SAN68UB
Il y t aussi la sangsue truiie ou dragon {hirudo irocti de Sardaigne et d'Afrique (Algérie), qui, dans nos climfl souffre pendant les mois de chaleur; elle est alors mo propre à la succion et il en périt un grand nombre (^).
Toutes ces sangsues viennent des marais de la Hongriei la Sardaigne, de la Suisse, de la Russie, de la Valachie, la Turquie, de la Grèce, de TEgypte, des provinces du U roc et de TAlgérie (*). Les marais de TEspagne, de Tltal: du Tyrol, de la Bohême ; un certain nombre do ceux de u départements (Indre ^ Loir-et-Cher, Vienne, Deux-Sèvr
laient, il y a quelques années, de 1SS7 à 1S3S, 15 centimes la pièce, su vendues aujourd'hui de 40 à 50 cenlimcs. Il a clé imporlé en Franrc :
En 1837 33 634 494 sangsues d*unc valeur officielle de 1 009 095 fr
1839 33 415 406 673 463 18|0 17 557 395 536 719 ISil 17 478 663 524 359 1843 30 383 358 611471
L'examen de ce lableau faii voir que TimporUlion de la «angsue, i Franco, a été progressivemeui en diminuani depuis 1833. Une peU qiianUlé de ces annélides esl cnsuilc exiH>rlèe à rétrapger.
(1) Toutefois^ il rôsulle d'expériences failes, en 1857, par MM. 2V pier et de Quairefages, que les sangsues algériennes, de res|>èce dl dragon, peuvenl rivalisiT, pour remploi médical, avec les meilleur espècos cou n nos.
n En 1854, l'Algérie a exporté 938 400 sangsues, au prix de 100 1 le mille, un 10 centimes pièce. On peut exploiter pour la pèche di >angsuos [n't^quo ions \o?> murais algériens qui, il faut IV^pért*
SANGSUES. 3f3
Vmiée, Indre^H^DÀrtj Loire- Inférieure, Maime et-Loire, Hatte-Mame^ elc.)» qiû araienl jusqu'alors pounmk notre comommatioD, sont actaellement k pea près dépeuplés de ces aimilkieSy à cause de la manière inintelligente dont la ptehe des étangs et des marais a été conduite (*).
Quoi qu'il en soit, dans le commerce de ces animaui on Khnet en général quatre choix spéciaux :
1* Le premier choix, ou les sangsues dites groBiei, qui pèleotjlemiUe, de 2k^875 à 3^1,125, k TAge de 30 k 36 mois;
2* Le deuxième choix, ou les sangsues àïies grosses moyens «ei^qui doirent peser, le miUe, de UM20 à l^^ibO, k Tâge <h 22 à 26 mois ;
3" Le troisième choix, comprenant les sangsues dites petites "wyntiMs, dont le mille pèse de 625 k 750 grammes, à TAge deiOà22mois;
4* Le quatrième choix, comprenant ]es petites sangsues, les ^^ogms dites /f /!(/#, qui ne devraient pas être péchées. Elles P^Qt de 380 è 450 grammes le mille, k Tige de 18 à Mmois.
Oatre ces quatre choix, il existe une cinquième sorte de s^Qgsae très-grosse, qui pèse de 4 à 12 kilogrammes et jus- V^'àlS kilogranunes le mille ; cette sangsue, dite vache, est ^«ndae séparément (*).
'"PpléeroBt à répoisemenl i\o, plus en plus luanifesle des marais de ^He, (rilalie, de Hongrie et de Turquie.
^puis 18iO, il se fait aussi, dans le Maroc, ua coiumerce de sang- ^*j dont le uiarché principal est à Tanger. On en charge, année ■'^yfnne, de 15 à 18 millions ponr la France, TEspn^n" et rAnj;'e- *'^. I.e Maroc ne pnKluil généralemeni cpie des stn^ïsties vertes; les *^ y sunl rares et à un prix plus éleNé. On les expédie dans des ^i^reiuplto» de terre glaise, pouvant conlenir chacune 5 000 san^- ^*^«I<es vertes vaieni environ 10 piastres fortes ie mille, posant 1 ki- ^fiiaoïc; les sangsues noires se wndeni li à U piastres.
Cl Aujourd'hui, un iutérOl réel sallachj à la reproduction arlihciLlle ^ ces birudinées, ou hirudoculture, qui sVxécute, sur nito grau le ^^le, depuis 1835, dans la Gironde et dans les déparlements voi- *W5 (badei^ Vienne, Uautes-Pyréuées, eli;.).
