MATIÈRE
ânnmt
SOUQE.
Sav.bl.de Marseille
GtAMB.
▲HALTSIS
TbéMnl
SavQii inar|]iré de
Marseille ( savon
de ménage, bon-
ne qualité)
(tiuile).
rt'Arcel.
Savon blanc de suif,
anslais
Si
Um.
Ssivon de Castilje. . .
14,5 avec maL colorante
Ure.
J4* anglais...
1 4,9 avec nm.
Savon blanc de par-
colorante.
fumeur, anglais..
Dre.
Savoi) blanc de
Glascow
Ure.
Savon résineux
brun de Glascow.
avec résiné.
Savon de beurre de
Ure.
cacao, anglais
[narine Soap) . . .
()>eurre
de cacao).
PSTASSE.
Savon verl ordi-
oaire. ...... ...
TbéMTd
qievrelU
Savoiimou, anglais.
( huile
et suif)-
Savon vert, belge..
(bulle).
Savou mou , éco>-
gais
(huile et suif).
(huileet
graisse).
51, 06 7 h. de
ïiaveiUO.
(huile d'olives).
Savon demi -dur,
écossais, dil sa-
von éccmomique..
(graisse solide).
Usages. — Le savon est employé au blanchissage desétof et du linge, au foulage du clrap. Le savon mou est plus prog au lavage que le savon dur, parce qu'il contient un peu if d'alcali ; on s'en sert pour laver le linge grossier et dans foulage du drap. Le savon dur , au contraire , est emplc pour laver le linge fin, les tissus do coton et de soie. Le saip
est employé pour le grc^3sage des machines. On se sert aussi, dans I^ arts, de sarons métalliques pour le bronzage des plâtre^ et rimitatipu de la patipe antique. La parfumerie fait Dû grand usage des sarops dits de ioikUe(^), La médecine et la pharn^acie utilisent les savons dits médicinauoç,
tasavpu à Tétat solidf) est employé dans qertaips essais, par la voie sèche, cpifmie f\vçL réductif . La solution aqueuse ou alcooUque 4o savQU blanc est usitée comme réactif dans ^elques circonstances. L'a^Uop décomposante qu'eiercent sur elle les sels à base de chaux et de magnésie la fait servir à coQstater la plus ou moins grancle pureté des eau^ de sourcei, de rivières et (le pui^-
FiLsiFiC4TfONS. — Il y a plus (l'un demi-siècle que Ton f^e le savon (•}.
D^ns CQ but, on l'allonge souvent dVau; pour augmenter soo poids^ on y incorpore des matières peu coûteuses, telles que de la farine^ de la fécule ('), de la silice 0, de Valu- "wie if\^ des si/l^, du talc^ de la terre à foulon blanche^ de la
n Les iftfont de toilette ei oeui qui servent k nettoyer ie linge sont ^ hsa de potasse et de soude.
P) Ifous en trouvofis |a preuve d^n» )e tome VII de VEncyclojpédie "i^Uodigue, Arts et métiers mécaniques, p. 2i5 : a La fraude la plus
* diflldte à reconnaître est celte qui a lieu quand le savon est cuit et
* eotiérement liquide dans la cbaudiëre; on fait boire à la pâle plu-
* sieuri chaudrons d'eau claire, qu'on remue bien et qu'on incoi-pore
* à la pftte, si bitin qu'elle ne parait pas. dette eau rend môme le savon
* plus blanc, et ce n'est que dans la suite (|u'on s'aperçoit de celte
' ^Qde; car un quintal (100 livres ou 50 kilogrammes) pârd, après
' environ huit jours, de iO à 95 % de son poids, parce que cette eau
' ^*mpore; tandis que lorsqu'il n'est pas ainsi humecté, au bout de
' itiois entiers, la diminution la plus forte est d'environ 3 ou i %. Le
' Baio que procure celle fraude n'est pas cerlaiit ; car, pour qu'elle
Puisse avoir lit^u, il faut que le fabricant ven'le immédiatemeoi son • ^von. »
(^} L'introduction de 5 à 6 % de fécule dans le savon a pour but de ^ ftolcifier lorsqu'il est trop alcalin; on a même pris un brevet pour celte ^ïJilion.
{^] En Angleterre, on a fabri(|ué des savons contenant jusqu'à 19 % ^^ silice. En les calcinant, puis les traitant par l'aci-lo clilorhydrique, la **uce reste pour résidu, sous la forme d'une poudre blanche.
(*) A BoriJeaux, on a venJu sons le nom de savon économique, savon
^ ^nage, des savons conlenanl de la marne ou de l'alumine {pedroni «Vs).
terre de pipe, de ta terre glaise de couleur bleue^ de la poué de chaux tamisée y du plâtre, du sulfate de baryte (*). Sonvc aussi on vend du savon fait avec des huiles de graines et i graisses, comme savon fabriqué avec de Thuile d'olives d^amandes douces. Les savons de toilette peuvent renferm des matières odorantes de qualité inférieure, ou des matiài colorantes inorganiques, nuisibles à la santé (>).
L'une des falsifications le plus en usage pour le savon, <f < Taddition d'une quantité considérable d'eau. Le savon for) ment additionné d'eau est conservé dans des caves humidi à Tabri de l'air, qui lui ferait perdre ce liquide ; on le cou^ même de linges trempés dans de Teau saturée de sel marû quelques marchands vont jusqu'à tenir lès savons dans d vases pleins d'eau salée ('). Ces savons sont faciles à reco naître à leur pftto molle et blanche ; il suffit de les press avec les doigts pour se convaincre de la fraude. On pc évaluer la quantité d'eau qu'ils contiennent en pesant u certaine quantité de savon (4 ou 5 grammes) en raclai minces, puis le faisant sécher rapidement dans une étuvf courant d'air, chauffée à 100®, ou bien dans un bain d'huî et prenant le poids du produit desséché. La différence ent les deux poids indique directement la proportion d'eau q se trouvait dans le savon suspecté.
