des vapeurs empyreumatiques très-fortes et fuligineuses ; elle noircit, puis s enflamme, au contact de Tair. Lorsque la calcination est opérée complètement, on pèse le creuset refroidi ; la diiTé- ''enc« de poids (déduction faite de la tare) donne celui des cendres.
lobons rocous donnent de8 à 13 °/o de cendres j tout ^cou qui donne plus do 13 % est fraudé (*). Ces cendres
* I ï^ rocou vaut de 6 à 8 fr. le kilf»grammr.
J"'^* flwtera examiné un rocou contenant Si % d>ati, S2 %6i'oxyde
'*'*» 35 V«dofa6/e cl des traces «le chaux. Ce rocou falsifié a fourni
» Ue cendres rouges; il avait la consistance de la terre glaise, une
eur rouge terne, un toucher sablonneux ot nue faible odeur uri-
^j. ^ . G^arUn a examiné des rocous qui ont donné de 2îà 40 Vo do *7ff^^ accQsani la présence de 9 à 27 % de matières terreuses élran-
J ^^simy ea a reçu., en 1852, qui ont donne 82 Vo <'*î cendres ; ce 1" ^|i»réftente enrlron 70 à 72 % de matières étrangères.
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sont grisâtres ou jaunâtres, lorsque la substance est pure ; dans le cas contraire, elles ont une couleur rouge brique.
On apprécie ensuite la richesse tinctoriale du rocou, au moyen d'une opération de teinture et du colorimètre de M. HoutoU'fMbUlardière.
On monte deux bains avec le rocou type et le rocou à essayer, dans les proportions suivantes : rocou desséché, 5 grammes ; sel de tartre (carbonate de potasse), 10 grammes; eau pure, 400 grammes. On porte ces bains à TébulUtion, et Ton y plonge des écheveaux de coton bien blanchis, du poids de 12 grammes ; on retire le feu, et on laisse tremper pendant une heure, en les lissant le plus souvent possible. ^^ Au bout de ce temps, les écheveaux sont relevés, tordus, lavés à grande eau, et séchés à l'ombre.
On compare alors la hauteur des nuances ; puis on passe les écheveaux dans l'eau légèrement acidulée par du vinaigre ou par du jus de citron, qui vire la nuance aurore à l'orangé, et l'on examine ces nouvelles nuances .
Co«me moyen de contrôle, on a recours au colorimètre [Voy. art. Garance, t. I, p. 499). On fait des dissolutions alcooliques avec 0«%5 de rocou desséché à 100* et 50 grammes d'alcool. Après douze heures de contact, on décante la liqueur fortement colorée, et on la remplace par une égale quantité d'alcool, qu'on laisse en contact pendant le môme temps. Il faut 350 grammes d'alcool pour épuiser un rocou. On compare alors les liqueurs alcooliques des rocous types et des rocous à essayer ; on ajoute de l'alcool à la plus colorée, jusqu'à ce que les deux tubes du colorimètre paraissent de la môme nuance. En comparant les deux longueurs des colonnes liquides, les rocous sont entre eux comme ces longueurs. Si, par exemple, il faut ajouter à la liqueur type 30 p. d'alcool pour arriver à l'égalité de nuance, le rapport 130 : 100 représente la richesse tinctoriale du rocou essayé.
Le rocou est fraudé par l'introduction d'une grande quantité de feuilles de roseau dans les barils qui le renferment. Les bons rocous ne doivent pas contenir plus de 6 */o da feuilles (Girardin),
SikBniE. 305
Parmi les médicaments employés en phannacie, on compte U Sabine {juniperus sabina)^ de la famille des conifères. Les feoilles de sabine sont très-petites, squamiformes , rapprochées, imbriquées smr la tige, opposées, ovales, aiguës, ou épineuses; les chatons des fleurs sont portés sur de petits j^ pédoncules recourbés et écailleux. Les fruits ont la forme de petits pois un peu ovoTdes ; ils sont charnus, d'un bleu noi- '^tre, et contiennent un ou deux noyaux.
^ feoilles ont une odeur forte^ aromatique, térébintha- ^1 One sareur Acre et amère. Elles doivent ces qualités à une hmle volatile très-abondante. ^
UsiAGES. — La Sabine est employée en médecine ; ses
^<^lles jouissent de propriétés stimulantes, énergiques; leur
^on a lieu spécialement sur Tutérus , et elles favorisent le
'''^▼ail de la menstruation (*). On l'applique quelquefois sur
^ plaies, pour ronger des productions charnues, ou pour
'^^terger les vieux ulcères ; elle entre dans des conserves, des
^tidres, bols, pilules, cérats, emplâtres, pommades savons;
^^ l'emploie pour préparer des extraits, des infusions, dé-
^^ions, teintures, etc. (2).