^ bassins |H>ur la reproduction el Télève des san;;sues ont été êia- Uàf depuis quelques années, à Clairefontaine (Seine-et-Oise), par 1LBonê;k Grauville-Sainl-Léger, \^v le docteur Uarreaux. 0 On a demandé rinlerdiction «le |:i vente «les sangsues vaches el
Lorsqu'on achète des sangsues, il faut donc avoir le soin d'examiner leur poids au mille. Il faut de plus s*assurer si le mille de ces annélides est formé de sangsues du même choix.
La sangsue de bonne qualité a le corps allongé et déprimé, sa peau à Textérieur présente un aspect velouté particulier ; elle se meut dans Feau avec une vivacité extrême, en se présentant sous une forme allongée remarquable. Son élastidt^ est telle, qu'on peut la prendre, l'étreindrc; tripler même sa longueur, et s'en entourer le doigt, comme on le ferait avec un ruban. Elle peut être comprimée dans toute sa longueur. Elle ne doit pas, par une forte pression opérée delà této à la queue, fournir de sang ; et sMl s'en échappait une minime quantité, ce qui s'observe quelquefois sur les grosses sangsues de marais, ce sang, au lieu d'être rouge comme celai que fournissent les sangsues gorgées, ainsi qu'on le verre plus loin, est visqueux et d'un noir verddtre.
Une sangsue de bonne qualité est reconnaissable aussi à smarche, à la vigueur et à la rapidité de ses contractions, à L quantité de recouvrements qu'opère chaque anneau l'un soi l'autre, à la certitude de sa marche, qui dépend surtout (■ la précision avec laquelle s'appliquent les ventouses.
En examinant le corps d'une sangsue do bonne qualité » l'état de repos, on voit que les segments se recouvrent, <a manière à faire disparaître entièrement les intervalles qui LÀ séparent, à moins que la sangsue n'ait pris accidentellemcs une forme allongée. Plus elle se pelotonne sur elle-même plus elle est vigoureuse.
Les sangsues ont la propriété de gonfler leur corps, manière à tromper sur leur volume. Un signe de bonne qu3
des lllets : Ocs premières, parce qirelles font des blessures trop gram^ dont on arrête difficilement le sang; des seconds, pnroe qu'ils sont t v petits pour produire un effet utile qui compense le grnve inconvéni ^ de la dépopulation résultant de leur pèche. Dans ce but, Tlicole pharmacie et l'Académie de médecine ont demauJé, en 1848, au nistre de Tagriculture et du commerce, quMl voulût bien interdii pèche et la vente des sangsues pesant moins de S grammes et plu9 < 6 grammes, et autoriser cependant la vente ou la pèche de ces sas'>^ sues, par exception, quand elles seront destinées h peupler des rés^' voirs ; mais ne I*auloriser que sur une décision du préfet, faisant dO** naître la quantité de ces sangsues et leur destination.
Uté est reffîlement de la partie antérieure de leur corps relativement à la partie postérieure. Un autre caractère consiste encore dans la dépression ou Taplatissemeut du corps. Sous
ia main, au toucher, on sent également que les contractions
s'exercent avec plus ou moins de vigueur. On conçoit bien^ du reste, que la faculté de rapprocher les
anneaux, que l'élasticité du corps, que la forme aplatie de
l'animal ne peuvent exister que si son tube intestinal est vide
ou à peu près.
pALSincATiONS. — Après le court exposé que nous venons
de présenter, il est facile de prévoir que le commerce des
sangsues est sujet à des fraudes assez graves ('), dont nous
allons nous occuper successivement.
(^) En t8i7^ les sieurs L... et V..., taisant le commerce des sangsues,
furent traduits devant U T C|^Dibre pour vente de sangsues qui étaient,
>a dired^experis, mélangées do bâtardes et d'officinales gorgées tla sang.