Lorsque le savon est additionné de farine^ de fécule, < silice, d'alumine, de talc, de terre glaise^ de terre à foulo de chaux, de plâtre, de pierres, etc., rien n'est plus fad que d'en apprécier la quantité. En effet, tous ces corps éta insolubles dans l'alcool, il suffit de traiter le savon s spect par ce véhicule, et de filtrer la solution, pour sépai toutes les substances étrangères qui, restant sur le filti
(^) Le docteur Arends dit avoir examinô du savon qui renfermait i proportion considérable de sulfate de iKiryle en pondre.
Le docteur Geiseler a examiné un sa>on qui contenait 33 Vo de sa\ pur cl 51 % de coUe animale^ iusolul)!<' dans Talcool et furoiant i gelée avec Peau l)oui liante.
(*) ËnUn on fraude, dans la vente au poids, du savon en morcM de 500 grammes, qui ne pèsent quelquefois en réalité que ii5, 31M même 365 grammes.
(') Le savon blanc soumis à cette manipulation augmente^ en mois, de 39 %.
peuvent être pesées, après une dessiccation préalable. On recherche ensuite, par un examen) spécial, la nature de ces sabstances étrangères.
On pourrait encore connaître la quantité de savon réelle renfermée dans un savon douteux, en le', faisant sécher d'abord, pour déterminer la quantité d^eau qu'il contient, puis en faisant bouillir le produit desséché dans une solution eoncentrée de sel marin. Cette opération détermine, d'une part, la précipitation des matières insolubles^ et d'autre part la dissolution des matières solubles : il s'ensuit que le savon, surnageant la solution de sel marin et insoluble dans cette dernière, peut ensuite être repris, filtré à travers un linge, puis séché de nouveau et pesé. La perte de poids indique la proportion de matières étrangères. Ce procédé d'analyse ne peut évidemment s'appliquer qu'aux savons de soude, lorsqu'on les fait bouillir avec du chlorure de sodium.
Si le savon à essayer ne renferme que des matières insolubles dans l'eau, on peut le traiter directement par ce li* qnide ;' car les corps ayant servi à la fraude se précipitent alors au fond du vase, dans lequel on fait la solution de savon, et on peut les reprendre pour les laver, sécher et peser.
Lorsque les savons sont fabriqués avec des matières grasses de qualité inférieure, telles que Thuile de graine de pavot, de chènevis, de noix, de hêtre, bien qu'ils aient été vendus pour des savons fabriqués avec des corps gras d'un prix trèsëlevé, il n'y a d'autre moyen de reconnaître la fraude que celui qui consiste à décomposer le savon suspecté, au moyen d'un acide, pour en soustraire les corps gras, qu'on soumet ensuite à un examen approprié ( Voy, art. Huiles, Axonge, Graisses).
On trouve aisément la quantité d'alcali contenue dans un savon, à l'aide d'un essai alcalimétrique. On prend , par exemple, 10 grammes de raclures de savon, représentant l'échantillon moyen, on les fait dissoudre dans 160 p. d'eau bouillante, puis on sature cette solution avec une liqueur normale contenant, par litre à 15<^, 100 grammes d'acide sulfurïque à 66^ ou à un équivalent d'eau. Le volume de ce liquide, employé à la saturation complète, indique le poids
346 84VQ9i|S.
Gorrespo^dant d'acide sulfurique, qi^ éqwyaul lui-qpfi(inm ^ un pertain pojds de carbonate de soude s^^ cm en (l^u^t donc réquivalent en soude ou en potassç^ PWTf^? I^ tiQuide provenant de la saturatioq donne, par son aspect, tronble ou limpide, et mieux par une évaporation à siccité, dos indices 3ur la pureté de la base. L'examen de la criaiallisatioD (!|u sulfate formé, Tessai avec le chlorvire de pUtine, font reconnaître si la base est de la soude ou 4q ^ potasse, ou bien un mélange de ces deux alcalis.
Pour vériûer si le savon est fait avec de l'huilo ou ^vec d^ la graisse, on fait dissoudre un pe\^ de savon (10 girmnipes environ] dans un demi-verre d'eau ) lorsque la fiolutiop e^t complète, oi^ ajoute dans le liquide, soit de^L ou troia ooillarées de vipaigre, soit une quinzaine de gQU^tes d'acid^ aulfurique^ ^t de Tacide tartrique, aQ^ de neutraliser Talcali ; immédiatcmept après ce p^éUnge, l^ liqueur se trouble et le cprps gra^ se sépare de l'eau *, on agite légèrement avec une bûcbette à laquelle vient adhérer 1^ grfû^SQ si le savoi) en couti^t, (andis qu'après un mopif^n^ de repos Vbuile awr nage, si elle faisait la base du savon.
Oq recueille les acides gras, et on pr^nd \wt point de fusion. Souvent Todeur qu'ils développent, au moment de U décomposition à chaud du savon par les acides, indique la nature de la matière grasse employée dans sa fat^rication, celle du moins dont Vodeur est dominante.
Pour recueillir la matière grasse, qn ajoute, d'après dArcetf 10 grammes de cire sèche et pure ; on chauffe jusqu'à liquéfaction complète ; on obtient un gâteau de cire très-dur, qui est desséché et pesé. Son poids, déduction faite des 10 grammes de cire employés, indique celui de la matière grasse qui s'est unie à la cire et qui se trouvait dans le savon.
Dans le cas où le savon renfermerait de Thuile et de la graisse^ on obtiendrait un mélange de ces deux substances, d'autant moins compacte que l'huile y existerait en plus grande proportion. Pour bien réussir dans cet essai, il faut avoir égard à la température. Si on faisait cette épreuve à cbaud^ la graisse liquéfiée par la chaleur pourrait ôtre confondue avec rhuile , il faut alors avoir le soin de laisser refroidir le mélange, avant d'asseoir son jugement* Si on opé-
raitpar an temps trop froid, Thiiile pourrait ètro concrétée et serait prise pour de la graisse. Il est donc nécessaire que le liquide soit à une température moyenne.
D en est de mâme des essences qui servent à aromatiser les savons de toilette.
