‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 4)Chapitre 73 sur 190 · SASSAFRAS · texte numérisé non relu

SASSAFRAS

sentant point les trois nervures qu'on remarque dans les feoilies de saponaire.

les fleurs de la saponaire sont en petits bouquets, celles du Ijcfanis sont isolées.

On désigne, sous ce nom, la racine et le bois d'un laurier (bunu sassafras) (laurinées) originaire de TAmérique septentrionale.

Le sassafras nous est apporté en souches ou en morceaux de la grosseur du bras ; Técorce a une couleur de rouille; elle est beaucoup plus aromatique que le bois, qui est veiné, poleox et jaun&tre, quelquefois avec des veines roses ; Fodeur forte et agréable du sassafras est due à une huile volatile, plus dense que Feau, incolore au moment de son extraction, jauniaunt avec le temps. 3 kilogrammes de sassafras enfourniflent jusqu'à 46 grammes.

Usages. — Le sassafras est employé en médecine comme diaphorétique et diurétique. On en prépare une infusion, nne eau distillée, un sirop. Il entre dans les espèces sudorifiques.

Altérations. — Le sassafras ne devrait être employé par le pharmacien qu'au moment où il vient d'être râpé ou rahté. S'il est mis d'avance en copeaux, il a perdu la plus grande partie de son huile essentielle et de ses propriétés, à moins qu'il n'ait été renfermé dans des vases hermétiquement clos.

Falsifications. — Le sassafras divisé du commerce est souvent mêlé de bois étrangers, II faut donc, lorsqu'on rachète, examiner avec attention la texture, et ne pas se fier à l'odeur: les|copeaux d'autres bois, mêlés de sassafras, prenant l'odeur de ce dernier, on serait induit en erreur.

Selon Hahnemann, il se trouve quelquefois, parmi les bois de sassafras, des morceaux qui ont une texture plus dense et plus solide, une odeur d'anis ; on doit les rejeter comme inactifs.

T. U. "tl

Autrefois, ce bois étant d'un prix Irës-Mevé, on lùï a substitué du bois de ptn> bouilli dans une infusion âe fenouiL

SAVOirs.

On appelle êavom (*) des sels formés par les acides gras (acides stéarique, margarique, oléique) avec les oxydes métalliques. Les savons à base de potasse, de soude et d'ammoniaque, sont seuls solubles dans l'eau.

Pour les besoins de la médecine, on incorpore quelquefois au savon des substances susceptibles de lui communiquer des propriétés nouvelles ; on forme alors les savons dits wiédicinaux*

Outre le savon employé pour le savonnage du Iirige> les savons de toilette et les savons médicinaux^ on trouve égaler ment dans le commerce, depuis quelques années, pluaîeuis espèces de savons : le savon de résine^ fabriqué avec de la soude, du suif, de la résine commune, et un peu d'huile de palme, pour en rehausser la couleur^ qui est à peu près celle de la cire jaune; il sert surtout dans la marine (*) $ le mwm kydrofuge de Menoiii, qui n'est pas, à proprement parler, un savon; ]q savon fjonce, qui n'est autre chose que du savon ordinaire, à la pàtc duquel on a incorporé à dessein des matières siliceuses (*) ; enfin, on prépare des savons avec des matières animales, des boyaux; avec les débris des abattoirs, avec des huiles de poisson ; avec Toléine de suif, les graisses vertes (mélanges de matières grasses, résidus des cuisines^ re-

(•) Pline aiiribue aux Gaulois la découverte des savons.

(*) On fabrique aussi des savons de résine cou (euanl de ISiSOVo d*nrg!le, de craie ou de marne, ei au prix de 39 h 65 c. le kilogramme; ces savons de résine déopassenl très-bien le linge.

On fabrique aussi des savons avec Thuile de coco^ contenaM §0% d\>au, :)2 o/ode matière gra^se et 10 % d'argile. Ces savons, d*uu prix peu ^'levë, seul désavantageux pour le consommateur; ils donneui souvent un <iéctu'.t de 50 % au boul d*un mois de fabricailon.