^ tribunal condamna les sieurs L... et V... à un mois de prison et cba-
caa 4 2^ fr. d^amcnde; à payer au sieur M..., à lilre de dommages-
^niérèis, savoir : 500 fr. pour réparation de la tromperie sur la nature
^ U marcbandise vendue, et 100 fr. pour dénonciation calomnieuse;
^ àmi an la durée delà contrainte par corps ; ordonna Tinsertion du
Î^Semeotdans quatre journaux, un journal judiciaire, un journal de
"^eciae et deux autres au choix du sieur M..., et aux frais de L... et
'^^ V... Ceux-ci interjetèrent appel de ce jugement, qui fut contirmê, seu-
i^Dieol avec élévation de peines : en eil'et, la Cour d*appel condamna
'^sieurs L... et V... cliaoun à une amende de 750 Ir. et à une année
^^ prison; solidairement et par corps à payer à M..., à litre de dont'
'^K^-intérèts. la somme de 6 000 fr. pour délit de tromperie et celle
^ SSOOfr. pour dénonciation calouniiense, et tixa à deux années la
^ttrée de la contrainte par corps pour Texéculion des condamnations
l«cuniaires prononcées, tant dans Tintérèt de TEtat que dans celui des
l^riies civiles.
Ed 1848, les sieurs B... et G..., marchands de sangsues, furent trauuiis devant le tribunal correctionnel (7« Chambre) pour vente de sang- ^'^ qui, diaprés le rapport des experts^ étaient gorgées dans une prol^riioD de 89 Vo ^^ généralement pour le (|uart de leur poids au moins, ^ies conclusions du ministère public, le tribunal condamna les sieurs ^*" etc..., chacun à quatre mois de prison et 1 000 fr. d'amende, tous ^ox solidairement aux dépens.
^A 1853, à la suite d*une visite faite par les professeurs de TÉcolc de
pbarniacie, le sieur X... fut traduit devant les tribunaux et condamné
^ ^fr. d^amende et aux frais pour vente et débit de sangsues, dites
^^*i gorgées de sang dans la proportion de 33 % de leur poids.
^ même année^ le tribunal de police correctionnelle de Marseille a
1° Les sangsues sont de bonne qualité ; mais les choix mmi
mêlés:
2" Les sangsues sont gorgées de sang dans une proportion de 45 à 50 %, aûn de leur donner un volume et un poids plus considérables ;
3<» Les sangsues, après avoir servie sont soumises à Topération du dégorgement, pour être ensuite revendues ;
4'' Les sangsues sont mélangées à des hirudinées d'un autre genre, dites sangsues bâtardes (*) ;
5** Les sangsues sont mélangées avec des sangsueê malades.
L'inspection seule et la balance font reconnaître la première fraude.
La mauvaise qualité des sangsues peut dépendre, lorsque l'espèce ost bonne, do leur état de plénitude^ qui tient à deux causes : à ce qu'elles ont été gorgées de sang depuis qu^elles sont sorties du marais, ou à ce quelles se sont nourries récemment dans le marais.
Vauquelin est le premier qui ait signalé le gorgement que Ton fait sabir aux sangsues dans le but de les grossir (■}.
La sangsue gorgée a le corps moins allongé que la sangsu vide; elle a de la tendance à se présenter sous la forme d'un olive ; elle est souvent , lorsqu'elle est placée dans Teau
condamné deux débilants de sangsues, Tuu à 50 fr., Pautre à iS Ps d*amende, pour avoir vendu des sangsues gorgées.
(') A Paris, les sangsues bMardcs sont également nommées wangi noires\ landis que dans le Levant et à Marseille, la dénomioalioD sangsuM noires est réservée aux espèces officinales ou médicinales, Guniraslé sans doule avec les sangsues dragons dont les teintes sont |^B ^bus claires.
(') Par celte manœuvre, on converlit les sangsues dites fiMs, qum âse vendoni au kilogramme , en peliles sangsues qui se vendent su cent;; "M, «s
peliles sangsues, qui se vendent 75 fr., en sangsues moyennes qui as vondeni 130 fr.; enfin les sangsues moyennes en sangsues grosses c^ii se vendent 280 fr.
Plusieurs préfeb, et notamment M. le préfet du Var, ont ^àr^Sm^aè, en 1856, imo circulaire aux maires et aux commissaires de polic«3 <fe leur dt^piUUMneiil, pour appi^ler Tauenlion de ces fonctionnsires ^^f le gorgt*ment des sangsues, celle manœuvre frauduleuse tombani »«>■< Tapplicalion de Tari. il3 du Code |>énal. {Voy, à la fin de ce voIib ve la Circulaire ministérieUê, en date du 10 juillet 185S, et VlnstrueUom éi r<mité consuUatif d'hygiène publique )
SANG8UBS. 327
âQgoordie et comme somnolente (*) ; Taspect velouté de sa peau n'est pas le môme que celui de la sangsue non gorgée ; quand on la presse entre les doigts, on aperçoit un reflet rougeAtre (^). Cet annélide ne s'allonge pas entre les doigts ; et quand on le presse, de la tête à la queue, on voit bientôt que le sang dont il a été gorgé s'accumule à la partie anale ; aloT^, si on le presse fortement, le sang en est expulsé, quelqciefois sous forme de jet (*). Ce sang est rouge, et ne peut AtiT^ confondu avec la liqueur noir verdfttre que laisse quelquefois exsuder la sangsue de marais.