On constate que lo savon contient un excès de matière grasse non saponifiée, en extrayant les acides gras au moyen deracidechlorhydrique, les lavant à Teau distillée chaude, puis les combinant avec la baryte, et épuisant par Teau bouillante. La matière grasse non saponifiée est isolée du savon iMurytique par un traitement à Talcool bouillant qui la dissout seule, saps toucher au savon alcalino-terreux.
Quant aux matières colorantes minérales que renferment qadauefois les savons de toilette, rien n'est plus facile que. de les découvrir. Il suffit, en effet, de traiter le produit par de Talcool, qui dissout le savon et laisse presque toujours indissoute la matière colorante; celle-ci est ordinairement insoluble dans ce liquide; c'est ainsi qu'on retire des composés de plomb et do mercure colorés en rouge, des combinainaisons cuivreuses vertes ou bleues, etc.
0 arrive quelquefois que des savons devant contenir de la sonde, et vendus pour tels, renferment des quantités plus ou moins considérables de potasse, ce qui nuit à leur consistance ; alors on conçoit bien qu^ ces savons donnent, par Tincinération, des quantités de cendres différentes de celles que nous avons indiquées précéden^ment, et dans lesquelles il est facile de déterminer les quantités relatives de potasse et de soude, i l'aide des procédés ordinairement employés pour la séparation de ces deux bases (Voy, art. Potasses).
Suivant le docteur Stœckhardt, les savons de suif et d'huile fabriqués par une nouvelle méthode^ dite méthode vive, sont additionnés d'huile de coco, qui leur donne la qualité de mousser davantage.
Les acides gras du savqn de suif^ préparé selon Tancienne méthode, commencent à fondre vers 44^ ou 45^; ceux du savon do suif, par le procédé vif, fondent à 30° pu 33^ ; ceux du savon de noix de coco, h^ 23° ou 24°.
Suivant Bolffs, on parvient sans peine à reconnaître la présence de Thuile de coco dans le savon, en versant quelques
gouttes d'acide sufiirique dans la dissolution de ce dernier. Cette addition développe instantanément Fodeur caractéristique du beurre de coco.
Savons MÉoiaNAUX. — Le savon ordinaire et de bonne qualité, parfaitement pur^ est employé en médecine pour calmer les ardeurs d'urine, dissoudre les pierres des reins et de la vessie, etc. ; dans ces divers cas, le savon marbré ordinaire ne doit pas être employé, parce que ces marbrures sont produites par des substances métalliques, telles que le cuivre, l'oxyde de fer, la terre jaune, le manganèse, le vitriol bleu^ Torpiment, etc., etc., toutes substances qui, à Tintérieur ou même à Textérieur, pourraient causer parfois de graves accidents. Nous conseillons donc aux pharmaciens de fabriquer eux-mêmes le savon blanc ordinaire qui doit servir aux usages médicaux.
Pour plusieurs autres maladies, on compose les savons suivants^ dont nous allons faire connaître les vrais caractères, afin de mettre en garde contre les altérations dont ils sont susceptibles.
1" Savon antimoniaL — Ce savon doit parfaitement se dissoudre dans Teau et Talcool sans laisser de résidu. Sa dissolution, additionnée d'acide sulfurique faible, forme un précipité orangé abondant de soufre doré d'antimoine ; il dégage du gaz hydrogène sulfuré, et sa surface se charge d'huile. Ce savon doit avoir une couleur d'un blanc gris&tre ; s'il était rouge, sa préparation n'aurait pas été bien faite, et il ne faudrait pas s'en servir ; mais comme on peut voir cette couleur lors de la préparation, il suffirait d'ajouter de la potasse caustique pour lui donner la couleur voulue.
Cette préparation a besoin d'être employée tout de suite, car elle s'altère d'une manière tellement sensible, que l'hydrogène sulfuré se dégage en totalité, et qu'il ne reste qu'une dissolution incomplète et inutile. On peut s'assurer de cette altération par l'addition d'un acide dans le savon antimonial; cet acide fait reconnaître que la dissolution ne dépose pas de sulfure d'antimoine^ qu'il n'y a pas dégagement d'hydrogène sulfuré, et qu'il ne reste que de l'hmle grasse et de l'oxyde d'antimoine blanc combinés avec la potasse.
2® Savon mercurieL — Il est gris noir&tre ; sa saveur est
Acre, piquante» savonneose ; il est soluble dans Teau froide et plus encore dans Teau chaude : mais dans Tune ou dans l'autre de ces solutions, l'oxyde de mercure ne se dissout pas, il se dépose au fond, parce qu'il n'est pas lui-môme parfaitement dissous dans le savon, mais seulement incorporé de manière à ne pouvoir s'en séparer même par une filtration à tev^sun papier quadruple.
On substitue quelquefois au savon mercuriel du savon
^fnmun et du mercure solubk (fifahnemann. Cette sophisti-
^tion est facilement reconnaissable au précipité ^is noir
d'oxyde qui se produit parla dissolution dans l'eau distillée.
^ savon mercuriel vrai donne pareillement un précipité
d'oxyde de mercure, ainsi que nous Tavons dit ci-dessus;
'^^ celui-ci se fait beaucoup plus lentement, il est surtout
d'une couleur moins intense.
Quelquefois il arrive que, par suite d'une préparation mal f^te, le savon mercuriel n'est pas propre aux usages auxquels '1 est spécialement destiné. Il contient des dépôts ou flocons 'huileux, qui apparaissent particulièrement dans la dissolu- Uon ; tandis que, lorsque le savon est bien préparé, la solution aqueuse ne doit présenter aucune trace de matières Si^sisses à sa surface. Cette altération est produite lorsqu'on ^'ci pas mis une quantité suffisante de potasse caustique. Si, ^^ contraire^ il y a excès de potasse caustique, le savon se **^\ive également altéré et impropre à son application. Cette itération se reconnaît à la saveur ftcre et caustique du savon, ^^ aussi en ce que le papier de tournesol, rougi par l'acide ^^^tique ou le vinaigre, est plus promptement ramené au '^le-n par le savon altéré, tandis que ce changement n'est opéré ^t^Q très-lentement et très-imparfaitement par le savon mer- ^^^^*ï4el pur.