(3) ï.e siliiîatede potasse a élé d'abord employé en Angleterre pontf la fabrication du sa>on. Ce savon siliceux est fâi)riqtté |>oiir uiie À)u1e d*U!>ages tecbni({u<;s , et ne doit pas^ par conséquent, ^tre conskléitb comme une sophistication.

sjivoifs. 339

caeillts chez Ias restàutdteurs et dans divers établis^emiôtits publics et privés des grandes villes]^ le suif d'os, les huiles de palme et dé coco, le flambart, le saindoux, Thuilc de chenal; &vecles graisses dites de Reims et de Turcoing (extraites des eaux tovonneuses, résidtlâ de graissages et dégraissages de laines) ; la soude et la chaux forment la base de la lessire alcaline employée pour fabriquer ces savons (^).

Dans le commerce, on distingue les savons en savons duri, 00 à base de soude, et en savons mous, ou d base de potasse ; ces derniers, dits savons notre ou verte j sont plus gétiéralement employés dans les pays du nord ; en France, on emploie de préférence les savons dura. Les savons formés par tinemfimô base sont d'autant plus durs que la matière grasse employée à la saponification a un point de fusion plus élevé.

On trottVë aussi, dans le comtnercc, deux espèces de savons: le savon blanc et le savon marbré ou de Marseille (•). Les ▼eines bleuâtres que Ton remarque dans ce dernict sont pro- ^tespar une petite quantité de savon h base d'alumine et de Prtlotyde de fef , et par du sulfure de fer, formé aux dépens ^*^ peu de sulfure de sodium, qui existe toujours dans les lessives employées à la fabrication du savon.

te savon dur , de bonne qualité et parfaitement pur, doit être sans odeur étrangère, ne produire aucune tache sur le Papier, ne pas graisser les doigts, ne pas sliumocter à Tair ni ^ couvrir d'efflorescences; il doit encore, par la dessiccation,

( ) Certains fabricants ont essayé, mais sans succès, dV'mployer ^^^(fo 1702; elle avait l'inconvénient (Je communiquer au linge une

QwHqiies persobnea avaient eu la prèlcniion de ne pas laisser vcnilre "^ ssiTQQs fabriqués avec les matières animales : nous ignorons ce qu'est /^^enve cette prétention, qui aurait pour résultat de supprimer la fa- "^^tion des savons à bas prix,

'^^>H pensons que ces savons et tous ceux quf sont préparés pour être

V^^lag I bon marché peuvent être mis dans le commerce, mais avec

^^ <^omioatioDs telles que le consommateur ne puisse être induit

*' n'y a fraude que lorsque Ton trompe sur la nature de ta marchant **«•»!*».

^') Le savon de Marseille vaut de 85Vi 90 i'r. Ie<( 100 kilogrammes.

perdre 45 ^/o»2 d'eau, si on se sert de savon blanc, et 30 %^ si Ton opère sur du savon marbré (■).

Placé sur les charbons ardents, le savon fond, se boursoufle et noircit en répandant une fumée épaisse , d^une odeur d'huile brûlée. En brûlant ainsi complètement toute la niatière organiqpie , le savon blanc perd 50 ^/^ ,2 , et le savon marbré 64 ^1^; le premier laisse 4 ^/o, 6 de cendres, et le second 6 Vo* 1)^3 1^ ^^^^ ^^* ^^ soude forme la majeure partie de ces cendres.

Le savon doit se dissoudre facilement dans l'eau distillée» de même que dans Talcool bouillant, qui est son véritable dissolvant. La solution aqueuse est opaline, et mousse fortement par Tagitation ; elle présente une faible réaction alcaline au papier de tournesol rougi; elle précipite en flocons blancs Teau de chaux et Peau de baryte, décompose toutes les dissolutions métalliques, et est décomposée par tous les addes qui s'unissent à la base du savon, en séparant les acides margarique, stéarique et oléique.