Quelques marchands ont prétendu que le sang trouvé
f^) U est k remarquer que la torpeur irexiste pas, ou existe à peine, ^>As les sangsues qui sont gorgées au marais ; ce qui tient sans doute à ^ <|ii*on ne les observe que lorsque la digestion est déjà avancée, et à ^ ^ue le sang qu*elles y puisent est plus compatible avec leurs organes, '^betd ptrc« qoHI provient d*animaui différents, ensuite parce qu^é- 1*111, passé immédiitement du corps de l^animil sucé à celui de la sang- *^*^^ il n'a subi auctme altération à Tair.
(*} Cependant ce caractère ne se retrouve pas dans la sangsue de Tur- 4^te, qui a un système musculaire beaucoup plus épais.
(*) Tous les procédés de dégorgement peuvent être employés dans le
'^i de constatflf le gorgement des sangsues. Outre celui que nous ve-
"^^tis d'indiquer et qui est le plus simple, on peut aussi, pour arriver
^^ même but, plonger les sangsues dans Teau tiède salée, ou les sau-
^Udrer de sel marin, de son, de cendres de bois, de cendres de vigne,
^ tartre de vin, soit pdr, soit mêlé avec portion égale de sel marin,
2^ nitrate de potasse, en ies exposant, sur un grillage, à la vapeur de
^a chaude. On opère encore le dégorgement de ces animaux en les
^^ciiant avec du tabac, de la soude, du vinaigre, de la poudre d'ipéca-
^'l^nha, etc.
Ces différents moyens agissent ,en déterminant des contractions du ^^vpa de ranimai, et sont, par conséquent, plus fatigants que la simple
H. OUivier, ayant remarqué des cicatrices produites sur le corps de
^^rtaines sangsues par la morsure que leur avaient faite d'autres inJi-
^ûlos de leur espèce, a conseillé de pratiquer une incisron au dos de
^^1 animal, à quelque distance sur le côté de la ligne médiane, lieu qui
P^smet d'éviter le vaisseau dorsal et les autres organes importants.
^^^ae incision doit pénétrer jusqu'au canal digestif pour pouvoir faire
sortir par la pression le sang que renferme l'animal.
Il n'est, an reste, aucun moyen de dégorgement plus complet que cetui qii*oo peut obtenir par le procédé de M. Joseph Martin, procédé qui ^^sisie dans le retournement au quart, au tiers de l'animal, et qui per- ^"^ <le nettoyer Tiniérieur do l'annélide.
dans les sangsues gorgées provenait de ce que d'autres mar chands le leur donnaient pour leur pernaettre de supporte le long voyage qu'elles ont à faire. Cette assertion ne sau rait être admise ; car les sangsues gorgées voyagent diffici lement, et Ton éprouverait des pertes bien plus considéra: blés qu'avec les sangsues vierges^ qui supportent mieux 1 transport.
Si le sang est coagulé dans le corps de Tanimal, on peut comme Ta signalé Vauquelitiy sentir, en pressant Tanima entre les doigts, des caillots de ce liquide rouler en grumeau
Comment faire la distinction du sang provenant du gorge ment ou du marais? On peut, au toucher, remarquer que 1 sang, s'il a été récemment administré, n'occupe pas la mèm partie du canal intestinal que dans le cas où déjà un mois o deux se sont écoulés depuis que l'animal s'en est nourr Comme on le conçoit facilement, il est d'autant plus près d la partie postérieure qu'il y a plus longtemps qu'il a été ii géré. Or, comme les sangsue^ étrangères (*) 4ie nous arrivei qu'après un laps de temps plus ou moins long, s'il existe d sang dans la partie antérieure de l'animal, on a la certituc qu'il a été gorgé. Quand il existe vers la partie postérieui de l'animal, il est probable que ce sang provient du marai Il pourrait cependant en être autrement, si Tanimal ava été gardé deux ou trois mois dans des réservoirs, avant d'étj vendu.