I^autres fois, enfin, le savon mercuriel peut contenir du
^^rcure métallique ^ provenant de ce que, pendant sa fabrica-
^On, le savon a subi un trop haut degré de chaleur, lors de
^n évaporation à siccité. Le mercure se découvre facilement
l^ le frottement du savon dans les mains.
3* Savon médicinal on savon amygdalin, — Ce savon, qui 5e prépare avec la lessive des savonniers (10 p.) et l'huile d'amandes douces filtrée (21 p.), est particulièrement affecté
350 SXVOtfS.
aux usages intettoes. tt est blatic, solide, lion gf )it!âeux ; ii doit sô dissoudre entièrement dans TeaU distillée et râib(X)L Les acides décomposent sa solution aqueuse, et rhtiile qtd s'en sépare est solublé dans Talcool. L'ammoniaque ilë bleuit pas la solution aqueuse du savon mâdicihÂl; le àVdp tle violettes, le papier de curcuma né (changent point de côulëtif par le contact de cette solution ; mais les ihftisiôris Végétâlëé cSdUtenant un principe astringent, aiiisi que Teaii dô (Shâux, la précipitent.
Ce savon est quelquefois àUéi*é par des substttiicè^ métalliques, telles que le cuivré, le plomb, le fer, ptovenant des vases dans lesquels sa préparation a été exécutée. Ces altérations peuvent, oH le comprend aisétnent, avoir de grdVeS cohséquencefe, lotsque stirtôilt ce sâVbh est destihé ft Tusâge interne. Il faut donc y apporter là plus séfleuse attention, et chercher à reconnaître si le savon médiCiilàl ne COtltletit {K^int Tune de Ces substances.
L'ammoniaque caustique donne Une couleur bléùë du savon contenant du cuivre, tandis que cette côlôràtioii ne sd produit pas si le savon est pur; de plus, le savoii ainsi altéM a une teinte plus ou moins verdâtre, selon la quantité de cuivre qu'il contient.
Le suif hydrate d'ammoniaque donne Une côuleUr noirâtre aux flocons blancs viSqueUx qui se forment dans la dissolution aqueuse du saVon plomblfère.
Enfin, Toxyde de fer se i^cCoûriàU à la couleui* plus On moins jaunâtre du saVon médicinal, et, lors de sa dissolUtioU, il se fait un dépôt de flocons colorés en bi'un jaunâtre.
Le savon médicinal doit se préparer avec de Thuile végétale, et non avec une graisse animale, aihsi que cela arrite quelquefois ; de même, cette huile végétale peut être de matlvaise qudlilé. On reconnaît que le savon contient de la graisse aU lieu d'huile, en le dissolvant dans l'alcool. En cas de fraude, cette solution alcoolique devient et reste gélatineuse; tandis que, si le savoh est pur, s'il est préparé avec de la bonne huile végétale, la solution reste fluide à la température ordinaire. La rancidité, la mauvaise odeur et le mauvais goût du savon indiquent qu'il a été préparé avec de l'huile de qualité inférieure.
te sftVott ttlèdidfial à ^elqiiefois uilè éâlvéUf àlcélihè ftcf e ; ce si^â ôaractéHsiiqUe indiqtlë la présence d'un éxc^ d^al- 6ali, et ôtt peut s'eh dônvaincrô facilôtnent en ce que la sointion de té da¥otl bfilttit lé pàpièl* de cui-cûtnâ et veMit le ^i- Mp de Vldlôttës, feé qUi n'a pas liëtt avec le satbù bieû pVèpèipii. tA Otitré, d^api^èis l'ôbsëfratiôfl dé Plainchè, on lé bfoië bien àèé, avec un peu de prôtocWorUre dé mercure ; ce dei?nier devient grîs ttoii* iôrsqull y à tih éic&â d'alcali cauéti<}ué.
SOABIMOIffÉB.
La tcammonie est une gôihme-résine, dont on distingue deux espèces principales : la scammonée éCAlep; la scammom de Smyme,
La première est extraite de la racine du convolvuhu scamnmia (convolvulacées) > qui croît en Syrie. Ce suc concret se divise en morceaux très-irréguliers, secs, légers, poreux, très-&iable9> à cassufD tiOire et biillahte et d'un gHs foncé à Teitérieur ; frottés avec le doigt îrttiùillé, ces morceau* devieh-* aenl laiteux et blanchâtres ; leur poudre est d'un blanc gri- ^(re. La saveur de la Scammonée d'Alep est amère et suivie d'âcreté. Lorsqu'elle est réunie en masse, frottée, ou échauffe par la vapeur de l'haleine, elle exhale une odeur forte, ?tti8fe rapproche de celle du beurre rance ou de la brioche : c'est un des meilleurs indices de sa bonne qualité. Elle fourîiit avec l'alcool une teinture d'un brun pâle.
La deuxième provient, selon quelques auteurs, du péri" P^ $ecamone, qui croît en Anatolie. Cette sorte, moins esti- Dïéequela précédente, est compacte, peu friable, d'un brun Doirâtre, et d'une cassure terne. Son odeur et sa saveur sont Dioins pronoQcées que celles de la scammonée d'Alep. Elle fonne avec l'eau une émulsion d'un gris foncé. Elle colore plus fortement l'alcool que la scammonée d'Alep.
On trouve dans le commerce une troisième sorte : c'est la scammonée de Montpellier, qui est fabriquée dans le midi de i* France, avec le suc du cynanchum tnonspeliaeum (apocy- ^^), auquel on incorpore souvent diverses résines et des '^^bstances purgatives (quelques euphorbes ou plantes acres,
SCAMMONÊB.
laiteuses ; de la farine d'orge, des cendres et d^autres matières analogues) ; elle est tout à fait noire, très-dure et très-compacte. Elle se dissout dans Teau, et donne un liquide d'un gris foncé, onctueux et tenace. Cette scammonée, de même que celles qui sont sous forme de gakttes, ou qui présentent d'autres caractères que ceux que nous avons indiqués en parlant de la scammonée d'Alep et de celle de Smyme, doit être complètement rejetée de Tofûcine du pharmacien.