Les savons durs se préparent, en France et en Italie, avec la soude et l'huile d'olive ; en Angleterre, dans le nord de l'Europe et de rAmérique, avec le suif et diverses graisses. On ajoute souvent à Thuile d'olive 1/10 ou 1/5 d'huile de graines, pour rendre la coupe du savon douce, en diminuant sa consistance. C'est ainsi qu'on fabrique les savons d'huile d'olive et de soude, ou savom de Marseille; pour préparer le savon blanc, on emploie les huiles les moins colorées.

Le savon mou, fabriqué en grande quantité en Picardie, en Flandre et en Hollande, avec la potasse et les huiles de graines (chënevis, lin, colza, caméline, œillette) (^), contient en général plus d'alcali qu'il n'en faut pour la saturation de l'huile. C'est un savon complètement dissous dans une lessive

(*) I^ présence des marbrures est un indice certain que le savon ne renrerme pas au delà de 30 Vo d'eau ; en effet, quand la pftte est plus hydratée, elle esi plus fluide et plus légère ; alors les connposés méulliques s*y déposent facilement, et Ton ne réussit plus à les incorporer, sous forme de veines, dans les savons.

(*) On fabrique aussi une quantiié assez considérable de savon mon eu saponifiant Tacide oléique, résidu de la fabrication des bougies stéariques; et on est parvenu à le durcir par Tadiliiion de O.t âi 0,2 d*huile de palme {de MiUy).

alcaline ; 3 doit être iransparenl, d'une belle couleur noir&tre oa yerdàtre lorsqu'il a été préparé avec Thuile de chènevis ; aatcement on lui donne cette teinte, soit au moyen de Tindigo en nature ou dissous dans l'acide sulfurique, soit avec un mé-> lange de couperose verte, de noix de galle et de bois de campédie, soit à l'aide du sulfate de cuivre. Il se dissout plus iacQement dans Peau que le savon de soude, et ne se dissout pas dans une lessive de potasse très-concentrée, en sorte que Ton peut par ce moyen purifier un savon qui, par suite d'une pipantion vicieuse, contient soit trop de seb, soit trop d'alcali caustique o^i carbonate. Du reste, comme le savon mou 86 dissout bien dans l'alcool, on sépare les sels étrangers à Faidede ce véhicule.

Par la dessiccation à Tétuve, le savon vert abandonne % %,5 d'eau^ et le produit séché perd, par la calcination et Tmcinération, 44 <^/o de matière grasse , en laissant 9 Vo>5 de cendres ; celles-ci sont formées par la potasse.

Les savons de toilette sont, comme les précédents, tantôt à base de soude (savon de Windsor , à la rose, au bouquet, d^aiRawiet amèreSf etc.)^ et tantôt à base de potasse {savons de Meitemous, savon nacré ou crème (f amandes). Ceux qui sont à base de soude se font avec les huiles d'amande^ douces et ttnères, avec les huiles de noisette, de palme, d'olive; avec le saindoux, le suif, le beurre ; ils sont, en général, trèsbjrdratés. Ceux qui sont à base de potasse ne se font qu'avec Itt graisses, et, le plus souvent avec le saindoux.

Tous ces savons doivent leur odeur agréable à diverses es- >^Qces ou substances odorantes (essences de roses, de carvi, ^ lavande, de romarin, de bergamottc, de Portugal, etc.), Vi'on y incorpore, ainsi que différentes matières colorantes ^''geniques. Dans tous les cas, leur saveur ne doit pas être ^Mcjue, et il est nécessaire qu'ils soient autant que possible ^pourvus d'alcali libre.

Qnelques-uns sont transparents : ils renferment alors une 9iantité plus ou moins considérable d'alcool; quand on veut ^ colorer, on emploie des dissolutions alcooliques concen- *^ d'orseiUe pour le rose , et de curcuma pour le jaune

SWONS.

Voici la composition, en cenlièmesî^ de qu^^^ sfç^W

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