L'emploi du microscope fournit un moyen de distingue dans certains cas, le sang introduit par gorgement, du sai provenant du marais. En effet, ce dernier sang appartiei rarement à des mammifères (^), et offre, par conséquent^ d globules elliptiques, tandis que le gorgement des sangsues: fait à Taido du sang do bœuf, de veau, de mouton ou autr
(1) CeUe rtniianiuc serait moins applicable aux sangsues provena (Je France. Il se pourrait qu'elles continssent une quanti lé considérât de sang dans la i>artie antérieure, bien qu'elles Teussent réellemc pris avant d*^tre f)échées.
(<) Disons cependant que dans les marais à sangsues récemment él blîs, on nourrit ces annélides de sang chaud de cheval, de vache d*&ne ; les jeunes, nés dans les marais, sont nourris de préférence ai le sang moins substantiel des veaux.
animaux mammifères, dont le sang a des globules lenticulaires. Du reste, après deux ou trois mois d'injections, le sang s'altère dans le canal intestinal ; on n'y reconnaît plus la Iforme des globules; il est d'une couleur noir verdâtre^ d'aine fluidité visqueuse, tandis que, plus récemment avalé, il offre une couleur rouge^ et la forme des globules est consei-Tée.
IDes sangsues gorgées mises dans un sac teignent la toile en rovige. Celles qui ne contiennent que du sang de marais donn^ Kit lieu au même phénomène, mais la couleur vire au rouge Doij&tre, et même elle est nuancée de vert.
H est important de remarquer, dans le cas où Ton trouverait des sangsues mises dans un sac ou dans un bocal, que c^>s animaux rejettent en mourant du sang rouge qui provient ^^ leurs propres vaisseaux. Il est, du reste, facile de constater, ©Xi ouvrant l'animal, si son canal intestinal est ou non chargé; ©t l'on peut également, à l'aide du microscope, distinguer si le sang provient de la sangsue, ou d'un autre animal.
Sans des vases remplis d'eau, ou même vides, les sangsues
SOTgées laissent échapper un sang rose qui suffit pour rendre
leur gorgement très-probable. Ce n'est que dans le cas où
^l en meurt, que l'eau ou les vases peuvent se trouver salis
P^rdusang rouge, comme cela a été dit pour les sacs.
Us sangsues achèvent do digérer et ne laissent point échapper de sang pris dans le marais, à moins qu'on ne les place ^*Ds des conditions propres à les dégorger. Il arrive aussi quelquefois qu'elles gardent celui dont elles se sont nourries, ^it dans une application, soit lorsqu'on leur en fait avaler artificiellement, et principalement lorsque la quantité en est P^u considérable, et que les sangsues sont d'ailleurs bien portantes. C'est ainsi, comme nous l'avons observé nous- ^^ttie, que des sangsues conservées pendant plusieurs mois ^^Hs des vases pleins d'eau, perdent do leur poids, quoi- ^^ elles puissent ne pas teindre en rouge l'eau qui les con- ^^ïil. Cette déperdition résulte de l'augmentation de leurs ^^ïétions, qui sont toujours beaucoup plus actives quand la ^^gsue est pleine, et surtout si elle est remplie récemment. l* prix élevé des sangsues, l'emploi qu'on a fait des sangles dégorgées dans les hôpitaux ont donné l'idée à [)lusieurs
330 saugbubs.
industriels de recueillir celles qui ont seirvi , pour les dé gorger et pour les vendre après ce dégorgement. Mais l'ap plication des sangsues qui ont serri est une opération qi inspire du dégoût; dans Topinion de quelques praticien! elle n'est pas sans danger^)* H est donc important de pouvoi reconnaître les sangsues qui ont été soumises au dégorgemeni Les sangsues dégorgées offrent des rides et une fleiibilit dans les téguments qui accusent qu'elles ont été soumises une distension considérable, et que leurs tissus ne sont pi encore revenus à leur état primitif. La ventouse orale o gonflée et blanchâtre. On sent que le tube intestinal, dont k parois s'appliquent immédiatement Tune sur l'autre, otb une cavité large^ que l'épaisseur de la chair qui constitue lei corps est diminuée. Elles conservent plus ou moins de vivi cité , suivant les moyens qui ont été employés pour les d( gorger. Quand on ne leur a fait subir qu'une pression convi nable, elles n'ont qu'un peu de mollesse et de lenteur dai les mouvements. Les sangsues dégorgées sécrètent un moci abondant lorsqu'elles ont été soumises à Faction d'irritants elles paraissent plus fatiguées. Elles prennent mieux que 1( sangsues artiiiciellement gorgées depuis peu de temps, ma leur piqûre est moins profonde. On peut répéter ce dégorgi ment de sangsues un certain nombre de fois, et surtout si l'o n'a point eu recours à l'emploi de moyens qui aient fait sou frir l'animal (').