D'après Bouillon- Lagr ange ^ la scammonée est composée de : résine y 60; gomme, 3; matière extractive, 2; débris divers^ 35.
D'autres analyses ont donné les résultats suivants (*) :
Sctminonée d'Alep. Scammoiièe de Smjrof.
Résine.
Elirait alcoolique
Extrait gommeux
Matière végétale insoluble.
Matière terreuse
Le tableau suivant représente les résultats des fmalyses faites par M. Thorely pharmacien à Avallon :
SCAUfONÉB D'ALEP.
ScBBBMJI
6lMB
ScauMiée
de
HOHT-
fendue
Résine
Éekai-
lillOB HO 1.
ÉchiB-
UllOB HO 2.
ÉchiB-
tillOB HO 3.
ÉebBB-
UllOB HO 4.
de
SMTaHB.
PBLLIVR OU
acAMimdi
en galettes.
•oat
leooiB
de
d'Alep.
Si
Gomme et fécule.
Matières extrac-
tives .^olubles
dans l'eau (•)...
Mat. terreuses in-
solab.dansTeau.
Totaux...
(>) Les sortes les plus iurérieures de scammonée contienoent^ acci^ denielU*ment^ de 15 à 36% *^^ fécule, ce qui provient du mode de préparation de la scammonée. lorsqu'on pile les racines, par exemple, au lieu de se borner à extraire le suc laiteux par des incisions. (Gwbomrt. j
(*) Au nombre des matières soiubles dans Peau, M. Thorel:^ placé Texirait alcoolique indiqué dans les analyses aniérieures de scammonée.
SCAMMONRR. 353
Dans le commerce, il y a des scammonées qui coDtienncDt depuis 30 jusqu'à 80 % ^^ résine.
M. Dubianc a trouvé neuf scammonées qui renfermaient des quantités de résine bien différentes, quoiqu'elles eussent tin aspect convenable : la première en contenait 17 7o; !& seconde, 20 Vo; la troisième. 22 %; la quatrième, 27 % ; la cinquième, 28 •/. ; la sixième, 36 7^ ; la septième, 50 7^ ; la huitième, 64 %; la neuvième, 96 7o-
On voit, d'après cela, qu'une scammonée^ si elle ne contient que 17 ^/q de résine, peut être un faible purgatif; le contraire a lieu si elle en contient 96 %.
M. Thomas Southal a fait connaître dans le PharmaceuticalJoumalj que, sur sept échantillons de scammonée pris dansleconmierce, le premier fournissait 83 7« de résine; le second, 75 7o ; le troisième, 66 7o ; le quatrième, 49 \ ; le cinquième, 39 %; le sixième, 32 Vo; enfin, le septième, 77o,50. n faudrait^ pour obvier à Finconvénient de ces variations, n'employer, dans les quotités voulues, que la résine extraite Pv l'alcool à 26^ (^), et ne pas faire usage de la scammonée «»»unerciale (Dubianc).
^ résumé, la scammonée de bonne qualité est presque ^tièremenl soluble dans Talcool ; lorsqu'on la traite par Té- ^^> elle doit fournir de 75 à 80 % de résine, et ne donner ^^ l'incinération que 3 7o environ do cendres. On favorise ^^ incinération par l'addition d'une petite quantité de '^*yde de mercure.
^^6 bonne qualité de scammonée ne doit pas donner de ^'ût'^tion bleue avec l'iode ; l'intensité de cette coloration est, ^ Général, d'autanl plus forte que la scammonée contient '^J^s de résine (rAore/;.
^^AGES. — La scammonée est employée, en médecine, r^ïiie purgatif. Elle entre dans des potions, dans des pou- ^^* pilules^ tablettes ; on en fait un savon.
A.LSIFICATIONS. — LdiScammonée de Montpellier, en poudre,
^'^ Celle résine esl pulvérulenle ou en écailles minces et iran-pa- '^^^'^'i^, soluble en louies proporlions dans l'épier, cl donne, avec hnn- "■^^î^qoe liquide à 2i<», une dissolulion vcrlc Lorsqu'on la cliauU'o,
^ ï'^pand l'odeur particulière de beurre rance ou de brioche, (lu'cxalie
^^<^re la division mécanique.
354 SCANBfONÊK.
est souvent substituée h la scammonéc d'Alep. Aussi le pharmacien ne doit-il jamais acheter ce produit à Tétat de poudre, mais entier, et présentant les caractères que nous venons d'indiquer.
Nous avons vu la poudre de scammonée mdlée de fécule; elle fournissait un décoctum épais^ qui bleuissait par Feau iodée, ce que ne fait pas le décoctum de scammonée pure. Le pharmacien doit faire usage de la scammonée d'Alep, de préférence à toute autre. Elle est toujours d'un prix élevé. En effet, la scammonée d'Alep s'est vendue de 60 à 64 francs le kilogramme; celle de Smyrne, 50 francs; la scammonée en galettes, 7 francs.
Ébermayer dit que la scammonée d'Alep est sujette à diverses falsifications opérées avec la farine^ la cendre, le ear^ banate de chaux (^), le saule y le charbon^ le me d'apocgn. Il faut rejeter, suivant cet auteur, la scammonée qui est en morceaux denses et non friables, qui a une odeur d'empyreume; qui, dissoute dans Teau, se prend en gelée par le refiroidisse* ment ; qui fournit des bulles de gaz acide carbonique lorsqu'on la traite par les acides ; celle enfin qui répand une odeur de poix lorsqu'on la projette sur des charbons ardents, et ne fournit pas une émulsion laiteuse de couleur verdàtre.
L'odeur et la saveur peuvent encore foire distinguer It scammonée pure de celle qui no Test pas.
La scammonée peut être fabiûée par les résinée de jakp^ do gaïac, par la colophane.