Falsifications. — On a souvent substitué auxjfeuilles de
^^'Ue les feuilles du genévrier des Bennudes] {\junipcrus
^'"^tidiana), ou celles du genévrier de Virginie (junipe-
Us Virginiana) ; mais les difîérences qui existent dans ces ^^illes, dont les rameaux sont couverts d'une écorce jaune,
y) Données en poudre à une dose élevée/ elles drtorminenl de 1res-
^cs accidents et peuvent occasionner un empoisonnement par in-
tDn^Qi, de l'estomac.
^*) ii tfft()ine a élé souvent employée dans des vues criminelles pour
r'^^'Hilw r*fWt«ineoV, ^l k»s femmes qui eu ont fait u«;a^e ont été, dans
^^v*f« eu; Vlelitoel de cette tentative.
T. H ' ■ • ao '
806 SAFRâlf.
brunâtre, Fodeur différente de ces feuilles et de celli bine font facilement découvrir cette substance {Éber
Le safran^ originaire de l'Asie, est formé par les st de la fleur du crocus sativus (iridées). Depuis longten tivé en Espagne et eh France, le safran a été anal Bouillon- Lagrange^ qui y a trouvé : extrait uni à une colorante^ 63 ; huile volatile, en quantité non détei cire végétale^ 0,50; gomme^ 6,50; albumine, 0,50; e débris végétaux, 10; sels à base de potasse , de chaux e gnésie, 2,50. Le principe colorant, appelé polychn Bouillon- Lagrange et Vogelj a été plus tard obtenu Henry père. La poudre de safran est d'un rouge é< elle colore la salive en jaune ; elle est très-peu solut Teaù froide, plus soluble dans Veau chaude, l'alct huiles fixes ou volatiles, moins soluble dans Téther. sulfurique fait passer sa couleur au bleu, puis au lilas ; citrique la colore en vert pré ; ces colorations dispai si Ton étend les dissolutions.
On divise le safran en trois espèces, dont voici les tères principaux :
1° Le safran du Gdtinais est en filaments longs, U épais ; son odeur est aromatique , sa saveur légè amèro; sa couleur est d'un beau rouge. L'extrémité d meuts est assez ordinairement jaune pâle. Il est touji peu humide. C'est la sorte la plus estimée.
2° Le safran du Comlat et d'Angoulême a des filets i et allongés, d'un rouge sombre, mêlés de nombreu jaunâtres.
3® Le safran d'Espagne est peu différent de celui d nais ; seulement il est plus sec, plus rouge, et contien de filets jaunes.
Usages. — On emploie le safran soit comme médi tonique, stomachique, excitant, soit comme parfum oi couleur, dans la pharmacie, dans Tart du conliâeur, teinture, et dans les usages domestiques.
SAFRAN. aOT
iLTÉiATiOMS. — Sous le nom de safran du Leoant, de Maeédoine, d'Egypte, de Perse, il nous est venu du Levant du M£nn qui a été imbibé d'huile, pour en conserver, dit-on, la couleur. Ce safran a souvent une odeur de rance (Delanoy).
Quelquefois le safran, ayant été mouillé pour lui faire acquârir du poids, a subi une fermentation. Il répand alors une odeur particulière aigre ; d'autres fois, il est placé dans des lieux humides, il absorbe de Teau et fermente. Le safran doit donc être conservé dans des boîtes de bois sec, Thumidité empêchant de le garder pendant plusieurs années. Le pharnadtti doit rejeter le safran mal épluché^ où Ton trouve f autres parties que les stigmates.
Falsifications. -— Le safran subit diverses falsifications : « eonnatt le safran mouillé^ le safran huilé ^ le safran privé k matière colorante, le safran allongé de carthame (ou safran Ulêrd)^ le safran mêlé avec des pétales de souci, avec du sable, •wc fies fibres de chair musculaire coloriée et desséchée.
Le safran mouillé est rcconnaissable à ce qu'il tache les Ugts et le papier, ce qui n'a pas lieu avec le safran non nouille.
U safran huilé graisse le papier dans lequel on l'enveloppe.
Le safran épuisé de matière colorante (^) a peu ou point d'odeor ; sa couleur a perdu son intensité^ elle est d'un rouge pUe, terne, uniforme dans toute sa masse ; il teint à peine la iilire en jaune. Mis en contact avec l'eau, il la colore faiblcineut. Ces difîérenaes sont plus sensibles lorsqu'on fait une npérience comparative avec du safran de bonne qualité.
Le safran mêlé de carthame peut être reconnu en Toxamiuut à la loupe, ou bien en le faisant macérer dans l'eau. Le safran se présente sous forme d'un stigmate trifide, tandis <|Qe le carthame se présente sous forme tubulée. Les fleurs ^ earthame sont d'une couleur rouge orange; Todeur et l> saveur sont moins fortes que celles du safran.
Le safran mêlé de pétales do souci peut se reconnaître par
(1 Lorsque nous exercions la pharinaeie, un juif nous présenta du nhsqaMl disait tenir d*un propriétaire du Gfttiuais. Nous reconnûmes ^ce n'était que du safran mélangé de saTran épuisé; il fut drmontré ^ lors à ce marchand qu'il n'était qu'un fraudiMir.