(1) Il faut dire cependant que celte opinion n*esi pas partagée par plus grand nombre des praticiens.
Des faits très-nombreui attestent, au contraire, l'innocuité des sani sues après leur dégorgement et les avantages que roii peut trouvi dans leur emploi. La réapplicaiiou des sangsues date de ISii et de ISI Elle fut mise en pratique dans les hôpitaux militaires do Pampelune de Bayonne, et, depuis, dans les hôpitaux de Paris, de Bordeaux, < Toulouse, de Reims, de Douai, de Metz, de Rochefort, d*Angers ; el u*a présenté aucun inconvénient et a produit des économies notabi qui ont permis de soulager d'autres misères. Plusieurs médecins o introduit avec succès cette pratique dans quelques localités. De plu il résulte des expériences faites par une Commission composée < MM. Or/Ua, Serres et Soubeiran^ que les sangsues dégorgées et rep sées tirent autant de sang que les sangsues prises dans le commerce.
(*) Il paraîtrait que la sangsue dégorgée retient toute la fibrine ( sang (RéveU),
SANGSUKS. 331
Pour augmenter leurs bénéfices, les marchands vendent des saogsues parmi lesquelles il s'en trouve de bâtardes ; ces sangsues, n'étant pas organisées pour entamer la peau, ne sont d^aucune utilité pour le malade : celui-ci, tourmenté par las essais infructueux qu'on a faits pour lui appliquer des sugsaes qui ne prennent pas, ou qui prennent mal, et tirent peu de sang, ne retire aucun avantage de ces essais^ qui doi- Toat au oontraire le fatiguer, et peuvent empirer la maladie.
Les sangsues bâtardes n'appartiennent pas au genre son-futsuga, lien est parmi elles, et particulièrement les espèces dttgenre néphéiit^ dont la robe ressemble à celle des sangsues proprement dites. Il faut un examen attentif à la loupe pour l'iperoevoir qu'elles sont tout à fait impropres àTusage auquel on les destine (').
Le commerce ne se borne pas à appeler bàiardvê les Uradinées étrangères aux sanguiiuga; car il suffit que des espèces qui appartiennent réellement au genre sangsue soient d'an faible usage pour que les commerçants qui s'y connussent les qualifient du nom de bâtardes ; mais il convient mieoz de les appeler sangsues de qualité inférieure. Telles 8(Hit les espèces nommées, en raison de leur couleur, bâtardes inmei, bâtardes claires, bâtardes blondes; celles que l'on Appelle chalans, espèces venant du Calvados, de la Manche ; ^es dites demoiselles ou fleuries, syriennes^ quelques-unes Ms-sambUbles aux dragons d'Afrique, etc.
(') Les aonélides provenant des genres voisins aux sangsues propre- Biem dites sont faciles à reconnaître. Ainsi, parfois on a trouvé^ dans lesttDgsues du commerce, une grande espèce connue sous le nom de ^SÊfm es ehêval ou sangsue noire, pointite (hœmopis vorax), très-con- Boedans les eaux douces de l'Europe. Cest à tort qu'on lui aliribue les *ceideou inflammatoires qui se développent quelquefois à la suite de l*3ppl!caUon de ces animaux, car elle se refuse constamment à se fixer sur b peau de riiomme et ne Tentame jamais. Les ha^mopls ont les mà- <^re8 ovales, non comprimées et pen dentelées.
L^aoliftome vorace {auUutoma guio) se distinguo par sa couleur, fsbiace de bandes régulières, le refus de se ramasser en olive. Il ne s^il pas^ d'ailleurs, de Tintérèt du uiarcband de mélanger aux sang- MKsun annélidequi les dévorerait.
Qiaotaux néphélis que Ton a prétendu avoir été livrées comme sangles nédicinale», il sufflt de rappeler que ces antiélide? meurent quand 00 les lient hors de Peau pendant quelques Instants.