La résine de jalap se reconnaîtrait par son insolubilité presque absolue dans l'éther rectifié (7%ore/). Car, de môme que cette dernière, la scammonéc se dissout à chaud dans une solution étendue de potasse caustique et se convertit en un acide soluble dans Peau {Buchner),
Si la scammonée contenait de la résine de gaîac^ on pourrait le constater à l'aide de Thypochlorite de soude, qui communique à la solution alcoolique du mélange une coloration verte, en présence d'une petite quantité de résine de gaïac.
(^; fciii Augleierre, dos droguistes et dts pharmaciens ont vendu de la scammonée qui conleuail jusqu'à 90 % de craie ou carbonate de
chaux [Mitchell).
8CILLB MARtTIMB. .155
L'essence de térébenthine, qui dissout, à la température onimaire,la colophane, et laisse à peu près intacte la résine de scammonée, permet de déceler dans cette dernière la présence de la colophane ou de la poix-résine qu'on peut y in- ^^uire. Mais le réactif le plus sûr est l'acide sulfurique, qui donne immédiatement, avec la colophane, une coloration ^'un rouge écarlate très-foncé, tandis qu'il ne produit, avec 's résine de scammonée, qu'une faible couleur lie de vin, au bout de quelques minutes et au contact de l'air (Thoret),
Petchier a examiné une prétendue scammonée d'Alep, qui ^ Vendait en Suisse. Voici le résultat de son examen : elle ^vait une saveur fade, une odeur nauséeuse ; elle était dure, '^^ point de résister au marteau ; elle était insoluble dans l'ai* ^ool, se ramollissait dans l'eau, et a paru être composée de recule, de gélatine et d'une matière colorante inerte. Ce pro- <^uit se vendait moitié moins cher que la vraie scammonée <*'Alep.
On a signalé aussi de la scammonée adultérée par de V oxyde 9^^is de plomb. Cette fraude se découvre en incinérant une pe- ^te quantité de la matière suspecte ; on a pour résidu des Stobules de plomb visibles à la loupe; ou bien les cendres, ^^ilées par l'acide nitrique , évaporées à siccité , et re- P^es par l'eau distillée, fournissent un liquide où l'on re- ^*^erche le plomb, à l'aide des réactif? appropriés ( sulfate ^^ Soude, acide sulfurique, iodure de potassium, acide sulf- "ydrique, etc.).
SCXXtLB MARXTZMB.
I«« scille est la bulbe du scilla maritima (asphodélées^) ; elle ^^tt en Espagne, en Italie, en Afrique et en Syrie.
Cles bulbes sont d'une odeur et d'une saveur très-àcre
^^ Urès-caustique ; elles sont légèrement mucilagineuses. Les
^t^ammes extérieures de cet oignon sont rouge brunâtre ; les
^^ammes intérieures sont d'une belle couleur blanche rosée :
^ premières sont sèches ; les secondes sont charnues, suc*-
356 SCILLE M/IRITIME.
culcntes. Dans les squammes de la scille, existent de nombreuses raphides, composées uniquement de carbonate de chaux (Marais).
L'eau s'empare des principes de la scille, mais ils sont plus solubles dans l'alcool et le vinaigre. Les sels de sesquioxyde de fer colorent en pourpre foncé Tinfusum des bulbes de scille maritime.
D'après les analyses de Vogelj en 1812, et de H. Tilby^ en 1820, la scille contient : matière volatile, scillitiney résine, gomme, tannin, citrate de chaux, matière sucrée, matière grasse.
Les recherches analytiques récentes de M. Marais, sur la scille, ont donné les résultats suivants :
Mucilage végétal . 30
Sacre 15
Tannin 8
Maiièro colorante rouge acide 10
Matière colorante jaune acide et odorante 9
Matière grasse 1
Scllllline 1
Iode traces.
Sels (carbonate de chaux et chlorure de sodium).. . 5 Résidu insoluble, formé de tissu cellulaire et de
rapbides S8
Usages. — En médecine, on l'emploie, comme un puissan'^^ diurétique, pour combattre diverses hydropisies ; on l'em — ploie également contre l'asthme, les catarrhes chroniques «^ elle facilite l'expectoration.
Falsifications. — Les bulbes de scille sont quelquefoP falsifiées par des bulbes d'origine inconnue, désignées sous CT nom de scille française.
Ebermayer rapporte qu'an négociant de Munich reçut France, en 1810, des bulbes de scille, à l'état frais, sous nom de scille française; qu'ayant suspecté ces oignons^ le gociant les soumit à Texamen de Buchner, qui les com] avec de la scUle maritime vraie. De cet examen il résulta tant sous le rapport chimique que sous le rapport médio non-seulement ils ne pouvaient être assimilés à la scille vraa^
SKIGLB ERGOTÉ. 3Ô7
mais encore qu^ils produisaient un eiïet tout difTérent de celui de la scille, qui agit comme diurétique. Ces oignons araient une grosseur variable : ainsi quelques-uns n'étaient pas plus gros qu'un œuf de pigeon, d'autres égalaient un œuf de poole, enfin les autres étaient de grosseur intermédiaire ; ilsnVaient pas d'odeur sensible ; ils avaient une saveur désagréable, acre et mucilagineuse. Leur forme était un ovale allongé, et ils étaient composés de tuniques enchâssées les unes dans les autres ; enfin, le suc extrait de ces oignons, frais et filtré, était d'un blanc sale, trouble et mucilagineux.
SBZCULB BROOTÉ.
On a donné le nom d^ergot, de seigle ergoté^ de secale cornutum, d'ergot de seigle, de blé cornu, de seigle noir, etc., à la dégénérescence solide et cornée du grain de plusieurs graminées ou cypéracées : le seigle ergoté est très-nuisible dans Tttsage alimentaire (•).
L'ergot est une végétation oblongue^ légèrement anguleuse, ayantunpeu la forme du grain de seigle, mais beaucoup plus développée, car il est de ces ergots qui ont de un demi-centimètre à un centimètre, et môme plus, de longueur. Sa forme
0) On De saurait trop prémunir les habitants des campagnes contre rcDiploi, comme aliment, de ce grain empoissonné. De trop nombreux temples témoignent des mutilations grave:» qui résultent do remploi àt brincs contenant du seigle ergoté. .