332 SAMGSUKS.
Pour faire passer les bâtardes dans le commerce, on môle une certaine proportion de ces hirudinées impuissantes avec des sangsues do bonne qualité^ et Ton a, en apparence, satis* fait aux demandes.
On a vendu aussi, comme sangsues médicinales, des hirudinées appelées aulastomes, tout à fait impropres à la succion (^). Ces fausses sangsues se reconnaissent aux caractères suivants : elles sont très-avides de vers de terre, tandis que les véritables sangsues ne s'en nourrissent point. On ne remarque point sur le dos ces lignes régulières continues, ou ces lignes de points, ces facettes régulières que Ton remarque sur le dos des sangsues médicinales ; ces lignes, quand elles existent, sont irrégulières ; le plus souvent, elles sont remplacées par de petites taches de forme variable. Les aulastomes sont plus flasques au toucher, elles sont dépourvues des trois mâchoires dentelées qui arment la ventouse buccale de la sangsue, et que remplacent trois petits mamelons placés en ligne droite sur le premier sphincter, ou sphincter de ToBSophage. L'œsophage de Taulastome est beaucoup plus large et plus allongé que celui de la véritable sangsue. La seconde division du canal intestinal est dépourvue des appendices latéraux, en forme de culs-de-sac ou de nids, si nombreux et si remarquables dans la sangsue médicinale ; elle est dépourvue également des deux très -longs appendices latéraux et aussi en culs-de-sac qui, dans la sangsue, s'étendent jusqu'à la ventouse anale, en embrassant entre eux les deux dernières divisions du canal intestinal. Celles-ci diffèrent aussi par leur étendue relative et par la contexture de leurs membranes des deux mômes divisions correspondantes du canal intestinal des vraies sangsues.
Comme les bonnes sangsues peuvent se trouver mélangées à des sangsues malades, il n'est pas superflu de décrire ici en pou de mots les maladies qui attaquent ces annélides.
Une des plus funestes et des plus communes est l'affection putride; elle se manifeste par l'enflure des extrémités ; celle-
(') En 1854, le sieur M..., iraduil en police correctionnelle pour atoir vendu des aulaslomes, comme sangsues médicinales, a élé condamné à irois mois de prison et à 50 Tr. d*amende.
d gagne bientôt tout le corps, qui est comme distendu par les gaz qui résultent de la putréfaction du sang. Les sangsues atteintes de cette maladie laissent écouler par la bouche un liquide rouge et séreux. Cet écoulement précède de peu leur mort, et ne doit pas être considéré comme Tindice du gorgement. Les circonstances dans lesquelles se manifeste la maladie putride, sont : 1^ la chaleur (') ; 2<^ l'accumulation de sangsues en trop grand nombre; 3^ le contact de sangsues mortes ou malades, et surtout par FaiTection putride; 4^ le renouvellement insuffisant de Teau ou de la terre argileuse qui les renferme; 5^ les lavages trop rares ou dans une eau impure ; 6^ leur conservation dans des sacs non nettoyés ; ?• l'état de plénitude et surtout de gorgement, particulièrement en été ; 8^ leur déplacement, surtout dans les voyages à répoque de la gestation.
Une autre maladie se manifeste par Texcrétion trop abondante de leurs mucosités ; on la désigne sous lo nom d*affec~ ikm muquettse. Dans cel état, les sangsues ne tardent point à s'amollir et à diminuer sensiblement. Cette maladie, qui dure quelques jours, est favorisée dans son développement : P par Tétat de captivité des sangsues ; 2^ par le changement de milieu; 3® par la perturbation produite dans le transport; 4* par le maniement ; 5® par un emballage portant mauvaise odeur.
Les sangsues deviennent quelquefois, comme on le dit, noueuses, c'est-à-dire que l'extrémité postérieure de leur corps présente un rétrécissement qui commence à la ventouse anale, et va en se prolongeant en avant. Le doigt peut apprécier des sortes de granulations dans la partie rétrécie. Cette maladie, qui se manifeste le plus souvent dans une
0) Cest pendant les mois de juillet, d'août cl de septembre, que les pharmaciens on les personnes qui s'occupent du commerce des sang- Boes en perdent une plus grande quanlilé, par suite de raltération de reaa où elles séjournent.