Il 7 a quelques années, cinq habitants de la commune de Saint-Légerl^firuyères (Allier] ont éprouvé des accidents terribles, causés par du P^ préparé avec des farines ergotées. Un enfant a été obligé de subir ranpuuiion de la jambe ; sa mère et trois autres enfanis étaient dans wi état déplorable.
En 1854, motel-Dieu de Lyon a reçu une trentaine de malades de dôme à soixante ans, atteints de gangrène due à la mCme cause. 1^ P^pirt venaient de Tlsère, les autres de la Loire, de la Haute- Loire, '^ Tàrdèche, quelques-uns du Rhône. Chez la plupart, la gangrène tvalt détruit un pied entier ou presque entier; chez quelques*un.s. un doigt ou un orteil ; chez trois, les deux uieinbrcs inférieurs avaient été 'pittcélôs ju$qu*auprès du geuon, et, chez un enfant de douze ans, le nal De s*était arrêté qu*au milieu de la cuisse.
358 SBIGLB BRGOTfi.
66t un peu courbée sur sa longueur, quelquefois arquée, recourbée en croissant, et offrant de la ressemblance avec Tergot d'un coq ; d'où lui est venu son nom. Sa couleur est d'un violet noir&tre, marqué de plusieurs sillons; sa cassure est compacte, nette comme celle d'une amande, blanche au centre, se colorant d'une teine vineuse près de la surface. L'extrémité qui adhérait à la fleur est jaun&tre ; l'autre, supérieure, libre, est mince et comme crevassée. On remarque sur les ergots des déchirures transversales; quelquefois, elles sont au nombre de deux dans le sens de la longueur; on poui^ rait penser que la matière intérieure, trop à l'étroit, aurait fait éclater les parois de la pellicule externe qui la renferme. L'odeur de l'ergot est celle des champignons ; selon d'autres, celle de moisi. Il présente une saveur peu marquée d'abord, suivie d'une astriction persistante vers l'arrière-bouche.
L'analyse de Tergot a été faite par plusieurs chimistes, au nombre desquels nous citerons Vauquelin^ Wiggen et H. Legrip. Voici, d'après Wiggerê^ la composition de ce produit^ considéré par les botanistes comme un champignon («cfero- Hum clavus, de de CandoUe) : huile grasse incolore ^ 35; ex* tractif nitrogénéj analogue à celui des champignons, 7,76 ; exiraciif gommeiuc nitrogéné^ avea un principe colorant rouge j 2,33; mannite, 1,55; albumine végétale^ 1,46; ergotine^ 1,25; stéarine cristallisab/ey 1,05; cérine^ 0,16; fungine^ 46,19; phosphate acide de potasse, 4,52 ; phosphate calcaire j avec des traces d'oxyde de fer y 0,29; silice, 0,14.
UsAOES. — Le seigle ergoté est employé pour Fusage obstétrical depuis 1747; mais déjà, en 1688, Camerarius avait signalé ses effets. Aujourd'hui, il est très-employé, quoique quelques personnes doutent de ses propriétés ou les nient. C'est un excellent hémostatique ; on l'administre en poudre, potion, sirop, extrait, etc.
Altérations. — Le seigle ergolé recueilli dans des années pluvieuses, et qui n'est pas bien desséché, perd de ses propriétés ; conservé dans un air humide, il éprouve une altération putride, dégage une odeur de poisson pourri, et devient la proie d'un sarcopte semblable à celui du fromage; celui qui est trop ancien s'échauffe et n'a plus d'action. Pour qu'il soit do bonne qualité, on doit le recueillir à la main par un
SBL AMMONIAC. 359
temps 86Cy le dessécher et le conserver dans un bocal placé dans un lieu bien sec.
M. le docteur Zanon a recommandé, pour conserver le seigle ergoté, de le renfermer dans des flacons bien clos, et en couches de 0"*,04 d'épaisseur, alternées avec des couches de sable de rivière très-fin et très-sec, préalablement purifié par des lavages à Teau et à Tacide chlorhydrique.
FiLSincATiONS. — On eût pu croire que le seigle ergoté, produit naturel que Ton récolte en France, dans les provinces du Centre, dans le Lyonnais, l'Orléanais (^), ne serait point susceptible de falsifications. Cependant il est démontré qu'on a cherché à fabriquer du seigle ergoté de toute pièce, à faire passer le charbon pour du seigle ergoté (*).
0. Schauguery dit qu'on a préparé du seigle ergoté avec du gypie (sulfate de chaux) coloré et de la colle de farine: ce mélange était ensuite moulé. Il serait facile de reconnattre cette falsification : un semblable produit, mis en contact avec de Teau, se déformerait, se réduirait en bouillie ; en outre, la cassure ne présenterait pas un centre blanc, puis un cercle ▼iolet, enfin l'extérieur brun noir.
Le pharmacien ne doit jamais acheter de poudre de seigle V|até; il doit acheter l'ergot, et le pulvériser lui-même.
SBXi ABIMOWXAO.
Ce sel, connu aussi sous les noms de muriate^ chlorhydrate (^ hydrochlorate ct ammoniaque, chlorure d* ammonium, est blanc, inodore, d'une saveur piquante. Il cristallise en cubes
0) Des droguistes avaient demandé Tauiorisalion de faire entrer on Fhaee du leigle ergoté venant d'Allemagne; d'après Tavis de TAcadénie de médecine, cette autorisation h^ur fut refusre.
(1 n n*est |>as indifférent de savoir, dit M. Giovanni Righnini, que le fttnnent, par Tcffet de vicissitudes organiques, produit une graine qui sbeiDconp d*ana1ogic avec le seigle ergoté. Celte ressemblance n'est QB^spparente ; la différence est bientôt constatée par le simple examen de II substance intérieure de cette graine qui est noire^ tandis que la IriaDchenr caractérise la substance interne du seigle ergoté.