Pour les conserver en été, sans éprouver plus de perte que pendant U saison froide, M. Gautier, pharmacien^ recommande d'ajouler chaque jour il leur eau, 1 gramme de sel gris par liire, cl si les t^angsues n'étaient pas primitivement malades, il suffit de porter la dostî à 0«',50 OQ OC'.fiO, et de la continuer sans interruption pendant les chaleurs.
334 SANTONINE.
partie des circonstances déjà précitées, affecte suriout les sangsues qui ont été longtemps conservées avant la vente ; et, comme on ne pèche pas dans les marais de sangsues aiteintes de cette maladie, cette dernière est une conséquence de la captivité, et peut-être de la nourriture artificielle que Pon croit devoir donner à ces animaux dans quelques ré* servoirs.
La gelée, lorsqu'elle ne tue pas immédiatement les sangsues, donne lieu à divers accidents ; elles se nouent^ deviennent boutonneuses, rejettent des matières sanguinolentes.
On croit avoir observé que certains principes délétèrw, puisés sur des malades par des sangsues, avaient causé la maladie et la mort de celles-ci.
Les sangsues se blessent entre elles. Le lieu de la blessure, qui se reconnaît par une tache tantôt blanchâtre, tantôt d'un gris foncé, tantôt d'un gris rougeâtre, est souvent aussi le point de départ de rétrécissements dans le corps de ranimai. Les sangsues affectées de cette lésion sont diie^ piquéti.
Vexténuaiian est aussi une cause de mort pour les sangsues.
La santoninef ou santoniriy est une espèce de résine cristallisée, trouvée par Kahkr et Alrm dans le scmen-«ontra et dans les sommités fleuries et les semences de plusieurs variétés iLùriemma, ËUe cristallise en tables prismatiques brillantes, incolores ; elle est insipide, inodore, volatile, insoluble dans l'eau, soluble dans Talcool, Téther, l'essence de térébenthine. Sa dissolution alcoolique est franchement amère. Elle fond à 163^, et donne un liquide incolore qui se concrète, par le refroidissement, en une masse cristalline.
La santonine se combine aux bases, et forme des sels cristallisables avec la chaux, la baryte, l'oxyde de plomb.
Usages. — La santonine est employée comme antbelminthiquc ; elle a, dit-on, des propriétés vermifuges très-prononcées, à la dose de OssSO à 0«r,40.
SAPIN (boorgeons àe). 985
PiilmcATioifs. — • H. y. Ruêpini, de Bergame, a signalé la hliifieaiion de cette substance par Vaeide borique ; il a proposé Taetion de la chaleur pour découvrir cette fraude.
La santonine pure, fondue à une légère chaleur sur un papier blanc, se liquéfie sans crépitation, en laissant le papier un peu gras ; et, par le refroidissement, elle cristallise en masse de couleur Jaunâtre.
La santonine môlée d'acide borique fond avec une légère crépitation, comme les sels qui perdent leur eau de cristallisatioD. Elle enduit le papier, et l'acide borique se sépare sous forme de poudre blanche.
La santonine qui contient la plus petite quantité d'acide bori(iQe colore la flamme de Talcool en vert.
On a, dit-on^ falsifié cette substance avec la gomme et la résine. Cette fraude serait décélée par Todeur qu'exhale la substance projetée sur des charbons ardents. D'ailleurs, la gomme pourrait être séparée au moyen de Talcool, qui ne la dissout point.
SAPm (lomMBom dk).
Les bourgeons de sapin (abies pectinata) viennent particulièrement de la Russie.
Ils ont une forme conique, arrondie ; ils sont ordinairement composés de six bourgeons latéraux, placés tout autour de la base d'un bourgeon terminal plus gros, long de 0«,014 à 0*,027. Ces bourgeons sont revôtus d'écaillés rougeâtres droites, et sont tous gorgés de résine, dont une partie même exsude à la surface^ sous forme de larmes ; leur odeur et leur saveur sont résineuses^ légèrement aromatiques.
UsAGCS. — Les bourgeons de sapin sont employés dans les aflections scorbutiques , goutteuses et rhumatismales.
FALsmcATiONS. — On substitue aux bourgeons de sapin des bourgeons provenant du pin sauvage {pinus silvestris), et ceux {ouTiAsfHilOiSapinette blanche [abies alba). Les premiers, qui viennent du Berri, sont d'une couleur plus foncée que ceux du sapin ; ils sont beaucoup plus longs, cylindriques,