OU en octaèdres qui, le plus souvent, se réunissent et se disposent les uns à côté des autres, sous Tapparence de barbes de plume. Il est volatil, soluble dans l'eau, un peu soluble dans Talcool ; sa densité est 1,450; mêlé en poudre avec une petite quantité de chaux vive, il laisse dégager dos vapeurs ammoniacales.
Dans le commerce, on le rencontre sous forme de pains sublimés, blancs ou gris, à cassure fibreuse.
Usages. — Le sel ammoniac blanc est très-employé en médecine, à l'intérieur, comme stimulant, fondant, contre rhydropisie, les maladies scrofuleuses; à l'extérieur, on s'en sert en lotions, gargarismes, collyres. Le sel ammoniac gris est employé par les chaudronniers pour faire Tétamage.
Altékations. — Le sel ammoniac est rarement pur dans le commerce. Il contient souvent du sulfate (Tamtnoniaquey du chlorure de sodium, du sulfate de chaux; plus, du fer, du cuivre (»), provenant des vases dans lesquels on Ta préparé.
La dissolution do ce sel altéré fournit, avec le chlorure de baryum, un précipité blanc, insoluble dans l'acide nitrique, s'il contient du sulfate d'ammoniaque. Par la sublimation, il laisse pour résidu le sel marin et le sulfate de chaux.
S'il contient du fer, il est jaune rougeâtre ; sa dissolution aqueuse fournit une coloration bleue avec le cyanure jaune, un précipité rougeâtre avec Tammoniaque , un précipité noir avec le tannin, Tinfusion do noix de galle; dans le cas oùibtf contient du cuivre, le cyanure jaune y produit une colora — tion brun marron.
Le sel commun., appelé aussi muriate^ hydrochlorate ( chlorhydrate de soude ; chlorure de sodium, sel marin, sel ^ cuisine, sel de gabelle, est, de tous les sels solubles, le pb abondamment répandu dans le règne minéral et organi
(*) Il y a fornialion de fleurs ammoniacales martiales, el de ammoniacales cuivreuses.
Les eaux de la mer (') forment le réservoir principal de celte substance, qu'on y puise pour la li\Ter ensuite au commerce : c^est ce quilui a valu le nom de sel marin^ bien qu'elle se rencontre en quantités très-considérables aussi dans le sein de la terre, particulièrement à la partie inférieure des terrains secondaires, comme à Wiéliczka en Pologne, en Hongrie, dans leTyrol, à Chester (Angleterre), à Cardonna dans la Catalogne, à Poza en Castille, dans plusieurs parties de la Russie, à Bex en Suisse; en France, à Dieuze et à Saint-Nicolas- Varangéville (Meurthe), à Salins (Jura), et dans d'autres départements de TËst; à Briscous (Basses-Pyrénées), à Camarade (Ariége). Tantôt ce sel, extrait à Tétat solide, comme à Wiéliczka, à Dieuze, à Saint- Nicolas-Varangévillo , prend le nom de sel getnmey sel rupestre ; il est translucide, parfois mime transparent. Tantôt, au contraire, sa présence est indiquée, comme à Salins, à Briscous, par des sources qu'il sature à des degrés différents, et d'où on le retire, par évaporation, à Taide de la chaleur.
Le chlorure de sodium pur cristallise en petits cubes blancs, inaltérables à l'air, inodores, d'une saveur franche bien connue, ne renfermant pas d'eau de cristallisation, mais de l'eau d'interposition ; cette eau, en se dilatant par la chaleur, pro- W une série de petites explosions, connues sous le nom de ^épitation. Le sel fond au-dessus de la chaleur rouge, puis se volatilise, surtout sous Tinfluence^'un courant d'air ou 'e tout autre gaz.
11 est presque aussi soluble dans l'eau à froid qu'à chaud ; U est soluble dans l'alcool, dont il colore la flamme en jaune.
D est insoluble dans l'acide chlorhydrique concentré ; c'est ^insi qu'une solution de sel saturée, à 25^ B« (densité : 1 ,205), *« laisse précipiter en totalité, lorsqu'on y verse cet acide ou 9^'on y fait passer un courant de gaz chlorhydrique. Le sel ^chimiquement déposé peut être obtenu d'une extrême té- ^nilé, comme le sel fin fin du commerce ; un lavage et une
(') L'eau de l'Océan (Manche) coniieiu a%,705 de chlorure de so- ^'«•nj (Schweitzer) ; Peau du la Médilerranée, 2»/o,72i.
Aisœ, reau de TOcéan (Manclic) mar({uc ao,5 B*»; Teau de la Mc- **ilerranée, 3»,7 B*. (E. Daguin,)
362 SBL couMqir.
légère calcination enlèyent tout Tacide chlorbydrique dont il est imprégné [M arguer iUe),
En France, le sel s'extrait des eaux de TOcéan et de la M6diterranée (^) par évaporation spontanée, pendant les mois de juin, juillet et août. S'il provient des côtes de l'Ouest, il constitue le sel gris; sa nuance varie du gris très-foncé au gris blanc très-clair. Le sel extrait des salines du Midi (^) est blanc , en cristaux tantôt très-volumineux , tantôt très-menus (sel criblé du Midi) : ces derniers s'obtiennent en les séparant des premiers par un criblage.
Nous donnops ci-contre la composition de divers seb du commerce.
(1) Les principales localités d*où le commerce de Paris tire les sels marins qu'il livre à la consommation sont les suivantes :
Vannes^ Sarzeau, ilaus le Morbihan ; le Groisic^ Guérande, le Poaligaen, Bourgneuf, dans la Loire-Inférieure ; lie de Noinnoullers, lie de BoiQ, Beauvoir, Sables-d'Olonue, daps la Vendée j la Roclielle, Ile de Ré, Ile d*Oléron, Marennes, le Gua, |a Treroblade, Nieal, dans la Charente-Inférieure.
(>) Celle (Hérault), Bouc (Bouches-du-RhAne), la Valduc (Boacbesdu-Rhône), Hyères (Var), etc.
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